‹ Les guerres sous Louis XV (volume 2)Chapitre 21 sur 28 · REUNION D'AVIGNON ET DU COMTAT A LA FRANCE · texte numérisé non relu

REUNION D'AVIGNON ET DU COMTAT A LA FRANCE

Sicile, propriétaire de la ville et de son territoire. Louis XI, en 1476, est le premier roi de France qui s'empara d'Avignon et du comtat Venaissin; François I""", en 1536, fît de môme à l'occasion de la guerre contre Charles-Quint. Le 13 avril 1023, Louis XIII signa un concordai avec Grégoire XV, pour fixer les limites entre la Provence et Avignon, traité dans lequel il reconnut que toute l'étendue des terres en deçà de la Durance appartenait h la pleine souveraineté de Sa Sainteté.

Le 28 janvier 1655, on apprit à Avignon la mort du pape Innocent X, décédé à l'âge de quatre-vingt-deux ans. Le saintsiège ne resta pas longtemps vacant et le conclave choisit pour l'occuper le cardinal Fabius Chigi, de Sienne, qui prit le nom d'Alexandre VIT (1655-1667). Louis XIV, revenant d'Aix, fit son entrée dans Avignon le 29 mars 1660, accompagné de la reine, du maréchal de Villeroy, du duc de Créqui , du duc d'Orléans et de Letellier, premier secrétaire d'État; le vice-légat, le viguier (1), les consuls et la foule allèrent au-devant de lui jusqu'au bac de la Durance : il en repartit le 1"" avril, en traversant l'Isle, canal qui reçoit le flot de la fontaine de Vaucluse.

Le 20 août 1662, à la suite d'une rixe survenue à Home entre des Français et des soldats de la garde corse, la populace prend les armes, fait feu sur tous les Français, et cette horde attaque le palais de l'ambassade. Alors M. de Créqui sort de Rome, se retire à Saint-Quirico en Toscane, jusqu'à la réparation de l'outrage et à la présentation des excuses demandées par le roi de France. Louis XIV s'empare d'Avignon et du Comtat, et fait marcher une armée contre les États de l'Église en Italie. A son approche, la cour de Rome est saisie d'effroi, Alexandre VII accorde toutes les satisfactions demandées, c'est-à-dire la rentrée de l'ambassadeur avec tous les honneurs et les réparations que le traité de Pise détermine; la flétrissure des Corses, déclarés désormais tous indignes à perpétuité de servir dans les États de l'Église; plus, l'érection d'une pyramide à Rome pour perpétuer le souvenir de l'offense et de la réparation. Les papes jouissaient paisiblement

(1) Président d'un Iribunal noiniiié viguerie-, prévôt ou juge rendant la justice pour le roi et pour les seigneurs. Les principales vigueries étaient celles de Marseille, Toulouse et Allii.

de leur souveraineté, lorsque Louis XIV, en 1663, se prévalant de sa qualité d'héritier, s'empare d'Avignon. Le 28 août, le comte de Mérinville, lieutenant général en Provence, y fait son entrée. Le roi, voyant qu'Alexandre VII ne se pressait pas de satisfaire à ses demandes, mit sur pied une armée, dont il donna le commandement au maréchal du Plessis, avec ordre d'aller dans ses États et de l'assiéger dans sa capitale, pour faire rendre justice à son cousin le duc de Parme par la restitution de l'État de Castro, conformément à la déclaration adressée le 4 janvier 1664. Déjà les troupes françaises entraient dans le Parmesan, quand le pontife envoya à Pise deux prélats qui conclurent, le 12 février, le traité par lequel Avignon et le Comtat devaient être rendus au saintsiège, dans la première quinzaine de mars, mais sans garnison. Ms'' Chigi partit, le 28 avril, pour complimenter Louis XIV à Fontainebleau, où il arriva le 28 juillet; il en repartit le 6 août, après avoir assisté à des revues et à des fêtes en son honneur.

Le 28 septembre 1688, le chevalier de la Varenne, major du régiment de Tessé, part d'Orange pour Vaison à la tête d'une compagnie, y arrête l'évèque qui osait résister à Louis XÏV, et, suivi de 6 compagnies de dragons de Tessé, il marche sur Avignon.

Le 30, M. de Castain, exempt des gardes du roi, invitait le vicelégat à faire sortir, tant de cette ville que de Garpentras et du comtat Venaissin, toutes les troupes de Sa Sainteté, infanterie, cavalerie et milice, faute de quoi il allait en aviser M. de la Trousse, lieutenant général. Le vice-légat répondit par une menace d'excommunication, o On me répond avec des bulles, et moi, je répondrai avec la gueule du canon , » s'écria alors M. de Castain. Le lendemain, la garde suisse quitte la ville. ^I. de la Trousse y entre avec les dragons et 800 hommes d'infanterie. Sur la place Saint-Didier, les tambours ayant battu un ban, le commissaire des guerres dit à haute voix : « Soldats, vous n'avez à prendre chez vos hôtes que le lit et le feu. »

Le 3 octobre, M. de Saint-Jaille, major du régiment de Sault, accompagné des officiers, se présente au vice-légat et lui ordonne de sortir du palais. Après quoi M. le comte de Grignan, gendre de la célèbre M""' de Sévigné, gouverneur de Provence, qui le devint aussi de la province papale, fit opérer le désarmement général des Avignonais et des Comtadins. Depuis 1689, oii

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