‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 98 sur 241 · Lettre inédite de Schaub, 1721. Papiers du baron Pichon · texte numérisé non relu

Lettre inédite de Schaub, 1721. Papiers du baron Pichon

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dans toutes ces intrigues, dont on devine les fils serrés sous des apparences de plaisirs quotidiens. Elle devait sa situation à son charme et à son intelligence, mais surtout, pendant cette période, à sa liaison avec Dubois chez qui elle trônait en véritable maîtresse de maison, aidant merveilleusement l'ancien apothicaire à satisfaire ses goûts de luxe. Elle le « raffinait », pour ainsi dire, et avec son tact et son goût de femme utilitaire, elle le guidait dans la manière de faire valoir ses équipages, ses laquais et sa vaisselle plate sans tomber dans les maladresses des parvenus, toujours prêts à attirer l'attention sur leur faste et à célébrer l'habileté de leur propre cuisinier.

Quant au comte Hoym, que l'on retrouve à tout instant avec Schaub aux côtés de Mme de Tencin, c'était encore une figure originale, très sympathique et non plus celle d'un aventurier ou d'un astucieux agent de l'étranger. Hoym était un grand seigneur de race, élégant et bien tourné, doublé d'un homme charmant, très cultivé et très artiste.

Né à Dresde, le 18 juin 1694 et baptisé le 19, catholique par conséquent, il fut tout naturellement destiné aux affaires d'Etat par la situation do son père, qui était ministre des Finances de l'Electeur de Saxe. Dès l'âge de dix-neuf ans, il parcourait déjà les différentes cours d'Allemagne, mais ce fut à celle de Lorraine qu'il s'arrêta le plus longtemps, car il trouva là une Académie, ou école déquitation, qui jouissait d'une réputation universelle et qu'il se mit à fréquenter assidûment.

Malgré son goût pour les exercices du corps, il ne négligeait point sa culture intellectuelle. De 1714 à 1717 il employa utilement son temps à Paris dans la meilleure société. Il demeurait alors rue Jacob, hôtel de Modène. On le rencontrait souvent chez le duc de la Force, chez le vieux duc de Lauzun, chez le marquis de Tessé, capitaine des gardes du Régent, et aussi chc/. Mme de Mimcuie, chez la présidente Ferrand, chez Mme de Ferriol et surtout chez Mme cleTencin ,

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avec qui, dès son premier séjour, il se mit sur le pied d'une amitié intime et pourtant lespectueuse.

C'était en efïet l'époque où Mme de Tencin était grosse et, un peu plus tard, le temps où Destouches avait repris sa place auprès d'elle. D'ailleurs la correspondance même d'Hoym, quoique galante, indique clairement jusqu'à quelles limites allaient ses relations avec son amie ^

« J'aimerais presque autant. Madame, que vous fussiez à la campagne, comme Mme votre sœur -, que de vous savoir à Paris sans pouvoir avoir l'honneur de vous voir. C'est devenu pour moi une chose trop nécessaire pour pouvoir m'en passer, et depuis que vous m'avez joué le mauvais tour de me dégoiUer'^ de tout ce que je trouvais aimable avant que d'avoir l'honneur de vous connaître, vous êtes obligée à présent, en conscience, de me dédommager de l'ennui que vous êtes cause que je trouve partout.

(c F'aites-moi donc, Madame, s'il vous plaît, la grâce de me faire savoir quand je pourrai avoir l'honneur de vous voir et de vous assurer de mes très humbles respects. C'est bien fâcheux. Madame, qu'il faille finir par des respects les lettres qu'on vous écrit.

« Ce lundi matin. »

Cette formule de regret mi peu risquée, mais toujours flatteuse pour la destinataire, se retrouve dans plusieurs des lettres d'Hovm, ces billets courts que les membres du cénacle de la rue Saint-Honoré s'écrivaient quand une séparation d'un jour ou deux les avait empêchés de causer ensemble.

Mais il ne faudrait pas croire que le respect d'Hoym fût le résultat de sa timidité, car il était au contraire fort entreprenant. Un jour, il aperçoit une femme qui lui plaît; il

1. Vie du comte Hoym, par le baron Plchon. Société des bibliophiles.

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