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CHAPITRE II

La « question de Savoie » traverse le règne de Henri II sans sy perdre. Tant qu’il resta, dans quelque coin de l'Italie, une domination étrangère, l'attrait de la conquête et le besoin de l'équilibre empêchèrent que la porte des Alpes ne se fermâl. Le fait qui a vraiment clos la rivalité entre la France et la maison d'Autriche, c’est le Risorgimento : du jour où l'Italie mit entre les deux ennemis son indépendance et son autonomie, la lutte cessa. Mais aussi longtemps que dura cette lutte, les ducs de Savoie ne purentarrêter l'invasion chronique de leurs Etats par le soldat français. Il faudrait plusieurs volumes pour retracer cette histoire, toujours la même au fonds. Nous devons indiquer ici seulement les principales causes des phénomènes qui se produisirent pendant les guerres de religion.

Le 18 février 1556, Brissac, gouverneur de Piémont, écrivit au marquis de Pescara, chef de l’armée espagnole en Lombardie, pour lui annoncer officiellement la conclusion de la trêve de Vaucelles et le prier de ne rien innover désormais !. Quelque temps après, on commença de délimiter les territoires. Mais les commissaires des deux parties ne purent s'entendre, et, le 15 juillet, ne voyant plus moyen d'accord, ils cessèrent leur travail : les dossiers furent envoyés à chacun des deux rois pour en décider ?. Le traité de Vau-

F. Ferrero au d. de Florence, 1556, 18 février, Milan (Mediceo, 3106, fol. 410 ; orig.).

? Le même, 1556, 15 juillet. Milan : « Il negotio dello confine in Piamonte restato ton molte difficultati, lequali, dopo che non si sono potute troncare fra

celles laissa donc « la question de Savoie » ouverte, moralement et matériellement. Henri IT continua de « franciser » les pays annexés. On sait que François [* avait créé un Parlement à Turin. En 1556, le Conseil royal examina le projet d'établir à Lyon un autre Parlement, dont le ressort comprendrait le Lyonnais, le Forez, le Bugey et la Savoie; à Chambéry serait installé un siège présidial. Comme tant d'autres institutions du règne de Henri Il, celle-ci n’était qu'un moyen d'enrichir le Trésor : il s'agissait de « tirer deux cens mil escuz de finance pour création des offices ». L'opposition très résolue du Parlement de Paris, qui ne consentit pas à laisser réduire sa juridiction, suffit sans doute à faire tomber le projet ‘.

Le Piémont, on l’a vu, était organisé, depuis longtemps, comme une province française. Le gouvernement royal, profitant du répit que lui donnait la trêve, tâcha d'étendre cette organisation à la ville de Casal et au marquisat de Montferrat. Le cas de la ville et du marquisat était, semblet-il, singulier. En relations fort courtoises avec la maison ducale de Mantoue, Henri IT inclinait à lui restituer ces « terres », pourvu qu'on laissät aux troupes françaises l'usage des forteresses. Mais les habitants refusaient énergiquement d'accepter de nouveau la domination des Gonzague. Ceux-ci et leurs anciens sujets assourdissaient le Roi de supplications contradictoires. Après la trêve, les seigneurs de Mantoue réclamèrent qu’on leur rendît au moins « les droictz et revenuz de justice de l’Estat de Montferrat »°. Le gouvernement royal commença par remettre la décision de cette affaire à Brissac ; puis, finalement, dans les derniers jours du mois d'août 1556, Henri II donna pleine satisfaction aux Gonzague et leur permit de tirer les revenus*. A cette époque, un conflit se produisit entre les Piémontais et les habitants de Casal, au sujet de l’organisation des ressorts judiciaires. Un projet, élaboré par Brissac et le Parlement de Turin, tendait à soumettre les gentilshommes du pays de

questi commissari cesarei et regii, si sono remissi alle loro Mt, allequali si sono mandati tutti i processi et il parere di qua di quello che si potrebbe fare. » (Mediceo, 3106, fol. 573; orig.).

* S. Renard à Philippe Il, 4556, 11 août (Papiers de Granvelle, t. IV, p. 663).

* Supplique, 1556, mai (Arch. d'État de Mantoue, Francia : minute).

* D. de Achilli au châtelain de Mantoue, 1556, 28 août, Fontainebleau (Arch. de Mantoue, Francia ; orig.).

Gasal à la juridiction de ce Parlement : il s’appuyait sur un privilège, octroyé par François [* et confirmé par Henri Il, suivant lequel toutes les nouvelles conquêtes devaient ressortir à Turin. Mais les gentilshommes de Casal envoyèrent des ambassadeurs à la cour pour déclarer qu’ils préféraient « dépenser tout leur bien » plutôt que de « se soumettre à Turin »'. Le conflit durait encore lorsque éclata la guerre de 1557.

Le départ de l'expédition de Guise anima beaucoup la vie économique du Piémont, qui fournit la plus grosse part du matériel ?. Puis, les opérations militaires se poursuivirent sous la direction de Brissac. La grande victoire, remportée par Emmanuel-Philibert à Saint-Quentin, le 140 août 1587, produisit comme il était naturel, un réveil du sentiment « loyaliste » dans les anciens Etats de Savoie : mouvement très léger, d’ailleurs, et qui ne porta aucun résultat, malgré la propagande des agents secrets et la diffusion de placards anti-français. À Bourg-en-Bresse et dans les pays voisins de la Franche-Comté, les menées du baron de Bollwiller, des espions espagnols et de quelques hobereaux réussirent à faire naître une conspiration, qui finit par un long procès #. En Piémont, la population resta calme et docile.

Le zèle plus vigoureux du gouvernement royal contre l’hérésie, en 1557, se fit sentir dans les vallées vaudoises. Au val d’Angrogna, la persécution devint insupportable. Comme leurs frères de France, les Vaudois invoquèrent les bons offices des protestants étrangers et surtout des cantons helvétiques. Le 1° juin 1557, le conseil de Berne écrivait au maréchal de Brissac et au président de Birague : « Estants nous et nous très chiers alliéz de Zürich, Basle et Shaffhusen advertys d’ung mandement envoyé par la Royalle Majesté de France aux sieurs président et Parlement de Turin, 27° jour de novembre dernièrement passé, contre les fidèlles habitans en Angrognie, Tour, Boby et aultres lieux en Piedmont, contenant de procéder contre eulx ensuyvant l’édict du feu roy Françoys en toute rigueur et par force, pour les enduire

1 Le même au même, 1556, 11 septembre, Vauluisant (Arch. cit. ; orig.).

? Fab. Ferrero au duc de Florence, 1557, 17 janvier, Milan (Arch. de Florence, Mediceo, 3107, 12; orig.).

* Un certain nombre de Suisses furent impliqués dans ce procès. Henri I au conseil de Berne, 1557, 17 novembre, S. Germain-en-Laye (Arch. d'Etat de Berne, Frankreich, Heinrich 2; orig.).

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à se despourter de leur religion, ou de les punir et extirper, l'exécution de quoy avons entendu à vous estre commise, avons ensemble advisé d'envoyer nostre ambassade vers la Royalle Majesté pour l’humblement prier lesdits fidèlles avoir en bénigne recommandation et leur faire grâce, les laissant vivre en leur religion évangélicque ‘. » Les ambassadeurs des cantons helvétiques, partis le 28 mai, virent Henri II à Compiègne dans les premiers jours de juillet : à leur supplique le Roi répondit par des paroles flatteuses, mais qui n’eurent pas de suites réelles ?.

L'année 1558 fut des plus mauvaises pour le Piémont : Brissac, privé de ressources et d’une grande partie de ses troupes, se maintint avec peine contre les Espagnols ragaillardis. Affaiblie militairement, la domination francaise attirait encore les paysans de la vallée du Pô, très hostiles aux soldats de Philippe II. Aux confins, on voyait les habitants du territoire espagnol venir prêter serment de fidélité aux capitaines français, qui gagnaient peu à peu les villages sans coup férir. La Lombardie même était une terre mouvante, où les agents du Catholique ne se sentaient pas en sécurité *. Ces faits paraissent d'autant plus singuliers que Brissac, mal pourvu par le gouvernement royal, dut augmenter beaucoup les impôts du Piémont et du Montferrat, en l’année 1558 : aux gens d'église mêmes fut appliquée la règle du royaume, et ils payèrent « les charges militaires pour leur portion »*.

L'œuvre vraiment belle et originale, que les serviteurs de la royauté avaient accomplie dans les pays alpins, pouvait résister aux plus terribles secousses de la guerre. Les diplomates la détruisirent tranquillement « au bout de la plume». La plante fut tranchée en pleine vitalité. Les contemporains

1 Arch. d'État de Berne, Missiven-Buch, D, fol. 408; minute.

* Henri Il aux conseils des cantons de Zurich, Berne, Bâle et Schaffouse, 1557, 6 juillet, Compiègne (Arch. de Berne, Frankreich, U. P. 54 : orig.).

* Ipp. Orio au card. Farnèse, 1558, 46 juin, Milan (Arch. d'État de Naples, Carte Farnes., fasci nuovi, V ; orig.).

* Brissac au card. de Gonzague, 1558, 4er janvier, Moncalieri (Arch. d’État de Mantoue, Carteggio del card. Ercole ; orig.).

ont assez décrit la douleur qui en résulta. Le mariage de Savoie, cause de joie, d’une joie puérile pour Henri II, apparut aux ouvriers de la conquête comme un marché déshonorant, par lequel on reniait leur zèle et leurs efforts.

Les problèmes, nés des clauses mêmes du traité, devaient inquiéter la population piémontaise et le gouverneur Brissac. C'était surtout la question du modus vivendi à établir entre les territoires que recouvrait le duc de Savoie et les cinq villes laissées au roi de France. Quelle portée donner à l’article qui réservail ces cinq villes « avec leurs finages, mandemens et juridictions » ? Quelle serait leur vie économique, une fois séparée de celle des autres régions du Piémont? Enfin, comment assurer leurs communications avec le royaume d’outre-monts? D'autre part, il était bien difficile de payer et de licencier les troupes qui garnissaient le Piémont : on ne pouvait tirer l'impôt de populations averties qu'elles passeraient bientôt sous un régime nouveau, et le gouvernement royal refusait d'envoyer de l’argent dans un pays qui ne lui appartenait plus!.

Pour résoudre tous ces problèmes, il n’y avait d’autre moyen que la bonne volonté des deux parties. Or, Emmanuel-Philibert tirait de ses infortunes passées le droit d’être exigeant. Il avait vu son père, Charles If, pauvre et exilé ; lui-même avait souffert plus que prince de son temps : il pensait ne devoir aucune gratitude à ceux qui, ayant usurpé ses Etats, les restituaient par nécessité. Son attitude, dans l'exécution du traité, fut d’un plaideur âpre, tenace et méticuleux. Il eut beau jeu : à la cour de France, on croyait volontiers qu’une réconciliation entière avait été scellée par le mariage de Marguerite, et on ne doutait point de l'amitié de celui que Henri Il avait appelé « mon frère » et que François II révéra comme son « bon oncle »*. D'ailleurs, après les grandes secousses qui avaient agilé les esprits, durant les négociations de Cercamp et du Cateau-Cambrésis,

1 Voy. de gros dossiers de pièces, aux Arch. d’État de Turin, Negociazioni, Francia, mazzo Il; orig.

? ]1 faut lire, pour connaître l’aveuglement de la cour, les Mémoires de Boyvin du Villars et les documents que contiennent les mss. 20526 et 20527 de la Bibl. Nat., utilisés par M. Ch. Marchand dans son livre sur Brissac. — Il ne nous appartient pas de suivre tous les détails. On trouvera dans l'ouvrage de À. de Ruble, Le traité de Cateau Cambrésis, — où il y a, d’ailleurs, beaucoup d'inexactitudes, — des renseignements tirés des bibliothèques et archives parisiennes.

une indifférence apathique, devant la partie finie et perdue, empêchait les Français de s'intéresser aux affaires extérieures. Ils usaient toute leur vigueur à se haïr mutuellement.

Parmi ces gestes d’aveugles, un homme gardait une figure héroïque, c'était Brissac, gouverneur du Piémont. Brantôme, dans le grand nombre d’anecdotes et de traits qu'il rapporte au sujet de la paix de 1559, cite du maréchal une phrase qui exprime toute la douleur de ce noble soldat. « Voylà, disait Brissac en montrant les forteresses qu’on démolissait, voylà les beaux chefs-d’œuvre où nous nous amusons maintenant, après tant de peynes, de travaux, de despenses, de morts et de blessures depuis trente ans.» Sans instructions précises du gouvernement central et forcé de ménager les sentiments d’un prince qui venait d’épouser la sœur du Roi, sommé d’ailleurs de livrer les clefs des villes à des agents dont le mandat n'était même pas régulier, il devait résoudre des difficultés innombrables, vaincre toutes sortes de peines matérielles et morales’. Nous avons vu quelle générosité Henri Il avait mise, après la conclusion du traité, dans sa manière d'en interpréter les clauses. Il appliqua cette bienveillance non seulement aux Etats du duc de Savoie, mais à ceux du duc de Mantoue. Le 29 juin 1559, — Jour même de la joute tragique, — il envoyait à Brissac l'ordre de faire cesser la démolition des forteresses du Montferrat*. Son successeur, François If, voulut accentuer encore celte attitude. À la fin de juillet, des conférences eurent lieu à Turin entre le gouverneur et les agents d'Emmanuel-Philibert. Du nouveau Roi, Brissac avait recu l’ordre formel de ne retenir qu’un « mille » de territoire autour de chacune des cinq villes : le duc s’engageait toutefois à fournir des vivres à celles-ci à un prix modéré. En outre, François II fit remettre

‘ Les capitaines françois, art. Brissac.

* Brissac au d. de Mantoue, 1559, 17 juin, Turin; il envoie à Mantoue « le S" Laurent Silvano, président pour le Roy à Casal », avec mission de lui exposer ceci : « Voulant mectre main à la desmolition des places du Montferrat qui vous doivent être restituées, les peuples et habitantz d icelluy se rendent ung peu difficilles d'y venir travailler pour la craincte qu’ilz ont de vous des- Pt Et encores que cela soil ung peu aigre et que je le leur peusse faire aire par la force, si est-ce que, pour ne vous desplaire. je ne l’ay point voulu entreprendre. » (Arch. de Mantoue, Savoia ; orig.).

8 Brissac au d. de Mantoue, 1559, 13 pure Turin (Arch. de Mantoue, Savoia; orig.). Les lettres de Henri Il furent remises à Brissac par « le sr Vincenze Guerrier ».

à son « oncle » le château de Miolans, propriété particulière de la couronne, qui l’avait acheté; il lui offrit de même la plus grande partie de l’artillerie restée dans l’île de Corse, toutes les pièces que François [°” avait trouvées dans les Etats de Piémont et de Savoie lors de l’invasion et toutes celles qui y avaient été construites ensuite, plus quatre galères et cent hommes d'armes ‘. Que pouvait faire le gouverneur devant un tel parti pris de générosité? Accablé de supplications, d’injustes remontrances, de blâmes mal déguisés et parfois d’aigres menaces, il défendit pourtant article par article les droits de son maître ingrat. Le lundi 31 Juillet, il restituait la place de Valenza, — cette ville dont la prise avait illustré les débuts de la campagne de Guise, — non point à Emmanuel-Philibert, mais aux Espagnols qui y mirent aussitôt une garnison de cinq compagnies. À Casal, il fallut lutter, pendant plus d’une semaine, contre la population : les habitants refusaient d'accueillir les représentants du duc de Mantoue?.

Depuis la conclusion du traité, Brissac était mal vu de la cour. Il devait lutter surtout contre l’hostilité de Marguerite de France. L'attitude de cette princesse, qui avait toujours été entourée de respect et d'amour, causait une surprise douloureuse aux serviteurs anciens de la couronne. Des personnes malignes excitaient le mécontentement de la duchesse. Anne de Cossé écrivait au maréchal, le 5 juillet: « On a dict à Madame Marguerite que vous aviez escript que vous rongneriez les ongles de sy près à M. de Savoie que vous le garderiés bien de faire le mauvais : qui les esgrit fort.* » Emmanuel-Philibert traitait ouvertement Brissac comme un ennemi de sa maison’. Et Marguerite, docile à son époux, intervenait en personne pour briser la résistance du gouverneur : « Pour ce que le bon traictement que j'ay tousjours

1 Les documents sur les conférences de Turin sont conservés aux Arch. d'Etat de cette ville (Lettere ministri, Francia, mazzol; orig.). Voy., en particulier, un long rapport de Matteo da Coconato au d. de Savoie, 1559, 28 juillet, Turin.

? Lettres d'Ippol. Orio à Marguerite de Parme, 1559, 4 août, Milan (Arch. d'Etat de Naples, Carte Farnes., fascio 67, fascic. 18 ; orig.).

8 Bibl. Nat., ms. fr. 20527, fol. 71.

à A la mort de Henri IL, les Français du Piémont exprimèrent l'espoir que la paix serait rompue et qu’on retiendrait Emmanuel-Philibert dans le royaume. Memorie di un terrazzano di Rivoli (Miscellanea di storia italiana, t. V1,

eu envye de faire à vous et aulx vostres mérite quelque faveur, j'ay espérance qu'en faisant le service de Sa Majesté, vous ferez aussy pour mon seigneur et mary de sorte que chacun se trouve content de vosire bon devoir et adminisration.‘ »

Ces brèves indications sur l'histoire du gouvernement de Brissac peuvent servir pour caractériser les rapports d'Emmanuel-Philibert avec les représentants du roi de France, qui se succédèrent dans les cinq villes. La politique du due poursuivit ses fins par deux moyens : d'une part, rendre la vie intolérable à ceux des Piémontais qui étaient restés sous la domination française; d'autre part, profiter des guerres de religion pour empiéler peu à peu sur les terres du Roi. Dès le mois d'août 1559, l'époux de Marguerite paralysait le commerce et le ravitaillement des cinq places et entourait leur banlieue d'un cerele de douanes arbitraires. Le due de Guise et le cardinal de Lorraine, ministres de François IL, se plaigairent d'une si prompte impertinence*, Non content de restreindre les droits garantis au Roi et à ses sujets par le traité, Emmanuel-Philibert s’eMforçait encore d'attirer à lui les plus anciens serviteurs de la France, et peu s’en fallut qu il ne réussit à séduire la célèbre famille de Birague : le Très-Chrétien dut intervenir pour faire cesser les intrigues de son « bon oncle »*.

L'histoire des relations entre la maison de France et la maison de Savoie, de 1559 à 1601, de la paix du Cateau- Cambrésis au traité de Lyon, n'offre ainsi, à première vue, qu'une tapisserie de chicanes et de conflits mesquins. Il suffira d'en tracer le récit sommaire.

La mort de François Il procura au due l'occasion d'empiéter de nouveau sur les territoires qui appartenaient encore à la domination française. D'innombrables disputes s'élevèrent au sujet de la justice, des finances et du commerce, autour des cinq villes, désormais fameuses, de Turin, Chieri, Villanuova, Chivasso et Pignerol*. L'affaire la plus marquante

‘ Marguerite de Savoie à Brissac, 1559, 47 août, S.-Germain-en-Laye (Bibl.

Nat., ms. fr. 20454, fol. 231).

* Le duc de Guise au d. de Savoie, 1339. 43 octobre, Esclaron (Arch. d'État de Turin, Lettere di principi, Lorena, mazzo I: orig.).

* François Il au d. de Savoie, 1360, 45 juin, publ. p. La Fsrièrs, Lettres de Catherine de Médicis, t. E, p. 140, n. 1.

* Arch. d'Etat de Turin, Negociazioni Francia, mazzo I et I, passim (Sur-

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fut celle du marché de Cormagnole, bourg francais, qu'Esnmaouei-Philibert ruina par l'institution d'un marché à Carigesn*. En 1544, ce r4unit des comiérenses à Saint-Just prés

faient Charles IX. Esmmsnuel Philibert y délégua Cassians dsl Porzs, Oiisvio di Osaseo et Perrin Belli, auxquels furent adijcinis Girokams della Bovere, évéque de Toulon, et Le secréisire Giovennis Fabri L'acconchement de la duchesse Marsneriie, qui ii su onde un fils, Charles-Emmanuel, le 12 janvier 1542, rendii plus faciles les négociations ? D'anires conférences eurent en à Mclun la mème année,

| puis à Blois

Csiherine de Médicis sis sors engagée dans la yremiére ! guerre Gvile. Accablée par les diffcullés intérieures, elle résout de sacrifier les places lortes du Piémont pour obtesir un allié fidéle sur les frontiéres du Dauphiné et de La Provence Florimond de Bohertet, sieur d'Ailuye, et Charles de Birsgue nésociirent vue convention, dont La cour suivit les pourysrlers avec indifférence En aofi 1542, le cardinal de Lorrsine, qui se rendait sn concile de Trente, signait, 22 sors és Ben, V'asrinà de Fosses : par ci acte, les Fran

ais shanéommaisnt Turin, Chirasso. Chien Villenuerz

Ces restes me furent gas trés longtemps en possession du Roi Henri IL passant par le Piémont en 1574, les restiiua bénévohessent à Esnmaume) Philihert

Des conauéies faites jaÂis sn de2 des Alpes, le Trés Chré-

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tien ne gardait plus que le marquisat de Saluces : occupé par Charles-Emmanuel en 1588, puis repris par Henri IV, il fit retour définitivement au duché de Savoie par le traité de Lyon, en 1601.

Cette liquidation n'offre pas grand intérêt pour l'histoire de France. On trouve, à chaque étape des négociations, les mêmes procédés d’astuce et de ruse chez les ducs, la même faiblesse et la même incurie chez les Rois, jusqu’au jour où le Béarnais mit fin à ces marchandages. Une fois l'impulsion donnée en 1559 et l’attention du gouvernement royal détournée de ce côté, la domination française ne pouvait que glisser vers une complète déchéance.

On voudrait considérer ici brièvement l'influence de la question de Savoie sur Le cours des guerres civiles.

Henri IT crut établir, par le mariage de sa sœur avec Emmanuel-Philibert, un allié fidèle aux portes de son royaume. Mais une alliance est loujours dirigée contre un ennemi commun. Quel devait être cet ennemi ? L'Espagne ou les protestants. Or, le duc de Savoie, lié à la maison d’Autriche par toute sorte de dettes et sachant bien, d’ailleurs, qu'une reprise des hostilités le conduirait de nouveau à la perte de ses États, s’elforça désormais par tous les moyens d'empêcher la rupture entre les monarchies rivales. Comme le rapprochement des rois ennemis s'était opéré, au Cateau- Uambrésis, sous la peur de l'hérésie, il fallait, pour le maintenir, exciter à la cour de France la haine contre les protestants. À cette tâche, Emmanuel-Philibert inclinait encore pour des raisons particulières : son ambition, orientée vers Genève, pensait trouver dans les guerres religieuses une occasion de s’en emparer ; il eût ainsi gagné double profit, en recouvrant des terres qui avaient échappé jadis à sa maison et en détruisant le foyer d’hérésie dont le rayonnement attirait chaque jour davantage ses sujets. Empêcher une nouvelle rupture entre le Très-Chrétien et le Catholique, fermer définitivement la route aux invasions françaises en

‘ Cf. À. pe Runce, Le traité de Cateau-Cambrésis, pp. 34-57; C. ManrRoni. Carlo Emanuele I e il traltato di Lione (Rivista storica italiana, t. VII).

Italie, profiter de la faiblesse des Valois pour leur enlever ce qu'ils avaient gardé outre-monts, et, d'autre part, s'emparer de Genève et extirper la « secte » de son duché, telles élaient les fins que poursuivit Emmanuel-Philibert. Le meilleur moyen de les atteindre lui parut justement de favoriser en France les discordes religieuses. Aux heures les plus graves, comme en 1572, l'influence du duc de Savoie fut presque aussi décisive que celle du duc d’Albe.

On peut saisir, dans les premières années qui suivirent la paix, les signes très nets de cette attitude. Par le tumulte d'Amboise, le règne de François II marque le début des troubles civils. De tous côtés, dans le royaume, des conflits éclatent ; à travers les provinces, des troupes fanatiques courent aux armes pour l'attaque ou pour la défense religieuse. Le Roi publia l’édit de Romorantin, qui dressail des mesures sévères contre la propagande des dissidents. Bientôt après, il dut fixer à Fontainebleau, pour calmer les esprits, la réunion d’une assemblée des Notables, à la fin du mois d’août 1560. Dans ces circonstances critiques, c'était à son « oncle de Savoie » que François II s’adressait pour exprimer à la fois le dépit et la tristesse que lui causaient les événements". Le 31 août, il lui envoyait une longue missive, lui racontant avec détails les misères de son royaume ; il lui exposait l'urgence de réunir un concile général ou, à son défaut, un concile national pour « mettre peine de réduire la religion en sa pristine splendeur, corriger ce qu'il y a de dépravé et corrompu aux mœurs des gens d’Eglise », el montrait le désir qu’il avait de voir assemblés les députés de la nation, « pour oyr, écrivait-il, les plainctes, doléances de tous mes subjectz ». Il disait sa rancune contre les princes de Bourbon et ajoutait ces mots singulièrement significatifs sous la plume d’un roi de France, un an après le traité du Cateau-Cambrésis : « Et là que j'eusse besoin de forces étrangères, J'ay semond le roy d'Espaigne, mon bon frère, suivant tant d'honnêtes offres qu'il m'a faict faire, de me secourir lors au besoing et ayder de ses forces à retenir la foy catholicque en mon royaulme et l’obéissance de mes subjectz. Et pour ce, mon oncle, que vous estes du nombre de mes plus proches parens et des plus asseuréz amys que j’aye, je n’ay

1 Lettres de Catherine de Médicis, t. 1, pp. 129-134.

voullu faillir de vous en advertir pareillement et prier de m'ayder de vostre conseil et moyen quand il en sera temps et saison, vous pouvant asseurer que tout ainsi que je sçays qu'il n'y en a poinct qui vous passe de bonne volunté, aussi serez-vous de ceulx que j’employeray des premiers.‘ » Quelle révolution dans les sentiments des Valois depuis la bataille de Saint-Quentin !

L'appel de François IT fut entendu : l’occasion s’offrait à Emmanuel-Philibert de payer par des secours contre les protestants ce qu’il voulait obtenir du gouvernement royal, en Piémont. Lorsque Maligny tenta de surprendre Lyon, au mois de septembre 1560, le duc fit approcher la compagnie du comte de Monrevel jusqu’aux portes de la ville pour aider les catholiques ?. La cour de France exprima très haut sa gratitude, et Girolamo della Rovere transmit alors au « bon oncle » le désir qu’on avait d’une entente commune des princes pour l’extermination des protestants de toute l’Europe. À celte entente le pape Pie IV exhortait vivement François Il, en même temps qu'il lui conseillait de restituer au duc tous les territoires du Piémont.

Dans les plans de la grande guerre religieuse, que dessinaient sans cesse les plus ardents des esprits catholiques, Emmanuel-Philibert, illustre par la victoire de Saint-Quenün, devait jouer le rôle de général en chef. Le document, connu sous le titre de Sommaire des choses accordées pour la conspiration du Triumvirat, qui résume assez bien les aspirations des diplomates catholiques pendant les années 1560 et 1561, donnait au duc pour mission de se ruer à l’improviste sur la ville de Genève, de la forcer et de passer au fil de l’épée ou noyer tous les vivants qu'il y trouverait, sans distinction d’âge ni de sexe, « pour donner à congnoistre à tous qu’enfin la divine puissance a compensé le retardement de la peine par la griefve grandeur de tel supplice » “.

‘ François II au d. de Savoie, 1560, 31 août (Arch. d'Etat de Turin, Lettere di principi, Francia mazzo I ; orig.).

? Girolamo della Rovere au d. de Savoie, 1560 18 septembre (Arch. de Turin, Lettere di ministri, Francia, mazzo I; orig.). — Cf. Lettres de Catherine de Médicis, t. I. pp. 147-148.

Pie IV au d. de Savoie, 1560, 25 juillet, Rome, publ. dans les Miscellanea di storia ilaliana, t. XI, pp. 388-389.

* Mémoires-journaux de Guise, p. 468. — Cf. L. Rouiër, Le sommaïre des

François II ne pouvait souhaiter plus de zèle que n’en montrait son « oncle » contre les religionnaires. « J'ay veu, lui écrivait-il, les honnestes offres que vous me faictes de me secourir et assister non seulement de toutes vos forces et moyens, mais aussi, qui est plus, de vosire personne mesmes, contre les entreprises et desseings de ces malheureux séditieux et héréticques, qui vouldroient, s’il leur estoit possible, troubler mon repos et subvertir l’estat de mon royaume : par où vous me faictes si évidemment congnoistre l'amour et l’affection que vous me porlez que Je ne vous puys assez remercyer à mon gré. Or, pour ce qu'ayant esté descouvert une partye de leur intention par les choses advenues en ma ville de Lyon et moyennant le bon ordre que Jay donné par tout mon royaume, je veulx croire el penser que une partye de leur venyn est gecté et que je n’auray cy après autre peyne que à faire puguir et chastyer ceulx qui se trouveront coupables et participans de telles malheurtéz. Cela sera cause que pour ceste foys je vous prieray ne rechercheray autrement de mettre à effect d'éxécution cesle vosire bonne voulunté, mais seulement je me contenteray, le cas advenant que j'en eusse à faire cy après, d’en pouvoir faire estat, comme aussi je vous prie, mon oncle, en user de mesmes et avoir semblable opinion de tout ce qui dépendra de moy et de ma puyssance.” »

Les Guises, qui redoutaient une alliance d'Emmanuel-Philibertavec Montmorency contre leur gouvernement, faisaient valoir la parenté existant entre les maisons de Lorraine et de Savoie : ils en tiraient plus de force pour suivre leur politique et traquer les protestants?, On pouvait voir les ministres du Roiet du duc se quereller au sujet de leurs droits en Piémont et s’accorder en même temps pour une action commune contre les héréliques dans les régions frontières. Tandis que Emmanuel-Philibert, avec l’aide des capitaines français Maugiron et La Mothe-Gondrin, poursuivait les Vaudois du val d’Angrogna, François II faisait châtier ses sujets de

choses accordées pour la conspiration du Triumvwirat (Revue Henri IV, 1909, fasc. Il).

1 François IL au d. de Savoie, 1560, 18 septembre, S.-Germain-en-Laye Arch. d’État de Turin, Lettere di principi, Francia, mazzo [ ; orig.). -£ Girolamo della Rovere au d. de Savoie, 1560, 18 septembre (Arch. cit., Lettere di ministri, Francia, mazzo I ; orig.).

kkk LA FIN DE LA MAGNIFICENCE EXTÉRIEURE

Pragelato qui avaient fourni quelque secours aux dissidents,

On sait quelles furent les angoisses de Catherine de Médicis, lorsque la mort approcha du jeune Roi. De tous côtés les intrigues, les plaintes, les bruits d'armes apportaient la menace d’une révolution. Le prince de Condé était condamné à la peine capitale, et les États Généraux devaient s’assembler, le 10 décembre 1560, à Orléans. Tout annonçait des changements décisifs. Dans cette inquiétude, la Reine mère voulut appeler à son secours le duc de Savoie. Pendant l’agonie de François II, elle écrivit à Marguerite et implora sa pitié envers le futur Charles IX : « Je m'assure que mettrez peine de nous garder votre santé pour maintenir toujours Monsieur de Savoie en la volonté en quoi il est, pour aider et secourir celui que vous avez toujours tant aimé, lequel, étant de l’âge de quoi il est et ayant les troubles en ce royaume tels qu'ils sont, ne peut être sauvé que si Dieu y met la main, que tous ses bons parents lui servent bien, desquels je m’assure que votre bon mari est des meilleurs. » Et, craignant les Bourbons, elle ajoutait : « Je vous supplie me pardonner si je vous mets en peine, car l’envie que j'ai de me voir si appuyée que le roi de Navarre ne fasse tort à ce qui est de votre sang en est la cause, » Après l’événement, Catherine avoua sans se cacher qu’en cas d’accident, elle eût appelé son beau-frère auprès d’elle?.

Le duc de Savoie mettait du zèle à répondre, non par amour, mais par intérêt. Il harcelait la cour de demandes d'argent et de réclamations au sujet du Piémont. Parmi les révolutions et les guerres qui agitèrent le royaume, au cours des années 1561 et 1562, ses agents, de gite en gîte, avec une inlassable constance, poursuivirent la Reine et les ministres *. Au printemps de 1562, il inaugura un procédé remarquable. On sait dans quel état de vasselage politique vis-à-vis de Philippe II se trouvaient alors Catherine et les chefs catholiques. Emmanuel-Philibert, que des liens étroits unissaient au roi d'Espagne, entreprit d'exploiter cette situa-

* François II au d. de Savoie, 1560, 15 novembre, Orléans (Arch. d'Etat de Turin, Letlere di principi, Francia, mazzo I : orig.). — Cf. Le duc de Savoie à Costa della Trinità, 4561 (Miscell. di storia italiana, t. IX, p. 573).

* Girolamo della Rovere au d. de Savoie, 1560, 15 décembre (Arch. de Turin, Lettere di ministri, Francia ; mazzo 1; orig.).

# Le sr de Montfort au d. de Savoie, 1562, 4 mars, 43 mars, 20 mars, 4 avril (Arch. de Turin, Lettere di ministri, Francia, mazzo Il; orig.).

tion. Chaque fois que ses demandes se heurtèrent à un refus du gouvernement français, il menaça celui-ci d’une rupture, voire d'une guerre avec Philippe II‘. Du Bouchet écrivait de Paris à son maître, le 5 mai 1562 : « Le temps est si propice pour vous qu'il n'est possible de plus, pour la craincte que le roy d’Espagne ne face la guerre, dont il ne pourroit prendre aulcune si juste occasion que celle de la détention de voz places *. » Appuyées ainsi, les réclamations du duc de Savoie trouvaient bon accueil, particulièrement auprès du connétable de Montmorency, du maréchal de Saint-André et du cardinal de Lorraine, qui pensaient favoriser un défenseur sincère de la religion catholique. Et cependant, Emmanuel-Philibert s’efforçait de faire adresser à son « neveu » par Philippe IT une protestation et même une sommation contre l'oubli prétendu des accords. A cette époque, en effet, le roi d'Espagne chargeait son ambassadeur, Chantonay, de soutenir vivement les revendications du duc*.

De telles intrigues ne troublaient nullement la confiance de Catherine et de ses ministres dans l'amitié de Savoie. A la fin du mois d'avril 1562, le duc offrit au Triumvirat catholique une armée de trois mille hommes de pied et quatre cents chevaux pour combattre les protestants *. L'offre fut acceptée et la Reine-mère exprima sa gratitude en termes émus : « Mon frère, j'ai vu ce que me mandez et ne vous en puis assez remercier, et vous prie penser que n'en serons jamais méconnaissants, ni la mère, ni les enfants. » Et quelques jours après, répondant à une nouvelle offre : « Je vous en ai la même obligation que si l'occasion se fût présentée de vous employer, et mettrai peine en toutes les choses qui vous toucheront vous faire connaître que n’en serai ingrate. » [I] semble même qu’on ait alors négocié le projet d'une action combinée des troupes de Savoie et d'Espagne dans le royaume. Lorsqu'elle rencontrait l'agent d'Emmanuel-Philibert, Catherine pleurait et se plaignait « d’estre abbandonnée de chascung, qui rendroil plus grande, écrivait Du Bouchet, son obligation envers votre

‘ Le sr de Montfort au d. de Savoie, 4562. 17 avril (Arch. cit. ; orig.). ? Le sr du Bouchet au d. de Savoie, 1562, 5 mai, Paris (Arch. cit.; orig.). 3 Lettres de Catherine de Médicis, t. I, pp. 287 et 431.

4 Le sr de Montfort au d. de Savoie, 1562, 42 mai (Arch. de Turin, Lettere di ministri, Francia, mazzo Il; orig.).

Altezze de luy ayder de si bon conseil ». Parmi les embûches, entourée de périls qui menaçaient la fortune de ses enfants, elle fondait tout son espoir sur l’appui du dehors. « Madame, écrivait-elle à Marguerite, je vous ai bien voulu remercier vous et votre mari de ce que tous deux failes pour nous, qui avons bon besoin que nos parents et amis se montrent à cette heure, vu le piteux état en quoi nous sommes, lequel certainement est misérable‘. »

De nouveau, en juin 1562, le sieur de Montfort, agent d'Emmanuel-Philibert, offrait des secours aux Triumvirs, pour « par ce moyen les rendre plus confidentz et traittables » aux affaires de son maître. Ces bons offices continuèrent pendant toute la campagne de cette année, et les troupes de Savoie vinrent secourir les lieutenants royaux en Dauphiné et en Bourgogne. C’est à cette époque, — au mois d'août 1562, — que fut signé l'accord de Fossano : on peut y voir un véritable marché. Le 28 septembre, Charles IX annonçait à son « oncle » qu'il envoyait ordre au gouverneur et aux capitaines français de donner à cet acte pleine exécution, en Piémont?. De fait, le 5 novembre, Marguerite remercia Montmorency : « J’ay voullu vous faire sçavoir combien nous sentons obligéz à vous pour le faict de la restitution, laquelle, Dieu mercy et vostre faveur, est si bien achemynée que nous ne pouvons plus doubter que les choses ne se portent bien*. »

‘ Voy. la correspondance du sr de Montfort (Arch. cit.).

? Lettres de Charles IX au duc de Savoie, année 1562 (Arch. de Turin, Lettere di principi, Francia, mazzo I; orig.).

8 Bibl. Nat., ms. fr. 3410, fol. 34.

TABLE DES NOMS DE PERSONNES

Acxizi (Domenico), II, 45, 55, 70, 71, 108, 116, 170, 258, 432.

Apria (cardinal d'), II, 241.

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