‹ Les guerres sous Louis XV (volume 4)Chapitre 190 sur 299 · R. DES COLONIES, R. DE LA MARINE, MILICES · texte numérisé non relu

R. DES COLONIES, R. DE LA MARINE, MILICES

Uniforme bleu ; parements, collet rouges.

Drapeau : croix et bandes diagonales blanches, armes de France au centre ; devise : Fidelilale et animo.

Milices.

L'histoire des milices est l'histoire même du service militaire en France. Dans la Gaule, avant la conquête romaine, tous les hommes étaient appelés sous les armes. Le principe du recrutement est celui-ci : tant de mesures de terre , tant de recrues. Sous les Carlovingiens, le service reste obligatoire; pour être en mesure d'opposer un nombre suffisant de fantassins aux gens de pied anglais, Charles V et Charles VII prescrivirent que la levée se fit dans chaque paroisse. Charles VIII, Louis XII et François F maintinrent ces dispositions jusqu'au moment où sept légions furent mises sur pied sous le nom de légionnaires. Le service du ban et celui de l'arrière-ban sont réglementés le ;J0 juillet 1674. La création des régiments de milices date du 29 novembre 1688. Au 1''' août 1606, on en comptait 34 de 7 à 10 compagnies. Le 26 janvier 1701, les miliciens cessent d'être des auxiliaires, ce sont des recrues désignées par le sort. En 1710, les miliciens marchent de pair et se fusionnent avec les troupes réglées jusqu'au 20 avril 1714, époque à laquelle les compagnies sont réduites, et enfin, le 1" juillet, la milice est complètement libérée.

La guerre d'Espagne fit rappeler les milices- on en forma, par l'ordonnance du 15 janvier 1719, 39 B. chacun de 10 compagnies de 60 hommes. Ces B. portaient le nom de leurs commandants. Cet appel s'étendit à toutes les villes, moins les paroisses sujettes à la garde-côte maritime.

La solde est de 50 sols par jour pour le capitaine, et de 20 sols pour le lieutenant. Les sergents reçoivent 10 sols, les caporaux 7 sols 6 deniers, les soldats 5 sols 6 deniers.

En 1726, par ordonnance du 25 février, les miliciens forment 100 B., à 12 compagnies chacune.

En 1733, lors de la guerre de] l'élection de Pologne, 40 B. sont désignés pour marcher; enfin 122 B. sont mobilisés en 1734. Les milices, d'abord destinées à la garde des places, vont hiverner sur

la frontière en vertu d'une ordonnance du 25 août 1734; elles passent ensuite en Italie et en Allemagne.

Après la paix, signée le 20 novembre 1736, une ordonnance du 10 février suivant porta licenciement des milices et réduisit à 100 le nombre des B. avec effectif de 300 hommes.

Par ordonnances des 20 novembre 1736 et 23 février 1737, les milices sont réorganisées en 100 B., qui cessent d'être désignés par le nom de leurs commandants pour prendre le nom de leurs quartiers d'assemblée. En voici le tableau :

Généralités.

Paris : Saint-Denis, Senlis, Provins, Joigny, Corbeil, Mantes

Soissonnais : Soissons, Laon, Noyon

Amiens : Amiens, Péronne, Ablieville

Rouen : Pont-Audemer, Neufchàtel , Rouen , Vernon, Gisors

Caen : Caen, Saint-Lô, Vire

Alençon : Alençon, Mortagne, Falaise, Argentan

Champagne : Ctiàlons , Saint-Dizier, Troyes , Chaumont, Rethel

Bourgogne : Dijon, Semur, Autun, Châlon , Bourg

Orléanais : Orléans, Blois, Chartres, Montargis.

Bourbonnais : Moulins, Montluçon

Touraine : Tours, Sauniur, Angers, Le Mans, Mayenne

Bretagne : Rennes, Redon, Saint-Brieuc, Nantes, Carhaix, Vannes, Dinan

Poitou : Poitiers, Saint-Maixent, Fontenay-Ie- Comte

Limousin : Limoges, Angoulènie

Auvergne : Clermont, Brioude

Lyonnais : Tarare, Montbrison

Daupfiiné : Valence, Romans

Provence : Aix

Montauban : Cahors, Figeac, Rodez

Auch : Aucli, Saint-Gaudens, Saint-Sever

Berry : Châteauroux, Bourges

Franche-Comté : Vesoul, Dole, Lons-le-SauInier, Salins, Ornans

Guyenne : Libourne, Marmande, Nérac, Villeneuve d'Agen, Bergerac, Périgueux

Officiera.

Miliciens.

R. DES COLONIES, R. DE LA MARLNE, MILICES. 2ol

O^'néralités. B. Ofaoiers. Miliciens.

Languedoc : Privas, Anduse. Montpellier, Bé-

ziers, Carcassonne, Casteliiaudary, Alby. . 7 91 2,100

i4u«w .• Saint-Jean d'Angely 2 2C GOO

Artois : Arras 2 20 (;00

Evéchés : Verdun, Melz 2 ir, «ioo

ylZsflre ; Strasbourg, Colinar 2 20 600

Flandre et Hainaut : Lille, Valenciennes 2 2G (;()0

Lors de la guerre de la succession d'Autriche, les levées des miliciens servent, par des appels, à augmenter les B. ou à former des recrues pour les régiments d'infanlerie, de cavalerie et de dragons. L'ordonnance du d" juillet 1742 leur donne pour rang dans l'infanterie la date de leur création. A grade égal, les offlciers doivent obéissance à ceux de l'armée.

Comme les milices de France , celles de la Lorraine constituent des dépôts de recrues, mais exclusivement réservées aux régiments lorrains. Le 30 janvier 1744, leurs 1) 13. servent à former Royal-Lorraine et Royal-Barrois, qui sont supprimés le 31 décembre 17 i8.

Le 10 avril 171"), on tire les compagnies de grenadiers des B. de milices; elles servent à former 11 régiments de Grenadiers royaux pour faire campagne. Leur service est celui des grenadiers de l'infanterie. Ils se distinguent en Flandre, en Italie, au col de l'Assiette, en Provence, en Dauphiné, où ils font des prodiges do valeur-

Grenadier!^ royaux.

Formés le 10 avril 1745.

1" Rég'. D'Espagnac. 20 mars 1750, M. de Bergeret ; 10 février 1739, M. de Narbonne, à qui, pour sa remarquable défense de Fritzlar, le roi permit de prendre le nom de Narbonne-Frilziar.

1746, Flandre, Audenarde, Ath ; 1747, La^vfeldt; 1748, Maëstricht.

*' Rég'. Urtislard. 10 février 1759, de Suarez d'Aulan (1) ; 1760, de TEspinasse.

(1) Suarez (Henri de), bailli d'Aulan, né en 1704; cadet dans Orléans; colonel, 12 février 1749; brigadier, 20 octobre 1758; maréchal de camp, février 1701; décédé en 1775.

1745, 1748, Flandre; 175G, 1762, côtes d'Aunis et de Saintonge. 3" Rég^ De Modène. 1761, M. Lecamus (1).

1746, Alpes, Italie; 1747, Provence, col de l'Assiette; 1757, Allemagne; 1758, Hanovre; 1759, Minden; 1760, Warburg.

^^ Rég\ Coiney. 1761, Chev. de Cambis.

1745, 17i7, Flandre; 1748, Alpes; 1756, 1762, sur les côtes.

5^Ké9^ Batitteville. 28 mars 1746, de Chàlillon; 10 février 1759, Ch. de Longaunay.

17io, 174S, Flandre; 1756, 1760, sur les côtes.

6" Ȏg^ De l.atouf. 28 mars 1746, Gli. de Chantilly (2).

1745, 1748, Flandre; 1757, Allemagne; 1758, Haastembeck, Hanovre ; 1759, Minden; 1760, Warburg; 1761, Willingshausen.

9" liég^ De Valfoiitls. 1" mai 1746, de Prngnes; 13 mai 1757, Ch. d'Ally.

1745, 17 48, Flandre; 1757, 1760, défense des côtes.

8* Rég^ D'Aiilaii. 10 février 1759, Lecamus; 1761, N. de Puységur.

1745, 1748, Flandre; 1756, 1762, côtes de l'Aunis.

9° Rég^ Cltalirillant. Défense des côtes pendant les deux guerres.

lO® Rég\ liangaiinay (3). 28 mars 1746, Ch. de la Tresne (4).

1745, 1748, Flandre; 1756, 1760, garde des côtes.

11^ Rég\ De ^olar. Sur les côtes pendant les deux guerres.

Chaque année, les levées nécessaires à l'entretien des troupes varient suivant l'effeclif plus ou moins élevé des B. Dès juin 1741, lesB. sont mobilisés.

La solde est de 30 sols par jour pour le commandant, outre sa solde de capitaine; de 45 sols pour le major, 3 livres au capi-

(1) Lecamus (comte J. A.), enseîgne dans Coiili, 27 décembre 1737; colonel des Grenadiers royaux, 10 février 1759; brigadier. 16 avril 1767 ; maréchal de camp. 1<='' mars 1780; décédé en 1785.

(2) Chantilly (chev. de), né en 1713, cadet à Metz, 1729; colonel, 6 octobre 1745; lieutenant générai, l^"" mars 1780; mort en 1792.

(3) Langaunay (chevalier de), cadet au régiment du Roi, 1728; brigadier, 10 février 1759; maréchal de camp, 25 juillet 1762 ; décédé en 1776.

(4) Lecomte (chev.), marquis de la Tresne, né en 1711 ; enseigne dans Piémont ; colonel de grenadiers, 28 mars 1746 ; brigadier, 10 février 1759 ; maréchal de camp, 25 juillet 1702; lieutenant général, l^' mars (7S0 ; décédé en 1782.

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