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CHAPITRE XI

LF.XIQUE DES LOIS, DÉCHETS ET OHDONNANCES HÉliLANT l'oHGAMSATION DE

l'armée; des usages et coutumes en vigueur i'ahmi les troupes; des

TERMES spéciaux et DES EXPRESSIONS PROPRES A l'aRT MILITAIRE ( 171 0-1774).

Abafis. — Retrancliements formés avec des arbres abattus. C'est, dans un pa\s couvert, ce quil y a de plus prompt, de plus commode, de plus fort. La guerre en olIVe une foule d'exemples.

Abaiinoment. — L'ordonnance du 1''" mars 1768 prescrit, comme obligatoire l'ahonnemeat au tlicàtre , mais en exigeant qu'il soit réduit au plus bas prix.

Accolade. — Cérémonie en usage du temps de la cbevalerie. Conservée dans nos usages pour la réception des chevaliers et les promotions d'officiers, elle se borne aujourd'hui au baiser et est donnée après la fermeture du ban.

Action. — Lutte entre deux corps de troupes qui, suivant l'espèce de leurs armes, se chargent, se choquent ou tirent l'un sur l'autre.

Une action générale entre deux armées ou entre la majeure partie de ces armées se nomme batuillc. Une action partielle est un combat. 11 y a cependant des combats plus sanglants, ayant des conséquences plus importantes que certaines actions, et qu'on a décorés du nom imposant de bataille.

Une action entre de petites fractions d'armées se nomme escarmouche.

Aciioii «recelât. —Les Français, toujours audacieux, intelligents, en-

thousiastes , se sont distingués par des faits mémorables . par des actions d'éclat.

Après la victoire, on chante un Te Deum en action de grâces. L'ordonnance dul29 avril 17ri8 dispose que les actions d'éclat des officiers donneront droit à l'avancement en temps de guerre.

Activité. — Position du militaire qui compte dans la force numérique d'une armée. L'état de non-activité provient de licenciement de corps, de suppression d'emploi , de rentrée de captivité à l'ennemi ou d'infirmités temporaires.

Aclminiiëtration. — Sous Louis XV, le système des magasins est pratiqué. Ce système rendait sans doute les expéditions ruineuses pour la France et dispendieuses pour le pays ennemi , mais il était encore moins désastreux et moins immoral que la maraude.

En 1762, l'administration de chaque corps est confiée aux soins concertés du chef de corps, du major et du trésorier. C'était une idée nouvelle et qui servit plus tard de base à l'établissement du conseil d'administration.

Age. — Les ordonnances du ]<"■ février 4763 et de mai 1766 prononcent que les hommes de troupe ne peuvent être admis à servir volontairement avant seize ans en temps de paix, dix-huit en temps de guerre, ni au delà de cinquante ans.

Aide de camp. — Dénomination fort ancienne. Les aides de camp ne furent pas toujours de simples porteurs d'ordres ; ils étaient brevetés. Le roi, quand il commandait une armée, avait toujours auprès de lui, comme aides de camp, de hauts personnages.

« Ces seigneurs, dit Lerouge (auteur du Parfait aide camp, 1760), furent les seuls qui eurent sous eux d'autres aides de camp, pris parmi les pages de la grande et de la petite écurie, officiers attachés à la personne du roi, d'un prince ou d'un général, pour transmettre les ordres verbaux et remplir diverses missions, comme visites de postes et reconnaissances. »

11 y eut des aides de maréchaux de camp, qui étaient employés à faire la répartition des quartiers dans un campement.

Sous le ministère de Choiseul, on vit des aides de camp de régiment, dont les fonctions étaient analogues à celles des adjudants-majors d'aujourd'hui.

Aide-iunjor. — Ils étaient choisis parmi les lieutenants et avaient

ordinairement une commission de capitaine; leur [»lace en bataille était à la gauche des officiers du B.

L'ordonnance de t738 leur donnait uno solde plus forte que celle des lieutenants. Les ordonnances du 10 décembre 1702, du 21) avril 17(i7 et du l'''mars 17(38 leur attribuent un service de semaine et les chargent de la police do la caserne.

Aido-niajor gt'iiéral. — Il faisait partie do l'état-major do l'armée, et, dans la cavalerie comme dans l'infanterie, exerçait auprès des détachements les fonctions de major général. En 1751 , d'Espagnac, dans la guerre de Corse, ainsi que Dumouriez, remplirent cette fonction.

Ai«le-inajoi' «le i»lace. — Capitaines ou lieutenants, l'ordonnance du l'^' mars 1708 range ces officiers sous les ordres du commandant de place et sons la direction des majors de place.

Aig^rette. — Pompon de crins, qui sert d'ornement à certaines coiffures militaires.

L'ordonnance du l*^^"^ mars 1703 la donne encore aux dragons des légions.

Aisnilletfes. — Cordons dont les bouts sont fixés dans des tubes métalliques appelés af ferons; ils se placent sur l'une ou l'autre épaule, et servent à distinguer les officiers d'état-major ou de troupes d'élite. Les aiguillettes sont bien antérieures à l'uniforme.

Ailes. — On désigne ainsi, dans une armée rangée en bataille, les corps placés aux deux extrémités de la ligne, de même qu'on appelle centre ceux rangés entre les deux ailes.

Alerte. — Ce mot a deux acceptions. Il se dit d'un soldat qui joint la vigilance cala plus grande activité : ainsi on recommande à un chef de poste d'être alerte pour éviter dètre surpris.

Il se rapproche aussi du mot alarme , car il peut y avoir alerte sans alarme. Un chef peut avouer la possibilité d'une alerte, car elle est indépendante de la bravoure des troupes. 11 ne doit pas dire , en donnant ses ordres : on fera telle chose en cas d'alarme, mais bien en cas d'alerte. Il y a de véritables et de fausses alertes. Ces dernières sont fréquentes, parce qu'il n'y a de véritables alertes que colles produites par l'arrivée imprévue de l'ennemi.

Alig^nemenf. — Disposition de plusieurs hommes sur une seule ligne. C'est la base de l'ordre et ce qui en fait la principale force. Autrefois c'était presque un art de bien aligner les soldats d'un B. et les B.

entre eux. Le père de Frédéric le Grand a introduit le premier l'alignement successif, individuel et par troupe.

Allocution. — Discours, harangue d'un général à son armée. Le général veut remplir l'univers de son nom, l'officier tient à être cité dans l'armée, le soldat dans son régiment; chacun, en faisant le sacrifice de sa vie, rêve l'immortalité pour sa mémoire.

Ambifioii. — Passion qui nous pousse à étendre continuellement la sphère de noire pouvoir. Elle est nécessaire dans la carrière militaire , plus que dans tout autre.

Ambulance. — Ensemble du personnel et du matériel d'un hôpital militaire, convenablement simplifié et propre à suivie une armée ou une division dans ses marches, ses campements, bivouacs, batailles ou combats.

Petit hôpital approprié au service de campagne. Les règlements de 1746 et du 1*' janvier 1747 constituent le principal et premier document sur cette branche du service de santé militaire. En 1739, le maréchal de Belle- Isle donne une instruction très étendue. En temps de guerre, le roi entretient à l'armée, pour suivre tous les mouvements des troupes, un certain nombre d'ambulances à son compte, sous l'administration des intendants. Les malades et blessés sont traités sous la tente, sur des chariots, dans des baraques, ou dans des édifices publics ou privés, disposés aussi bien que possible pour la commodité du service médical. Il y a deux entrepreneurs, l'un pour les denrées et les médicaments, l'autre pour les effets de couchage. Cet état de choses a duré jusqu'en 1781.

Amorce. — Elle se plaçait dans le bassinet avant le chargement, et formait une traînée de poudre dans la lumière, qui communiquait au bouton de la culasse ou au tonnerre.

Ancienuolc. — Elle déterminait l'ordre dans lequel roulaient les individus et les compagnies : ainsi le dernier capitaine de Picardie avait le pas sur tous les premiers capitaines de tous les autres régiments d'infanterie, quelle que fût leur ancienneté de grade. Jusqu'en 1775, le dernier capitaine de cavalerie commandait tous les capitaines d'infanterie.

An«pcssade. — Soldat de 1"= classe, grade ordinairement acquis aux plus anciens fusiliers; leur solde est plus forte d'un sou que celle des soldats et plus faible d'un sou que celle des caporaux. D'aliord sans marques distinctives, ils eurent sur la fin un bordé sur le parement de la manche. Ils commandaient en l'absence du caporal. Supprimé par l'or-

ilonnance du iO décembre 1702 , ce grade fait place en 1705 à celui dappointé, qui disparait à son tour en 177N.

Les écrivains militaires donnent différentes causes à la création des anspessades. C'était une position d'attente, intermédiaire entre le simple fantassin et le caporal, créée pour le gendarme démonté et hors d'état d'entretenir sou é(|uipage. Ce mot dérive de l'italien hinzia xpezzada, lance rompue, d'après Suzanne [lliitoire de lu Cavalerie, t. I, p. 47 .

Suivant Chassignet (p, 220), c'étaient des cavaliers des compagnies d'ordonnance qui, démontés, consentaient à servir dans l'infanterie comme volontaires et avec une solde supérieure à celle des légionnaires ordinaires.

.4ppel. — Action de dénommer à haute voix les soldats qui doivent se trouver à une assemblée, à une revue, afin de s'assurer de leur présence. — Signal au moyen du tambour ou de la trompette, afin de rassembler les soldats.

AppoinK^. — L'ordonnance du 10 décembre 1762 appliquait cette dénomination aux hommes du premier rang. Par l'ordonnance du !''■■ mars 1768, l'emploi d'appointé était dévolu aux plus anciens fusiliers et grenadiers du régiment notés pour leur bonne conduite, mais ne sachant pas écrire. Ils avaient une haute paie et un galon de distinction.

Appoint oments. — Le ministre Choiseul est le premier qui ait tarifé les appointements à raison du pied de paix ou du pied de guerre. L'ordonnance de 1768 (F'' marsi voulait que, le 2 de chaque mois, les officiers reçussent le montant du mois précédent.

Approches. — Travaux à l'aide desquels on cherche à parvenir jusqu'au corps d'une place qu'on assiège, tout en se mettant à couvert du feu de celte place.

ApprovisiioniienteiKx. — Terme d'administration militaire qui désigne plus particulièrement la réunion des munitions de bouche et de guerre nécessaires aux places fortes. Les provisions destinées à alimenter les armées en campagne sont désignées sous le nom de subsistances militaires.

Arme. — Ce mot s'emploie pour désigner les difl'érents corps de troupes qui composent une armée.

Armes. — L'état de guerre dans lequel vivent les peuples les uns à légord des autres exige des moyens d'attaque et des moyens de dé-

l'ense, qu'on appelle armes. Selon qu'elles sont employées à frapper ou à empêcher qu'on ne soit frappé, elles sont dites offensives ou défensives ; les unes et les autres peuvent être portatives ou non portatives, mobiles ou immobiles.

Ce n'est que depuis 1740 que l'armement de chaque corps de troupes est uniforme; jusqu'à cette époque, fabriquées par le commerce, les armes étaient disparates. L'ordonnance du i"' mars 1768 donne aux sentinelles des magasins à poudre une hallebarde. Les officiers des compagnies ont quitté l'esponton en 1738, ne conservant que l'épée ; les officiers particuliers ont eu le fusil à baïonnette jusqu'en 1786 ; les sergents, la hallebarde.

Armée. — La guerre est aussi ancienne que les hommes, mais les armées ne sont pas aussi anciennes que la guerre.

Une armée est un corps de troupes avoué par un État et envoyé par lui pour faire la guerre. Elle doit être organisée de manière à pouvoir se mettre en campagne au premier signal.

Suivant le rôle qu'elle remplit, une armée est dite armée d'observation, armée de réserve, armée de secours.

Louis XV continua le système établi de l'adjonction de troupes étrangères à celles du pays; les Irlandais, les Suisses, les Hongrois, les Wurtembergeois, les Saxons, les Hessois, les Palatins entrèrent en foule à notre service. Intrépide, dévouée, pleine de sagacité et d'entrain, cette armée, si elle eut ses défaites et ses vicissitudes, eut aussi ses triomphes et ses jours de gloire avec \illars, Lowendal et Maurice de Saxe.

Variations de l'effectif de l'année sous Louis X\ .

1718 (16 avril) 130.003

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