‹ Les guerres de religionChapitre 3 sur 51 · PRÉFACE III · texte numérisé non relu

PRÉFACE III

Les matériaux employés ici ne sont point d’une autre nature que ceux utilisés dans le premier volume : les archives et les bibliothèques de France et d'Italie nous ont fourni le principal. Toutefois, comme en avançant, nous allions vers un horizon de plus en plus vaste et que nous devions éclairer, non seulement la route suivie jusqu'alors, mais d’autres routes qui la rencontraient, il à fallu demander de la lumière à des foyers nouveaux et différents. On trouvera donc, dans la dernière partie, des renseignements tirés des archives de Belgique et des archives de Suisse : celles-ci contiennent, sur l’état et le programme des réformés français, quelques preuves qui nous ont paru capitales.

Des lecteurs très doctes ont bien voulu nous faire observer que nous professions un amour peut-être immodéré pour les sources inédites. Cet amour est fondé sur des raisons que voici.

Il n'existe qu'un petit nombre de vraies « sources narratives » touchant le règne de Henri IL, et les éditions que nous en avons n'’offrent aucune garantie ; il est donc nécessaire, pour avancer les connaissances historiques, ou bien d'établir de nouveau et de critiquer ces textes, travail dont le résultat est souvent très décevant et qu'on ne peut faire, d’ailleurs, qu’en recourant aux pièces d’archives publiées et inédites, ou bien de construire un récit direct et indépendant sur des fondations neuves. Il convient d’être défiant, lorsqu'on étudie l’histoire du xvi° siècle, même envers les auteurs de recueils fort estimés. L'érudit, qui prend la peine de collationner les documents publiés, éprouve parfois des surprises extraordinaires : l'exactitude est une vertu rare, qui demande, non seulement de l'application, mais du jugement et beaucoup de « culture ». C'est pourquoi nous inclinons à rechercher toujours les originaux. Aussi bien d’autres motifs nous poussaient dans les archives. Notre dessein ne fut jamais

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