‹ Les guerres sous Louis XV (volume 4)Chapitre 294 sur 299 · T. VU · texte numérisé non relu

T. VU

450 LKS GUERRIiS SOUS LOUIS XV.

I".>j. Ray de Saint-Gexies. Art de la guerre pratique, i \ol. iii-l-2.

. — Mesml-Dluaxd (I). Projet d'un ordre français, in-i". — Bibliothèque militaire sur la science de la guerre, 12 vol. in-4", Breslau. — Traité abrégé d'opérations militaires, in-S", Vienne.

— BÉLiDOn. Dictionnaire portatif de l'ingénieur et de l'artilleur, in-8'>. — Histoire

de la guerre de 1741.

IT-M. .Mesnil-Dlhand. Suite de projet d'un ordre français, pour serrir de supplément, in-4".

— SiONViLLE. Œuvres militaires. — Les Stratagèmes dont se sont servis les plus

grands capitaines, in-12.

1757. Maliuce de Saxe. Mes Rêveries, in-8".

— DuPAiN. Amusements militaires, in-S".

— Baudouin (2). Exercice de l'infanterie. — Traité des évolutions militaires.

— Baudet. Cours de la science militaire.

— KeiiALIO. Règlement jwur l'infanterie.

— Hay du Ciiastelet. Traité de la guerre, in-l-2.

— CuLAM. Remarques sur les évolutions de cavalerie et des dragons, in-12. —

Nouveau Dictionnaire militaire du génie, de Vartillerie et de la cavalerie 2 \ol. in-8".

— EspAGSAO (d'). Supplément aux Rêveries de Maurice de Saxe, û \oi. in-8».

— W'AKXEiiY. Mémoires concernant la paix et la guerre, 2 vol. in-12. 1738. Leblond. Éléments de tactique, évolutions de l'infanterie, in-4"'.

— Li'Tox-DuiiiVAL. Détails militaires.

— Trayeuse (3). Éludes militaires.

— DuuiVAL. Le Point d'honneur.

— Bottée. Eludes militaires, 2 vol. in-12. — Essai sur les qualités nécessaires a

un général d'armée, in-i».

— GuisciiAUDT. Mémoires militaires sur les Grecs et les Romains, 2 \ol. in-4°.

— Maubest de Couvert. Esprit de la présente guerre (173ti), in-S". 1".">!I. Knock. La Faiblesse du feu précipité. 2 vol. in-12.

— Lecointe. Traité de la fortification de campagne.

— Gisous (comte de). La Tactique et la discipline selon les nouveaux règlements

prussiens, 2 vol. in-12.

nuO. DuRiVAL. Essai sur l'infanterie française, in-12.

— Frédéric II. L'Art de la guerre.

— ZURLAUBEx. Bibliothèque militaire, historique, politique, 5 \oI. ln-12.

— BouucELAT. Réflexions sur la milice, in-S".

17(il. Frédéiîic II. Esprit de Folard (4), in-8». — Instruction à ses généraux, in-8".

— Vander.maas. Cahiers sur les différentes parties de t art de la guerre, 2 vol.

in-8», Copeniiague.

— MAizEiioY. Cours de tactique théorique et pratique, 2 vol. in-8".

— BiiiyuET. Code militaire, ordonnances concernant les hommes de guerre de tou.tes

armes, 8 vol. in-12.

— Bigot de .Morogues. Essai sur la tactique de Finfanlerie, 2 vol. in-4°.

— AVarxerey. Mémoires yjour servir à l'histoire de notre temps, campagnes du

maréchal de Droglie en Allemagne en 1759, 1700, 1701, in-12.

(1) Aide tic eanip du maréchal d'Estrécs.

(2) Offii'ier aux gardes françaises.

(3) Mort lieutenant général.

{^) Livre écrit de main de maître.

JTtj-2. SiNt.LAMîK. Triiilr (len li'fiions, )-vfjiemciil pour la c/tvaleric jtrussieiiue, Deux-

l'dllls.

— Maihf-st I)K (loiVKKT. Mrmoirrs sur Irs aariciis, -1 m)I. in-S".

Andiik dk Bilisteix. LislilKlioiin mililnircx, ou le Vrf/vcr français, dvdir a messieurs les soldats, in-8".

— DnAtTiviu.E (DE). L'Aiili-léfiiotinaire, in-1-2.

— ItdXXEVir.LE. Esprit des lois de la tactique, iii-V".

Li.oYD. Histoire de la guerre d' Allemagne (\TM), 'S vol. iu-i». i7»i.J. l.LovD. Principes de tart militaire, par un oilicicr gt-nùral au scr\i»c tic Prusse, •1 M)!, in-'é".

— AxDisEX. Fragments militaires, suite au Végcce français.

— Jdi.Y DE Maizeiioy. Essais mililaircs.

— (XxANT. Sur la manière de combattre, la cavalerie contre l'infanterie. KiiONTix. Stratagèmes mililaircs.

1704. Fkontix. Courtes maximes pour la petite guerre. in-l-J.

— Ray de Saixt-Gexies. L'Officier partisan, G vol.

l"ti.">. ZiitLAiiiEX. Code militaire des Suisses pour servir à l'histoire de ceux av. service de France, 4 vol. 'in-l-2.

— Roussel. Essai historique sur les régiments d'infanterie, 8 vol. in-H.

17ti(j. LoLoo/.. Recherches sur fart militaire, application de la fortification à la tactique, in-i».

— CcoxoT. Éléments de l'art militaire ancien et moderne, 'i. \"l. in-S". — Abrégé

de la théorie militaire, iii-8».

— Maizeiioy. Cours de tactique théorique, pratique, historique, -i vol. ïn-8". —

Abrégé de la théorie militaire, in-8". Vienne.

— Daiicy. Essai d'une théorie d'artillerie.

CoLoMiiiEU. Préceptes sur la santé des hommes de l'armée, in-S".

— I.LOYD. Introduction à l'histoire de la guerre d'Allemagne, û vol. in-4".

17t)7. Maizeuoy. Traité des artnes défensives. — Traité de lactique pour servir de sup jilémenl au cours de tactique, 2 vol. in-S".

— Waltepv. Tactique et manœuvres des Prussiens, in-8".

— Lacuexaye. Dictionnaire historique, 3 vol. in-12.

— DEsitiviÈiiES. Les Loisirs d'un soldat des gardes françaises, m-i-2.

I7(i8. DESiiiviÉitES. />("scoi<rs d'un vieux général, in-i-2. — Principes de tactique, observations sur tart militaire.

— Wi'sT (baron) (1). L'Art militaire du partisan.

— Galdi. Instruction au:c officiers d'infanterie, in-S". —Le Philosopite militaire,

ou l'Art de la guerre, in-S".

— (iisoits (de). Tactique et manœuvres des Prussiens, in-S".

— SiLVA. Pensées sur la tactique, in-8».

17(i!t. ZiMMEii.MAN. Essais et principes de l'art militaire, iii-l-J. DiiioLsuUET. Instruclions sur le service de garnison et en campagne, 2 vol. in-8''.

— .1. K... Découvertes nouvelles sur la guerre, in-8''.

— Thomas. Prééminence du service de France sur celui des autres jiuissances de

l'Europe, in-8''.

— Eeeexdi. Traité de tactique, in-8".

— CicxoT. La Fortification de campagne, in-12.

— Keualio. Recherches sur les principes généraux de la tactique, in-12.

— Ray de Saixt-C.exies. Les Stratagèmes de guerre des Français, i vol. — Essai

sur le vrai mérite de Vof/icier.

(I) Colonel (le hussards.

1770. GuiREKT. Essai grnéral de tactique. — Ecole de l'officier, iii-S". — Encycloi/édie

militaire.

— LoLooz. Les Militaires au delà du Gaage, -2 vol. in-8".

— Laroche. Essai sur la petite guerre, -l \ol. iii-1'2.

— Leciimte. La Science des postes, in-8».

— Laciiesnais. Dictionnaire de la noblesse, l'i \ol. in-i".

1771 . KEitEXVEYEK (1 ). Dictionnaire des ordonnances, les lois mililaires de iinfanlerie,

— Dey (-2). L'Esprit du militaire, in-S".

1772. SiMEs. Guide militaire des officiers, in-8".

— YiiysGMKS. Institutions militaires, in-8".

— CoLOMMEK. Code de médecine militaire, 5 vol. in-l-i.

177.'J. Alletz. Abrégé de l'histoire de la milice par Daniel, !2 vol. iii-H.

— Lekoi de Bois-R(jgek. Eléments de la guerre, in-S".

XTi't. Lal'hexs de Beal'jeu. Essais de manœuvres d'infanterie, in-8". — Instruction militaire de l'officier, in-8'>. — Le Véritable Esprit militaire, ou l'Art de rendre les guerres moins funestes, -2 vol. in-8".

— Mesnil-Dl'iiand. Fragments de tactique.

— Darçon, ingénieur. Correspondance sur l'art de la guerre entre un colonel de

dragons et un capitaine d'infanterie.

— Dlpain de Montesson. Connaissances géométriques à l'usage des officiers dans

les marches. — Satires sur les innovations dans le militaire.

Amancement. — Question toujours difficile et délicate: doit-il appartenir à l'ancienneté, ou être réglé sur le mérite? Aucun de ces deux systèmes ne saurait être mis en pratique à l'exclusion de l'autre. Charles V est le premier qui coramissionna ses capitaines; François 1*='' leur donna des patentes, en leur abandonnant la nomination des officiers inférieurs. Sous Louis XIV, l'avancement dans chaque corps est soumis à la volonté du colonel. L'ordonnance du 28 mars 1758 prescrit un certain nombre d'années de grade; celle du 29 avril 1758 dispose que les actions d'éclat des officiers donneront droit à l'avancement en temps de guerre jusques et y compris le brevet de colonel. L'ordonnance du .> mai décide qu'à l'avenir nul ne pourra obtenir un régiment qu'après sept ans de service au moins, dont deux en qualité d'enseigne, cornette ou lieutenant, et cinq comme capitaine; celle du 10 décembre 1762 régularise ces décisions.

Avant-cbeinin couvert. — C'est le second chemin établi au pied du glacis, sur le bord du fossé.

Avant-fossé. — Second fossé creusé au pied des glacis d'une enceinte, et toujours rempli d'eau pour empêcher l'ennemi de s'y établir.

Avant-g:ai'(le. — Fraction plus ou moins forte d'une armée en marche, et qui précède le corps principal.

(1) Major (lu rcsinicnt de Berry.

(2) Sergent aux gardes françaises.

LEXIQUE DES LOIS, OKCRETS, K'JC. 453

L'avant-garde était, au commencement du dix-huitième siècle, formée par la réunion de tous les piquiers; ce n'est qu'en ITiJO qu'on apporta à cet usage des modifications qui ont continué d'être des règles.

A^ant-poste. — Position de sûreté établie dans le voisinage d'un camp, d'un cantonnement, d'un bivouac. On désigne aussi sous ce nom les hommes formant les gardes avancées.

Bagages. — Objets d'équipement, d'approvisionnement, de munition ot de campement transportés à la suite d'un corps de troupes. I.e nombre des bagages ne peut avoir de règles fixes, subordonné qu il est aux circonstances, aux contrées dans lesquelles on agit.

Le poids du bagage du soldat d'infanterie s'élevait à 29 kg. :tlO gr.

Havrosac garni d'crfcls <Ip pctil «'quipcmpii' 7 ""S » er

Fusil, baïonnette, lirelelle 7 »

Sabre , i>ortc-sabre 1 200

Tente-abri, supi>orts, ri)u\ertiire, l)i(lnn -2 230

cartouches 2 300

Rations de campagne !> 5G0

Baguette de fusil. — Elle n'a cessé d'être en bois que depuis IToO. Le règlement du 2.*) avril 1707 en répand l'usage dans toute l'armée. Elle a été inventée en Prusse par le prince d'Anhait en 1728, et on commença à en faire usage à la bataille de Molwitz, en 1741.

Baïonnette. — La baïonnette comprend trois parties : la douille, la virole et la lame. Cette arme remplaça les piques. Le nom sous lequel elle est connue lui fut donné, dit-on, pendant le siège de Bayonne en 1623, par des soldats qui, n'ayant plus de munitions, auraient attaché leurs coutelas au bout de leurs arquebuses et repoussé ainsi l'ennemi. On prétend aussi que cette arme a été mise en usage dans l'armée en 1671. Mais son emploi est évidemment antérieur à cette époque, puisqu'on lit dans une lettre écrite en 1571 p;ir Hotman à Jacques Capelle, à Sedan, que la baïonnette était usitée de son temps; de plus on sait qu'en 1640 on en fabriqua à Bayonne pour en faire l'essai, l'année suivante, au bout des mousquets. Le mot baïonnette, du reste, ne vient pas de Bayonne.

Les premières baïonnettes se composaient d'une lame droite, pointue, tranchante des deux côtés, lame qui s'appliquait comme un fer de pique. Cette première baïonnette était très défectueuse, puisque son manche, «'introduisant dans le canon du mousquet, empêchait de charger. Les im-

perfections de ce système furent cause que pendant soixante ans on ne se servit guère de la baïonnette à manche de bois. C'est en 1701 que la baïonnette à douille commença à être employée dans l'infanterie. En 1732, le premier rang de l'infanterie en fut armé, et en 1742 les autres rangs la reçurent également. L'ordonnance du !«■' janvier 1766 en consacre définitivement l'usage.

llan. — Batterie qui sert de signal d'exécution, et qui est pratiqué a la réception des officiers. La cérémonie de la réception des drapeaux est aussi précédée d'un ban.

Banilerole. — La banderole, le baudrier, la bretelle, le collier, sont des bandoulières; le règlement du 17 janvier 1747 applique encore la banderole à la giberne.

L'ordonnance du f'' mars 1768 voulut que les soldats de garde aux portes des places de guerre eussent le fusil en bandoulière , c'est-à-dire à la grenadière, pendant qu'ils étaient occupés aux manœuvres des portes.

Bannière de France. — Sorte de bannière nationale ou royale, le plus ancien drapeau de nos rois.

Baraque. — Espèce de hutte, que les soldats font eux-mêmes, pour se mettre à couvert de l'intempérie des saisons. Pour une position momentanée, elles consistent en un abri fait de branchages; pour une position de quelques semaines, elles sont formées par deux plans inclinés en planches ou en paille, et on y emploie (juelquefois des pierres, des claies, du gazon, du chaume. Leur emplacement est tracé d'après les règles de la castramétation, les troupes devant toujours bivouaquer dans leur ordre de bataille.

Barbier. — L'ordonnance du 29 janvier 1764 attachait à chaque compagnie un barbier, ayant le rang d'appointé.

Henri IV fut le dernier roi barbu qui porta la fraise; son successeur montant sur le trône à l'âge de neuf ans, les courtisans n'osèrent garder leur barbe, quand le roi n'en pouvait avoir ; mais Richelieu et Mazarin portèrent plus tard la moustache et, au-dessous de la lèvre inférieure, une mouche fju'on appela royale.

Moustaches et royales disparurent entièrement sous Louis XIV, excepté chez les calvinistes des Cévennes, que l'on désignait sous le sobriquet de « barbets » à cause de la longue barbe de leurs ministres.

Sous Louis XV, on ne conserve aucune partie de la barbe dans l'armée.

Bas offlcier. — L'ordonnance du 10 décembre 1762 donne ce nom.

LEXIQïrE DES LOIS, DECRETS, ETC. 455

maintenant tombé en désuétude, aux sorgents, (ju'un appelle aujourd'hui sous-officiers.

Bastion. — Masse de terre revêtue de gazon, de briques ou de pierres, qui s'avanico en dehors d'une hgne ou d'une place pour la fortifi

Bataille. — Action entre deux armées ou entre la majeure partie des forces de ces armées. 11 n'est pas nécessaire, comme le prétend Feuquières en parlant de celle de Cassano, que les armées se soient abordées sur tout leur front ; il suffit que la majeure partie de l'armée y ait pris part, soit par un choc, soit par des manœuvres.

Le maréchal de Saxe a intitulé un de ses chapitres : Di V excellencides redoutes dans les ordres de bataille, et, fidèle à ses propres préceptes, il n'a jamais manqué de se retrancher quand il a accepté une bataille défensive. A Fontenoy, il choisit sa position entre Antoing et les bois de Barry et de Bon-Secours. Il employa un jour et deux nuits (9 et 10 mai 1745) à se fortifier et à armer ses redoutes. C'est à ces ouvrages de campagne que fut due la victoire; car, si un seul avait été enlevé, pas une réserve n'était disposée pour le reprendre.

Quand, en 1748, il couvrait Maëstricht, que le duc de Cumberland ne pouvait laisser prendre sans tenter le sort d'une bataille, il retrancha plusieurs villages, éleva 23 redoutes. L'armée, formée en quatre colonnes de 25 B., devait se placer en arrière, ayant en réserve sa cavalerie rangée sur plusieurs lignes.

Si, dans les batailles olFensives, le maréchal s'éloigna de ce principe, que tout le secret de la guerre est dans les jambes, c'est qu'il était convaincu que l'infanterie ne peut pas soutenir une charge dans un lieu on elle peut être abordée (voir sa lettre au comte d'Argenson, 25 mars 1760); aussi réduit-il toutes ses batailles à des attaques de postes.

A Raucoux, nous aurions dû, avec notre supériorité de B., écraser ce village avec de l'artillerie et tourner la gauche du prince Charles, qui n'avait, entre le Jaer et la Meuse, d'autre retraite que le mont Saint-Pierre. Au lieu de ce mouvement simple, nous avançâmes sur dix colonnes, en ouvrant des routes. La bataille ne commença qu'à trois heures du soir; la victoire fut décidée par la prise de Haucoux, que défendaient douze B. anglais et hanovriens.

Lawfeld est une copie de la précédente, la bataille se réduit à une affaire de postes.

La guerre de 1756 est une suite de combats plus ou moins heureux, dont les succès furent souvent lents et incertains. Pendant ce temps, Frédéric faisait une révolution dans l'art de la guerre. Les perfectionnements dont il est l'auteur amenèrent une nouvelle manière de combattre. Au

lieu des batailles de chocs de Condé, des batailles de positions du temps de Louis XIV, des batailles de postes du maréchal de Saxe, Frédéric livra des batailles manœuvres.

Bataillon. — Réunion de soldats exercés pour combattre à pied sous les ordres d'un officier supérieur, qui a la dénomination de chef de bataillon.

11 se divise en fractions appelées compagnies, dont le chef a le titre de capitaine. La force des compagnies et leur nombre par B. ont éprouvé des variations infinies. Dans ces formations, on voit des compagnies comptant depuis 25, 30, 35, 40 hommes jusqu'à 100.

Dans la guerre de 1733, les régiments sont en général de 2 B., comme ceux des princes d'Allemagne; à partir du 10 décembre 1762, leur force varie de un à quatre. Les instructions des 14 mai 1754 et 6 mai 1755 expliquent ces diverses formations.

Dans la guerre de Sept Ans, on réunit des 13, d'élite, composés de chasseurs et de grenadiers. On créa ensuite les grenadiers Royaux, employés comme appuis mobiles et arrière-gardes. Le nombre de compagnies et d'hommes est indéterminé. Les régiments varient d'un à quatre B.

L'ordonnance du i*"" août 1742 décide le dédoublement des compagnies. D'après celle du 10 février 1749, il y a 12 compagnies de fusiliers, une de grenadiers, à 40 hommes; celle du 10 décembre 1762 ne conservaqu'une compagnie de grenadiers par régiment.

Bâton de maréclial. — Signe de primauté militaire institué par Philippe-Auguste en 1180, mais qui n'a pris de l'importance que depuis la suppression du grade de connétable. Lorsque la Meilleraye emporta d'assaut la ville de Hesdin en 1639, Louis XIII lui présenta sa canne et lui dit : « Je vous fais maréchal. »

En 1684, Condé jeta son bâton de commandement dans les lignes de Kribourg. Il était bleu, couvert de fleurs de lis.

« L'usage aujourd'hui est que le roi leur donne un bâton, et jusqu'à présent ce bâton avait été la première canne que l'on trouvait : presque toujours, c'était celle de M. d'.\rgenson, pendant qu'il a été en place. M. le maréchal de Belle-Isle représenta au roi qu'il convenait d'avoir des bâtons faits exprès pour donner aux maréchaux de France le jour de leur serment, et en conséquence on en a fait faire, qui furent donnés dimanche dernier. Ces bâtons sont pareils à ceux que les maréchaux de France portent à leurs armes. Ils sont longs de 18 pouces 2 lignes, gros de 4 pouces, garnis de velours bleu, semé de fleurs de lys d'or à chaque bout, lesdils bouts aussi garnis de velours pareil, avec une fleur de lys d'or. » (Duc de Luynes, Mémoires.)

BaKoric. — Ce mot drrive de battre. Il signifie la réunion d'un nombre plus ou moins considérable de bouches à feu, pourvues de tout fo qui leur est nécessaire pour combattre. C'est l'unité d'organisation dans l'artillerie, comme la compagnie dans l'infanterie, l'escadron dans la cavalerie. La batterie prend dillérents noms : batterie de place, batterie de côte et batterie de campagne.

Ilatfeur d'esirade. — On donnait ce nom aux cavaliers détaches d'une troupe pour aller à la découverte.

Besace. — Supprimée par ordonnance du 27 mai 1767, elle est remplacée par le sac.

Blocus. — Opération de guerre au moyen de laquelle toutes les approches d'une place ou d'un camp fortifié sont occupées de manière à ce que personne ne puisse en sortir, et à ce qu'aucun renfort, aucun secours en vivres ou en munitions, aucune nouvelle, aucun avis même, ne puissent y arriver. Le blocus a pour but de prendre une place ou de forcer un corps de troupes à se rendre, faute de vivres ou de munitions.

Bonnet à poil. — De 1730 à 1740, on le donna aux grenadiers des gardes françaises et suisses et aux grenadiers à cheval. Dans la guerre de 1756. quelques colonels, copiant nos alliés, l'introduisirent dans les grenadiers de leur corps. L'ordonnance du !"■ mars 1763 le donna aux légions; celle du 23 avril 1767, aux dragons faisant partie des légions.

Bonnet de police. — Coiffure des officiers, sous-officiers et soldats, dont la forme a subi de nombreuses variations.

L'usage du bonnet de police date de l'ordonnance de 1767 sur l'Iiabillenient, qui porte que le drap à y employer sera fourni par une économie sur les coupes d'étoffes.

Bouche à feu. — On désigne ainsi les armes à feu d'un poids tel qu'un seul homme ne peut ni les porter ni en faire usage : ce sont des armes à feu non portatives.

Boulet. — Boule de fer, fondue sur différentes grosseurs, dont on charge les canons.

Boutons. — L'ordonnance d'uniforme de 1737 en détermine l'emploi, la matière, la forme et la couleur.

Bre%'e(. — Acte par lequel le roi accordait une faveur sans y joindre des lettres scellées et enregistrées au parlement.

Rrigradc. — Agrégation tactique de corps d'infanterie ou de cavalerie. Le règlement du 17 février 1753 indique le mode de rassemblement et détermine la formation des brigades.

Chaque brigade prenait le nom du plus ancien des régiments qui contribuaient à la composer : ainsi Normandie à 3 B. et Angoumois à 1 B., réunis, s'appelaient brigade de Normandie.

Brig;aclicr. — Le grade de brigadier est intermédiaire entre celui de maréchal de camp et celui de colonel. Le brigadier d'armée, créé par Louis XIV sur la proposition du maréchal de Turenne en 1604, était un officier qui, en vertu d'un brevet qui lui donnait ce titre, devenait sul)érieur au colonel oumestre de camp qui n'avait point ce grade. Quoique breveté, il n'exerçait les fonctions de brigadier qu'en vertu d'une lettre de service. Son emploi était de commander une brigade à l'armée, sous les ordres des officiers généraux. Cette brigade se composait ordinairement de deux ou' trois régiments. Turerme tenta aussi d'instituer des brigades de 3 à 4,000 hommes; mais il déclare lui-même dans ses mémoires que cet essai ne lui réussit pas, à cause des éléments divers dont les corps étaient formés. Le titre de brigadier indiquait la charge d'un officier supérieur, colonel d'un régiment d'infanterie ou mestre de camp, et prenant par sa fonction rang d'officier général. En outre des attributions de son grade, il se trouvait revêtu par commission du droit de commander (mais seulement dans l'arme dont il faisait partie) une brigade d'armée. Les plus anciens lieutenants-colonels et les vieux colonels devenaient brigadiers, mais cette règle était souvent violée. Le brevet de brigadier fut toujours mal réparti. On le donna non seulement à des colonels ou mestres de camp (principalement à ceux de la maison du roi), mais à des lieutenants-colonels ou à des majors de régiments de ligne, comme le constate lui-même le maréchal de Belle-Isle, à la date du 6 octobre 1759. Ainsi, au moment de la guerre, tel inférieur franchissait plusieurs degrés hiérarchiques, en prenant temporairement le commandement sur ses supérieurs.

Le nombre des brigadiers d'infanterie, de cavalerie et de dragons dépassant de beaucoup celui des B. et E. sur pied, il devint indispensable non seulement de prévenir la création de brigades trop faibles dans le dessein d'employer plus de brigadiers, mais encore de régler par quels brigadiers elles seraient commandées. L'ordonnance du 16 août 173o veut que les brigades d'infanterie n'aient pas moins de 6 B.; celles de cavalerie et dragons, 8 E. Dans l'infanterie, celui des colonels en pied qui

se trouvera le plus ancien brigadier commandera la brigade, et, à son défaut, celui des lieutenants-colonels le plus ancien, et ensuite celui des simples capitaines qui sera le plus ancien. Dans la cavalerie, la brigade sera commandée par celui des mestres de camp en pied le plus ancien des brigadiers; à son défaut, par celui des lieutenants-colonels de la brigade le plus ancien, et, après eux, par celui des capitaines qui sera le plus ancien. Cette ordonnance, présentée par le maréchal de l*uységur, s'appuyait sur celles de 1719 et 1722.

L'ordonnance du 17 février 1753 appliquait ce principe à la formation de l'armée en brigades. Parmi les brigadiers d'une même promotion, c'est l'ancienneté comme colonel (\m règle l'ancienneté comme brigadier. Le grade de brigadier étant supérieur à celui de colonel ou mestre de camp, il s'ensuivrait qu'un lieutenant-colonel qui en était pourvu n'avait plus à prétendre au commandement d'un régiment; il sautait par-dessus le grade de colonel. Ce qui, au premier abord, pouvait paraître un abus ou une faveur avait au contraire une justification très légitime dans ce fait que les régiments s'achetaient, et toujours fort cher; s'il avait fallu posséder un régiment pour parvenir hiérarchiquement au rang de brigadier, bon nombre d'officiers supérieurs de mérite se seraient vu fermer pour toujours l'accès des plus hauts grades de l'armée. L'homme nécessaire, indispensable, la cheville ouvrière d'un régiment, c'était le lieutenant-colonel, qui devait ses épaulettes à l'ancienneté de ses services et qui avait d'abord franchi successivement tous les grades, tandis que, pour être colonel, la plupart du temps il suffisait d'avoir passé quelques mois dans la maison du roi. Le colonel ainsi arrivé laissait au lieutenantcolonel le commandement de son régiment. Il était donc utile et légitime, tant que la vénalité des grades ne serait pas abolie, que le grade de lieutenant-colonel ne devînt pas une impasse sans issue pour des officiers distingués. Mais le lieutenant-colonel passant brigadier était une exception, loin d'être un usage. Dans la grande promotion du 2j juillet 1762, sur cent six brigadiers nommés dans l'infanterie, la cavalerie et les dragons, quinze seulement avaient le grade de lieutenants-colonels.

La charge de brigadier était surtout une charge de guerre, (jui avait la sérieuse utilité de soulager les maréchaux de camp et d'assurer une plus prompte exécution de leurs ordres.

Les brigadiers ne sont point officiers généraux, ils ne commandent que l'espèce de troupes dont le brevet de brigadier leur donne le commandement. Ainsi ceux de l'infanterie ne commandent que de l'infanterie ; ils ne sont qualifiés que de brigadiers d'infanterie, et non de brigadiers des armées du roi, comme on le trouve par erreur dans beaucoup d'historiens. Il en est de même de ceux de cavalerie et de dragons. Les briga-

(liers de cavalerie sont d'ailleurs de plus ancienne création que ceux d'infanterie et de dragons.

Avant l'usage des épaulettes, l'insigne consistait en une étoile d'or ou d'argent en opposition à la couleur du bouton, placée sur le parement de la manche; quand on porta l'épaulette, l'étoile fut placée sur elle.

Brigadier (sous-officier). — Grade qui, dans la cavalerie, correspond à celui de caporal d'infanterie.

Briquet. — Les soldats de cavalerie, pour tourner en ridicule la lame très courte des fantassins, l'avaient comparée à un briquet à faire du feu. L'ordonnance du 19 janvier 1748 donne le sabre aux grenadiers, et celle du 1^'' janvier 1766 en règle le maniement; mais les autres soldats ne le prirent que par ordonnance du 1^'" octobre 1786.

Caeliot. — Réduit privé de lumière et sans lit. L'ordonnance du !"■ mars 1768 veut que ceux des casernes soient séparés et sans communication.

Cadence. — Pas d'infanterie qui devient égal, réglé : la marche est

ors cadencée.

alors cadencée

Cadenette. — Espèce de tresse formée avec les cheveux. Le règlement du 25 avril 1767 prescrivit la cadenette pour l'infanterie. Elles partaient du milieu de la tête, se retroussant de chaque côté sous le chapeau. Les grenadiers ont longtemps conservé la cadenette, même depuis l'usage du catogan et de la queue.

Les hussards ont eu les faces accommodées de cadenettes.

Cailets. — Henri IV et Richelieu sont les premiers qui pensèrent à créer des écoles pour la jeune noblesse qui se destinait à la carrière des armes (1). Louis XIII plaça des cadets dans sa maison et dans ses régiments. En 1026, la Flèche comptait 300 pensionnaires et 1,800 externes. Louvois voulait une génération d'officiers souples et instruits, ayant appris à obéir afin de savoir commander. Il établit l'immuable principe que tous lesjeunes gentilshommes porteraient le mousquet avant de parvenir au rang d'officier, et obtint du roi l'ordonnance du 1 6 juin 1 682, qui créait deux écoles de

(1) SuUy, Econ. roy., t. II, ch. xix. — A la page "21 du o'^ vol. de la Correspondance lie Richelieu, iiuhlice par Avenel, so trouve, traci- (\c la main du cardinal, le iilan d'une académie de 1,000 gentilshommes, dont COO pour l'armée et 400 pour l'Église.

cadets soldés à Metz et à Tournai. Le succès fit ouvrir sept autres écoles à Cambrai, Valenciennes, Cliarieinont, f^ongwy, Strasbourg, Brisach et Besançon. Ces écoles recevaient les jeunes gens de la bourgeoisie aussi bien «jue de la noblesse; en 1684, elles renfermaient 4,300 cadets défrayés de tout par le roi et coûtant près d'un million par an. Mais bientôt, faute de surveillance, l'instruction militaire des compagnies fut négligée. Vauban, en parlant des cadets, n'hésite pas à dire : « Ce sont tous gens pour la plupart d'un mérite inconnu, qui n'ont rien vu, rien médité, qui ne savent que l'escrime, danser, quereller. » Jugement sévère, mais mérité, car la mort de Louvois avait été le signal de leur décadence. En 1092, on n'admit plus de cadets dans les compagnies; en 1694, les anciens cadets furent répartis dans les régiments et les compagnies disparurent peu à peu, parce qu'on se lassa, comme le dit Voltaire iSircle de Louis XIV), de cette jeunesse trop difficile à discipliner (1).

Le "20 novembre 1726, six compagnies sont rétablies à Metz, en vue de préparer des officiers pour les milices; l'ordonnance du 26 mai 1728 règle leur service; celle du 20 mai 1729 les amalgame en deux compagnies de 300 cadets; celle du 10 juin 1732 les réunit en une seule de 600; enfin celle du 22 décembre 1733 les supprime définitivement, sous prétexte que pendant la guerre cet établissement n'est pas nécessaire, et leur assigne des emplois dans les troupes. Mais dès le commencement de la guerre de la succession de Pologne ces jeunes gens furent trouvés si supérieurs aux autres jeunes officiers de l'armée, qu'on leur donna des commissions pour les troupes réglées, au lieu de les envoyer dans les milices auxquelles ils étaient d'abord destinés. La paix signée, cette utile création ne fut pas reprise; on la remplaça, en 17ol, par l'Ecole spéciale militaire.

Cadre. — Tableau de formation des divisions et subdivisions soit de l'armée, soit d'un corps de troupes, ou du personnel des officiers et soldats destinés aune organisation.

Caisaon. — Chariot, ferme par un couvercle à charnière, qui sert à transporter des munitions de diverses espèces. Le caisson, dit Gribeauval, fut adopté en 17b0.

Calibre. — Se dit du diamètre de l'âme de la bouche à feu. Celui du fusil de munition était de 0",017.

Camp. — Le camp est un poste qu'occupe une armée agissante ou

(l) I, 'institution s'était propagée à Sainl-Pétershourg, où elle olitint d'excellents et (lural)les effets. Voyez les Mihnoirçs de Braiidchoiirr/, Cadets organises eu i73-2 i)ar le maréchal de Munich. (Areh.nal., cart. K, n" 140.)

censée l'être, pour y prendre gîte à couvert; car, si elle stationne en plein air, elle est au bivouac. La guerre qui se termina en 1097 montra à l'Europe les premiers camps de tentes.

En 1748, l'ordre de bataille décidait le campement, c'est-à-dire que la ligne de campement était égale à la ligne de bataille.

Les camps en général veulent un pays découvert, si l'armée est forte ^^n cavalerie; si elle l'est en infanterie, un pays coupé lui convient mieux. Si l'armée est moins nombreuse que celle de l'ennemi, on doit rechercher un terrain resserré, retranché, flanqué et d'un accès difficile.

On distingue plusieurs sortes de camps : il y a le camp de rassemblement, le camp de passage, le camp retranché, le camp volant et le camp de manœuvres.

Campagne. — Opérations d'une armée, pendant un temps plus ou moins considérable, dans le cours de l'année et en présence de l'ennemi. Sous Louis XV, la campagne variait suivant le climat du pays où l'on opérait, et on prenait en général, à la fin d'une année ou au commencement de la suivante, un repos appelé quartiers d'hiver.

Tenir la campagne, c'est être maître du pays.

Battre la campagne, se dit des troupes légères qui vont en tirailleurs au-devant de l'ennemi.

Par campagne, on entend aussi les services de guerre.

Canon. — Rien n'était encore réglé quant aux dimensions et à la forme qu'il convenait le mieux de donner aux pièces, lorsque Yallière provoqua l'ordonnance du 7 octobre 1732, qui établissait des règles fixes et proportionnait les longueurs et les calibres. Elle admettait cinq calibres, dits de 24, 16, 12, 8 et 4. Suivant les systèmes établis, la chambre des pièces a été ou sphérique, ou égale en diamètre au calibre, ou cylindrique et de moindre diamètre que le calibre.

Capitaine. — Officier ayant le commandement d'une compagnie. L'ordonnance du io janvier 1(!92 reste en vigueur jusqu'en 17(i0, n'admettant aux grenadiers que les candidats dont l'âge ne dépassait pas quarante-cinq ans. Il n'en fut plus ainsi quand le roi, le 10 décembre 1762, prit les compagnies à son compte. Ce fut le premier capitaine qui prit la compagnie vacante.

L'ordonnance du 1'^'' décembre 1707 crée des capitaines commandants de B. Lors des réformes qui avaient lieu à l'issue de chaque guerre, il était quelquefois attaché plus d'un capitaine à une même compagnie. (Ordonnances des 7 mai 1730 et 6 mai 1756.)

L'ordonnance du 6 mai 17oo attache les capitaines, soit en ordre de

parade, soit pour la guerre, à la droite du premier rang de leur compagnie; c'est la place qu'ils occupent encore aujourd'hui.

En 1762, la solde d'un capitaine est de 2,000 livres; le capitaine do grenadiers en a 3,000.

L'ordonnance du I*"'' mai [1C,"^ crée des cMpitainrs rapporteurs.

Capitaine-major. — Dénomination donnée, par l'ordonnance du 10 décembre 1762, au premier capitaine, que distingue une double épaulette à simple frange.

D'après l'ordonnance du 2."; avril 1767, il ne porte pas le hausse-col, parce que son service est continuel. Une canne faisait partie de l'uniforme des majors. Us étaient le centre de l'administration du corps.

Capitulation. — Un corps de troupes en rase campagne fait une capitulation, lorsqu'il convient de certaines conditions auxquelles il doit rendre les armes. Le commandant d'une place assiégée fait une capitulation lorsqu'il convient avec les assiégeants des conditions auxquelles il doit remettre sa place. Les demandes ou les propositions de capitulation sont annoncées en arborant le drapeau blanc, en battant la chamade {clamata, appel!, en dépéchant des parlementaires.

On cite peu de capitulations en rase campagne : celle que le maréchal de Richelieu contraignit le duc de Cumberland, faisant retraite, à signer en 17o7, à l'embouchure de l'Elbe, pour toute son armée, est un mémorable exemple en ce genre.

Caporal. — Un caporal est le chef de la petite subdivision d'une compagnie d'infanterie. Cette subdivision se nomme escouade; celui qui la commande s'appelait autrefois cap (Vescouadc, dénomination remplacée sous Henri II par celle de caporal, qui est restée la seule en usage. Gardons-nous d'oublier que les ressorts inflnis avec lesquels on maintient la discipline militaire dépendent presque entièrement d'eux; car si, tout en restant en bons termes avec les soldats, ils n'ont pas encore cessé d'être leurs camarades, c'en est fait de la subordination, et l'ordre social court le danger d'être anéanti.

L'ordonnance du 10 décembre 176'?. parle pour la première fois des fonctions de caporal, et elle fixe leur nombre à raison d'un par section.

L'ordonnance du 1" janvier 1706 reconnaît un caporal comme tambourmaître dans chaque B.

Capote. — Maurice de Saxe, en 17b7, en donna l'idée, quand il proposa le manteau à la turque, ou manteau à manches et à capuchon.

Carabiniers. — C'étaient des tirailleurs. Louis XIV les amalgama, il en forma une compagnie par régiment de grosse cavalerie, peu avant la guerre de 1688. Les compagnies, au nombre de cent, furent incorporées en 1693 et formèrent le régiment des Carabiniers, qui équivalait à cinq régiments ordinaires, puisqu'il comprenait cinq brigades, chacune de 5 E., à 3 compagnies par E. Sous la régence et jusqu'en 1734, on trouve rétabli un corps de carabiniers dans les régiments de cavalerie. De 1734 à 1788, il exista un régiment de cavalerie, dit Carabiniers. (Voir Cavalerie, n° 22.)

Caractère. — Le caractère est l'empreinte du penchant, de l'idée ou de la passion dominante dans chaque individu; c'est la physionomie de l'esprit. Les passions qui ne sont que les saillies d'un sentiment passager ne constituent pas le caractère. Il y a autant de caractères qu'il y a de vices, de vertus, de qualités, de défauts et d'inclinations parmi les hommes.

Carré. — Formation de troupes qui présente la figure d'un quadrilatère.

Cartoucbe. — Titre du congé de libération. Il y avait le cartouche blanc, le cartouche jaune et le cartouche vert. Le premier équivalait à un certificat de bonne conduite. On délivrait le cartouche jaune aux mauvais soldats : il empêchait de contracter un rengagement. Le cartou che vert était donné aux hommes congédiés pour infirmités : c'était une sorte de congé de réforme.

Cartouche. — Synonyme de cartouchier, demi-giberne, nom que donnent les ordonnances de 17o8 et 1767 à la giberne d'officier d'infanterie. Celle de cavalerie s'est longtemps appelée cartouche. La cartouche se portait dans les rangs au moyen de la bandoulière. Ce terme n'a cessé d'être ainsi employé que depuis l'invention du mot giberne.

Caitiaque. — L'ordonnance du 25 avril 1767 appelle casaques les habits des trompettes et des timbaliers.

Caserne. — Bâtiment pour loger les troupes en garnison. Qu'elle soit d'une construction ordinaire ou qu'on la voûte à l'épreuve de la bombe dans des places de guerre, une caserne doit offrir les conditions indispensables de salubrité, de facilité des communications et d'économie.

Avant l'établissement des casernes, le soldat jouissait d'une indépendance relative, tout en restant soumis à la surveillance et aux ordres de

ses cliefs. Lorsqu'il avait fini son service ou qu'il n'était pas de garde, il se croyait libre en rentrant chez l'hôte, qui était tenu de lui fournir un lit garni, de lui donner place au feu et à la chandelle. Mais la vie chez l'habitant amollit le soldat, et il ne peut être suffisamment surveillé : en effet, il n'est pas .seul, a un camarade de lit, est obligé de recevoir les amis; c'est un va-et-vient, dans l'intérieur de la maison de l'artisan . qui donne lieu à des plaintes et à des réclamations trop bien fondées.

La première ordonnance relative aux casernes est du ;{ décembre 1091. L'ordonnance d'octobre 1710 établit la nécessité du casernement des troupes; celle du 25 septembre 1719 crée un impôt pour cette dépense; celle du o février 1727 laisse aux villes le soin de construire des casernes à leurs frais; enfin celle du 29 janvier 1764 en fait construire dans presque toutes les villes de la France. La caserne Coasiin, à Metz , porte le nom de l'évêque qui la bâtit de ses deniers. Le roi Stanislas érigea celle de Nancy. En 1745, d'Argenson fit élèvera Paris celle où fut logée une partie des gardes françaises.

Casernenioiit. — Les premières- ordonnances ayant rapport à celte grande question sont des 10 janvier et 25 octobre 1716, 4 juillet 1717, 15 avril 1718, de septembre 1719 et d'octobre 1724.

Calque. — De toutes les parties du corps humain , la tète et la poitrine des combattants sont les plus exposées aux blessures : de là l'usage du casque et de la cuirasse.

Maurice de Saxe, en 1757, proposa de donner des casques à toute l'infanterie. Des compagnies colonelles avaient le casque en cuir en 1760; mais des modifications ont été apportées dans cette coiffure depuis 1767.

Casse. — Cassation disciplina'ire. L'ordonnance du 1'"" mars 1763 consacre cette expression, répétée par l'ordonnance du 19 juin 1771.

Cafug;an. — C'est la réunion de la partie postérieure de la chevelure longue, se retroussant en faisceau, sorte d'imitation de celle des grenadiers [)russiens. Le catogan, à la mode dans l'infanterie, a succédé à la cadenctte. Il fut d'abord renfermé dans un crapaud.

Cavalerie. — L'ordonnance du 13 mars 1749 constitua définitivement les régiments de cavalerie à 2 E. et 4 compagnies, et ceux d'infanterie à 2 R. Il est difficile de suivre les variations de la composition des régiments, que chaque transition du pied de paix au pied de guerre aug- T. vu. 30

mentait ou diminuait, mais toujours avec l'E. comme liase pour la cavalerie, et avec le B. pour Tinfanterie.

L'ordonnance du 1^'" décembre 1761 porta, par incorporation, les régiments de cavalerie à 4 E. de KiO hommes chacun.

Le 19 avril 1772, chaque régiment de cavalerie, composé auparavant de 8 compagnies de o4 hommes, formant 4 escadrons, fut porté à 12 compagnies de 36 hommes formant 3 escadrons. — La compagnie comprenait : 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant, 1 fourrier, 2 maréchaux des logis, 4 brigadiers, 4 carabiniers, 24 cavaliers et 1 trompette. L'état-major comprenait : 1 mestre de camp, 1 lieutenant-colonel, 1 major, 2 aides-majors, 2 sous-aides-majors, 1 quartier-maître, 3 porte- (itendard, 1 timbalier, 1 chirurgien, 1 maréchal expert.

Sous Louis XIII, la cavalerie abandonna totalement la lance; elle quitta une partie de son armure sous Louis XIV, ne conservant que la cuirasse, remplacée sous Louis XV par le gilet de buffle, et le casque, auquel succéda le chapeau à calotte.

Les ordonnances du 20 mai 1729 et du l"'' juin 1730 règlent l'uniforme.

Le règlement du 2o mars 1767 donnait la culotte de peau à toute la cavalerie, ainsi qu'aux trompettes de hussards. La cavalerie a de tout temps fait usage de l'épée ou du sabre. Peu de progrès eurent lieu avant la guerre de 1741. Vers 17oo, il se fit une véritable révolution dans la formation et la manière de combattre. Les premiers essais se firent à cette époque en France, en Hanovre et en Prusse. Les ordonnances des 14 mai 1753, 22 juin 1755, 1^'' mars 1765 et l<"juin 1766 donnèrent à la cavalerie de l'ordre et de la légèreté en la mettant sur deux rangs.

Au moment de l'institution définitive des régiments, qui remonte à 1671 , l'escadron comprenait trois compagnies. Il en fut ainsi jusqu'en 1733; un le porta alors à quatre compagnies de 40 hommes, ce qui donnait à l'escadron 160 maîtres.

Le régiment n'avait qu'un officier supérieur, le mestre de camp. « H 0 n'y avait de cuirassé que le régiment des Cuirassiers du Roi. Cepen- « dant tous les officiers portaient la cuirasse, probablement pour leur (( donner plus de sécurité à la tête de leur troupe et au premier rang « dans une charge. »

La cavalerie, tant grosse que légère, comptait :

En 1701, CO,OOOclic\aux. Formation sur deux lignes, les E. à i compagnies.

1733, 33,944 — 7i régiments; 201 E.

1748, 28,000 — Yi compris la maison du roi.

1701, 41,728 — olficicrs non compris, mais la maison du roi comiuise.

LEXIQUE DES LOIS. DECRETS, ETC. 4(i7

En 1762, 27,000 chevaux. Y compris 3,500 chevaux de la maison du roi.

1773, 28,000 — S3 régiments, non compris la maison du roi elles légions

Solde journalière des simples cavaliers à différentes dates.

(î avril 1718 8* 1 21 décembre 1762 (>' 8'

-Jl avril 17-22 7 10' I 17 mars 1772 7 -2

Cavalier. — Terme de fortification désignant des terrasses que les assiégeants élèvent le plus près possible des remparts, et qui servent soit d'opposition à des commandements, soit d'enveloppe à des batteries foudroyantes, à des contre-balteries.

Centre. — Ce mot s'explique de lui-même; on dit, centre d'une armée ou d'une troupe, centre d'alignement, centre d'attaque, centre de camp, centre de bastion.

Cliamade. — Lors d'une suspension d'armes, le bruit du canon s'opposant à ce qu'on entendit facilement celui de la caisse, le tambour arrivait le drapeau blanc à la main, l'arborait, et battait la chamade.

Chanson guerrière. — « Harmonie courageuse », dit Montaigne, qui échauffe en même temps le cœur et les oreilles. Les chansons militaires ont partout et de tout temps animé les hommes au combat.

Chapeau. — Coiffure de toute l'infanterie, ainsi que de la cavalerie, sauf que, pour cette dernière, il était garni d'une calotte de fer. Le soldat l'agrafait ou le dégrafait à volonté, suivant qu'il faisait de la pluie ou du soleil. Vers 172î), le chapeau d'officier se garnit d'un bord d'or ou d'argent, celui du soldat se borda d'un galon en laine ou en fil blanc.

Chasse. — L'ordonnance du 6 mai 1720 défend, sous peine de destitution, la chasse, même aux officiers.

Chef. — On dit, chef d'avancée, pour désigner un officier ou sousofficier commandant un poste en avant; chef de chambrée, chef de file, chef de pièce.

Chemin couvert. — Chemin qui règne sur le bord extérieur des fossés.

Cheminement. — Action de gagner du terrain, en parlant de l'attaque des places, ou des manœuvres et de la marche des armées et de? convois.

C'iieveliire, cheveux. — L'uniformité sur ce point ne s'établit que quand lusage de la poudre et de la queue devint à la mode et se fut répandu dans l'armée. On poudrait les cheveux des soldats « à la colle ou à l'eau ». Four l'emploi de la colle, on délayait du blanc dans de l'eau, et on le passait avec un pinceau sur les cheveux, puis on poudrait à blanc. Lorsque c'était sec, cela formait un enduit destructible seulement à force de ])eine et au détriment des cheveux. Pour l'emploi de l'eau, on trempait une vergeltedans de l'eau; puis, la tète bien imbibée à rebrousse-poil, on poudrait à blanc, ce qui formait une sorte de mastic.

Il y avait une grande variété dans la manière d'arranger les cheveux , elle différait selon les régiments. On rencontrait des boucles, des tresses ou des queues attachées très bas outrés haut. Les ordonnances de 1767 déterminent la manière de confectionner les cadenettes, en prescrivant de rouler les « faces » sur une petite lame de plomb. Dans la cavalerie, la queue était quelquefois démesurée. Comme on ne pouvait faire sa queue soimême, les soldats s'y mettaient à sept, huit, l'un devant l'autre. De plus, les mélanges de colle, de suif ou de blanc étaient malsains et sales. Aussi le ministre de la guerre Monteynard défendit-il ces usages; mais ils furent plus forts que le sens commun. Le marquis de Boufflers, pour faire porter les cheveux ras à ses soldats, se coupa les siens : tout le monde se moqua de lui, et nul n'osa porter des cheveux ras. Dans la cavalerie, et dans les hussards surtout, cette mode se conserva jusque sous l'empire.

Clievrons. — Un édit du 16 août 1771 institue les chevrons, comme récompense des hommes de troupe, et attache, à titre de gratification progressive, une haute paye à ces signes honorables qui servent à distinguer les anciens soldats. Le galon en haut des manches représente 8 ans, deux IG, et trois 24 ans de service. Les 24 ans de service pouvaient donner lieu à la remise d'un médaillon. Les chevrons étaient de la couleur distinctive; ceux de la casaque d'armes distinguaient les tambours. Ils se plaçaient par étage le long de chaque manche.

Cbirurj^^ien. — Ce n'est qu'en temps de guerre que le roi entretient à la suite des armées des chirurgiens et des apothicaires. L'ordonnance de 1718 attache, moyennant 180 livres par an, un chirurgien à l'état-major de chaque régiment d'infanterie. L'ordonnance de 1762, quand Choiseul reprend les compagnies au compte du roi, accorde au chirurgien oOO livres en temps de paix et 700 en temps de guerre. Dans la cavalerie, les dragons et les hussards, où les colonels et capitaines sont encore propriétaires, c'est à eux, s'ils le veulent, de se pourvoir d'un chirurgien. Depuis cette époque ils portent l'uniforme gris de fer,

LEXIQUE DES LOIS, DECRETS, ETC. 4m

sans grade quelconque. La position de médecin cl de cliirurgien militaire était peu brillante à cette époque, et même des plus précaires. En leur refusant la croix de Saint-Louis, le gouvernement leur déniait leur rang d'officier. Cependant la chirurgie militaire comptait alors dans ses rangs les hommes les plus distingués, tels, par exemple, que I>ouis, chirurgien en chef des armées du roi, inspecteur général des hôpitaux militaires, secrétaire perpétuel de l'Académie royale de chirurgie, qui fut le maître et le protecteur des célèbres la Peyronie et Lamartinière.

Clarinette. — Instrument de musique à vent. Elle est la base des orchestres militaires. L'ordonnance du 19 avril 17BG et celle du 2.5 avril 1767 la reconnaissent, ainsi que les fifres et les hautbois. Ces musiciens portaient l'habit de tambour, mais sans livrée. L'ordonnance du 19 juin 1771 accorde deux clarinettes à chaque B.

Cocarde. — Ce n'est que dans les dernières guerres du dix-septième siècle qu'on commence à se servir de cocardes, à défaut d'habits d'uniforme, pour se distinguer dans le combat. En 1688, les chapeaux de l'armée française sont reconnaissables un jour d'action par des co cardes de papier, remplacées plus tard par un nœud de ruban. Elles deviennent d'un usage général de 1700 à 1710. Dans la guerre de 1756 . comme alliés de l'Impératrice, nous adoptâmes la cocarde blanche et verte, qui se portait à gauche du chapeau.

Le règlement du 17 août 17oo applique au bord du chapeau une petite croix de ruban soutenue par une ganse. Le règlement de 1763 donne à la cavalerie la cocarde noire, et celui du2;j avril 1707 dispose que l'infanterie portera une cocarde régulière de basin blanc; mais, par suite de la latitude laissée alors à la diversité, il s'en faut beaucoup que toutes les cocardes fussent blanches dans l'infanterie.

En 1715, elle était jaune i>oiir Royal-Suédois.

Alsace.

Saxe.

les Cont-Suisses et gardes do la prévoie, le régiment du Roi.

2 compagnies des gardes du cor|»s.

2 autres compagnies, les arquebusiers de Grassin.

Lowendal.

les gardes de Lorraine, la compagnie franclie de Croalcs.

Saint-Germain.

l'armée du marcclial de Soubise en Aliemairne.

elle c

•tait jaune

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