‹ Les guerres sous Louis XV (volume 2)Chapitre 19 sur 28 · CAMPS (I7I5-I · texte numérisé non relu

CAMPS (I7I5-I

Infanterie : la Ghesnelaye, !2 B. ; Koyal-Ilalien, 1 B.; Montmorency, 4 B,; Saxe, 1 B.; Nice, 1 B.; Lenck, 1 B.; Auxerrois, 1 B.; Briqueville, IB.; Étampes , 2 B. ; Mailly , 1 B. ; Picquigny, 1 B.; Béarn, \ B.; Louvigny, 1 B. —Total : 15 B.

Cavalerie: Gendarmerie, 8 E.;Anjou, 2E.; Lorges , 2 E.; Bretagne, 2 E.; du Luc, 2 E.; Condé, ^J E.; Royal-Piémont, 2 E.; Turenne, 2 E.; la Heine, 2 E.; Boni, 2 E.; Chepy, ^ E.; d'Epinay, 3 E. ; Condé , 3 E. — Total : 34 E. (l).

Campement sous la tente. Les chevaux au piquet; les troupes sur une ^eule ligne, pour qu'elles soient toutes plus à proximité de l'eau. Le front du camp offre un terrain ti'ès propre aux manœuvres. Des ordres très sévères enjoignent aux officiers d'avoir à camper sous les tentes, comme la troupe, sans aucune exemption. Le commandant on chef commence par reconnaître qu'il a trouvé les troupes très belles sous les armes. Il a été question du nouvel exercice de jNI. de Bombelles. M. le prince de Montmorency dit que cette nouvelle méthode lui a beaucoup plu et qu'il la fera examiner par les anciens officiers d'infanterie. Le commandant en chef exerce les troupes à toutes les opérations de la guerre : convois, fourrages, attaques de retranchements, investissement d'une place forte, etc., et chaque fois qu'une opération de cette nature devait avoir lieu, un ordre très précis prescrivait à toutes les troupes ce qu'elles auraient à faire le lendemain.

M. le prince de Tingry se loue beaucoup du zèle que M. de Séchelles a apporté pour assurer le service des vivres. Sans qu'on ait eu besoin de recourir ;\ un prix arrêté d'avance, les denrées de toute nature abondaient dans le camp à très bas prix, souvent même moins cher que dans les villes. Les malades sont traités

(1) Relativeiueni à la cavalerie, les exercices étaient appuyés toujours par des conférences sur la tactique en général, l'équipement, t'arinement el la |ilace dans les marches; les défilés, les avant-gardes, arrière-gardes, les canipcnients et cantonnements, les gardes, les combats contre l'infanlerie; les reconnaissances, la manière de fourrager au vert, au sec, l'attaque des fourrages, la conduite d'un convoi et son attaque, les i)assages de rivière, son emplacement dans les batailles, le mélange de l'infanterie avec elle; les réserves, le rôle de la cavalerie dans les sièges et les investissements de places; les sorties, enfio les moyens de former une bonne cavalerie. Genre de guerre auquel aucune nation n'est plus propre que le notre, car il y faut être adroit, rusé, léger, vif, entreprenant, actif, vigilant, et elle réunit toutes ces qualités.

à l'hôpilal de Maubeuge, ù raison de 6 sous par journée d'iiôpital. MJNL les officiers de la gendarmerie demandèrent que leurs gendarmes fussent traités avec plus de soin que la troupe. Chaque gendarme dut alors ajouter 14 sous aux 6 sous que l'Éfat payait pour la journée d'hôpital. Les maladies dominantes sont les fièvres intermittentes; il n'est mort que 10 hommes pendant toute la durée du camp. Un ingénieur géographe est attaché à la personne du commandant en chef pour exécuter les dessins et plans de toutes les opérations de petite guerre, pour être mis sous les yeux du roi. A la levée du camp, l'intendant fît enlever les piquets, fourches, bâtons de tentes, traverses encore en état de service, et renfermer le tout dans l'arsenal de Maubeuge.

Camp (le Trousseij, sur la haute Meuse, du {îjuin au 20 juillet 1730.

M. le comte de Belle-Isle, maréchal de camp, commandant.

Cavalerie : Royal-Roussillon, 3 E.; Lenoncourt, 3 E.; Béthune, 3 E.; Royal-Étranger, 3 E.; la Tour, 3E.; Royal-Allemand, -iE.; Brionne, 3 E. ; Villeroi, 3 E. ; Lorraine, 3 E.;Mouchy, 3 E. ; Montrevel, 3 E.; la Reine, 3 E. ; Roi-Stanislas, 3 E.; Toulouse, 3 E.; Bourbon, 3 E.; Orléans, 3 E.; Rosen, 3 E. — Total : 52 E.

Campement sous la tente. Les chevaux au piquet. Les troupes sur deux lignes. Le mauvais temps contrarie les opérations; on se borne à exercer les cavaliers à marcher, à se former de toutes manières , mais on ne peut exécuter les différentes opérations de petite guerre.

Une instruction fort détaillée est adressée à M. le comte de Belle-Isle pour l'informer de ce que le roi attend de lui par rapport au camp qu'il commande : les chevaux seront mis au vert, que les cavaliers iront faucher et mettre en trousse dans les prairies où un ingénieur leur aura marqué à chacun leur place. On compte que 4 toises carrées de bonne prairie doivent faire la nourriture d'un cheval par jour. Des officiers devront toujoin^s accompagner les cavaliers en fourrage , pour l'aller et le retour, afin de veiller à ce qu'il ne se commette aucun dégât. Recommandation de ne prendre en fourrages que ce qui sera nécessaire, les habitants devant en conserver assez pour leurs bestiaux. Les prairies destinées

à fournir des fourrages secs seront fauchées par des cavaliers à qui on donnera 5 sous par jour pour faucher, faner et mettre en meule, et li sous à ceux qui seront chargés de botteler. Les malades seront transportés dans des chariots aux hôpitaux de Toul; cependant on établira un hôpital intermédiaire à Vaucouleurs, oii les chirurgiens-majors à la suite des régiments soigneront les malades. Recommandation de faire venir au camp un nombre suffisant de religieux pour assurer le service divin. Ordre d'établir au camp un bureau de poste.

Si les Étals du duc de Lorraine s'étendent par enclaves jusque auprès du camp, recommandation expresse d'éviter que ses sujets soient vexés ou molestés.

Les officiers camperont avec leurs troupes. Tout luxe de table est sévèrement interdit comme incompatible avec l'esprit militaire. Le commandant en chef lui-même en donnera l'exemple (1).

Le duc de Lorraine vint assister avec toute sa cour aux exercices du camp. Il y est reçu en souverain et d'une manière exceptionnelle. Ce camp fut organisé à l'imitation de celui du roi de Pologne, le mois précédent à Mulhberg en Saxe, et qui était commandé par le prince royal de Saxe. Le roi de Prusse y passa tout le temps, ainsi qu'un grand nombre de princes allem.ands. Ce fut une réunion dont on parla beaucoup à cette époque comme exercices utiles aux troupes.

<i Une longue paix causant nécessairement un relâchement dans la discipline et les exercices militaires, disait l'ordonnance, S. M. envisage les camps comme le moyen le plus sûr d'accoutumer les troupes ;\ tout ce qu'elles seraient tenues de pratiquer en temps

(1) D'après les ordonnances des If' avril 1703, 15 avril 1705, renouvelées par celle du 10 mars 1757. la table de quelque olïicier que ce soit ne pourra être servie que de potages, bouilli, rot coin|)osé de viandes de bo'iclierie et volaille, sansautre gibiiT que celui que les gens du pays apporteront au camp pour les vendre. Les entrées seront aussi de même viande sans coulis ni essence. Les entremets, qui ne feront (lu'un même service avec les entrées et le rôt, seront des viandes salées, de grosses pâtisseries, de poisson, s'il s'en trouve sur les lieux, d'œufs et de légumes. Le dessert ne sera composé que de fromages, de laitage et fruits, cuits ou crus, et sans autres sucreries que des conlitures servies dans des pots, sans qu'on puisse ftiire usage de cristau.v ou porcelaines. On ne servira aux halles (jue des viandes froides. On savait en effet combien le luxe des camps est contraire au bien du service et préjudiciable à la fortune des officiers.

de guerre. Elle désire qu'elles fassent, trois fois la semaine, un exercice général sans compter ceux qui se feront le plus souvent dans chaque régiment pour rendre familiers le maniement des armes et les dilTérentes manières de marcher et de se former. Comme les différentes méthodes qui se sont introduites dans les régiments sur les exercices pourraient causer des inconvénients dans une armée où l'on ne peut observer d'uniformité, S. M. désirerait que l'on pût parvenir à établir une règle stable el uniforme, tant pour l'infanterie que pour la cavalerie. Le commandant de chaque camp trouvera deux projets proposés pour les deux corps; il examinera ce qui est utile et praticable, et, après avoir fait exécuter par les troupes les articles qu'il aura approuvés , il adressera au secrétaire d'État de la guerre un mémoire d'observations qui puisse conduire à l'objet que S. M. se propose. » (D. G. , 2 août

Camp su)^ la Sambre, à Aymerics (1739).

M. le prince de Montmorency-Tingry, commandant.

Cavalerie : Colonel-général, 4 E.; Cuirassiers, 3 E.; Dauphin, 3 E.; Saint-Simon, 3 E.; Gesvres , 3 E. ; la Rochefoucault, 3 E. ; Beringhem, 3 E. ; Lamotte-Houdancourt, 3 E.; Mestre-de-campgénéral, 3 E. ; le Roi, 3 E. ; Bretagne, 3 E. ; Clermont, 3 E. ; Ruffec, 3 E.; Cravates, 3 E.; Berri, 3 E.; Cossé, 3 E.; Lambesc, 3 E.; la Ferronays , 3 E. ; Chepy, 3 E. — Total : 38 E.

Des lettres furent adressées à M. de Belle-ïsle, qui devait commander un camp d'infanterie et de cavalerie sur la Meuse; mais un mois avant la réunion des troupes le roi donna contre-ordre. Sa formation avait surtout pour but de répondre aux éventualités d'une guerre en Flandre, en Allemagne ou en Italie.

Camp d'Alsace, prèa Strasbourg (1732).

M. le maréchal Dubourg (1), commandant, pendant tout le mois de septembre.

Infanterie : Lenck, 3 B.; Royal-Suédois, 3 B. — Total : 6 B.

(1) Dubourg (Louis-Marie du Maini', comte); né le 14 septemijre 1655; page du

Camp sxr la Saône, près Besançon (1732).

M. le duc de Lévis , commandant 11).

Infanterie : Quercy, i2B.; Enghien, 2 B.; Royal-Bavière, 3 B. — Total : 7 B.

Instruction détaillée adressée au commandant en chef, semblable ;\ celle donnée pour le camp de Troussey, en 1730.

Camp de Richenwnt sur la Moselle, du r'' au 30 septembre 1732.

Sur le même emplacement que celui de 1727.

MM. le comte de Belle-Isle, lieutenant général, commandant; le comte d'Aubigné, inspecteur général d'infanterie; de Tarneaux, inspecteur général de cavalerie ; de Cteil, intendant.

Infanterie : Bourbonnais, 2 B.; Prince-de-Pons, 2 B.; Souvré, 2 B.; Royal, 2B.; Louvigny, I B. ; la Fère, 1 B.; Saxe, 1 B.;Languedoc, 1 B.; Guyenne, 1 B. ; Lenck, 1 B. — Total : 14 B.

Cavalerie ; Roi-Stanishs , 3 E.; du Maine, 3 E. ; Noailles, 2 E. ; Anjou, 3 E. ; Bétbune, 2 E.; hussards de Berchiny, 1 B.

Dragons: Mestre-de-camp-général, 3 E.; d'Armenonville, 3E. — Total : 20 E. — Campement sous la tente.

Ce camp étant destiné à l'instruction des troupes, le roi envoya au commandant en chef une instruction détaillée semblable à celle donnée pour le camp de Troussey en 1730. MM. le comte de Belle- Isle fil commencer par remettre les troupes aux exercices particuliers dans chaque corps, puis il leur fît exécuter de grandes évolutions. Il est recommandé d'avoir grand soin de mettre à part les chevaux présumés atteints de la morve. Des tarifs fixent la quantité de bois allouée au commandant en chef, aux officiers et aux troupes. Les malades sont traités à l'hôpital de Thionville, où on les conduit en bateau. En outre, une ambulance, ou entrepôt, est établie à proximité du camp, dans une maison voisine disposée à cet effet.

roi; se signale sous Louis XIV. Brigadier, lo mars 1690; maréchal de camp, 30 mars 1693; lieutenant général, 29 janvier 1702; maréchal de France, '1 février 1724; mort à Strasbourg le 15 janvier 1739. (1) Voir le sixième volume des Guerres sous Louis XV, Canada

Camp sur la Sambre (1734).

M. de Montmorencjf-Tingry, lieutenant général, commandant. Infanterie : Lenck, 2 B.; Chartres, !2 B. ; Royal-Suédois, 2 B. ; Royal-Barrois, 2 B. — Total : 8 B.

Camp de Compiègne, du 29 avril au 28 juillet 1739.

Royal-Artillerie, 1 B.; le Roi, 3 B.: Blaisois, 1 B. ; Bourbonnais, 2 B.; Gondrin, 1 B. ; milices de Soissons, 1 B. ; id. deSenlis, 3 B. — Total : 12 B.

Ce camp de 1739 est tout consacré à l'artillerie, dont le roi est colonel et aux troupes appelées aux services auxiliaires (1). L'artillerie augmentait déjà chaque jour; mais ses progrès eussent été très lents sans l'impulsion savante, pratique, si intelligente deM.de Vallière (2). C'est à lui qu'on doit l'organisation de 1720 du régiment Royal-Artillerie avec ses o B. , à chacun desquels est attachée une compagnie de mineurs. L'ordonnance du 7 octobre 1732 réglemente le système, dit Vallière, qui réduit à 5 les types de bouches à feu en service, en y ajoutant les types nouveaux de deux mortiers, d'un pierrier et d'un obusier. Avec ce matériel, l'artillerie fait les campagnes de la guerre de la succession de Pologne. Cette épreuve fit ressortir quelques inconvénients auxquels essayèrent imparfaitement de remédier les ordonnances de

29 avril et 2 mai. Le B. Royal-Artillerie y arriva le 29 avril et commença par construire dans la plaine un fort hexagone; il fut aidé par 1 B. de la milice de Soissons, qui s'y rendit le 2 mai. Ce B. fut suivi de 3 B. de celle de Senlis. Toutes ces troupes campèrent dans les faubourgs. Celles de Senlis déblayèrent les terres pour la

(1) Journal du camp de Compiègne en 1739, augmenté des épreuves des mines faites en présence du roi par MM. de Tiirmel et Antoniazzi, capitaines mineurs, rédigé sur les lieux par ordre de M. d'Angervilliers, ministre de la guerre, par le sieur le Bouge, ingénieur-géographe du roi (1741), avec le traité de Vauhan sur les mines. (lîibliotiièque de Compiègne, n" 922.)

(2) Voir le quatrième volume des Guerres sous Louis XV, jtage 77.

construction du fort , tandis que Royal-Artillerie y mettait la dernière main.

[^■■juin. On fêle magnifiquement à Paris la proclamation de la paix, et on prépare les détails du mariage de la fille aînée du roi avec le troisième infant d'Espagne, don Philippe. — 7. Les miliciens changent de quartier et campent à Choisy. — 8. Royal- Artillerie occupe le camp situé dans la plaine entre Compiègne et Choisy, sur la gauche de la rivière de l'Oise, faisant face au polygone élevé dans la plaine. Le B. était campé sur la droite du parc, les mineurs et les ouvriers occupaient la gauche. Le quartier général du comte d'Eu, à la droite du B,; le parc d'artillerie au centre , contenant 40 pièces de canon de différents calibres, 21 pontons de cuivre. — 10. Le roi, qui avait fait un voyage à Chantilly, en part le 10, pour se rendre à Compiègne et voir exécuter les projets qu'il avait formés pour l'instruction de M. le dauphin et des jeunes princes. — 15. M. d'Angervilliers, accompagné de MM. de Vallière, du Harlay , intendant de Paris, visite le camp. M. le prince de Bombes, M. le comte d'Eu, un grand nombre d'officiers d'artillerie, les suivirent. — 17. Le roi à cheval, sur les G heures du soir, accompagné de toute sa cour, visite le camp, les troupes en bataille. Le même jour, les 2 B. de milice quittèrent Choisy pour retourner chez eux. — 18. Le dauphin, le duc de Penthièvre , le duc de Chartres et tonte sa suite vont visiter le camp. Le B. fait l'exercice. — l'J. École d'artillerie. — 30. M. le dauphin, avec MM. d'Angervilliers, de Maurepas, de Saint-Florentin, visite les batteries. — 21. Le comte d'Eu, le prince de Bombes, tirent quelques bombes. — 23. L'artillerie commence ses exercices en présence du roi. Le même jour, à 6 heures du soir, la reine passe le B. en revue; il fait l'exercice devant elle, et ses évolutions sont suivies de celle du B. carré. — 26. L'artillerie commence à tracer la tranchée. — 27. Tracé de la troisième parallèle. — 30. On achève de marquer les batteries à ricochets sur les prolongements des parapets intérieurs; on entaille les embrasures dans les parapets du polygone.

1" juillet. On commence à tirer devant le roi. — 2. Le roi va à la batterie et y reste une partie de la journée malgré la pluie. — 3. Des travailleurs marquent à la queue de la tranchée le dépôt des fascines. — 5. Le comte d'Eu donne un grand souper;

T. VI. 'iG

— 6. On tire le canon à la batterie de l'École, en présence de la reine et du dauphin. Le pont est rompu et rétabli ; le peuple le passe d'abord , puis la reine. — 7. Le régiment du Roi arrive à 8 heures du matin à Marigny, petit village à un quart de lieue de Gompiègne, sur la rive droite de l'Oise. Le roi parut vers les midi entre le dernier village et celui de Venette, oii il vit camper son régiment. Le quartier général de M. le duc de Biron, colonel, se trouvait à l'entrée de Venetle. — 8. Les détachements des régiments de Gondrin (M. d'Antin, colonel), Blaisois (colonel, M. de Pereuse, parent de M. d'Angervilliers), Bourbonnais (M. de Boufflers , colonel) , arrivèrent à midi au camp tracé entre celui de Royal-Artillerie et la forêt. Le dauphin va voir, auprès de la Croix-Saint-Oyen , l'épreuve d'une pièce de canon qui lire plusieurs coups de suite. — 9. Sont présents M. de la Borie, lieutenant-colonel duB. de Royal-Artillerie; M. le chevalier d'AUemans, lieutenant-colonel du régmient du Roi. Le roi passe la revue de son régiment, 4 B., entre Marigny et Venette.

Le cardinal de Fleury, la reine, le dauphin, ne purent assez admirer le régiment habillé de neuf. Cette revue dura 3 heures. Jnmais coup d'œil ne fut plus brillant; les lignes semblaient être tirées au cordeau; l'ordre, le silence, la bonne mine des officiers, la figure martiale et la fierté des vieux soldats , l'air assuré et les moustaches des grenadiers revenus d'Ralie, frappèrent le prince de Lichtenstein et les ambassadeurs d'Espagne et d'Angleterre. Le roi passe ensuite en revue les détachements de Gondrin, Blaisois et Bourbonnais, et traverse le pont de bateaux pour aller souper chez le comte d'Eu. — 11. M. le dauphin visite le camp du régiment du Roi. M. le duc de Biron et le maréchal, son père, lui donnent le spectacle d'un combat. — 12. Le roi ordonne à son régiment le passage de la rivière, défendue sur l'autre rive par Gondrin, Blaisois et Bourbonnais, secondés par de l'artillerie. La moitié avait son uniforme blanc, et les autres leurs surtouts bleus. — 14. On ouvre la tranchée et on prépare tout ce qui est nécessaire pour l'attaque du fort. — 13. Les troupes armées entrent dans la tranchée; établissement des batteries. — 16. Le roi visite les ouvrages; sorties des troupes, attaque de la lunette. — 17. Continuation des travaux des assiégeants. — 18. On perfectionne les sapes et on charge les mines des lunettes et du glacis. — 19.

Préparation de l'altaque du chemin couvert, le roi y assiste. Arrivée à Compiègne des 2 compagnies de mousquetaires. — 20. <3n achève de couronner le chemin couvert. Les logements sont perfectionnés, et une plate-forme est dressée pour M. d'Oxiron, médecin de Besançon , qui prétendait avoir trouvé le moyen de jeter les bombes avec plus de précision.

21 juillet. M. d'Angervilliers, ù 7 heures du matin, visite le polygone, avec M. de Vallière; on fait sauter les mines. Vers les 6 heures du soir, les troupes s'avancent vers le fort pour monter à l'assaut : c'est alors que les assiégés, harcelés de tous côtés, voyant la demi-lune prise et le logement de la brèche exécuté, demandèrent à capituler. Le gouverneur de la place fit battre la chamade, planter le drapeau blanc sur l'angle flanqué du bastion, et la capitulation se fit dans toutes les règles. Le roi se place ensuite au pied du glacis, où la reine le joignit pour voir défiler la garnison, qui, après être sortie par la brèche, passe par la double sape. — 22. Les troupes se reposent et on commence à embarquer l'artillerie. — 23. Le premier B. du régiment du Roi prend sa marche vers la Champagne. — M. Les autres suivent pour Reims et Châlons. — 25. Blaisois, Bourbonnais et Gondrin lèvent le camp. — 28. Le B. de Royal-Artillerie retourne à la Fère.

Les troupes étaient habillées à neuf. « Il m'a paru que tant officiers que soldats portaient l'air de guerre, et cela est aisé à comprendre, étant choisis sur tout le corps. Le régiment de Bourbonnais est celui qui a été le plus admiré : les soldats y sont tous de jolie figure et tous égaux. Ils marchent d'une perfection si grande que ni majors, ni officiers, ni sergents ne sont obligés de leur dire la moindre chose. Ils font leurs mouvements avec vivacité et marchent avec la même régularité. » [Mémoires du duc de Lnynes.) — 30. Les grenadiers de France forment un camp à Compiègne jusqu'au 17 et y font, en présence du roi, les nouveaux exercices. Ce camp réunit le nouveau corps nommé les Grenadiers de France, formés par ordonnance du 13 septembre 1749 (1). C'était une

(1) Par une analogie assez curieuse, le corps des carabiniers parut, après sa créalion, pour la première fois devant Louis XIV à Compiègne (mars lf>9i), et ce fut à Compiègne aussi que Louis XV voulut voir le nouveau corps des grenadiers de France.

excellente idée du ministre de la guerre, qui, pour ne pas perdre de vue ce qu'il y avait de plus précieux dans chaque régiment réformé, c'est-à-dire les grenadiers, en qui résident l'âme et l'esprit de corps, imagina de les réunir sous une dénomination générique. M. de Cremilles, maréchal général des logis de l'armée en 1744 et 1743, qui avait contribué au succès de ces campagnes, cherchait à briller par des innovations dans la tactique et avait demandé de les faire exécuter devant le roi.

Camp (TErstein en Alsace, à quatre lieues de Strasbourg, sur l'ill, du 1" au 30 septembre 17S3.

La droite du camp appuyée au village d'Osthausen, et la gauche à celui d'Erstein avec le quartier général (1).

M. de Saint-Pern, lieutenant général, commandant; de Lucé, intendant.

Infanterie : Piémont, 4 B.; Briqueville, 2 B. ; Vigier, 3 B.; la Marche, 1 B. — Total : 10 B.

Cavalerie : la Reine, 2 E. ; Lenoncourt, ± E. ; Laviefville, 2 E, — Total : 6 E.

Le commandant en chef, son état-major et les différents employés du camp logent à Erstein. La paille de couchage est délivrée. Le fourrage de la localité n'ayant pas été jugé bon, on le fit venir de Strasbourg, ainsi que l'avoine ; le pain, fabriqué à Schelestadl, est amené au camp par bateau et distribué chaque fois pour quatre jours.

La chapelle est desservie par deux capucins et un frère. Les malades étaient traités à l'hôpital de Strasbourg, oi^i ils étaient conduits en bateau. Une ambulance, établie dans une grange du village d'Erstein, les recevait avant leur envoi à Strasbourg ; enfin il y avait un bureau de poste.

Camp près Mézières (1733).

M. de Brezé, lieutenant général et inspecteur général d'infanterie, sous l'autorité de M. le maréchal de Belle-Isle.

(1) Voir le quatrième volume des Guerres sous Louis AT',]!, 103.

Infanterie: Belziince, 4 B. ; lloyal-Vaisseaux, 2 B. ; Dauphin, ^ B. ; la Couronne, 2 B. — Total : 10 B.

Cavalerie : le Roi, ^2 E.; Mouliers, 2 E.; des Salles, 2 E. ; Cuirassiers, 2 E. ; Cravates, 2 E. —Total : 10 E.

Camp de Languedoc , près Beaucaire , du l*"" au 30 septembre 1753.

M. deCrémille, lieutenant général, commandant. Infanterie : Koj'al, 2 B.; Boulonnais, 1 B.; Médoc, 2 B.; Anjou , 2 B.; Périgord, 1 B.; Brissac, 2 B. — Total : 10 B. Le camp établi sur un terrain sablonneux.

Camp de Plobsheim, du F'" au 30 septembre 1753.

M. de Maillebois, commandant.

Le recueil des ordres du jour du commandant en chef indique les mouvements qui devront être exécutés le lendemain.

Camp de la Saône, près de Gratj, pendant le mois de septembre 1753.

M. le duc de Randan, commandant (1).

Il n'existe de traces de ce camp que par des brouillons de lettres de service destinées aux officiers généraux appelés à y servir, et par des observations sur l'exercice du soldat d'infanterie et les manœuvres par MM. le marquis de Monconseil et le capitaine Messinot, du régiment de Normandie.

Camp de Hainaut, sur les frontières de Champar/ne , du 1®"" au 30 septembre 1753.

Commandé par le prince de Soubise.

Camp de Compiègne (1753).

Le 20 juillet 1753, le régiment du Roi, commandé par le comte de Guerchy, forme le camp, pour l'exercice et le manie-

(t) Voir le quatrième volume des Guerres sous Louis XV, p. 89.

ment des armes, suivant la nouvelle ordonnance. Sa durée n'est que de neuf jours, une partie en présence du roi (1).

Travaux du canal de Picardie (1754).

(( Les soldats des 4 B. qui ont travaillé l'automne dernier au canal de Picardie ont eu des baraques; mais il n'en a point été question pour les officiers. » (Lettre de M. d'Angervilliers, de Creil, le 15 mars 1754).

Etat des troupes destinées aux travaux du canal de communication de la Lijs à V Aa : Poitou, 2; Provence, 2; Ile-de-France, 1; Royal-Bavière, 2; Bentheim, 2; Lowendal, 2; Bulkeley, 1; Dillon,

1 ; Ogilwy, 1. — Total : 14 B.

Ces travaux ne furent pas interrompus du 20 mai au 26 août; ils reçurent, à la date du 15 juin, un renfort de 6 autres B. : Cambrésis, 1 ;Forest, 1 ; Berwick, 1 ; Foix, 1 ; la Marine, 1 ; Saintonge, 1.

MM. de Yault et Surlaville sont adjoints comme colonels au général de Cremilles.

Les détachements de travailleurs de la Marine^ Bourgogne, Foix, Ogilwy et Clare formaient la gauche du camp, et ceux des régiments de l'Ile-de-France, Saintonge, Forest, Gambrésis, Royal- Bavière, Lowendal, Berwick et Béarn, la droite. Chaque B. de ces régiments fournissait, avec le nombre de travailleurs désignés par le commandant des troupes, 1 capitaine, 1 lieutenant, 2 sergents et 1 tambour.

Position du camp.

La droite du camp se trouve près des haies du hameau de Campagne; la gauche vers les Fonlinelles; le front de bandière parallèle au canal. Les travaux furent commencés, le 8 juillet, par le régiment de la Marine, qui fournit, par B., 1 capitaine, 1 lieutenant,

2 sergents et 144 travailleurs, y compris 1 tambour. Des demi-fournitures furent distribuées en raison d'une pour deux travailleurs.

(1) Journal historique, ou Fastes du rèfjne de Louis XV, par le président de Lévy.

Les autres troupes arrivèrent successivement Jusqu'au li, el le 15 les travailleurs des 20 B.

Quatre camps d'instruction sont réunis en 175i, à Aymeries, à Sarrelouis, à Graij, à Plobsheim.

Le fourrage, disait l'ordonnance, sera fourni par l'entrepreneur, d'après les tarifs en vigueur, les officiers de cavalerie et de dragons en recevront une quantité égale à la moitié de celle qui leur serait allouée en temps de guerre. Les malades seront transportés dans l'hôpital le plus voisin par les soins de l'intendance. Un bureau de poste y sera établi. Le commandant en chef veillera au maintien sévère de la discipline; il aura à ses ordres, pour punir ceux qui y manqueraient, un lieutenant de la maréchaussée, huit archers et un exécuteur.

Toute espèce de contrebande sera sévèrement réprimée. Le tabac et le sel seront fournis aux hommes par les fermiers généraux, aux prix portés dans les instructions du 1" octobre 1743.

Tous les officiers, y compris les colonels et mestres de camp, devront camper avec leurs troupes. Il en sera de même des brigadiers. Les officiers qui s'absenteront sans congé seront mis en prison et signalés au ministre de la guerre.

La chasse et les jeux de hasard seront sévèrement interdits. 11 ne sera permis aux officiers étrangers au camp d'y entrer qu'à condition d'en repartir le soir.

Les généraux ne pourront distraire aucun officier de son service auprès des troupes pour en faire un aide de camp. Le commandant en chef veillera à ce que chaque corps soit pourvu de tous les effets nécessaires à son campement. Les troupes feront chaque jour des exercices généraux ou particuliers. Le commandant en chef verra l'assemblée des gardes le plus souvent qu'il pourra, et se fera remplacer, en cas d'empêchement, par l'officier général de jour. Il visitera les postes et piquets pendant la nuit. Les gardes et postes devront être proportionnés à la force des B. et E., de telle sorte que tous les hommes y soient exercés. Les instructions sur l'exercice et la manœuvre devront être suivies littéralement par tous les corps pour amener l'uniformité. Des instructions sont rédigées pour l'infanterie et la cavalerie; mais le roi ne veut les faire publier que l'année prochaine, pour que l'on puisse y faire pendant l'hiver les changements que les quatre camps de cette année

auront fait juger nécessaires. Le service des dragons avec Tinfanterie et la cavalerie n'étant pas encore réglé, le commandant en chef fera en sorte d'éviter tout ce qui pourrait donner lieu à des démêlés entre eux.

Le commandant en chef passera une revue générale des troupes trois jours après leur arrivée au camp, les fera défiler, et les exercices devront commencer le lendemain, particuliers d'abord pour chaque corps, puis ensuite par brigade, et enfin pour toute l'armée réunie. Il veillera à ce que l'on ne s'écarte pas pour l'exercice et les manœuvres de ce que prescrit littéralement l'ordonnance, mais il recueillera les objections et les observations tendant à amener quelques changements ou modifications, et rendra compte chaque jour de ce qui aura été exécuté.

Camp d'Aymeries, sur la Sambre, du 1" au 30 septembre 1754.

Il est assis sur la rive droite de la Sambre, sa droite vis-à-vis du village de Berlaymcnt, et sa gauche à celui de Bachan. Derrière son centre se trouvent les villages d'Aymeries et de Pont-sur-Sambre.

M. de Rohan, prince de Soubise, commandant.

Infanterie: Bourbonnais, 4B.;Condé,:2 B.; Bulkeley, 1 B. ; Penthièvre, 2 B. ; Roth, 1 B. ; Salis, 3 B. ; Rohan, 2 B. (1). — Total : 15 B.

Cavalerie : Colonel-général, 3 E.; Clermont-Tonnerre, 2E. ; Lameth, 2 E. ; Royal, 2 E. ; Royal-Roussillon, 2 E. — Total : 11 E.

(1) Dans le régiinenl du prince de Rohaa-Rochefort, entra coniine cadet gentilliomine, en 1754, François-Claude-Amour, marquis de Bouille, né le 19 novembre 1739 à Cluzel-Saint-Eblé, au pied des montagnes qui séparent l'Auvergne du Velay. 11 y fil exactement son service de soldat, manœuvrant dans les rangs des grenadiers, quoique la fatigue y fût extrême pour un enfant délicat, obligé de passer ses journées sous le harnais. Revint à Paris, à l'académie de M. Duguet, une de ces trois maisons formées pour des gentilshommes oii la jeune noblesse était instruite aux sciences mililaires. En sortit, en juin 1758, pour rejoindre la Ferronnays-dragons, dans lequel il obtint une compagnie; se distingue à Giessen le 22 mars 1761; nommé colonel. Séjourne à la Martinique, revient en France en février 1777; général, le 19 août 1790; gouverneur des îles du Lovant. Commandant une des quatre armées décrétées par l'Assemblée nationale, et échelonnées depuis la Suisse jus([u'à la Sambre. Fait la campagne de 1792 auprès du prince de Condé ; mort à Londres le 14 novembre 1800.

Carabiniers : brigade de Montmorency, ^2 E. ; brigade Létang, -1 E.; brigade Bovest, -2 E. ; brigade Bussy, 2 E.; brigade Brassac, 2 E. — Total : 10 E.

Dragons de la Reine, :i E.

La force des B. est de 470 hommes en moyenne.

M. le maréchal de Belle-Isle vint au camp, lit exécuter l'exercice et les manœuvres d'après la nouvelle ordonnance et se réserva de faire de vive voix au minisire de la guerre, M. d'Argenson, communication de ses observations et des changements qui devraient y être apportés. Le dossier relatif à ce camp contient un très grand nombre de lettres de M. de Chevertà M. le ministre delà guerre, ainsi que les ordres de chaque jour et le compte rendu de tous les exercices et opérations de petite guerre qui ont été exécutés , en y comprenant différentes consignes : défense aux cavaliers, hussards et soldats de passer sur la rive droite de la rivière; de franchir les gardes extérieures sans congé dans la forme prescrite ; aux cabaretiers , aubergistes et autres de recevoir les filles de mauvaise vie; au contraire, de les arrêter et de les remettre entre les mains de la maréchaussée. Ordre à la gendarmerie, gardes, postes et patrouilles de protégerles paysans quiapporterontdes vivres etdenrées au camp ; aux chefs de poste et grand'gardes d'interroger tout étranger se présentant pour entrer dans le camp, et, si les réponses ne sont point satisfaisantes, de le faire conduire devant le major d'infanterie ou le prévôt du camp; mais si ce sont des officiers ou des gentilshommes, on doit se contenter de prendre leurs noms et de les adresser de suite au commandant en chef.

Un sous-brigadier de maréchaussée est investi des fonctions de marqueur du quartier général; il est sous les ordres du prévôt du camp. Ses fonctions consistent à surveiller les aubergistes, vivandiers, cabaretiers et autres, à dresser procès-verbal contre eux au besoin, à interdire à qui que ce soit de s'établir dans le quartier général sans l'agrément du commandant en chef; à surveiller les poids et mesures des marchands ainsi que la qualité des fruits et denrées, et en général à rendre compte au commandant en chef de tout ce qu'il aura remarqué.

M. de Chevert termine ses rapports au ministre en annonçant le départ des troupes sous ses ordres et en témoignant de leur bon vouloir, de leur belle tenue et des excellentes manœuvres.

Camp de la Sarre, du 1^'" au 30 septembre 1754.

Assis dans le grand circuit que forme la rivière autour de la ville de Sarrelouis, la droite vis-à-vis du village d'Ensdorf et la gauche à celui de Lautern, tous les deux situés de l'autre côté de la rivière, sur la rive droite, ce camp a son front couvert par la Sarre et s'adosse à la ville de Sarrelouis. Le quartier général est établi dans le couvent des Capucins et le village de Lisdorf. jNI. de Chevert, lieutenant général, sous le commandement supérieur de M. le maréchal de Belle-Isle.

Infanterie : laTour-du-Pin, 4 B. ; Touraine, :2 B.; Limousin , 2 B.; Enghien, 2 B. ; Boccard, 3 B. — Total : 13 B.

Cavalerie : Royal-Pologne. 2 E.; Beauvilliers, 2 E.; Henrichemont, 2 E. ; Saluées, 2 E. ; Maugiron, 2 E. ; Fitz-James, 2 E. ; Bourgogne, 2 E. ; Bourbon-Busset, 2 E. ; hussards de Beausobre, 1 E. — Total : 17 E.

Campement sous la lente, les chevaux au piquet.

Camp dePlobsheim, en Alsace, du 1" au liO juillet 1734.

La droite appuyée au village de Piobsheim et la gauche à une redoute que le commandant en chef a fait construire en avant du village d'Eschan, le camp a son front de bandière établi parallèlement à la chaussée de Bâie. M. de Maillebois, lieutenantgénéral, sous le commandement supérieur de M. le maréchal de Belle-Isle.

Infanterie : Montmorin, 2 B.; Lorraine, 2B.; la Fère, 2 B.; Yatan, 2 B. ; Monin, 3 B. — Total : 11 B.

Cav«/ene ; Mestre-de-cam-pgéné rai, 2E.; Vienne, 2E.; Aquitaine, 2 E. ; Wurtemberg, 2 E.

Dragons : le Roi, 2 E. ; Thianges, 2 E. ; hussards de Raugrave, 1 E. — Total : 13 E.

Campement sous la tente, les chevaux au piquet.

Camp de Piobsheim, du l" août au 30 septembre 1754.

M. de Maillebois, commandant.

Infanterie : Montmorin, 2; Lorraine, 2; la Fère, 2; Vatan, 2; Monnin, 3. —Total : 11 B.

Cavalerie : Mestre-de-camp-général, 2 ; Vienne, 2 ; Aquitaine, 2; Wurtemberg, 2 ; le Roi-dragons, 2; Thianges, 2; hussards de Raugrave, 1. — Total : I.'J E.

Des discussions s'élevèrent entre les dragons et la cavalerie. Elles prouvèrent que la position relative de ces deux armes n'avait pas été assez nettement établie; ces discussions, au surplus, par suite du désir du commandant des dragons de ne pas faire soufi'rir le service, n'eurent pas de suites fâcheuses.

Des pontons tirés de l'arsenal de Strasbourg servent à l'établissement des ponts jetés sur la rivière l'ili.

Le maréchal de Belle-Islese rend au camp pour l'exécution des nouvelles manœuvres et approuve tout ce qui s'était passé suivant les dispositions du nouveau règlement.

Ca77îp de la Saône, près de Graij, du 25 août au 23 septembre 1754.

Ce camp est assis sur un coteau, dans une position saine; la droite près de la ville de Gray; la gauche à hauteur du village des Moulins, et le centre au village de Gray-la-Ville.

M. le duc de llandan, lieutenant général, commandant.

Infanterie: Talaru, 2B.; Courten, 3 B.; Rochefort, 2 B.; Cambrésis, 2 B.; Royal-Marine, 2 B. — Total : 11 B.

Cavalerie : Bourbon, 2 E.; Marcieu, 2 E.; Talleyrand, 2 E. ; Berri, 2 E.

Dragons : la Ferronais, 2 E.; Daubigny, 2 E. — Total, 12 E.

Campement sous la tente. Les chevaux au piquet.

Les généraux et officiers font leurs observations sur les améliorations introduites dans l'ordonnance.

Camp de Nancy {mois d'août 1754).

M. de Rostaing, commandant.

Volontaires royaux, grenadiers de France, 6 pièces de canon à la suédoise. Ces troupes sont réunies pour exécuter différentes nouvelles manœuvres de lactique dite la légion.

Ces manœuvres se réduisent à huit principales :

1° Attaque en plaine en ordre, mi-partie de choc et de raousque-

terie;2" altaque en plaine dans un ordre de pénétration protégé par un mélange de mousquelerie; 3" manœuvre pour dérober à l'ennemi le mouvement par lequel on débordera son front et on attaquera ses flancs avec avantage; 4." disposition pour une attaque de retranchements, laquelle peut servir à leur défense; 5° retraite en colonnes; ti" disposition pour faire une retraite lente en plaine, si la légion n'a qu'un espace très court à parcourir pour gagner un défilé, ou si elle se trouvait contrainte à se soutenir elle-même en attendant des secours; 7" formation rapide de la légion en ordre de défense et d'attaque, si elle est menacée sur un de ses flancs; 8° disposition pour une attaque de pont.

M. le maréchal de Belle-Isle, en rendant compte au ministre de ces manœuvres exécutées sous ses yeux, donne des éloges aux officiers pour leur zèle à apprendre, aux troupes pour leur tenue et leur discipline, à M. de Rostaing pour la simplicité de ses mouvements et la netteté de ses commandements. Tout en apprenant cette formation en légion, qui pourrait, selon lui, rendre des services à un général dans un grand nombre de cas, il s'oppose h ce que l'on décompose toute l'infanterie et les dragons pour en former des légions.

Enfin ce camp est rétabli sous les murs de Nancy au mois de septembre, et on y fait manœuvrer les grenadiers de France avec les volontaires Royaux. Ils exécutent encore des mouvements d'essais en présence du roi de Pologne.

Camp (fAymeries, sur la Samhre, pendant un mois à partir du M août 1755.

Cecamp est établi sur le même emplacement que celui de l'année précédente.

M. le prince de Soubise, commandant.

Infanterie : Lyonnais, 2 B.; Quercy, 1 B.; Cambrésis, 1 B.; Beauvois, 2 B.; Berwick, 1 B. ; Clare, 4 B. ; Saintonge, 1 B. ; Saint- Germain, 1 B.; laDauphine, 1 B.; Nassau, i B.; Gonti, 2 B. ; Eu, 2B. —Total : 16B.

Cavalerie : Royal-Étranger, 2 E. ; Saint-Jal, 2 E.; Conti, 2 E. ; Noailles, 2 E.; Graramont, 2 E.; Orléans, 2 E.; Condé, 2 E.;

liezons, 2 E. ; Montcalm, 2 E.; Chabrillanl, 2 E. ; Grussol, 2 E. ; Dauphin-Étranger, 2 E.

Dragons : Royal , 2 E. ; Caraman, 2 E. — Tolal : 28 E.

Campement sous la tente, les chevaux au piquet.

Après les revues d'arrivée, on commença les exercices particuliers dans chaque corps, mais bientôt les troupes se rendirent dans différents cantonnements par ordre du commandant en chef, qui voulait les soustraire à la dangereuse influence des pluies continuelles.

Après avoir été obligé de retarder le jour fixé pour leur arrivée au camp, le commandant en chef, dans l'impossibilité où la pluie constante le mettait de faire exécuter des manœuvres, et dans la crainte de voir les hommes tomber malades par suite de l'humidité du terrain et de la paille sur laquelle ils couchaient, donna l'ordre aux troupes de se séparer. L'infanterie gagna les places voisines et la cavalerie fut cantonnée dans les villages voisins pour pouvoir consommer les fourrages qu'on avait réunis.

La séparation des troupes s'effectua le 3 septembre. Le roi donna son approbation à l'ordre de M. de Soubise relatif à la levée du camp.

Camp de Valence, en Dauphiné, du 21 août au 20 septembre 1753.

Ce camp est assis sur une plaine élevée, dite plaine de Valence, entre les chemins de Beaumont et de Monlellier. La droite est appuyée à la Censé de Baise , la gauche à une mare d'eau près du chemin de Montellier. Le front de bandière est parallèle aux Alpes. En avant, se trouve un fort beau terrain propre à toutes espèces de manœuvres.

MM. le marquis de Voyer (1), maréchal de camp, inspecteur; M. de Laporte, général de cavalerie, intendant.

Infanterie : Navarre, 4 6.; Vaubecourt, 2 B.; Laroche-Aymon, 2 B.; Bretagne, 2 B. ; Bigorre, 1 B.; Nice, 2 B. — Total : 13 B.

Dragons : Dauphin , 2 E. ; Languedoc , 2 E. — Total : 4 E.

Campement sous la tente, les chevaux au piquet , l'infanterie au centre et les régiments de dragons aux deux ailes. Ce camp, comme

(1) Voir le quatricnio volume des Guen-es sous Louis XV, p. 108.

tous les précédents, a eu pour but d'instruire et d'exercer les troupes etsurloutd'arriverà faire régner l'uniformité la plus grande entre les divers régiments, soit pour le maniement des armes, soit pour les exercices de B., soit pour la manière de se conduire au camp, pour les gardes, patrouilles, rassemblements; en un mot, recommandation expresse et formelle était faite de s'en tenir exactement à la lettre de l'ordonnance, seul moyen d'arriver à l'uniformité demandée. Le commandant en chef voulut exercer ses troupes aux travaux de siège; à cet effet, dès les premiers jours de son arrivée au camp, des travailleurs furent détachés pour construire un polygone bastionné, et, quand il fut terminé, les troupes en formèrent l'investissement, ouvrirent la tranchée, se livrèrent à tous les travaux d'attaque, pendant qu'une autre partie d'entre elles, chargée de la défense de la place, exécutait de son côté tous les travaux en usage pour retarder les progrès de l'assiégeant.

Camp de Richemont , sur la 3Joselle, du 26 aoûtaulo septembre 1755.

D'après le plan, il aurait été établi sur deux lignes : l'infanterie au centre, la cavalerie sur les ailes; la droite au village de Richemont, la gauche à celui d'Ukange , le front de bandière couver tpar la Moselle. Quant aux hussards et dragons, ils étaient placés en potence derrière les villages, appuyant la gauche et la droite du camp .

M. de Chevert, lieutenant général, sous les ordres supérieurs de M. le maréchal de Belle-Isle.

Quartier général au château île Pepinville.

M. le marquis de Poyanne, inspecteur général de cavalerie.

Infanterie : Champagne, 4 B.; Royal-Pologne, 1 B. ; Orléans, 2B.; Rouergue,2B.;Loochman, 3B.; Planta, 3 B.— Total: 15 B.

Cavalerie : Royal-Piémont, 2 E.;la Rochefoucauld, 2 E.; volontaires de Schomberg, 2 E.; Royal-Allemand, 2 E.; Dauphin-Français, 2 E. ; des Cars, 2 E. ; Poly,2 E.; d'Archiac, 2 E.

Hussards : Linden, 2 E. ; Berchiny, 1 E.; Turpin, 1 E.

Dragons : Orléans, 2 E.; Bauffremont, 2 E. — Total : 24 E.

Campement sous la tente, les chevaux au piquet. Couchage sur la paille.

M. de Chevert rend compte, jour par jour, des exercices qu'il a fait faire, ainsi que des grandes manœuvres qu'il a commandées.

Le maréchal de Belle-Isle, dans son rapport au ministre d'une inspection qu'il a laite au camp de Richemont, insiste sur la nécessite de réprimer le luxe de la table, qui, selon lui, va croissant d'année en année.

Des armements de terre et de mer sont poussés avec la plus grande activité; des camps de manœuvres sont établis sur les côtes de France; nos forces navales restant inférieures à celles des Anglais, on y supplée en leur imprimant la crainte d'une descente sur leurs côtes. C'était le moment de regretter la conduite tenue envers le prince Edouard; la terreur des Anglais eût été bien plus forte s'ils l'avaient vu dans les rangs de l'armée qui menaçait leurs rivages. Les troupes, commandées dès le mois de janvier, se rendent sur les cotes de l'Océan et se distribuent en plusieurs camps.

La guerre déclarée à l'Angleterre, le roi décida que l'on profiterait du voisinage de la mer pour exercer les troupes à tous les genres d'attaque et de défense qui peuvent avoir lieu sur les cotes. Le maréchal de Belle-Isle envoya au commandant en chef une instruction sur ce sujet, dont voici l'analyse. Les troupes doivent être exercées à différentes manœuvres d'embarquement et de débarquement, on familiarisera les officiers et soldats avec toiit ce qui peut avoir rapport aux opérations maritimes, et on répétera ces exercices assez fréquemment pour que chacun d'eux les ait faits plusieurs fois pendant la durée du camp , afin qu'à un moment donné les troupes puissent exécuter ces manœuvres avec adresse et célérité. Le commandant en chef se mettra en rapport avec celui de la marine pour connaître les lieux propres à un débarqu^ment, et il aura soin que les troupes se rendent aux lieux indiqués par la marine bien exactement aux heures indiquées, afin que la marée ne mette pas obstacle aux exercices. Il devra prendre toutes les précautions possibles pour qu'il n'arrive pas d'accidents, surtout dans les commencements, où les soldats ne seront pas habitués à la mer. Dans les premiers exercices, ils seront en veste et bonnet, et n'auront avec eux que leurs armes et outils. Plus tard ils seront complètement équipés. Ils devront avoir sur eux du pain pour deux jours, et les bâtiments seront approvisionnés d'eau pour le même temps. Le commandant de la marine fera la disposition des bâtiments, barques et chaloupes , en conséquence de

laquelle sera faite celle des troupes sur le lieu de débarquement. Les troupes seront embarquées par compagnies ou fractions de compagnie; chaque fraction sera accompagnée d'un officier. Un nombre suffisant de bons matelots sera attaché à chaque bâtiment, barque ou chaloupe, pour indiquer aux hommes comment ils doivent entrer dans lesdits bâtiments, éviter les mouvements, se secourir, etc. A mesure que les troupes arriveront dans les bâtiments, au moyen de barques et de chaloupes, le capitaine du bord indiquera aux officiers comment les hommes doivent se placer pour ne pas gêner la manœuvre. Les troupes embarquées, si le temps et le port le permettent, on naviguera un peu, sans toutefois s'exposer à rencontrer l'ennemi. On exercera les hommes aux feux comme h terre, puis on opérera le débarquement en observant toutes les précautions prises pour l'embarquement, mais en habituant les hommes à sortir des chaloupes avec la plus grande célérité, soit qu'il faille sauter dans l'eau, soit que l'état de la côte permette de descendre des chaloupes à pied sec. On leur indiquera également de quelle manière ils devront porter leurs armes et leurs gibernes en sautant dans la mer, de même que le moyen de résister à la houle. Une fois débarqués, les hommes seront exercés à différentes manœuvres, telles que de s'emparer de suile d'un poste, d'une hauteur, de s'y retrancher, etc.

Camp de la Hougue, sur les côtes de l'Océan, du Hj juillet «M 12 septembre 1756.

Ce camp fut établi, la gauche au chemin qui va de Quetchou à Saint- Vast, la droite à un ruisseau. Dans cetle position, la Hougue se trouvait en avant de la gauche et Quetchou derrière la droite.

M. de Lugeac, inspecteur général d'infanterie.

Infanterie : Dauphin, 2 B. ; Beauvoisis, 2 B. — Total : 4 B.

Campement sous la tente, comme les précédents; il y est recommandé de se conformer littéralement, pour le maniement des armes et pour les évolutions, à l'ordonnance royale du 6 mai 1756. Cependant le commandant en chef est autorisé à faire faire l'essai des nouvelles manœuvres qui lui seraient proposées, mais seulement par des détachements, en sa présence, avec ordre d'en rendre compte au ministre ainsi qu'au maréchal duc de Belle-Isle. Il est

également recommandé de se conformer scrupuleusement à l'ordonnance du 17 février 1753 sur le service de Pinfanterie en campagne.

11 est recommandé de faire camper les hommes de nouvelle levée avec leurs corps, pour les former plus promptement au service et aux manœuvres de guerre. L'intendant de la généralité reçoit l'ordre de faire établir un petit hôpital à Quelchou pour recevoir provisoirement les hommes qui tomberaient malades, ceux-ci devant être dirigés sur l'hôpital de Valognes. Un bureau de poste est établi au camp, au village de Saint-Vast.

Le roi décida cette année qu'une pièce de canon serait attachée à chaque B., et une instruction spéciale pour la manœuvre de ces pièces, dites à la suédoise, fut envoyée à M. le marquis de Lugeac, pour en faire un point capital de l'instruction des troupes et leur faire comprendre que la conservation de ces pièces était confiée à leur honneur tout aussi bien que leur drapeau.

Quand on campera par brigade, les pièces de la brigade de droite seront placées à la droite du B. de droite, en avant du piquet et sur l'alignement des faisceaux. Un terrain convenable sera choisi pour tirer le canon, et chaque jour les canonniers y conduiront leurs pièces en les tirant avec des prolonges et les ramèneront au camp de la môme manière. Pendant toute la durée de ce camp, les hommes furent fréquemment exercés sur les bords de la mer aux embarquements, débarquements et combats, ainsi qu'à la ma nœuvre des pièces de canon qui accompagnaient chaque B., de même qu'aux autres manœuvres d'infanterie.

Camp de Saint-Malo (1756.)

Ce camp est établi, le 16 juillet, à une demi-lieue de la ville, la droite au ruisseau qui se jette dans le havre de Rotaineuf, et la gauche vers la Justice de Saint-Malo. Les villages de Paramé et de Sainl-Ydeuc sont derrière le camp, et celui de Rotaineuf en avant.

M. le duc d'Aiguillon, maréchal de camp.

Quartier général à Paramé, et non à Saint-Malo, bien que le camp soit établi tout près de cette ville, attendu que, en qualité déplace de guerre, Saint-Malo a ses portes fermées pendant la nuit et qu'il faut qu'un commandant en chef puisse à toute heure du

jour el de la nuit être en communication avec les troupes qu'il commande.

Infanterie : Navarre, 4 B.; Glare, 1 B.; Berv^ick, \ B.: Quercy, 1 B.; Condé, 2 B.; Saintonge, 1 B. —Total : 10 B.

Dragons : Thianges, 2 E.; Daubigné, 2 E. — Total : 4 E.

Campement sous la tente et couchage sur la paille, renouvelée

quand il en est besoin. Ce camp, comme le précédent, eut pour

but spécial d'instruire les troupes sur les embarquements, les

débarquemenis et toutes les manœuvres de guerre se rapportant

à ce genre d'opérations, à cause de la guerre dans laquelle la

Fi:ince se trouvait engagée contre l'Angleterre. Placé sous les

ordres supérieurs du maréchal duc de Belle-Isle, les instructions

envoyées pour le camp de la Hougue le furent aussi pour le camp

de Saint-Malo. Le roi décida que les pièces à la suédoise suivraient

les troupes dans leurs garnisons et seraient pendant la route

traînées par trois chevaux.

Le tambour-major des gardes françaises eut ordre de se rendre dans tous les camps assemblés sur les côtes de l'Océan pour veiller à ce que les tambours de tous les corps se conformassent rigoureusement aux batteries (1).

Le dossier relatif au camp de Saint-Malo est considérable; mais, outre les papiers et lettres qu'il réunit comme les autres camps, il renferme une foule de pièces étrangères se rapportant à la défense des côtes de Bretagne. On a le plan et l'élévation des chaloupes mises en usage au camp de Saint-Malo pour l'embarquement et le débarquement des troupes. Le duc d'Aiguillon, qui lésa expérimentées fréquemment, se loue beaucoup des services qu'elles peuvent rendre.

Camp de Saint-Malo {septembre 1756).

Établi entre le fort Royal et le fort Lavarde; commandé par le duc d'Aiguillon, au U septembre.

(1) Par ordre du 14 mai 1754, le marquis dePauImy étant ministre de la guerre, furent réglées les batteries de tambour. Jusque-là chaque régiment avait eu les siennes. Le 1^"" décembre, le tambour-major des gardes françaises les conduisit à Yersailles sous les fenêtres du roi.

Infanterie: Wallis, 2 B.; Dillon, i2 B.; Lorraine, 2 B.; Royal- Roussillon, 2 B.; la Marine, 2 B. — Total : 10 B.

Cavalerie : Gondé, 2 E.; Schomberg, 2 K. — Total : 4 E.

Le 27 septembre, attaque du fortLavarde; le 10 octobre, attaque simulée contre l'armée anglaise.

Camp de Dimkerque, du m juillet au 16 septembre 1756.

La droite est appuyée aux criques situées sur le flanc gauche de la citadelle et des fortifications de la ville. La gauche est près du fort de Mardick. Le terrain inégal sur lequel le camp est assis est fermé par le canal de Mardick. M. le comte de Saint-Germain, lieutenant général, commandant.

Infanterie : Picardie, 4 B. ; Provence, 2 B. ; Belzunce, 4 6. ; Poitou, 2 B.; Royal-Suédois, 2 B.; la Marine, 4 B. —Total : 18 B.

Dragons : dragons d'Apchon , 2 E.

Campement sous la tente.

Il est à remarquer que, dans tous les camps qui eurent lieu en 1756, on recommande aux commandants en chef de veiller à ce que, pour l'instruction, l'exercice et les évolutions, les officiers et les soldais se conforment strictement et rigoureusement aux ordonnances récemment publiées; on s'aperçoit ainsi du besoin qui avait été reconnu indispensable d'établir de l'uniformité dans l'armée. Les plaintes sur la qualité des armes sont fort nombreuses. Les commandants en chef des différents camps appellent l'attention du minisire sur ce fait, qui en campagne paralyserait les forces d'une grande partie de l'infanterie. On remarqua que les exercices auxquels les troupes furent soumises à l'embarquement et au débarquement eurent pour désavantage d'altérer beaucoup la durée des effets des soldats et surtout leurs souliers:

Dans tous les corps, des Te Deum et des réjouissances sont célébrés à l'occasion de la prise du fort de Saint-Philippe de Mahon.

Pour l'exercice des pièces de canon à la suédoise, M. le comte de Saint-Germain fit construire de grandes cibles dans le but de déterminer exactement la portée de ces pièces et de montrer aux troupes les distances auxquelles elles pouvaient tirer. Le comman-

dant en chef donna son attention aux feux et à la marche, disant qu'il importait plus d'apprendre aux hommes à tirer avec promptitude et précision, ainsi qu'à bien marcher unis, que de faire des maniements d'armes et autres exercices de parade.

CainiJ de Calais^ du IG juillet au 16 septembre 17ofi.

M. le prince de Croy, maréchal de camp, commandant.

Infanterie : Bourbonnais, 4B.; Aquitaine, 2 B. ; Forest, 1 B. ; Périgord, 1 B. ; Rooth, 1 B. ; Lowendal, 2 B.; Royal-Écossais, 1 B.; O'Gilvy, 1 B.; Bukeley, 1 B. — Total : 14 B.

Dragons : Colonel-général, 2 E.; Mestre-de-camp, 2 E. — Total : 4 E.

Campement sous la lente. Même but et mêmes instructions que pour les précédents. Les observations générales portées au camp de Dunkerque s'appliquent également à celui de Calais ainsi qu'à tous ceux qui, cette année, furent réunis sur les côtes de la Manche.

Camp près de Dieppe (1756).

Assis à une demi-lieue de la ville, sur la bruyère de Notre-Dame des Vertus.

M. de Saint-Pern, lieutenant général, commandant.

Infanterie : Grenadiers de France, 4 B.; Dillon, 1 B. ; Lally, 1 B. : Bentheim, 2 B. — Total : 8 B.

Dragons : de Baufremont, 2 E.

Campement sous la tente. Même but et mêmes instructions que pour les précédents.

Camp du Havre , du IG juillet au 16 septembre 1756.

Établi sur les hauteurs d'Ingouville, sa droite auprès des ruines du château de Frileuse, la gauche sur la pointe des hauteurs vers Harfleur.

Duc d'Harcourt, lieutenant général, commandant.

Infanterie : Champagne, 4 B.; Touraine, 2 B.; ï'oix, 1 B.; la Tour du Pin, 4 B. ; Mailly, 4 B. ; Normandie, 4 B. — Total : 19 B.

Dragons : la Reine, 2 E. ; Harcourt, 2 E. — Total : 4 E.

Campement sous la tente.

Camp de Hon/leur, du {& juillet au \6 septembre 17.j6.

Comte de Polignac, maréchal de camp, commandant. Infanterie : Piémont, ^ B. ; Limousin, 2 B. — Total : 4 B. Cavalerie : Carman, 2 E.

Campement sous la lente.

Camp de Cherbourg, du ICt Juillet au 16 septembre 1750.

Comte de Raymond, maréchal de camp, commandant. Infanterie : Enghien, 2 B.; Chartres, 2 B. — Total : 4 B. Campement sous la tente.

Camp de la Boulle près Cranville, du \Q Juillet au [G septembre 17o().

M. dePuységur, maréchal de camp, commandant.

Infanterie : Auvergne, 4 B.; Royal- Vaisseaux, 2B. ; Rohan, 2 B.; Eu, 2 B. — Total : 10 B.

Cavalerie : Orléans, 2 E.; Marbeuf, 2 E. — Total : 4 E.

Campement sous la lente.

Dansions ces camps, outre les exercices maritimes dont le détail a déjà été indiqué et les manœuvres des pièces de canon attachées à chaque B., il fut procédé aux exercices et manœuvres suivant l'ordotmance. Comme toujours, la discipline fut bien observée, et il ne s'éleva aucune plainte contre le séjour des troupes dans ces' différentes localités.

Camp de Granville (1756).

Maréchal-de-Turenne, 2 B.

Camp de Saint-Valéry (1756), Le Koi, 2 B. ; Guyenne, 2 B. — Total : 4 B.

Camp de Beaucaire (17 56).

Royal, 2B.

Camp deHonfleur.

M. de Beaujeu, sous l'autorité supérieure de M. le maréchal duc de Belle-Isle.

Camp destiné à réunir des troupes prêtes à entrer en campagne. Chaque jour, elles sont exercées aux différentes manœuvres.

[Camp sous Dunkerque en août).

M. de Graville.

Infatiterie : gardes françaises, 4 B.; gardes suisses, 2 B.; Bourbonnais,-4 B.; Roth, 1 B.; O'Gilvy, 1 B.; Royal-Écossais, 1 B. — Total : 13 B.

Ce camp, comme le précédent, fut réuni dans le but d'avoir sous la main un corps d'armée prêt à entrer en campagne.

Camp de Valognes.

M. de Raymond.

Camp d'Ifs, sous Caen.

Comte de Beaujeu.

Camp de Banville. Camp de Compiègne (1763).

Infanterie : 3 régiments et les grenadiers de France. Cavalerie : i régiments et 4 de dragons.

Camp de Verberie (1764).

Il a beaucoup d'analogie avec celui de 1739, composé uniquement d'artillerie et de cavalerie. Après la guerre de Sept Ans, les réformes semblèrent devoir porter sur ces deux armes, qui se montrèrent bien inférieures; elles devaient être appelées à jouer désormais un grand rôle. Gribeauval essayait d'accomplir dès son retour d'Autriche des réformes sérieuses. Son système cependant ne fut adopté qu'en 1765 : probablement après le camp. Quant à la cavalerie, elle subit par l'ordonnance de 1761 une réduction

C\MPS (171Ô-1774). 423

considérable, et M. de Choiseul assista à tous les exercices de ce camp de 1764 (1).

Le r'' mai, l'intendant de la généralité de Paris se rend à Compiègne, accompagné d'ingénieurs d'artillerie, pour dresser le plan de ce camp et le montrer au duc de Berry et au comte d'Artois. La brigade Desmazis s'établit près de Margny entre les carrières et le chemin de Noyon, où ils construisent un fort et une batterie.

Le 12 juillet, 1,000 canonniers y sont campés. — 13. Arrivée du régiment de Royal-Normandie dans la plaine de Royallieu. — 1-4. Établissement de pontons pour un passage sur la rivière, au bout de l'île en face de la Terrasse. — Dimanche 15, exercices jusqu'à 8 heures du soir devant le roi, la reine, le dauphin, M"" la dauphine et les ambassadeurs étrangers. — 16. Manœuvres par M. de Choiseul des i régiments de cavalerie campés à Royallieu. — 17. Visite du camp par le roi. — 18. Grande revue de la cavalerie et arrivée du régiment de la Marine, l;i droite à la chaussée de Venette, la gauche au bas de la montagne près de la Folie. — 23. Normandie. — 24. Le régiment de la Reine et celui de la Marine décampent pour leurs garnisons.

Camp de Compiègne.

Deux séries de troupes formèrent cette réunion.

Le 10 juillet 1765, arrivent les régiments de cavalerie : Royal, Royal-Étranger et Bourgogne dans la plaine de Royallieu, et, le 13, ils exécutent devant le roi les manœuvres de la nouvelle ordonnance sous le commandement de M. de Reuvron (2). Ce même jour, le régiment d'infanterie de Gondé venait camper dans la plaine de Venette, où, le 16, il est passé en revue par le roi.

Ces régiments sont remplacés le 25 : les régiments de cavalerie à Royallieu par Colonel-général, Mestre-de-camp-général, Dauphin

(1) séjour de Louis XV à Compiègne (1764), d'après le journal maauscril de Baillé.

(2) Beuvron (Anne-François d'Harconrt, marquis de), né le 4 octobre 1727; cornette au régiment de dragons de son frère; lieutenant-colonel, 14 décembre 174i; mestrc de camp, 19 mars 1745; brigadier, 22 juillet 1758; maréchal de camp, 20 février 17G1.

et Schomberg-dragons, et celui de Gondé (I), à Venelle, par les grenadiers de France.

Le dauphin, toujours avec son goût fort prononcé pour les détails militaires, et qui avait inutilement demandé au roi un commandement dans l'armée, fut heureux de cette occasion de satisfaire son inclination. Profitant de ce que son régiment faisait partie des troupes du camp, il voulut remplir les fonctions effectives d'un grade qui ne devait être pour lui qu'honorifique. La Gazette nous le montre tout occupé chaque jour de son régiment (2).

Le 25, le dauphin conduit son régiment à ses campements; le 27, il fait manœuvrer à pied les dragons; le 28, le roi passe la revue des dragons, le dauphin défile en tête de son régiment; le 29, chaque régiment manœuvre séparément devant le roi. Le dauphin commande son régiment. Le soir, souper chez le duc de Coigny, mestre de camp général des dragons, commandant le camp.

C'est à la suite de ces fatigues et par une journée pluvieuse qu'il gagne un gros rhume. Bientôt sa poitrine est menacée, le camp est dissous et le roi se rend à Fontainebleau. A peine le dauphin fut-il dans cette résidence que son état devint très grave et les médecins n'eurent plus aucun espoir de guérison. Sa piété se montrait vive, mais éclairée; ses mœurs étaient austères. La science du gouvernement le préoccupait; il s'appliquait surtout à connaître les hommes, la véritable science des rois. Sérieux, il l'ut longtemps méconnu. Il mourut le 20 décembre 1765, âgé de trente-six ans. La royauté allait manquer de son plus solide soutien , car il possédait les lumières pour corriger les abus, la vertu qui inspire le respect et la fermeté qui met des bornes à la licence.

(1) Dans une lettre datée de Gosfield, le 6 février 1809, Louis XVIII disait au prince de Condé, goutteux comme lui : « Vous vous souvenez sûrement^ mon cher cousin, qu'au camp de Compiègne, en 1765, mon père se glorifia un jour avec raison de ce que votre cliapeau lui allait bien. Vous avez voulu, je crois, à votre tour, avoir quelque chose de commun avec moi; mais, qualité de fils à part, je ne puis m'empêcher de trouver que mon père faisait mieux de vous ressembler par la tête, que vous de m'imiter par les pieds. » (Crélineaii-Joly, Histoire des trois derniers princes de Condé, t. l", p. 17-18.)

(2) On trouve des détails intéressants dans Ihistoire de ce prince par M. E. de Broglie [le Fils de Louis XV, dauphin de France) ; seulement il se trompe en mettant ces épisodes au camp de 1764.

CAMPS (1715-1774). 42o

Camp de Compiègne (1766).

MM. d'Armentières, lieutenant général; de Bouftïers, maréchal de camp.

Infanterie : Champagne, i; Royal, 4; Dauphin, 3; Hainaul, 3; la Mark, 2 (16 B. ), arrivant de Soissons le l" août, campent dans la plaine de Royallieu. Le roi visite le camp le 19, passe la revue; les troupes manœuvrent et défilent devant lui. Le 24, arrive le régiment de Navarre, il s'établit dans la plaine de Venette colonel, comte de Guines) et manœuvre le 20, avec les autres, devant le roi. Le camp est levé le 27 septembre.

En 1767, il y eut dans la plaine de Royallieu trois camps successifs d'infanterie suivis d'un de cavalerie.

P' camp : M. le comte de Waldner, lieutenant général, commandant. "SValdner, Courten et Eptingen (suisses). Ces régiments, arrivés le 17 juillet, sont passés en revue le 19 par le roi.

Les deux autres sont formés de deux divisions d'infanterie. M. le marquis de Ségur, lieutenant général.

r^ division : Normandie, Aquitaine et Royal-Vaisseaux.

2* division : Bourbonnais, Guyenne et la Sarre.

Le roi les passa en revue le 26 juillet et le 2 août. Le régiment de carabiniers, cantonné depuis le 27 juillet dans les environs de Pont-Sainte-Maxence, vint camper le 5 août dans Compiègne; le roi le fait manœuvrer les 8 et 9, et soupe chez M. de Poyanne, meslre de camp, lieutenant du corps.

Camp de Verberie, sous Compiègne, commencé le l^"" juillet.

Il est établi sur la rive droite de l'Oise, la droite appuyée au ruisseau de Lancy et la gauche à l'Oise, qui couvre son front à une certaine dislance. En arrière de la droite, est le bois Balin; derrière le centre, la ferme de l'Ormeau, et à gauche, le bois d'Ayeux. L'artillerie et le parc se placent en arrière de la gauche; les troupes sont au complet le Ir, juillet. M, le baron de Wurmser, lieutenant général, commandant.

Le quartier général est réparti entre les fermes du Marais, de l'Ormeau et du bois d'Ayeux. L'intendance est au Port-Salut.

Division de Piiységur : Picardie, 4 B. ; Aunis, 4 B. ; Vivarais, 2 B.; Lyonnais, 4 B. — Total : 14 B.

Division Rochambeau : Auvergne, 4 B.; Limousin, 2 B. ; Chartres, 2 B.; Beauce, 2 B. ; Touraine, 4 B. — Total : 14 B.

Division Wurmser : Boccard, 2 B. ; Lochmann^ 2 B.; Sonneberg, 2 B. ; Royal-Bavière, 2 B.; Royal-Deux-Ponts, 2 B. ; Royal- Suédois, 2 B.; Nassau, 2 B. — Total : 14 B.

Hussards d'Esterhazy, 3 E. ; M. de la Morlière, une brigade d'artillerie (40 canons).

Campement sous la tente et sur une seule ligne.

La position du camp de Verberie ne peut pas être considérée comme bien choisie sous le rapport militaire, parce qu'elle est commandée par des hauteurs, qu'elle est adossée à des marais impraticables, et qu'enfin, si elle était tournée par la droite ou par la gauche, elle n'offrirait pas de moyens de défense; mais, sous le rapport de l'instruction, cette position présente de nombreux avantages. Le terrain en avant du camp permet de faire manœuvrer des divisions, et en franchissant la rivière on trouve des plaines où l'on peut se livrer aux grandes manœuvres; en outre, les routes qui y aboutissent et la rivière rendent faciles les arrivages de denrées et d'approvisionnements de toute espèce, et les villes et villages qui l'entourent offrent des locaux suffisants pour l'établissement de l'hôpital, de la manutention et des différents employés. Deux ponts avaient été jetés sur l'Oise : le premier dans la direction du front de bandière, vers la gauche, pour communiquer avec la grande route de Compiègne; le second, pour communiquer avec la ville de Verberie et la grande ro ute.

Ce fut une sorte de camp de plaisance pour l'éducation du dauphin et de ses frères. Le roi, qui se trouvait à Compiègne, voulut voir ses troupes. A cet effet, chacune des trois divisions, accompagnée par le régiment de hussards et l'artillerie, se rendit successivement dans la plaine de Royallieu où les troup es manœuvrèrent et défilèrent, la V division le 21 juillet, la 2* le 23, et la 3* le 25. Le roi, voulant voir manœuvrer les trois divisions réunies, se rendit le 28 au camp de Verberie, accompagné du dauphin et des comtes de Provence et d'Artois. Dans le régiment de

Beauce se trouvait M. Cléon du Barry, capitaine aide-major, qui lui donna une fête (1). [Gazette de France, 29 juillet 1769.)

Camp de Tomery, près Fontainebleau (1770).

(1) C'est à ce camp de 17(;'J ([iie se passa un fait iuexaclemonl lapporlé, et que rectifie le duc de Choiseul dans une lettre insérée dans le lonie IV de la Revue de Paris (1829, p. 49) en puhliant deux lettres échangées à ce sujet entre Louis XV et son ministre.

Le roi an duc de Choiseul.

« L'on dit que vous avez grondé le chevalier de la Tour du Pin à l'occasion de M"^ du Barry et sur ce que la plus grande partie des officiers avaient dîné chez elle, le jour de la revue : vous avez grondé aussi M. Foulon à son occasion. Vous m'aviez promis que je n'entendrais plus parler de vous sur elle... »

Le duc de Choiseul au roi.

« Je n'ignore pas tous les mauvais propos que l'on tient et, ce qu'il y a de pire, ceux que l'on me fait tenir. Ce qui s'est passé au régiment de Beauce n'est pas plus vrai, mais a plus de vraisemblance. Je n'ai point grondé M. de la Tour du Pin, je ne lui ai pas parlé qu'il eût donné à dîner, ni qu'il en ait reçu. Je suis, Sire, à mille lieues de pareilles misères. Le jour que V. M. a vu manœuvrer les 42 B., on vint me dire que le régiment de Beauce, après ([ue V. M. avait passé devant lui, avait salué et rendu les mêmes honneurs à des personnes de la cour : je ne dis pas un mot à celui qui vint m'en avertir. Le soir, chez moi, on répéta la même chose, à laquelle je n'eus pas l'air de faire attention. Le lendemain, en allant voir manœuvrer cette brigade, je dis à M. de Rochambeau que l'on m'avait rapporté que le régiment de Beauce. de sa division, avait rendu les honneurs à des carrosses autres que ceux de la famille royale, pendant que V. M. était sur le front de la ligne; que cela n'était pas bien, et que je le chargeais de prévenir M. de la Tour du Pin que l'on ne devait pas rendre d'honneurs à |)ersonne quand le roi était au camp. M. de Rochambeau me dit qu'il avait suivi Votre Majesté et qu'il ne s'en était pas aperçu. Je fis manœuvrer la division régiment par régiment. Après la manœuvre, je dis à M. de la Tour du Pin que son régiment était beau, qu'il était bien tenu, mais qu'il n'était pas encore ce que je voudrais sous les armes, ni ne manœuvrait avec l'exactitude précise que l'on remarquait aux autres, d'autant plus que le fond du régiment en était très beau et très bon. V. M. a fait M. de la Tour du Pin brigadier, ce que l'on aurait très bien pu ne pas faire, et a accordé toutes les grâces demandées pour le régiment de Beauce, ce qui ne prouve pas de l'humeur de ma ])art. »

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