‹ Les guerres sous Louis XV (volume 3)Chapitre 18 sur 20 · OI'ERATIOXS DES ARMEES PRUSSIENNES ET AUTRICHIENNES · texte numérisé non relu

OI'ERATIOXS DES ARMEES PRUSSIENNES ET AUTRICHIENNES

Janvier. — Expédil ions sur les Suédois.

Février. — Le roi fait détruire les magasins des Russes, et Knoblock prend possession d'Erlurl.

.Mars. — Levées de contributions.

Avril. — Le prince Henri entre en Bohême. Frédéric rassemble son armée.

.Mai. 1er. Le maréchal Daun entre Jaromir et Schulz. — 5. Les princes Henri et Ferdinand manœuvrent de concert contre l'armée de l'Empire; le prince Henri entre en Franconie ; le 6, à Hof ; le 13, à Bayreuth. — 8. Le roi à Landshut, Fouquet

à Neisse. Le corps des Hessois et des Hanovriens marche sur Konigshofen. 16 .

Le prince Ferdinand évacue la Hesse et retourne à Munster. — 23. Loudon sur Berlin; il force le prince Henri à se replier sur la Saxe.

Juin. 13. Le prince de Deux-Ponts à Bamberg. — 20. Dohna marche à l'armée russe, commandée par Soltikof. — 25. A Posen sur la Wartha. — 28. Daun en mouvement .

Juillet. 6. Daun àMark-Lissa. Le roise porte à Laubanet Lowenbcrg. Fouquet couvre le défilé de Landshut. — 21. Dohna remplacé par Wedel.— 23. Bataille de Zullichau ; les Russes, vainqueurs, s'avancent sur Francfort. — 2i. Les Prussiens passent l'Oder. — 28. Le prince de Prusse à Sorau ; le roi se dirige sur Sagan. — 29. Occupation de Francfort. — 30. Le prince de Prusse commande l'armée contre Daun. Le prince de Deux-Ponts, qui était à Arnstadt le 18, campe à Erfurt le 24, et à Auerstadl le 27.

Août. 2. Le roi, à Luben^ bat le général Haddick. — 3. Il rejoint Wedel. — 12. Bataille de Kunnersdorf, gagnée par les Russes. — 14. Retraite des Prussiens sur Furstenwald pour couvrir Berlin. — 22. Prise de la citadelle de Peiz. — 27. Le prince Henri à Sagan. — 28. Les armées russe cl autrichienne entrent en Lusace.

— 29. Prise de Torgau. — 31. Wunsch reprend Torgau et marche sur Dresde. Septembre. 1^''. Frédéric à Guben ; le 3, à Sorau. — 5. Wunsch en vue de Dresde,

mais Schmettau avait capitulé le 4. — 7. Le général Saint-André battu. — 13. Le maréchal Daun à Bautzen. — 10. Prise de vaisseaux prussiens à l'embouchure de l'Oder. — 16. Fersen, maître de Wolin. — 21. Le roi près de Sagan ; le 23, àNeusladel. —-24. Daun à Gf^rlitz, retourne à Bautzen le 26. Soltikof à Fraustadt le 21, traA'erse l'Oder le 31.

Octobre. 3. Le roi passe l'Oder à Glogau, et le prince Henri l'Elbe à Torgau. — 6. Le roi à Koben, retenant les Russes derrière la Bartsch. — 16. Affaiie de Pretsch.

— 26. Soltikof, mécontent, rentre en Pologne.

Novembre. 4. Le prince Henri suit le maréchal Daun. — 11. Le roi à Torgau. — 20. Affaire deMaxen: capitulation deFinck le 21.

Décembre. 4. Affaire de Meissen, oii le général prussien Dierech se rend à discrétion à Daun. — 15. Le roi, par des renforts, monte son armée à 80,000 hommes. Positions des Prussiens, des Autrichiens, des Russes, des Suédois et du corps du prince de Deux-Ponts.

Pendant toute cette année, le roi de Prusse soutint avec désavantage la lutte dans laquelle il était engagé. « Il s'en fallut de beaucoup que la campagne prît un tour heureux : ce fut peut-être la plus funeste de toutes. C'en aurait été fait des Prussiens, si leurs ennemis, qui savaient vaincre, avaient su de même profiter de leurs victoires. » [Histoire de la guerre de Sept ans.) Au début, le roi et le prince Henri, son frère, paralysèrent les mouvements des Autrichiens et ceux de l'armée des cercles, qui s'était avancée en Saxe; mais l'armée russe se réunissait en Pologne. Frédéric envoie, sous les ordres de Dohna, un corps en Posnanie pour attaquer les colonnes russes avant qu'elles fussent rassemblées. Déjà les puissances belligérantes agissaient en maîtres sur le territoire polonais; le comte de Bruhl, ministre d'Auguste TÏI, vendait la république à la Russie, et la czarine récompensait le roi de Pologne en accordant à un de ses fils l'investiture du duché de Courlande. La Pologne disparaissait du nombre des nations.

Le 1'^'' janvier 1750, Dohna prend Dammgarten aux Suédois, et s'avance à Greifswald etStralsund, pendant que M. de Lanlingshausen se replie sous Stralsund et dans l'île de Rugen. Le 10, le général Kanitz attaque dans Anclam le lieutenant-colonel suédois comte de Sparre, s'empare de la place le 17, et le fait prisonnier ; le 16, Manteufel assiège le colonel suédois Lilienberg dans Demmin, prend la place le 17, et fait le colonel prisonnier. Le roi détache de Glogau, le 23 février, le major général Wobernosow pour entrer en Pologne et ruiner les magasins des Russes, formés par le prince polonais Sulkowski. Le 27, Knoblock, envoyé en Thuringe par le prince Henri, prend possession d'Erfurt, occupé par le général Guasca, commandant le détachement de troupes autrichiennes jointes à celles de l'Empire, et repousse les troupes s'avançant de Saalfeld. L'armée du roi, vers le milieu du mois de mars, s'approche des montagnes de Schweidnitz, et cantonne entre Landshut et

Friedland. Pendant ce temps, M. de Loudon, à TraiiLenau, donnait des alertes aux troupes avancées.

Le 26 mars, Beck fait prisonnier, près de Greifenberg, le major général Duringshofen, et Linstadt, général-major, déloge de Hof M. de Campitelli, après avoir ruiné plusieurs magasins de l'ennemi; ils lèvent des contributions et retournent à Zwickau avec Knoblock, pendant que le général de Ville, qui commande en Moravie, tente une irruption en haute Silésie. M. Fouquet, dont le corps était trop faible, lui abandonne Neustadlavec une position avantageuse à Oppersdorf. Du côté des Suédois, le capitaine Roock, assiégé dans le fort de Pennemunde par un détachement prussien, se rend prisonnier le 10 avril. Le 14, le prince Henri part de Dresde, entre en Bohême par Peterswald sans y trouver grande résistance, arrive à Aussig et Winay et forme des détachements, dont un, celui de M. de Hulsen, ruine les magasins autrichiens à Saatz. Le général Fouquet repousse le général de Ville.

D'un autre côté, M. de Fermor, après avoir rassemblé son armée, se mettait en mouvement, passait la Vistule le 27, pour s'approcher de l'Oder, et Frédéric commençait à rassembler son armée près de Landshut, en opposition au maréchal Daun, placé entre Schatzelar et Trautenau. Frédéric avait passé l'hiver à Breslau, y formant un plan qui devait lui livrer l'Allemagne entière.

Le prince Ferdinand devait s'emparer de Francfort, couper toute communication entre les deux armées françaises, l'une hivernant à la gauche du Rhin, l'autre occupant les environs du Mayn, et de là gagner la gauche de cette rivière. De son côté, le prince Henri (1), par une invasion en Franconie, favoriserait l'opération, et le roi, fondant sur la Bohême, y concentrerait toute l'attention des Autrichiens. Le théâtve de la guerre aurait été ainsi transporté dans les fertiles provinces situées entre le Mayn et le Danube, oii les princes Ferdinand et Henri eussent trouvé d'abondantes ressources en hommes, en subsistances, en argent (2). Les talents des généraux auxquels était confiée l'exécution de ces projets semblaient des garanties de succès ; le sort des armes en décida autrement, et la bataille de Bergen contraignit les Prussiens à d'autres

(1) Grimoard, Tableau durègne de Frédéric II.

(2) Jorniai, Traité des gr'andes opérations militaires, \. \U.

combinaisons. Obligé par la supériorité des forces ennemies à diviser les siennes pour faire face à tout, Frédéric se vit condamné à une guerre défensive, sous peine d'ouvrir aux invasions ses États, naturellement dégarnis, faibles et pauvres, que chaque année épuisait encore, et qui étaient cependant son unique ressource (1). L'adversaire le plus habile de Frédéric, le maréchal Daun, était résolu de se tenir sur la défensive jusqu'à l'arrivée des Russes; il campe donc son armée entre Jaromir et Schutz, place le comte d'Harsch entre Nachod et Neustadt, et le général de Ville avec son corps sur les frontières de Moravie et de la haute Silésie ; convenant avec les Russes de pénétrer en Silésie par la Lusace, il devait envoyer par Francfort ou Krossen un renfort considérable de cavalerie, et, pendant qu'il tiendrait le roi de Prusse en échec, les Russes tenteraient de battre l'armée de Dohna et d'entrer dans la marche électorale.

Le 5 mai, le prince Henri, après avoir replié ses troupes en Saxe, rejoint l'armée près de Zwickau et se prépare à une invasion en Franconie. Arrivé, le 6, à Hof, d'où s'était retiré le général Klefel à son approche, il détache M. de Driesen à Bamberg, et le général Finck à Asch, où il bat. le 8, le général Maquire; enfin Meinecket Kleist, en avant-garde, surprennent près d'Himmelkron le général-major autrichien Riedesel, qu'ils font prisonnier.

Le 8 mai, le roi campe près de Landshutavec une partie de son armée, et Fouquetest placé près de Neisse pour surveiller le général de Ville. Le 13, le prince Henri part de Baireuth, où son armée s'était avancée ; le 16, il arrive à Bamberg, prend la route de Zwickau le 24, pour s'opposer aux Autrichiens, qui menaçaient de pénétrer en Saxe par la Bohême. Tandis que le prince de Deux- Ponts, à Bamberg, continuait à suivre de loin l'armée du prince Henri de Prusse, qui avait battu ses lieutenants, l'action principale se prépare du côté des Russes. Le 20 juin, Dohna, dont le corps venait d'être porté à 28,000 hommes par l'arrivée de Manteufel avec une partie de son armée, et par la jonction des généraux Platen et Hulsen, le premier venant de la Poméranie ultérieure, et le second de la Saxe, marche droit aux Russes, quittant le Mecklenburg et la Poméranie, où il laissait Manleufel pour tenir tête

(1) Opérations du prince Henri en Franconie.

aux Suédois. Le prince Soltikof venait de prendre le commandement de l'armée russe et campait, le 25, à Posen, sur la rive gauche de la Wartha. On avait observé que les Russes traversaient la Pologne par détachements, ce qui pouvait fournir une occasion favorable de les battre en détail. Mais pour exécuter ce projet il fallait agir avec activité, et les troupes du roi de Prusse sont en cette occasion mal dirigées, leurs généraux manquant de surveillance, commettant faute sur faute; de sorte que cette expédition, très malheureuse, devint comme la source des infortunes dont les Prussiens furent accablés pendant cette campagne.

Donc le général Dohna, parti de Landsberg le 23 juin, avait passé la Wartha le 3 juillet; sa lenteur donna aux Russes le temps de se réunir à Posen. Le 6, Daun, qui ne quittait pas Mark-Lissa, sur les frontières de Bohême et de Silésie, à la source de la Queiss, appelait à lui les troupes autrichiennes jointes à celles de l'Empire. Pour soutenir Dohna et faire échec à Daun, le roi se porte près de Lauban et de Lowenberg sur le Bober, à son origine, et, après son départ, Fouquet couvre le défilé de Landshut. Le H juillet, Dohna, après avoir détaché le comte de Hordt pour ruiner les magasins des Russes établis le long de la Vistule, campe visà-vis d'eux et agit avec tant de mollesse que, le 21 , le roi, mécontent de ce général, le remplace par Wedel, qui prend le commandement le 22, et, le 23, attaque à Zullichau, dans le duché de Krossen, les Russes, qui lui coupaient le chemin de Krossen à Francfort. Les Russes marchaient à Paltzig, et les Prussiens se portaient de Zullichau vers Paltzig, en plusieurs colonnes, par Mohsau et Kay. L'armée russe se mit en bataille, la droite appuyée à des hauteurs à la gauche de l'Oder, qui coupait le chemin de Krossen, par où une colonne prussienne cherchait apercer. Les Prussiens engagent le combat, à 2 heures après midi, par une vive canonnade qui dure jusqu'à 3 heures et demie, et tâchent inutilement d'entamer les Russes par leur front. A4 heures, la mousqueterie succède au canon , les Prussiens attaquent sans succès la gauche ennemie, et déjà les Russes se croyaient vainqueurs, quand les hussards et les Cosaques à l'entrée du bois sont forcés de se replier. Enfin les Prussiens marchent sur trois colonnes, se déploient, attaquent avec fureur; mais bientôt ils sont obligés de se retirer; Manteufel, un instant supérieur, est blessé, et ses troupes

sont repoussées de tous côtés. Yers les 8 heures du soir, débouchant sur les hauteurs avoisinant Mohsau, elles y passent la nuit. Wedel, par une attaque à Kay, espérait empêcher la jonction de Soltikof avec le corps autrichien que Daun lui envoyait sous les ordres de Loudon; la jonction s'opéra à la suite de cette défaite. Le 24 juillet, les Prussiens passent l'Oder à Tchicherzig pour camper aux environs de Sawade. Le 28, le général Villebois est détaché sur Francfort par Soltikof. Le 20, le commandant, sommé de se rendre, le refuse d'abord; puis il en sort peu de temps après avec la garnison, que les Russes firent prisonnière avant qu'elle pût arriver à Kustrin. Soltikof occupe Francfort, après avoir suivi la rive droite de l'Oder.

Le 28, le prince de Prusse arrive à Muskau et s'avance sur Sorau. Le roi, après la bataille de Zullichau, marche au secours de Wedel : il veut détruire l'armée russe pour ensuite repousser Daun; dans ce but, il quitte Lauban et se dirige sur Sagan, où, le 31, le prince de Prusse prend le commandement de l'armée opposée à Daun, toujours campé àMark-Lissa, menaçant le Brandeburg et la Silésie. De son côté, le prince de Deux-Ponts, renforcé de troupes autrichiennes, pénètre en Saxe, que le général Finck avait abandonnée afin de rejoindre le roi de Prusse pour la bataille en avant de Francfort. Il détache les généraux Ried etWescey, qui s'avancent séparément dans la principauté d'Halberstadt et dans le cercle de la Saale, arrive à Arnstadt le 18, et campe à Erfurt le 24, à Auerstadt le 27.

Le 2 août, le roi |rencontre l'arrière-garde de Haddick, laissé à Lubben avec 12,000 hommes par le général Loudhon , le bat, en lui faisant 2,000 prisonniers. Le 3, Loudhon détaché par Daun pour joindre les Russes, arrive à Francfort avec 18,000 hommes, la plupart de cavalerie, passe l'Oder et se réunit à Soltikof. Le o, le roi, joignant Wedel près de Mulhrose, apprend en route la victoire de Minden; le 10, renforcé par le corps que Finck lui amène de Saxe, il passe l'Oder à Reitwein, au-dessus de Kustrin, et s'arrête près de Bischofsée. Le môme jour, le baron Widman s'emparait de Leipzig, défendu par le général-major prussien Hans. Le roi dispose tout pour l'attaque : le général Finck opère sur les hauteurs, afin de tromper l'ennemi de son côté; l'infanterie est mise en bataille dans un bois, et le prince de Wurtemberg oppose la cavalerie au centre des Russes. Bientôt, protégé par son artillerie, Secken-

dorf s'avance contre les retranchements et les batteries de Muhlberg. Ses grenadiers sont foudroyés par une mitraille épouvantable; ils pressent le pas, s'élancent dans les fossés et sur les parapets; le roi suit. La gauche des Russes est renversée, elle se replie par un ravin jusqu'à Kunnersdorf (1). Les premiers bataillons prussiens, poursuivant les Russes avec trop d'ardeur, sont repoussés par ceux-ci dans le ravin. Tandis que Finck franchissait ce ravin, qu'il ne peut se déployer, que ses bataillons n'atteignent qu'en désordre la hauteur, les Russes s'étendent, portent sur ce point l'artillerie de leur droite et font un affreux carnage. L'intrépide Seidlitz s'élance avec sa cavalerie, il est blessé et échoue dans son attaque. Le prince de Wurtemberg veut l'imiter, il subit le même sort, et Putkammer est tué à la tête de ses hussards. Alors Loudhon, sortant avec la cavalerie autrichienne, qui n'avait point encore donné, tombe sur la droite du roi. Culbutée, l'infanterie prussienne cherche à gagner la position qu'avait occupée Finck, elle s'encombre aux sorties du retranchement, et le carnage recommence. Les Prussiens y perdirent la moitié des hommes présents, 20,000 environ; les Russes, près de i6,000. (c Si je remporte encore une victoire semblable, écrivait Soltikof à l'Impératrice, j'irai en porter la nouvelle à pied, un bâton à la main; V. M. n'en sera pas surprise, elle sait que le roi de Prusse vend toujours fort cher ses défaites. »

Le soir de cette bataille, personne autour de Frédéric, et c'en était fait de la monarchie prussienne, si les Russes, profitant de leur succès, eussent poursuivi à outrance ces débris; car, de l'aveu même du roi, ses ennemis n'avaient plus qu'à donner le coup de grâce. Après l'action, il écrivait : « Éloignez de Berlin la famille royale, faites porteries archives à Potsdam, et que la capitale s'ac-

(1) Les Autrichiens et les Russes firent à cette époque des applications heureuses de la fortification improvisée. « Plus remarquable encore fut le rôle des retranchements qu'avaient élevés les Austro-Russes (sous Loudon et Soltikof) à Kunnersdorf. Les travaux de défense du Miihlberg et du Spitzberg, situés sur la gauche des alliés, donnèrent lieu, dit Jomini, à un combat effrayant dont rien ne saurait donner l'idée. Les Russes défendirent ces points avec tant d'opiniâtreté, que Frédéric dut battre en retraite après des efforts inouïs, laissant sur le terrain 165 canons, 20,000 morts et blessés, c'est-à-dire la moitié des forces présentes. » ( Brialmont.)

commode avec l'ennemi. » {Histoire de la guerre de Sept anSy

La bataille, commencée à 11 heures du malin, se termina à 7 heures du soir (1). On imagine aisément la satisfaction qu'éprouva la cour de France; elle avait été immédiatement informée par une lettre du comte deChoiseui, ambassadeur de France, au maréchal de Belle-Isle, datée de Vienne du 16 août :

« Je n'ai rien de plus pressé que de vous dépêcher un courrier pour vous annoncer la victoire que MM. de Soltikof et de Loudhon viennent de remporter sur le roi de Prusse en personne. Ce prince, ayant rappelé à lui M. Finck, qui était à Berlin, et la garnison de Stettin, a passé l'Oder, le 41 au soir, avec environ 60,000 hommes et a attaqué, le 12, à 11 heures du matin, l'armée russe, campée dans une excellente position. Après un combat très opiniâtre et très sanglant, dans lequel les Prussiens sont venus sept fois à la charge , ils ont été obligés de se retirer précipitamment sur Kustrin. M. de Loudhon, qui est à leur poursuite avec toute sa cavalerie, ses troupes légères et les Cosaques, n'avait pu les joindre, quoiqu'il fût déjà à deux milles du champ de bataille quand il a envoyé la nouvelle. Pendant la bataille, le roi de Prusse a détaché 12 ou 15 E. sur les gros bagages de l'armée russe; il espérait sans doute, par cette diversion, mettre quelque désordre dans leur armée; mais personne n'a quitté son poste, et on ne sait ce qui est arrivé dans ces équipages : on craint fort qu'ils n'aient été pillés. Il s'agit de savoir maintenant quel parti on tirera de cette victoire; je crois que les suites peuvent être très considérables, si l'on se conduit bien, c'est-à-dire si l'on s'attache à poursuivre le roi de Prusse partout où il ira, pour achever de le détruire et l'empêcher de se réparer. J'en ai parlé dès aujourd'hui avec la plus grande force à l'Impératrice en lui rappelant l'exemple de 1757, où

(1) Celle bataille fut perdue, en grande partie, par suite delà chaleur et de la longue durée d'un jour d'été. Peut-être celle de Torgau aurait eu le même résultat, si elle eût été livrée en août et celle-ci en décembre. La nuit étant venue à 5 heures, il est à supposer que les Russes se seraient retirés ou, pour le moins , concentrés, et que Frédéric n'eût point songé sur la tombée de la nuil à continuer le combat . La durée du jour est donc un point essentiel à faire entrer en ligne, quand on livre une bataille voulue et préparée. Par une belle matinée de printemps, on marche avec une autre vigueur et une plus courageuse gaieté que par la chaleur accablante de l'été ou pendant les sombres jours de pluie froide.

GUERRE DE SEPT AIsS (1769). 487

l'on a perdu l'occasion d'accabler ce prince en se tournant du côté de la Silésie; j'avais mes raisons pour cela, car je sais que l'avis de M. de Raunitz est de se tourner du côté de cette province. L'Impératrice a bien senti la force de mon raisonnement et elle m'a avoué qu'elle était de mon avis, et que, pour elle, elle ne s'embarrassait pas qu'on allât en Silésie; mais on lui a déjà fait entendre que la difficulté des subsistances pourrait empêcber de poursuivre le roi de Prusse. A ce propos-là, je vous dirai une cbose extraordinaire : c'est que JNI. de Raunitz ne m'a jamais parlé du mémoire que je lui ai donné sur la Saxe, et que l'Impératrice me dit aujourd'hui qu'elle l'avait et qu'elle l'approuvait beaucoup ; elle m'a même fait entendre qu'elle me savait gré de l'avoir communiqué, et qu'elle trouvait que j'avais raison de dire que c'était dans la Saxe et dans les marches de Brandeburg qu'il fallait prendre la Silésie. Je ne sais pas ce qui arrivera; ce qui me paraît démontré, c'est qu'ils feront une grande faute, s'ils donnent à ce prince le temps de se reconnaître... (1). »

Ce que M. deChoiseul craignait ne tarda pas, d'ailleurs, à se réaliser, ainsi qu'il résulte d'une lettre de Vienne (27 août 1739) qu'il adressait au maréchal de Belle-Isle : « J'ai déjà eu l'honneur de vous informer. Monseigneur, qu'il devait y avoir une entrevue, le 22, entre MM. de Soltikof et de Daun à Guben ; le résultat est que les Russes ne veulent pas marcher à Berlin , mais ils ont offert d'aller en Silésie, de se joindre aux Autrichiens pour contenir le prince Henri et coopérer aux entreprises qu'on voudrait former. Ce qu'il y a de plaisant, c'est qu'après avoir donné deux batailles malgré eux (comme M. de Soltikof l'a avoué lui-même), ils ne veulent pas poursuivre leurs avantages et marcher à Berlin, de peur d'en donner une troisième, qu'ils n'auraient sûrement pas et que le roi de Prusse n'est pas en état de leur livrer, et ils préfèrent d'aller en Silésie, où ils auraient probablement cette troisième bataille qu'ils veulent éviter, car on ne prendra ni Glogau, ni Neisse, sans avoir défait l'armée du prince Henri. Quoi qu'il en soit, on est convenu que l'armée combinée resterait dix à douze jours dans la position où elle est, ainsi que le maréchal Daun et toutes les troupes qui sont à ses ordres, afin de contenir le roi de Prusse à Berlin et le

prince Henri en Silésie, tandis que l'armée de l'Empire, renforcée des corps de Brentano et de Maquire, fera son entreprise sur Dresde. Ces deux corps forment environ 14 à 13,000 hommes; ainsi l'armée du prince de Deux-Ponls sera au moins de 30,000, ce qui est plus que suffisant pour prendre Dresde : il n'y a dans cette place que des B. de garnison, c'est-à-dire les plus mauvais qu'ait le roi de Prusse... »

A la suite de sa victoire, l'armée combinée passe l'Oder près de Francfort et campe en présence de l'armée prussienne. Le prince de Stolberg attaque dans Torgau le colonel prussien Wolfendorf, et, le 14, en reçoit la capitulation. Le 14 aoiit, le roi se replie sur Furstenwalde afin de couvrir Berlin, et, le 18, il se fait joindre par le général Kleist, resté vis-à-vis des Suédois. Le 19, le maréchal Daun, qui s'était avancé à Triebel, détache Seckendorf à Peiz et force le colonel prussien Brosicke de lui remettre la citadelle par capitulation le 22. Le 21 août, le prince Henri part de Lovvenberg pour Sagan; il était remplacé par Fouquet avec une partie des troupes campées à Landshut et Vunsch. Détaché par le roi pour secourir Dresde , il réunit les garnisons sorties de Leipzig, de Wittenberg et de Torgau, dont il s'empara le 29, et marcha sur Dresde.

Le 28, l'armée combinée russe et autrichienne pénètre en Lusace, et campe à Lieberose pour s'approcher de la grande armée autrichienne. Le général Lantigshausen, avec l'armée suédoise rassemblée dans le camp de Loitz, maître d'Anclam le 21, s'était mis en mouvement le iî3, pour entrer dans le Brandeburg, et, le 30, il s'établit près de Pasewalk.

Frédéric s'approche de Lubben pour entraver les opérations des armées russe et autrichienne et contenir le maréchal Daun, campé, le 3 septembre, àSorau. Le malheur semblait s'acharner contre lui. Le 5, Wunsch arrive à la vue de Dresde qu'il venait secourir, mais trop tard ; Schmettau, qui y commandait et s'était illustré, l'année précédente, p:u' une belle défense, capitulait, le 4, devant l'armée de l'Empire : le prince de Deux-Ponts était entré dans la place.

Le prince Henri, de son côté, coupé de toute communication avec Frédéric par deux grandes armées, se voyant privé de ressources immenses par la perte de Dresde et par celle de la Saxe, qui semblait bientôt tomber tout entière au pouvoir de l'ennemi,

voulant tourner l'armée de Daun et s'approcher de l'Elbe, part de Sagan, arrive à Lauban le 7, détache vers Zittau et Friedland le général Stutterheim, qui détruit des magasins autrichiens, et, le 13, il est à Gorlitz. Le 8, le général Saint-André, laissé aux environs de Leipzig, est battu en essayant de reprendre Torgau en l'absence de Wunsch, et il fallut détacher Finck pour l'opposer aux progrès des Impériaux.

Pendant ce temps, Daun quitte Sorau et arrive, le 13, près de Bautzen, harcelé par le général Krockau ; le 15, il détache le général Campilelli afin de renforcer les Russes, qui, avec Soltikof à leur tête, s'avançaient à Gruben pour assiéger Glogau. Enfin, le 10, le général Karplau, avec ses galères, s'empara de neuf bâtiments prussiens, qui gardaient l'embouchure de l'Oder, après l'expédition de Lantingshausen sur le fort de Peenemunde, que le lieutenant-colonel prussien avait rendu le 2, et le comte de Fersen, maître de WoUin le 16 septembre, s'empare, le 18, du lieutenant-colonel Schofstadt.

Le roi, voulant empêcher l'entreprise des Russes sur Glogau, quitte Lubben, par une marche savante arrive près de Sagan le 21, et, le 23, marche à Neustadel.

Le 18, Finck, près de Meissen, après avoir passé l'Elbe à Torgau et joint Wunsch, construit, le 20, des batteries et des redoutes pour se couvrir, et, le 21, soutient victorieusement le choc de l'armée de l'Empire. A la même date, le prince de Deux-Ponts, ayant pourvu à la sûreté de Dresde, campait à Wilsdruf; le 21, il s'avançait jusqu'à Neustadt pour obliger Finck à quitter sa position ; ne pouvant le déloger, il reste à Neustadt le 23, et se replie sur Wilsdruf, où il est rejoint par Haddick, chargé, le 21, d'attaquer par un mouvement tournant la droite des Prussiens.

Daun s'avance à Gorlitz le 24; il retourne à Bautzen le 26, rappelé par la marche du prince Henri, qui, le 24, à Hoyerswerda, surprend et bat le général autrichien Wehia, qui se croyait à l'abri de toute attaque. Il avait reçu la veille une lettre de Daun, qui lui marquait d'être sans inquiétude et assuré qu'il lui tiendrait bon compte du prince Henri. [Guerre de Sept ans, d'Archenholtz.)

En effet, le 28, Daun, pour empêcher le prince Henri de se joindre à Finck et de chasser les Impériaux de la Saxe, aban-

donne Dresde, prend ia route de Baulzen , passe l'Elbe le 29 et campe à Kesseldorf,

Manteufel, détaché, le 21, par le roi pour s'opposer aux Suédois, les chasse de Beutzlau. Soltikof, qui campait à Freystadt le 21 , s'avance à Beuthen le 25, toujours côtoyé parles Prussiens, et passe l'Oder le 31, tandis que Lantingshausen et les Suédois occupent le fort de Schwine le 28, et, le 30, campent à Passwalk.

Le 3 octobre, le roi passe l'Oder à Glogau avec une partie de ses troupes, qui se retranchent sur la rive droite vis-à-vis de la place, pendant que le prince Henri traverse l'Elbe à Torgau et, le i, marche à Strehla, où il joint le général Finck, qui avait décampé de Meissen le P% à l'approche de Daun.

Le 6, le maréchal Daun se porte à la vue des Prussiens, et le roi, passant l'Oder à Koben, prend son camp à la rive droite, retenant les Russes derrière la Bartsch.

Le 16, le prince Henri, inquiété par Daun, qui le suit dans sa retraite, se replie sur Torgau, où il avait ses magasins, attendant un renfort de Silésie. Wunsch et Rebentisch, détachés par le prince Henri pour tenir tète au prince d'Arenberg, qui essaye de lui couper sa communication avec Wittenberg, l'atteignent près de Pritsch le 29, et l'obligent à se retirer après lui avoir fait subir un grave échec.

Soltikof, arrivé, le 6, à Gross-Ostein, tente vainement, le 22, de passer la Bartsch près de Bernstadt, qu'il réduit en cendres sans pouvoir s'en emparer. Daun pressant Soltikof de ressaisir la fortune, celui-ci répondit : «J'en ai assez celte année.» Cependant, à la sollicitation des Autrichiens, il tente le siège de Glogau; mais trouvant partout sur son passage des portions de l'armée prussienne occupant des positions avantageuses, interceptant ses convois et lui faisant une guerre de détails qui l'épuisait, mécontent, il rentre en Pologne le 26, et met son armée en quartiers d'hiver le long de la Vistule.

Dès ce moment, le Brandeburg et la Silésie furent délivrés de la présence des Russes, qui laissèrent la dévastation sur leur passage.

Le général Loudhon, réuni aux Russes, regagne les États autrichiens et distribue ses troupes dans la haute Silésie et sur les frontières de la Moravie. De son côté, le 3 novembre, le général

Lantingshausen quitte son camp d'Anclam, et met son armée en quartiers d'hiver dans la Poméranie suédoise.

Le 4, le prince Henri suit le maréchal Daun dans sa marche sur Dresde en côtoyant la rive gauche de l'Elbe; le 5, il est renforcé par le général Hulsen, qui passe l'Elbe au-dessous de Meissen avec 20 B. et 40 E.

Le roi, que la retraite des Russes laissait plus tranquille du côté de la Silésie, arrive à Torgau, et, après avoir rejoint le prince Henri, il s'avance à Wilsdruf le 17, occupant Kesseldorf avec Ziethen. Daun, qui était déterminé à ne pas combattre, soutenu par l'armée de l'Empire, cantonnée aux environs de Pirna, prit, ce jour même, un camp inattaquable derrière le ravin de Plauen, dans le but de couvrir Dresde. Frédéric, pour l'obliger à rentrer en Bohême, détache à Maxen, sur ses derrières, le général Finck avec 20 B. et 36 E.

Le 19, Daun prend 20,000 hommes de son armée et marche à Dippoldswalde;le20, ilattaqueFinck(l),qui, repoussé sur sa gauche par Daun, par le prince de Deux-Ponts sur sa droite, et de front par le général Brentano, est obligé de se retirer àFalkenhaynle 21, de se rendre prisonnier avec ses 15,000 hommes et de mettre bas les armes devant Daun. 9 généraux, près de 500 officiers, 70 pièces de canon, 96 drapeaux, 24 étendards, furent les pertes de cette journée, d'autant plus cruelle pour l'armée prussienne qu'elle perdait ainsi d'excellents cadres de régiments et des corps organisés (2).

Ce n'était pas encore la fm des malheurs du roi de Prusse.

Le général-major Diereck était posté à Kolen avec environ 10 B. et 1,000 chevaux. Daun laisse cantonner le général Beck pour le chasser de sa position. Le 3 décembre, Beck se met en mouvement : il se porte sur les derrières de l'ennemi pendant que d'autres corps l'environnent; mais, surpris parlanuit, il est forcé d'altend re le lendemain pour attaquer, et replie ses troupes en arrière de Colin, vis-à-vis de Meissen, protégées par Istemplitz avec son corps sur la rive gauche de l'Elbe au-dessus et au-dessous de Meissen. Sentant la gravité de sa position, le 4 décembre, Diereck fait passer sur la rive

(1) Traduit (levant un conseil de guerre, Finck fut cassé de ses dignités militaires et condamné à deux ans de prison. Le temps de sa peine expiré, il passa au service du Danemark.

(2) Jomini, Traité des grandes opérations militaires, t. III.

gauche de l'Elbe une partie de ses troupes au prix des plus grands efforts; mais, attaqué avec ce qui lui reste, 1,500 hommes environ, il est obligé de se rendre à discrétion avec tous ses équipages et 8 pièces de canon. Ce fut la dernière infortune que les Prussiens essuyèrent cette année; Frédéric la soutint avec son courage accoutumé; le 15, loin de fuir Daun, se proposant de reprendre Dresde, il se fait renforcer par 18,000 hommes, tirés de l'armée hanovrienne, qui arrivent à Chemnitz. Le prince Ferdinand lui envoya, avec son neveu le prince héréditaire de Brunswick, 15,000 hommes, tant infanterie hessoise que cavalerie anglaise, et 30 pièces de canon. Ce renfort , l'arrivée des recrues et de troupes jugées moins nécessaires sur d'autres points, portent son armée à 80,000 hommes aux environs de Dresde. Quant à Daun , qui n'avait donné aucune suite après la journée de Maxen pour couvrir Dresde , il se retranche sous le canon de cette place.

Dès le 3, le prince de Deux-Ponts mettait son corps en mouvement afin de lui donner ses quartiers d'hiver en Franconie.

De part et d'autre, bravant l'hiver et les glaces de décembre pour conserver ses positions, on campa et baraqua. Cependant, afin de parer aux intempéries de la saison, Daun avait partagé son armée en trois divisions, dont la première campait , tandis que la seconde se reposait dans Dresde et que la troisième cantonnait entre Dresde et Pirna, chacune d'elles se relevant tour à tour. La majeure partie des troupes prussiennes restèrent distribuées près de Wilsdruf et Kesseldorf , de manière à pouvoir être réunies en peu d'heures. C'est un des rares exemples de deux armées, aussi proches l'une de l'autre, prolongeant la campagne malgré un rigoureux hiver (1).

(1) Positions des t»russiens, commandés par le prince Henri, ayant sous ses ordres Meinecke, Itzemplitz, Hulsen, Dolina, Schenciiendorf, Findv, Knoblock, Platen, prince de Bernburg, Aschersieben, de Horu, liobl, Gerlacb, Kleist, Wunsch, Steinwehr :

V^ ligne; Aschersieben, Hulsen, Sclionckendorf, Platen et Nortman ; Margrave- Frédéric , 5 ; Spoon ,5 ( 10 E. ) ; Lubath , 1 -, Schwartz , 1 ; Fiiick , 2 ; Knoblock , 2; Grabow, 2; liredow, 2; Zastrow, 2: Braun, 2; Hulsen, 2 ; grenadiers Billerbeck, 1 ; Oslreicb, 1 (18 B.).

2^ ligne; Meinecke, Linstadt, Treffin, Grabow , Horn : Schlabberndt , 5; Prince- Heinrich, 5; Leibe, 5; Meinecke, 5 (20 E.); Lestewitz, 2; Cassel, 2; Bulow, 1; Hauss, 1; Neuwiedt, 2; Horn, 5 (13 B).

Les entreprises des Suédois (1) en Poméranie et dans la marche de l'Ukraine furent sans importance; cependant Manteufel leur fit repasser la Peene.

Corps de réserve ; prince de Bernburg : Piilmatker, 2 ; Prince-de-Bernburg, 3 ; Golz, 2 ; Bornstedt,! (8 B.) ; Belling, 5 ; Collignon, 1 ; Moujon , 1 ; Wunsch, 21 ; Szeschli, 1 (9 E.).

(1) La France et l'Autriche avaient, le 22 septembre 1759, conclu avec la Suède un traité d'alliance et de subside contre la Prusse. La cour de Versailles, qui jusqu'à ce jour en tirait fort peu de parti, se proposa par une négociation, en 1759, non seulement de mettre la Suède plus en action, mais de l'associei à un projet de descente en Angleterre, et de tenter ainsi une nouvelle conquête de l'électorat de Hanovre. La Suède, ancienne alliée de la France, ne démentit pas sa fidélité dans cette guerre, malgré les démarches de la reine, sœur du roi de Prusse : la cour de Stockholm combattait pour le maintien de la paix de Westphalie, et sa gloire élait intéressée à perpétuer ce grand et magnihque ouvrage de la politique et des armes de Gustave-Adolphe.

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