IV PRÉFACE
de dresser une synthèse des connaissances plus ou moins acquises : outre qu’une telle tentative révélerait beaucoup de présomption, elle paraîtrait ridicule puisque le travail d'analyse est à peine commmencé. Mais, vu que les études fragmentées, dont les chercheurs de notre époque abusent, risquent, dans l'histoire du xvr siècle, où les événements sont enchaînés d’une façon plus serrée, de masquer la continuité des rapports et de multiplier les divisions d’origine pédagogique, nous avons voulu, sur un sujet autonome et assez ample, faire une œuvre organisée, tout en remplissant étroitement le devoir de l’érudit qui comporte l'exploration et la critique. Or, pour cette époque, les documents inédits sont si nombreux et si considérables, ils ont été utilisés jusqu'aujourd'hui avec tant de hâte, de désordre et de préjugé, qu'on y peut découvrir encore à peu près tous les renseignements qui nous manquent. Au reste, on voudra bien croire que nous n'accordons pas pleine autorité à un témoignage simplement parce qu'il est inédit. Les correspondances du xvi siècle sont aussi mensongères ou partiales que celles d’autres temps : mais leur grand nombre, la diversité de leurs auteurs et les qualités particulières d'observation qu’on y découvre permettent à l’érudit, qui peut réunir la plupart de ces « gazettes », les comparer et les critiquer, d'obtenir une vision concrète et juste. Nous avons indiqué très brièvement en notes la valeur que nous donnions aux sources le plus souvent citées: il nous à semblé convenable de ne pas insister sur la peine intellectuelle ou physique que coûte tout travail consciencieux.
Pour finir, nous devons dire quelques mots des auteurs modernes qui ont étudié l’histoire du pape Paul IV et du cardinal Carafa. Ce sont MM. Georges Duruy, Ludwig Riess et René Ancel. L'ouvrage de M. Duruy, Carlo Carafa, qui suit de très près le récit de l’ancien historien