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CHAPITRE XL

1718, — Camp de Saiivigny, sur la hauto Meuse, près de Vaucouleurs.

1727. — Cam|) de Richemoiit. sur la Moselle.

1728. — Camp sur la Meuse, à Stenay, j)uls à Douz\ ; sur la Sambre, à Aymerles. 1730. — Camp de Troussey, haute Meuse.

1732. — Camp sur la Sambre, à Aymeries. Id. dWlsace, près Strasbourg. Id. sur la

Saône, près IJesanron. Id. de Richemont, sur la Moselle. 1734. — Camp de la .Sambre.

1739. — Camp de Compiègne.

1750. — Cami) de Compiègne.

1753. — Camp d'ErsIein (Alsace], à quatre lieues de Strasbourg. Id. près Mézières. Id. de Languedoc, près Beaiicaire. Id. de Plobsheim. Id. de la Saône, près Gray. Id. de HainauL Id. de Cornj)iègne.

1754. — Canal de Picardie. Canal de la Lys à l'Aa. Camp d'Aymerles-sur-Sambre. Id. de la Sarre. Id. de Plobsheim. Id. de la Saône, près de Gray. Id. de Nancy.

1755. — Camp d'Aymeries, sur la Sambre. Id. de Valence (Dauphiné). Id. de Richement, sur la Moselle.

1756. — Camp de la Ilougue. Id. de Sainl-Malo. Id. de Saint-Malo (septembre). Id. de Duidvcrque. Id. de Calais. Id. dé Dieppe. Id. du Havre. Id. de Ilontleur. Id. de Cherbourg. Id. de la Houlle, près Granville. Id. de Granville. Id. de Saint-Valéry. Id. de Beaucaire.

1758. — Camp de Honfleur. Id. de Dunkerque. Id. de Valognes, )d'Ifs, sous Caen, de Bauville.

1763. — Camp de Compiègne.

1764. — Camp de Verberie.

1765. — Camp de Compiègne.

1766. — Camp de Compiègne.

17G7. — Camp de Compiègne.

1769. — Camp de Verberie, sous Compiègne.

1770. — Camp de Tomery, près Fontainebleau.

Un camp ou campement est le lieu où une armée stationne pour un temps plus ou moins considérable; mais, de quelque manière qu'on l'établisse, il faut toujours considérer un camp comme une

position militaire, imposant des règles pour sa défense. Les armées modernes adoptent deux dispositions de campement, en ordre de marche et en ordre de bataille. La première a lieu dans les camps considérés comme étapes, la seconde est de rigueur toutes les fois que l'on peut craindre une attaque, attendu que le passage de l'ordre de marche à l'ordre de bataille offre de graves inconvénients. Jl convient donc, dans ce dernier cas, que les troupes, en prenant les armes, se trouvent immédiatement dans l'ordre où elles sont appelées à combattre. La première condition dont on s'occupe lorsqu'il s'agit de tracer un camp, c'est d'établir le front de bandière, c'est-à-dire l'espèce de large rue qui longe le premier rang des tentes ou baraques. On dispose ensuite cellesci perpendiculairement à ce front. Les tentes des officiers sont en arrière de leurs compagnies, celles des chefs de bataillon en arrière du centre de leur régiment , plus loin les cuisines. Les faisceaux d'armes sont alignés en avant du front de bandière et les drapeaux au centre. Le quartier général est établi en arrière du camp.

Camp de passage, celui qu'on occupe momentanément.

Camp permanent , celui établi pour une certaine durée.

Camp relranché, un camp environné de tranchées et de fortifications.

Camp volant , celui d'un corps composé principalement de cavalerie, destiné à tenir la campagne pour observer et harceler l'ennemi.

Camp de rassemblement, le lieu où l'on réunit des forces plus ou moins considérables, dans la prévision soit de l'envahissement d'un pays, soit d'une expédition au dehors. C'est ainsi qu'en 1756 furent établis, à cause des hostilités avec la Grande-Bretagne, les camps de Saint-Malo, de Calais , de Dunkerque et du Havre. On désigne de même le camp où l'on réunit tous les corps qui doivent former une armée, au commencement d'une guerre, à l'ouverture d'une campagne.

Camp de manœuvres , rassemblement de troupes pour les exercer aux grandes manœuvres, pendant un temps plus on moins long. Louis XI forma le premier camp d'instruction en 1479; on le continua les années suivantes au Pont-de-l'Arche , près Rouen. Le roi vint le visiter en 1481.

Louis XIV, en dG98, récmit à Gompiègne (30,000 hommes, composés de 53 B., 152 E., 46 pièces d'arlillerie et 8 pontons. En 1744, on établit un c;imp de manœuvres dans la plaine de Crécy, près Châlons, ettrois autres sur les rives de la haute Meuse, à Sauvigny, Vaucouleurs et Troussey,

Camp de Sauvigmj, sur la liante Meuse, près de VaucoxUeurs.

Il fut réuni, sous les ordres de M. le comte de Ruffy, en 1718. Du commencement de juillet au 14, le roi d'Angleterre, l'éleceur de Trêves, ainsi qu'une très grande quantité de seigneurs étrangers, vinrent le visiter.

Depuis 1720, la France vivait en paix. Cette période de tranquillité et de vie de garnison avait amené un certain relâchement dans la discipline et dans l'instruction militaire. Pour maintenir les troupes dans la pratique de tous les usages de la guerre, on réunit des camps d'instruction en 1727.

Camp de Ri.chemont, sur la Moselle, commencé le \0 juillet 1727.

Les brigadiers et les mestres de camp y sont campés comme la troupe. Quelques exceptions seulement sont faites en faveur d'ofiiciers qui n'avaient pu se procurer des tentes, mais le ministre les blâme et donne l'ordre qu'à l'avenir il n'y ait de faveur pour personne.

MM. le comte de Belle-Isle, maréchal de camp; de Greil, intendant; d'Aubigné, inspecteur général d'infanterie; de Boudeuille, inspecteur général de cavalerie.

Infanterie : Champagne, 3 B. ; Touraine, 2 B.; Boufflers, 2 B.; Alsace , 1 B.; le Boi, 4 B. ; Royal, 2 B.; Condé, 2 B. ; Meuse, 2 B.; Lyonnais, 2 B. — Total : 20 B.

Cavalerie : Royal, 2 E.; Lorraine, 2 E. ; Lambesc, 2 E.; Conti, 2 E. ; Beringhem, 2 E.; Royal-Étranger, 2 E.; Royal-Roussiilon , 2 E. ; Brissac, 2 E. ; Gesvres , 2 E. ; Orléans, 2 E.

Dragons : Dauphin, 3 E. ; Colonel-général, 3 E. — Total : 26 E.

Campement sous la tente, les chevaux au piquet, établi sur deux lignes parallèles. Le commandant en chef remarque, dès le principe, que les officiers et les soldats avaient oublié les exercices et

les manœuvres; il emjjloie les premiers jours à s'y remettre, et quand , après une quinzaine, il eut reconnu que les uns et les autres étalent remis à leur métier, il les exerce à toutes les manœuvres de petite guerre, fourrages, convois, attaques de retranchements, reconnaissances, passages de rivières, etc., comme en pays ennemi. Ce camp eut aussi pour but de mettre à l'examen le nouvel exercice de M. de Bombelles, ainsi que ses évolutions. L'exercice, examine par les officiers d'infanterie les plus aptes à bien juger, fut universellement accueilli avec faveur, et M. de Belle- Isle conseilla de s'en référer à une commission d'officiers généraux d'infanterie les plus éclairés. Il fut consommé dans ce camp beaucoup de poudre pour habituer les fantassins, les cavaliers et les chevaux au bruit des coups de fusil. Sur les ordres du roi, les troupes réunies sous le commandement de M. le comte de Belle- Isle font, trois fois la semaine, un exercice général, indépendamment des exercices particuliers qui ont lieu le plus souvent possible dans chaque régiment; des prescriptions très sévères sont données pour la police et la discipline dans le camp, dont les soldats ne peuvent s'écarter sans permission écrite. Les déserteurs arrêtés sont immédiatement jugés et pendus. Les filles de mauvaise vie fustigées à la tête du camp et marquées d'une fleur de lis. Des ouvriers charpentiers, bateliers et d'autres professions, restent chargés de jeter un pont sur la Moselle ; celte opération ne fut plus, comme dans les camps précédents, confiée à un entrepreneur. Ce pont, ouvert deux fois par jour, n'entrava pas la navigation. Un bureau de poste est établi au camp, et on s'est beaucoup loué de ses services. Le commandant en chef, dans le but de retenir les hommes la nuit dans les postes qu'ils sont chargés d'occuper, leur fait distribuer du bois pour faire du feu par les temps humides. M. de Belle-Isle se plaint de la mauvaise qualité des armes, qui, pour la moitié environ, devraient être rejetées comme hors de service. Indépendamment du journal du camp, le commandant en chef rendait compte, après chaque petite guerre, et dans le plus grand détail, de tous les mouvements exécutés. Il s'y loue beaucoup de la bonne volonté de chacun ei de l'énmlation qu'il remarquait parmi les officiers de tous grades. La police et la discipline furent parfaitement observées par les troupes. Il n'y eut que .'330 malades pendant le mois que dura le camp.

Camp sur la !\leme, à Stenay (Pabord, puis à Douzy (1728).

MM. le comte de Belle-Isle , maréchcil de camp , commandant; d'Aubigné, inspecteur général d'infanterie; deBoudeuille, inspecteur général de cavalerie; de Creil, intendant.

Infanterie : Picardie, 3B. ; Normandie, 3 B.; Bourbonnais, 2 B.; Poitou, 2 B.; la Fère, 1 B,; Rouergue, 1 B.; Provence, 1 B.; la Mark, 1 B.; Guyenne, 1 B. ; Haynault, 1 B.; Conti, 2 B. — Total : 18 B.

Cavalerie: Royal-Allemand, 2 E.; Cravates, 2 E. ; Bourbon,

2 E.; du Maine, 2 E.; Toulouse, 2E.; Villars, 2 E.; laTonr, 2E.; Lamotte-Houdancourt, 2 E.; laFerronays, 2E.; Lenoncourt, 2 E. ; d'Helmstal, 2 E.; Mouchy, 2E.

Dragons : Mestre-de-camp général, 3E.; Royal, 3 E.; la Reine,

3 E.; Bonelles, 3 E.; Plelo, 3 E. — Total : 39 E. Campement sous la tente. Il a été tenu un journal du camp. Le

commandant en chef y rend compte de toutes les opérations; il y fait ressortir que les troupes du camp qu'il a commandé en 1727 étaient moins belles que celles qui se trouvaient à Richemond ; que cependant la bonne volonté et le zèle des officiers sont dignes de grands éloges, et que par suite, lorsque le camp fut levé, ces troupes n'étaient plus reconnaissables, tant elles avaient gagné depuis l'ouverture.

(ktnip sur la Sambre, à Aymeries, du 25 avril au 4 octobre 1728.

La droite est appuyée au coude que forme la rivière et 5 un ruisseau qui vient du village du Val; la gauche, au ravin de Bachau et aux baies du village d'Estrée.

MM. le prince de Montmorency-Tingry , commandant (1); de Maubourg, inspecteur général d'infanterie; de Vernicourt, inspecteur général de cavalerie ; de Séchelles, intendant (2).

(1) Voir le sixième volume des Guerres sous Louis XV, p. 252.

(2) Voir le secoml volume des Guerres sous Louis AT, p. 57.

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