CHAPITRE X
Les historiens désignent le maréchal de Brissac comme le créateur de la milice qui a porté le nom de dragons. Bien que cette origine soit d'une vingtaine d'années plus ancienne, il n'y a point d'inexactitude à dire que le maréchal, pendant son commandement en Piémont (looO-1554), a su se servir d'une infanterie montée, qui lui a rendu de grands services. Ayant obtenu des résultats sérieux avec l'aide de ces gens de pied à cheval, mais ne voulant pas laisser propager l'indiscipline dans son armée, il les réunit en petites bandes ;^1), et à partir de ce moment on les rencontre dans les différentes armées de cette époque. C'étaient donc à l'origine des fantassins sur bidets, des arquebusiers à cheval, appelés mousquetaires ou carabiniers, les meilleurs tireurs et les plus audacieux de l'infanterie, organisés en compagnies ou pelotons de carabins, se montant sur toute espèce de chevaux pour faire plus rapidement la route et tomber à l'improviste sur les quartiers ennemis.
Le chevalier Melzo, officier au service d'Espagne, qui a écrit sur la cavalerie en 1011, s'exprime ainsi : L'uso de gli Archibuzzi à cavallo, fu invenlato da Francesi, nella ultima guerra di Pirdmonte, et da essi furono chiamali Dragone, il quai nome tutta via ritengono
(1) Les volumes de montres ou revues des états d'effectifs (Bil)l. nat., Ms. fr. -25794 à 25799) laissent voir qu'il y avait au service de France des urvhcbusiers à cheval en 1548, 1552, 155.3, 1554, 1556,formés en compagnies dont lellectif variait de 16 à 125 hommes.
appressodi loro. Sans approfondir l'origine et Tétymologie du nom, on voit qu'il exprime bien la vigilance, l'activité, la valeur, qui doivent être les principales qualités de cette espèce de gens à cheval.
Les histoires de Charles IX, de Henri III et de Henri IV font mention d'arquebusiers à cheval, dits dragons (i).
L'infanterie montée a été employée pour la première fois par Gustave-Adolphe (2).
« Le roi de Suède, dit le maréchal de Bellisle, a fait usage à cheval d'un nombre de soldats volontaires ou choisis par distinction dans toute l'infanterie, pour se porter diligemment avec ce corps aux lieux qu'il voulait surprendre. Le hasard lui en fournit l'idée dans la première invasion qu'il fit en Allemagne. Un nombre considérable de ses soldats étant allés en maraude sur des chevaux qu'ils avaient enlevés dans la campagne, pour piller un château défendu par une bonne garnison, dont ils revinrent charges de butin dans les 2A heures, quoique ledit château fût éloigné du camp de 10 grandes lieues. Gustave, surpris de leur diligence et admirant le courage avec lequel ils s'étaient rendus maîtres de cette forteresse, leur fit grâce, et, réfléchissant de suite aux avantages qu'il pourrait tirer de cette espèce de troupe, il employa sur-le-champ ces maraudeurs pour une expédition qui lui réussit, et, depuis, il eut toujours un corps de 3 à 4,000 de ces sortes de fantassins choisis, à cheval, qui furent nommés dragons. »
1622. — Louis XIII employa, au blocus de la Rochelle, un
(1) Le Ms fr. 2G470 de la Bibl. nat. détaille la inonlre d'une compagnie d'arquebusiers français, tant de clicval (juc de pied : capitaine Bertrand de Geslude . seigneur de Corne, un lieutenant, un enseigne, doux sergents, un tambour, un fourrier, un chirurgien, 40 ar(|uebusiers à cheval, 3 caporaux, 3 lanspessades, 18 mousquetaires, 40 arquebusiers à pied; total : 112.
(2) Gustave II, ou Gustave-Adolphe, né en 1594, succède à son père Charles IX en 161 1. La Su<'dc étant alors en guerre avec le Danemark, la Russie et la Pologne, il conclut la jiaiv avec les dcu\ premières puissances (1013-1617), et force la troisième par deux victoires, à Walhof en 1626 et à Stuhm en 1628, à lui céder les places fortes de la Livonie. En lutte avec l'empereur l'erdinand 11. il est vainqueur de Tilly à Leipsig, en 1631, et de Wallenslein à Lutzen. en 1632 ; mais il périt dans l'action.
corps de IG compagnies de carabins, sous les ordres de J. Arnaud de Corbeville (1622-1628), troupe qui fut licenciée en 1628; mais les compagnies de carabins d'Arnaud continuèrent à servir dans les différentes campagnes de Savoie, de Flandre, de Lorraine, de Catalogne, d'Allemagne. Il en restait deux en 1661, qui entrèrent, le 26 janvier 1668, dans la formation des deux régiments de dragons portant les noms de Colonel-général-Dragons et de Royal-Dragons.
1634. — La première mesure prise par Richelieu pour créer des régiments de carabins ou dragons fut l'ordonnance du 3 octobre, qui avait pour but de donner une forme définitive aux essais tentés devant la Rochelle et de former cette cavalerie en « esquades » de 100 chevaux :
!"■« Arnaud. — 2« Maubuisson. — 3» Du Pré. — 4'' Bideran. — 5" Harancourt. — 6" Villars. — '^, 8", Q*", 10«, 11«, 12», six compagnies de carabins liégeois appartenant au capitaine Miche. (D. G.) — 13% 14" B"" de Coussy. — 15« Ckatny.
1635. — Le 16 mai, une ordonnance royale prescrit la création d'un régiment de carabins, qui est donné à M. de Rouvray, duc de Saint-Simon. Formé avec les compagnies étrangères qu'Arnaud de Corbeville avait encore sous ses ordres, ce régiment de carabins étrangers de Saint-Simon est cassé le 30 juillet 1636, puis rétabli le 20 janvier 1638, sous le nom de Saint-Simon-cavalerie , avec les anciens carabins, et continue d'exister jusqu'au 20 juillet 1660, époque où il fut licencié.
Le même jour, furent admis à la solde de la France les régiments ci-après, que plus tard on cassa ou licencia : Sourdis, Matignon, Sauvebeufjle Ferron, Nanteuil, Chaulnes, 1646; Treillis, 16o7 ; Gassion, 1660; Castillon, de la Meilleraye, Quiche, Canillac, 1661.
Création du 21 mai.
Six régiments de dragons : 1. Cardinal. — 2. D'Alègre. — 3. De Boulon. — 4. De Bernieulle. — 5. De Mahé. — 6. De Saint-Remy.
Ce dernier était entièrement composé d'étrangers. On peut dire que c'est la première fois que le nom de dragon est officiellement employé; néanmoins le mot de carabin n'a pas encore disparu, car l'ordonnance royale du 15 mai 1638, signée à Compiègne,
DRAGOISS. 397
porte que les carabins prendront l'ordre du colonel général et du mestre de camp.
Les dragons d'Alègre, de Brulon, deBernieulles, de Mahé, furent cassés le 30 juillet 1G36. Il en fut de même de ceux du Cardinal ; mais on les rétablit le 21 janvier 1638, sous le nom de fusiliers de Son Éminence, et ils devinrent en 1046 le Hoi-cavalerie.
Ceux de Saint-Remy, cassés aussi, fournirent, le 24 janvier 1638, leurs compagnies étrangères comme noyau du régiment de dragons étrangers d'Arzilliers, qui fut presque détruit en 16^)0 à Rethel.
1640. — 22 janvier. Levée du régiment de dragons allemands de Rosen, qui fait toutes les campagnes en Allemagne jusqu'à la bataille de Relliel.
20 mars. Levée du régiment allemand du comte de Guebriant. Le comte ayant été tué au siège de Rotbweil en 1643 , son régiment passa au marquis de Tracy. Celui-ci ayant été tué au siège de Landrecies, le 2 juillet 1655, le régiment fut licencié.
1643. — 19 mai. Victoire remportée à Rocroy (1) (Ardennes), par le duc d'Enghien sur les Espagnols. Elle marque glorieusement l'année qui vit finir le règne de Louis XIII et commencer celui de Louis XIV.
Le régiment de dragons allemands de Dohlross, admis au service de France dans le courant d'octobre 1643, fut détruit au combat de Duttlingen.
16i5. — Les dragons étrangers du Cardinal, levés en AUe-
(1) Le père Daniel dit quil y avait des dragons à la bataille de Rocroy. De son côté, la gazette de Renaudot, du 27 mai, certlHe que la cavalerie y comptait 6,000 chevaux, les gendarmes de la Reine, les Écossais, une brigade du prince de Condé, une du duc de Longueville, celles d'Angouléme. deGuiche, de Vaudemont. La cavalerie légère comprenait IcsR"^ de Royal, Gassion.de Guiche. d'Harcourt, de la Ferlé-Sennecterre, de Lenoncourt. du baron de Sirot. delà Clavière, de Sully, de Roquelaure, de Meneville, dllendicourt, de MaroUes ; ils étaient grossis des fusiliers du Roi, des gardes du duc d'Enghien, de la cavalerie légère de Sillart, de celle du régiment de lÉcbelle de Beauvau, de Vamberg de Cbal et de Raab> Croates. Enfin on y comptait 1.5,000 hommes de pied.
C'est la cavalerie qui joua le plus grand rôle à Rocroy: la vieille infanterie espagnole, en sa qualité d'élite, avait été très ménagée, et n'avait pas encore donné quand Condé l'accueillit avec ses escadrons. ( Histoire des princes de Condé, par Mïf le duc d'.\umale, i"^ vol., I6i3.)
magne, sont convertis le 23 mai 1649 en régiment de cavalerie sous le nom de Mazarin-Élranger, deuxième.
1651. — 25 septembre. Création des dragons de la Ferlé, levés en Alsace par Henri de la Ferté-Sennecterre, depuis maréchal de France. Ils se distinguent à la prise de Belforl, I65i; au siège de Landrecies avec Gondé, 1655; à la prise de Montmédy, 1657; au siège de Gravelines, 1658. Le 30 septembre 1660, on les incorpore dans le régiment des Dragons étrangers du Roi.
1656. — 1 i juin. Formation en Allemagne des Dragons étrangers du Roi, devenus en 1668 Royal-Dragons, formés par le comte de Montecuculli.
Le comte de Montecuculli (1), qui en ce moment avait désiré passer au service de France, y envoya quatre compagnies de dragons allemands, sous les ordres du comte Degli-Oddi, auxquels on ajouta quatre autres compagnies de soldats choisis des régiments d'infanterie.
1658. — Après la bataille des Dunes, Turenne tint la campagne avec les dragons, pour empêcher l'ennemi de venir secourir Gravelines.
1660. — 30 septembre. Les deux régiments de dragons déjà formés sont fondus en un seul et les compagnies du régiment de la Ferté incorporées dans les Dragons étrangers du Roi. Ce régiment des Dragons du Roi, avec ses tambours, est armé de fusils et tient rang dans l'infanterie. Il n'est point considéré comme appartenant à la cavalerie, c'est un corps de fantassins à cheval, ou plutôt une arme intermédiaire qui roule avec l'infanterie. A l'armée seulement, il prend l'ordre du mestre de camp général de la cavalerie, de même que les compagnies de carabins existant encore à cette époque.
• 1667. — Pendant que M. de Golbert (2) s'occupait à rendre le
(1) Montecuculli (comte de), né en 1608 dans le Modenais. Chasse les Suédois de la Bohème et les Turcs de la Hongrie en 1673, porte des secours à la Hollande contre la France. Rival de Turenne et de Condé. Mort à Lintz en 1681. A laissé des Mémoires sur la guerre, en latin.
(2) Colbert (J.-B.), né à Reims, 1619; mort en 1683. Ministre et secrétaire d'État, contrôleur des linances. Placé d'abord près de le Tellier, puis près de Mazarin. Par ses soins vigilants et son esprit d'ordre, il mit un terme à l'accroissement
royaume florissant, M. de Louvois (1) songeait h faire trionnpher les armes du roi en réclamant les droits acquis par la mort de Philippe IV h la reine Marie-Thérèse, sa fille d'un premier lit, à l'exclusion de Charles II, fils d'un second lit. Les revendications de cette princesse étaient fondées sur le droit de dévolution, pratiqué dans certaines provinces des Pays-Bas, par lequel les enfants d'un second lit sont exclus de la succession par les enfants d'un premier lit, sans que les enfants mâles du second excluent les filles du premier.
Le roi se mit en marche vers la Flandre, ayant sous ses ordres, pour commander l'armée, le maréchal deTurenne. Cette campagne, dite de Lille, commença le 2 juin par la prise de Charleroi. Ce sont les événements de cette guerre qui, avec les camps précédemment formés à Moret près Fontainebleau et à Compiègne, contribuèrent le plus à la création définitive de larme des dragons.
10(18. — 28 janvier. Le roi donne ordre déformer pour l'armée de Franche-Comté deux régiments de dragons, sous les noms de Royal-Dragons et de Colonel-général, et d'y répartir les compagnies des Dragons étrangers du Roi et les compagnies de carabins encore existantes.
Le 2 avril, en créant pour Lauzun la charge de colonel général des dragons, le roi rend justice à ses exploits et à sa valeur personnelle.
1G69. — L'éditdu 17 mai, commençant ainsi : u Considérant que nous avons sur pied deux régiments de mousquetaires à cheval , dits dragons, » et celui du 2 avril 1(>()8, constatent d'une manière ofticielle l'organisation de l'état-major et l'existence du corps des dragons dans l'armée.
continu des deUes de 1 Klat. Ea IRC'.i. on joignit à "^es allrilmlions le ministère de la marine.
(1) Louvois (F.-M. leTellicr. marquis de), né à Paris en IG'il ; oblint en 1654 la survivance de la charge de secrétaire d'Élat delà guerre ([u'occupail son père; son aciivilé, ses sages mesures assurèrent les succès des campagnes de Flandre (1667) et de Franche-Comté 1 1668). On lui reproche son arrogance, les négociations entamées avec la Hollande (1672), sa conduite vis-à-vis du doge de Venise (1672), les incendies du Palatinat (1674. 1689). sa participation à la révocation de l'édit de Nantes, sa sévérité envers les calvinistes (^1686). Ses cruautés Unirent par révoltar Louis XIV, et il allait tomber en disgrâce, quand il mourut on 16;»1.
A partir de ce moment, le nombre des régiments augmente considérablement jusqu'à la fin du règne de Louis XIV.
1672. — Le roi quitte Saint-Germain pour se mettre à la tête de l'armée campée sur les bords de la Sambre, où se trouvent Colonelgénéral et Royal-Dragons. Le passage du Rhin s'opéra àTolhuis, où le fleuve était guéable et appauvri par le Wachal.
Création de 4 régiments de dragons, le 14 septembre 1673.
Hocquincoiirt, devenu la Reine, 31 juillet 1675.
Sauvebœuf, — Dauphin, septembre 1675.
Lislenois, — Lorraine en 1773.
Finiarcon, — Chasseurs des Évêchés en 1786.
1674. — La campagne d'Alsace est une des plus remarquables de cette grande époque; elle suffirait seule à la gloire de Turenne. Au cours de ses opérations, il écrivait à Louvois : « La discipline est excellente, il y a bien trois semaines que je n'ai pas ouï parler d'aucune désertion. On parle à cette heure de quatre soldats partis comme on faisait autrefois de 2,000. »
Création de 3 régiments.
Tessé, 25 mars, devenu Mestre-de-camp-général en 1685. Saint-Sandoux, 8 décembre, devenu Angoulême en 1788. Raucher, réformé en novembre 1676.
Création de 3 régiments en 1675.
Du Fay, 1"' janvier, devenu Chasseurs de Flandre, 1788.
La Bretesche, 5 février , — Artois en 1774.
?iancré, 10 décembre, — Chasseurs de Franche-Comté, 1788.
Ordonnance du 16 mars 1675, qui règle l'armement.
1676. — Pour donner une idée de ce que coûtait l'entretien d'un régiment de dragons , voici le passage d'une lettre du 30 septembre qui contient des chiffres précis :
<( Le roi fait la première dépense : 114,500 livres, soit 8,500 par compagnie (au nombre de dix-sept), dont 6,000 pour la levée, 12,000 pour manteaux et bonnets, 400 pour les quartiers d'assemblée et 900 pour les fusils. » (Lettre de Louvois.)
Créations du i octobre 107C.
Barbozièips, deveiui Monsieur à la mort de Louis XV.
Audigcau, devenu Chasseurs de Hainaut en 1788.
(langes ou Languedoc, devenu Chasseurs de Languedoc en 1788.
1(178. — Janvier. Le marquis de Tessé (1) est nommé brigadier de cavalerie légère et de dragons.
Au commencement de celte campagne, qui s'ouvre par la prise de Gand, il y a 9,840 dragons dans les 14 régiments ci-après :
Colonel-général, Royal, Tessé, la Reine. Dauphin, Lislenois, Fimarcon, Sainl- Sandoux, Fay, la Bretesche, Nancré, Audigeau, Barbcziéres et Languedoc.
1680. — Ordonnance du 18 novembre. Toutes les fois que les dragons seront de service à cheval ou iront à la parade, ils se conformeront aux mêmes formalités que l'infanterie.
1688. — Après la pai.\ de Nimègue, une nouvelle coalition, plus puissante que celle abattue par Louis XIV dans la guerre de Hollande, nécessite la création de plusieurs armées. Les dragons sont augmentés de o régiments en 1088 , et de 13 en 1689. Le nombre amène un changement d'esprit dans l'arme. Ils deviennent troupe à cheval, employée comme les autres, affectée spécialement aux services d'escortes, de reconnaissances, d'éclaireurs. Ils perdent peu à peu de vue l'objet essentiel de leur institution, ils négligent le fusil pour le cheval et le sabre, et finissent par se confondre avec la cavalerie, dont ils ont pris toutes les idées.
L'ordonnanct; du 7 mars 1689 attribue à chaque E. de cavalerie ou de dragons deux étendards de la livrée du mestre de camp. Pour éviter la confusion et pour qu'on puisse les distinguer d'avec ceux des ennemis. le roi ordonne qu'aux étendards où il n'y aura pas de fleurs de lis il y ait au côté droit un soleil, et que la devise du mestre de camp soit seulement sur le revers.
Les étendards des dragons portent aussi le nom de guidons; ils >ont fendus par le bas en deux pointes arrondies et sont portés par les cornettes de chaciue E.
(1) Tessé iJ-B- de Froulay, comte de , né en IGjl , d'une famille ancienne du Maine. Fait ses premières armes sous le maréchal de Créqui. Le 17 décembre 1684, le roi créait pour lui la charge de mestre de camp général des dragons. (1 y a beaucoup à inodilier dans les assertions de Saint-Simon à son éganl. Conunande l'armée d'Italie , 1701-, contribue à la victoire de Luzzara; maréchal de France, 14 janvier 1703 ; est envoyé à Madrid , 1!) décembre 1704 : peu aimé du régent , se retire à Grosbois. 1718; mort le 30 mai 1725. Mémoires et lettres intéressantes, par le comte de Rainbuleau ; Paris, Lévy, 1888.)
1690. — Depuis le commencement de l'année, il y a dix régiments nouveaux , ce qui en porte le nombre à 4:2.
lQQ-2. — 4 août. Bataille de Steinkerque, où le maréchal de Luxembourg défait le prince d'Orange. C'est à la suite de cette fameuse journée que le mousquet à mèche est remplacé pour les dragons par le mousquet à pierre de fusil.
1693. — 14 juillet. Luxembourg, en allant reconnaître un fourrage aux environs de l'abbaye d'Heylesem , oii il était campé, est averti que Tiily se portait sur lui. Il ordonne aussitôt aux dragons de monter à cheval. Arrivés devant l'ennemi, ceux-ci mettent pied à terre et délogent rapidement les Impériaux.
Le 28 du même mois, la veille de la bataille de Nervinde, 16 E. de dragons, placés à la droite, contiennent la cavalerie ennemie et préparent le succès de cette mémorable journée.
Par l'ordonnance d'août 1693, les régiments de dragons qui ne sont pas royaux sont taxés à 12,000 écus.
Liste des 42 régiments de dragons sur pied de 1G90 à 16'J8.
Colonel-général.
Mestre de camp - général
Royal
La Reine Dauphin.
Peyssac .
Estrades
Caubert .
Galande.
Lantrec .. .
.Sennectère .
Asfeld
Fimarcon..
Languedoc.
Levé, 2 janvier 1068, avec des coiniiagnies datant de 1622.
Levé , 25 mars 1674.
Formé de compagnies levéesle 14 j"'" 1656.
Levé, 14 sept. 1673.
8 déc. 1674
T"^ janvier 1675.
5 janvier 1675.
11 déc. 1675...
13 mars 1676..
4 octobre 1676.
Devenu Lorraine, 3 mars 1773.
— Chasseurs des Lvéchés, 17 mars 1788.
— Angouléme, 10 mars 1788.
— Chasseurs de Flandre, 17 mars 1788.
— Artois, 20 mai 1774.
— Chasseurs de Franche- Comté, 17 mars 1788.
— Chasseurs de Ilainaxit, 17 mars 17S8.
— Comte-de- Provence, 21 février 1774.
— Chasseurs de Languedoc, 17 mars 1788.
Liste des 42 rv(jiments de dragons sur pied de Ift'JOà 160.S. (Suite.) Avaray 1 I^evé, 20 août 1688.
Du Héron
Catinat
Cillij
Grammont i wallon!. .
Warligny
Collas
Uretoncelles
Gevaudan
Duhreuil
Des . I ydes
Breleuil
Asfcld (étranger).
— 25 octobre 1089.
Marquis de Grammont. j —
Ganges cadet
Bretagne
Poitiers
Fontbeausard . . .
Sainte-Hermine.
Goiiffier Verne.. .
nanties .
31 octobre 1690.
Mont a tel
Lanijuedoc, T. .
Anvoilc
Morsan
Artois
Etampes-Valenray
Réformé. 13novcinb. 1698 ;rélabli.
5 février 1701 ; réforni''; en 1714.
Licencié en 1698.
— 13 décembre 1698.
— 23 décembre 1698.
— en 1098.
— 30 janvier 1698.
— 6 mai 1698.
— 5 mai 1698 ; rétabli. 17 j*»
1701 : licencié en 1714.
— en 1698.
23 déc. 1698: rétaidi. 5 février 1701 ; licencié, 15 août 1714.
18 novembre 1098.
en 1098; rétabli, 11 mars 1702; licencié, l.j août 171i.
en 1698; rétabli. .^ février 1701; lic.,22j'>t 1714.
8 mai 1698 ; rétabli, 5 fév.
1701;lic., 15aoùtl714.
30 janvier 1698; rétabli, 5 février 1701; réformé, l.> août 1714.
en 1098.
3t» janvier 1698.
30 janvier 1698; rétabli, ô janv. 1705; réformé, 29 novembre 1713.
en 1698.
30 janvier 1098 ; rétabli . 5 janv. 1703; licencié, 10 novembre 1713.
en 1098.
Les 14 premiers régiments de celte liste sont maintenus en 1715, et ils existent encore à la date de 1774.
En 1G98, après la paix de Riswick, on réforme 28 régiments, ce qui en réduit le nombre à 14.
Sur les 28, on en rétablit 6 en 1701.
Lorsque commença celte funeste gnerre de la succession d'Espagne, en juillet 1701, il y avait 20 régiments de dragons; pendant le cours des opérations militaires , 3 régiments furent rétablis et les 12 nouveaux suivants furent créés :
Saint-Sernin [Levé, 23 août 1702.
Bozelli
yiUcfjagnon ,
Pezeux
Aubignè
La Bâtie
Mont main . .
Chastillon . .
Guyenne
Escorailles ..
Espinaij
Porpaille. . .
— 15 mai 1702.
— 3 octob. 1702.
— 10 déc. 1702.
— 27 mai 1705.
— 26 nov. 1705.
Formé le 1 2 j uin 1 708 avec des compagnies franches.
Réformé, 15 avril 1714.
— 15 août 1714.
— 16 novembre 1713.
15 août 1714.
— 3 octobre 1714.
— 16 novembre 1713.
— 10 novembre 1713.
Les dragons eurent une grande part à la gloire des armées organisées par Louvois. Les nombreuses actions d'éclat accomplies par eux dans les tranchées, sur les brèches, dans les engagements isolés, sur les champs d,e bataille, permettent de les compter parmi ces glorieux soldats qui élevèrent la France au premier rang des nations de l'Europe,
1704. — Sur les 30 régiments de dragons organisés , on en conserve 14, qui sont appelés les « 14 vieux» .
1713. — A la paix d'Utrecht , signée le 11 avril 1713, il restait 35 régiments^ savoir :
Colonel-général, Mestre-de-camp-général, Royal, la Reine, Daupliin, Baufiremont, Bonnelles, Espinay, Caylus, Laulrec, Bellabre, Sauinery, Tilladet, Languedoc, Pourrière, Rouvroy, Bouville, Marbeuf, Saint-Chamond, Rohan, Coétmen, Bozelli, Saint-Sernin, Vitry, Clermont d Amboise, Granville, Cbaslillon, des Granges, la Lande, Chazelles, Belle-lsle, Hondetof, le Coigneux , Languedoc 2% Parpaille.
La paix signée, on dut penser à combler le déficit que la guerre avait produit dans les finances. Les réductions et les licenciements
s'opèrent sur une grande échelle , et les dragons sont, comme les autres corps, vivement éprouvés : sur 35, ^1 sont réformés.
\~["). — Louis XIV laissait à sa mort, le l*^"" septembre 1715, 14 régiments de dragons :