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1741. — Le roi f;iit assembler une armée sur la Meuse pour marcher en Weslphalie, à l'eflet de tenir en respect les électeurs du Hanovre, de Trêves et de Mayence, et de protéger les opérations des troupes de secours envoyées à l'électeur de Bavière.
Au commencement de l'année, il fallut avoir recours à une augmentation d'efleclif pour soutenir avec succès la guerre en Allemagne contre la cavalerie autrichienne; mais il importait d'éviter une trop grande dépense, ce qui eût été une faute énorme. Cette guerre de la succession d'Autriche fut déclarée dans le but d'appuyer les prétentions de l'électeur de Bavière. Le 21 avril, on franchit le Rhin, et le 21 octobre l'armée française arrive au camp de Saint-Potlen, où l'électeur en passe la revue le lendemain. Par cette marche rapide, elle se porte sur la Bohême, y entre par trois points différents; on met le siège devant Prague, et la place est enlevée dans la nuit du 25 au 26 novembre.
1742. — Egra capitule le 22 avril.
Siège de Prague, où les Français se trouvent alors enfermés sans vivres, sans fourrages et dans une misère affreuse. On n'avait gardé que 8 chevaux par compagnie de cavalerie ; le 28 août, il fallut encore en tuer 2 par compagnie. Le 9 septembre, on fut obligé d'en sacrifier encore 2, il n'en restait plus que 14.
De graves dissentiments s'étant élevés entre les maréchaux, le commandement de l'armée de Bavière resta à M. de Brcglie, et celui de l'armée de Bohême à M. de Belle-Isle.
Chevert, enfermé dans Prague avec 6,000 hommes, dont les deux tiers de malades, menace de mettre le feu aux quatre coins de la ville et de faire sauter la citadelle plutôt que de se rendre à discrétion. Le 2 janvier 1743, il sort de la ville avec tous les honneurs de la guerre, à la tête des derniers débris de Navarre, deBerry, de Ponthieu, de Soissons-cavalerie, dont il ne restait que quelques hommes.
Créations de 1743.
1'^'' août. Polleretziiy, hussards, cassé en mai 175S, versé dans Bercheny et
Chaniborant.
— ^eai«o/>/r .hussards, réformé le 30 octobre 1756, versé A^ns, Bercheny,
Turpin et Pollereizky.
27 septembre. Raugrave, hussards, réformé le 21 décembre 1762.
1743. — Le maréchal de Belle-Isle part d'Amberg le 20 janvier,
pour rentrer en France, passant par la Franconie, Heilbronn, Spire et Landau. Cette marche de trente lieues sur les plateaux glacés de la Bohême et cette retraite sont demeurées un modèle d'opérations énergiquement conduites en face de l'ennemi pendant douze jours.
Le 6 mai, 148 compagnies de cavalerie, levées en exécution de l'ordonnance du 16 décembre 1742, sont incorporées dans 3" régiments, afin de les augmenter d'un E., ce qui les porte à quatre. Cette mesure est complétée par l'instruction du 25 juin.
« Le roi, ayant donné ses ordres pour réunir sur la frontière les « compagnies de nouvelle levée qui doivent former les E. de l'aug- (( mentation de sa cavalerie, a résolu, pour les discipliner et les « mettre en état de servir promptement, de donner le commande- « ment de chacun de ces E. à un ancien capitaine choisi dans ceux « qui se trouvent le plus à portée des garnisons oîi ils ont été ras- « semblés, et par préférence à ceux qui reviennent de l'armée de « Bohême. »
Le 20 juin, les Anglais et les Autrichiens, réunis sous le commandement de George II et de lord Stair, se concentrent à Ascbaffenburg. Le 27, s'engage l'affaire de Dettingen, qui devait être un succès, et qui devient un échec par l'imprudence du duc de Gramont.
18 juillet. Il est ordonné que tout officier, commandant une troupe pour aller aux ennemis, donnera un mot de ralliement. Le mot était alors formé du nom d'un saint suivi d'un nom de ville; par exemple : Saint Martin, Tours, — Saint Louis, Versailles,— Saint Jacques, Orléans, etc. (D. G. Ordres insérés dans le vol. MMMXXVIII.)
L'article 22 porte que tous les officiers seront cuirassés. L'intention du roi est que les capitaines soient cuirassés devant et derrière, et qu'il n'y ait que les officiers subalternes qui soient plastronnes. Tous les cavaliers auront des plastrons. Chaque cavalier portera deux fers à crampons attachés à ses fontes : un du pied de devant et un de celui de derrière, avec 20 clous.
11 y aura une garde à l'étendard. Les cavaliers de service seront bottés le jour et en souliers la nuit.
1" février 1744. — Considérant l'importance que les officiers généraux soient promptement reconnus, le roi décide que les lieutenants généraux et maréchaux de camp seront tenus de porter un
habit non croisé, couleur bleu de roi, orné d'un bordé de broderie d'or en forme de galon- Les lieutenants généraux auront le bordé double sur les manches et sur les poches.
l'^^ avril. Le roi, informé de l'utilité que la cavalerie qui a servi dans les dernières campagnes, en Westphalie, en Bohême et en Bavière, a trouvée dans le bon usage de la paille hachée, ordonne de délivrer à tous les régiments seize hachoirs par régiment, un par compagnie, avec une charrette pour leur transport, attelée de deux bons chevaux aux frais du corps, pour marcher toujours à la tête des bagages du régiment.
Louis XV, accompagné de ses aides de camp ( li, va se mettre à la tête de l'armée réunie sur la frontière du Rhin.
28 août. — Passage du Rhin.
Création du IG octobre 1744.
Xassau-Saarbrtick , cavalerie, devenu Nassau-Ussingen le 14 mars 1738. Réformé le 21 décembre 1762.
Comme complément de l'ordonnance de 17.'i3, paraît celle du 17 décembre 1744, prescrivant les mesures à prendre pour ménager les effets d'habillement des hommes.
1745. — Vers le mois de mars, l'armée confiée au maréchal de Saxe comprenait, avec les garnisons, 159 E.
Bataille de Fontenoy le 11 mai, et capitulation de Tournai le 20 juin.
1740. — Lors du siège de Bruxelles, le temps était affreux et M. d'Espagnac, aide-maréchal des logis de la cavalerie, écrivait le 5 février : « Tous les environs sont inondés. » Le maréchal écrivait le môme jour de Laeken : « Tous les cavaliers et soldats sont gais et « contents, parce qu'ils sont à couvert et qu'ils ont suffisamment « de paille : j'espère que cette expédition ne nous causera aucune <( maladie. »
M. de Séchelles , écrivant aussi au ministre le 8 , disait : « Tous « les hommes et les chevaux de la cavalerie sont heureusement à <( couvert, les subsistances abondantes, le soldat a sa viande par « distribution, malgré un peu de maraude. Je ne puis vous exprimer
(1 Les rois de France n'avaient d'aides-de-camp que lorsqu'ils paraissaient à l'armée. [Mercure de Fra7ice, 1744.)
(( l'horreur du temps; depuis tvente-six heures, la pluie, la neige, (( la grêle, tout est déchaîné, et les environs du camp sont imprati- « cables. »
Prise de Bruxelles, 26 février; d'Anvers, 15 mars; de Mons, 10 juillet; de Gharleroi, 2 août; de Namur, 19 septembre; de Raucoux, 1 i octobre. Toutes ces places sont conquises sur le prince de Lorraine.
28 octobre. Quelques difficultés étant survenues au sujet des honneurs :\ rendre aux inspecteurs généraux, M. le comte d'Argenson décide que les inspecteurs généraux auront droit à être salués deux fois de l'épée.
1747. — C'est encore à Bruxelles que le maréchal de Saxe rassemble ses troupes ; l'armée se compose de 169 B. et de 280 E.
2 juillet. Victoire de Laufeldt sur les Anglo-Hanovriens , commandés par le duc de Cumberland.
1748. — Au printemps, l'armée est divisée en deux corps : celui de gauche sous le maréchal de Saxe, et celui de droite sous le maréchal de Lowendalh.
Corps de gaiiclie 1 14 B. 228 E.
— (le droite 59 2ù
Troupes de garniM)iis 13 17
Maison du roi 6 21
Volontaires au parc d'artillerie 4 G
Toute celte armée se trouve devant Maëstricht, qui capitule le 7 mai.
C'est le 81 mars que l'ordonnance parle pour la première fois d'uniformes, jusque-là il n'avait été question que de justaucorps.
12 juin. Distribution de tabac à fumer.
30 octobre. En prévision de la paix, on réduit tous les régiments de cavalerie à 3 E., et il est résolu qu'à l'avenir les mestresde-camp et les lieutenants-colonels n'auront plus de compagnies.
Le 31, on commence à procéder à la réduction.
1749. — La paix, conclue le 14 janvier, entraîne la réduction de 2 E. dans tous les régiments et la formation de 2 nouveaux régiments.
Créations de 1749,
15 mars. Montcalm, réformé le 1<"' décembre 1761 ; les quatre premières compagnies sont versées dans Colonel-général, n» 1. — Bezons , devenu Hericy en mai 1758, réformé le 1*"^ décembre 1761, versé dans Aquitaine, qui prend le nom d'Artois, n° 23.
L'ordonnance du 3 juillet porte que les commissaires des guerres feront leurs revues tous les deu.x mois.
Cette ordonnance rappelle celle du 11 juillet 1649, qui enjoint aux chevaliers de Saint-Louis de porter exactement la croix, faisant très expressément défense de se contenter d'attacher un simple ruban à la boutonnière.
1750. — Ordonnance du 1" juillet, sur l'habillement et l'équipement des troupes, complétant celle du 28 mai 1733.
Le justaucorps sera garni de trente-huit gros boutons et de quatre petits, avec deux épaulettes de laine, pour contenir la bandoulière, au lieu de l'aiguillette, qui demeurera supprimée. Les housses et chaperons seront en drap bleu, bordés pour les régiments royaux d'un galon de laine aurore mêlé des différentes couleurs de la livrée du roi. Les épaulettes sont pareilles aux galons des housses, ainsi que les cordons de sabre. Les rubans de laine pour trousse-queue seront de couleur rouge dans tous les régiments. Le buffle sera plus court que le justaucorps. Le ceinturon de buffle est blanc pour les régiments royaux. La casaque et les gages du timbalier seront à la charge du mestre de camp.
1751. — Janvier. Création d'une école militaire. L'édit du roi s'exprime ainsi : « Afin que l'ancien préjugé qui a fait croire que la « valeur seule constitue l'homme de guerre , cède insensiblement « au goût des éludes militaires, lorsqu'ils seront parvenus à l'âge « de dix-huit ans et que leur éducation sera assez perfectionnée, ils « seront employés dans nos troupes. — Pour qu'ils puissent se sou- « tenir dans ces emplois, nous voulons qu'il leur soit fait, sur les « fonds de l'école militaire, une pension de 200 livres par année, « laquelle leur sera continuée tant que nous le jugerons néces- « saire. »
1753. — Le 29 juin, paraît une instruction sur le service de la cavalerie dans les camps, sur la forme des manœuvres destinée à y apporter toute l'uniformité et la perfection désirables. On com-
mence à s'exercer sur deux rangs au lieu de trois. Les m:inœuvres comprennent vingt-quatre mouvements.
Pour exercer les E. à la charge, celui des deux E. qui aura le mousqueton haut fera demi-tour devant l'autre, qui aura le sabre à la main. On sonne la charge à vingt pas de l'ennemi.
■10 septembre. Ordonnance du roi relative aux régiments de cavalerie, et précisant à quoi se réduisent les attributions administratives des officiers généraux de l'arme, ce qu'onappelait l'attache du colonel général.
Ordonnance du roi pour faire prendre au régiment de cavalerie d'Anjou le nom d'Aquitaine :
« S. M., voulant que le régiment d'Anjou prenne le nom d'Aquitaine, a ordonné et ordonne que ledit régiment d'Anjou sera à l'avenir sous le nom de M*"" le duc d'Aquitaine et en portera le nom.
(' L'intention de S. M. n'étant pas, au surplus, de rien changer à la composition dudit régiment, ni au rang qu'il tient actuellement dans ses troupes de cavalerie, mande S. M. à M. le prince de Turenne, colonel général de ladite cavalerie, et au S' M, de Béthune, mestre de camp général, de tenir la main à l'exécution de la présente ordonnance, laquelle sera lue et publiée à la tête du régiment par le commissaire des guerres, qui en a la conduite et police , afin qu'aucun n'en puisse prétendre faute d'ignorance.
« Fait à Versailles, le 10 septembre 1753. »
1754. • — Celte instruction est confirmée par celle du H mai sur le service dans les camps, donnant des détails sur le campement, lagardedeTétendard, le piquet, les vedettes, détachements, marches, discipline et police.
1755. — Ordonnance du 22 juin, qui prescrit les commandements.
1756. — Le cornette de cavalerie est l'officier créé par le roi pour porter l'étendard dans une campagne. Il y avait, en outre du cornette, un enseigne : l'ordonnance du 8 septembre établit des cornettes dans les compagnies à étendard.
Crcatioii du 18 novembre 175G.
A'olonlaires de Nassau-Saarbruck (cavalerie), créés par ordonnance du l^'" avril ITJG, lorniés le 18 novembre, devenus Volontaires royaux de xNassau le 7 avril 1758, Royal-Nassau le 14 juin 1758, réformés en 1776.
1757. — Au commencement de la guerre de Sept Ans, Tarmée comprenait 64 régiments.
25 juillet. Bataille d'Hastembeck, près de Hameln, livrée au duc de Cumberland. Le lendemain de cette victoire, arrive le duc de Richelieu, remplaçant le maréchal d'Estrées; il pousse l'ennemi devant lui, s'empare de Hanovre, de Brunswick et de Wolfenbuttel, passe l'Aller, occupe Brème et poursuit le duc de Cumberland jusqu'à Kloster-Seven, oii il l'oblige à capituler le 6 septembre.
Presque tous les régiments sont à 4 E. à 160 hommes, donnant un total de 54,000 chevaux, en y comprenant la maison du roi et la gendarmerie.
5 novembre. Bataille de Rosbach, perdue par le prince deSoubise contre le roi de Prusse.
Création du 29 avril.
Corse, cavalerie, formé à sis compagnies, pour être employé en Corse.
Mestre-de-camp colonel : Louis-Florent de Vallière, officier général d'artillerie. Se fait remplacer à la tête du corps par François Viveaii de Sombreuil. son lieutenant-colonel. — Régiment réformé en décembre 1762.
1758. — Le prince de Brunswick entre en campagne dès la fin de janvier et force le comte de Glermont, qui avait remplacé le duc de Richelieu, à battre en retraite.
La cavalerie avait été très éprouvée par les fatigues de la dernière campagne, car le 8 mars le duc de Lorges écrit de Hanau : « Comment faire camper une armée sans tentes, sans habits, et une cavalerie sans selles ni bottes, et tous les chevaux de remonte sans cavaliers pour les monter? Comment garder les bords du "Wéser? »
23 juin. Bataille de Crefeld, livrée par M. de Glermont au prince Ferdinand de Brunswick; l'armée battue se retire derrière l'Erft, près de Neuss.
Effectif de la cavalerie en 1758.