‹ Les guerres sous Louis XV (volume 4)Chapitre 33 sur 299 · Royal-Bavière · texte numérisé non relu

Royal-Bavière

Ceux levés avant la paix des Pyrénées, par dée.sion roya e du .^0 mars 1«:0, conservés à la paix d'Ulrechl [1 sep ten.bre 1,1'.), '1 éonsidérés comme vieilles Iroupes formant tête de brigade en temps de guerre, subissent moins de réformes à la pa.x. Ces br,- Jades, décÔmposéeseu 2 régiments des gardes, Oilrançais, 8 smsses.

ri allemands, o irlandais, 2 wallons, \ catalan, l piémontais, 22 étrangers. Les régiments français n'ont pas tous le même nombre de B.; il y en a de 15 compagnies, dont 1 de grenadiers (celle compagnie, de 45 hommes) ; les Suisses sont a 12 compagnies de 200 hommes.

Au commencement du dix-huitième siècle, les régiments reçoivent une organisation régulière. Picardie, Champagne, Navarre et Piémont sont considérés comme les modèles des autres pour la discipline et la bravoure. Chacun avait ses traditions glorieuses et ses actions d'éclat, et prétendait tirer son origine des anciennes bandes du seizième siècle, aussi bien que les vieux corps. En dehors de ces corps, beaucoup jouissaient de privilèges. L'armée se composait donc de régiments royaux, de ceux des princes, des gentilshommes et des provinces; les uns avaient la particularité d'être pourvus d'un grand état-major, de prévôté (1) ; les autres étaient fournis de l'ustensile (2).

Jouissent de la prévôté et de la pension de 600 livres au lieutenant-colonel, 500 au premier capitaine et 400 aux quatre autres : Picardie, Champagne, Navarre, Piémont, Normandie, la Marine, Auvergne, Leuville, Bourbonnois, Tallard, Marsan, le Roi, Royal, Lyonnais, Dauphin, Anjou, la Reine, Royal-Vaisseaux, la Couronne.

Prévôté seulement : Eu, Orléans, Artois, Alsace, Condé, Bourbon, Beauvoisis, Toulouse, la Marche, Quercy.

Les drapeaux colonels sont blancs, avec la croix blanche qui les partage en quatre, tous llollanls sans franges (3). La tenue n'a presque pas subi de changements. Les gardes françaises, Royal- Arlillerie et Royal-Bombardiers, corps hors ligne, ont l'habit bleu de roi; les aiilres régiments français, l'habit blanc; les Suisses et les Irlandais se distinguent par l'habit rouge garance, les régiments étrangers, par l'habit bleu turquin. Un seul fit exception à celte règle : Royal-Italien avait Thabil brun.

(1) Voir cliapitre xi.

(2) A'^oir cliapitre xi.

(3) Ces drapeaux colonels ne portaient aucun ornement, excepté dans les gardes françaises, Navarre, le Roi, la Couronne, Dauphin, la Reine, Bretagne, Bourgogne, Toulouse, et dans les régiments suisses, irlandais et allemands.

Les drapeaux d'ordonnance, drapeaux particuliers de ciiaque régiment, étaient de couleurs différentes pour ciiacun. Il y en eut d'abord un par compagnie, puis un par B. Les gardes françaises et suisses, seules, continuèrent à porter par compagnie un drapeau de couleur, dit d'ordonnance.

INFANTERIE (1710-1774). r,3

Les Ironpes étrangères furent toujours soumises à la môme organisation et à la même discipline que les troupes nationales.

Le dangereux service des grenades à main est supprimé, et les grenadiers, changeant de rôle, deviennent soldats d'élite, éclaireurs, tirailleurs de l'infanterie. Le fusil est adopté avec sa baïonnette à douille ajustée, une cartouchière avec 20 balles, une poire à poudre d'amorce avec cordon en bandoulière de la gauche à la droite. Les officiers et sergents de grenadiers sont armés de fusils.

1716. — Ordonnance du 28 février interdisant aux particuliers tout achat d'habillements de soldats.

8 avril. Suppression de compagnies dans les régiments, réductions, et décision de ne plus entretenir ni majors ni aumôniers.

2 juillet. Règlement sur la justice, la désertion, les recrues et milices.

Par un de ses premiers actes, le conseil des finances emprunte dix millions pour payer l'arriéré de la solde.

Le régent éprouvait le désir d'affermir la paix: car la France se trouvait dans le même isolement que pendant la dernière guerre, n'ayant nulle part des alliés. Il s'efforce d'amener PEspagne à une réconciliation, en attendant l'alliance de l'Angleterre et de la Hollande.

1717. — Le duc de Noailles supprime en partie le dixième, impôt de guerre déclaré temporaire, diminue le chiffre des troupes, pourvoit au payement de celles conservées, supprime un grand nombre de pensions, en respectant toutefois les pensions militaires attachées aux croix de Saint-Louis. Le régent, tout en éprouvant le désir d'affermir la paix, se sentit entraîné à défendre les droits du prétendant, rentré en France après l'entreprise d'Ecosse; mais la retraite volontaire de Jacques III à Avignon mit fm aux protestations élevées par l'Angleterre et appuyées sur une des clauses du traité d'Utrecht, dont George P'" exigeait l'observation, non qu'il redoutât en lui un rival, mais parce qu'il craignait l'agitation des jacobites produite par sa présence.

La courte expédition d'Espagne est commencée le 17 décembre 1717, et terminée à la fin de décembre 1710.

1718. — Le 13, est réduit à 9 compagnies, dont une de grenadiers, l'effectif restant le même.

6 avril. Règlement pour le payement des troupes, qui réalise des améliorations considérables en introduisant des principes fixes

sur la constitution des cadres, en vue du passage du pied de paix au pied de guerre.

Ordonnance sur la marche et les étapes.

Cessation du logement chez l'habitant.

20 décembre, 22 novembre 1720, et l^"" janvier l'Ai. Ordonnances qui règlent l'administration des hôpitaux.

1719. — La conspiration de Cellamare dans le but d'emprisonner le duc d'Orléans, de proclamer la régence de Philippe V, à qui on donnerait le duc du Maine pour lieutenant, devient la cause d'une rupture avec l'Espagne. Le 25 décembre, Philippe V publie un manifeste par lequel il réclame la couronne de France dans 'e cas où Louis XV viendrait à mourir. Comme l'Angleterre avait déclaré la guerre à l'Espagne le 17 décembre, la France fit une déclaration semblable le 6 janvier 1719.

1719. — 15 janvier. Cette guerre fait rappeler les milices; 24,000 hommes sont levés pour former 39 B. à 10 compagnies, chaque B. portant le nom de son commandant. On en revient aux principes de l'appel de 1688. c'est-à-dire que les miliciens forment des corps auxiliaires destinés à remplacer des troupes réglées dans la garde des places du nord, de l'est, de la Rochelle, de Bayonne et de Toulon, en les déplaçant du lieu de leur origine. Elles sont mises sur pied le P'' mars, et leurs officiers commissionnésà cette date; elles étaient engagées seulement pour la campagne.

25 septembre. Prescription pour la construction des casernes. 30 septembre. Édit sur l'ordre de Saint-Louis.

Création de 1719.

Karrer (suisse), premier régiment levé le 15 décembre, licencié le 1" juin 17G3. {V. Halweyl, suisse. Infanterie, ch. iv.)

1720. — 1" janvier. La solde et la masse complète des vieilles troupes sont allouées aux soldats des B. de milice.

2 janvier. Les majors sont rétablis.

Le 26, Philippe V demande la paix, en acceptant les conditions de la quadruple alliance.

L'effectif reste fixé à 120 régiments, avec des différences dans leurs rangs.

Le ^1 juin, 39 B. réformés elles soldats valides sont incorporés dans les 5 B. de Royal-Artillerie, Thorigny, Raganne, Pijart, Romilley etCertement.

20 juillet (sous la signature du régent). Instruction pour les écoles des 5 B. du régiment de Royal-Artillerie. Établissement nouveau qui porte incorporation du régiment des Bombardiers et de toutes les compagnies détachées de canonniers et de mineurs, afin de faire apprendre aux officiers les parties de la fortification et la conduite des sapes et des mines. Les troupes d'artillerie reçoivent une organisation plus conforme à leur destination.

Création de 1720.

lloyal-ïerrasse, forint' !e 10 juin 1720 avec tous les jounes seigneurs qui sont près (lu roi. 11 est divisé en 4 compagnies montant et descendant la garde tous les jours, après l'étude de S. M. sur la terrasse des Tuileries. Chaque compagnie a son capitaine, lieutenant, enseigne, sergent et caporal. Ces compagnies furent J>ientot dissoutes.

I72i. — 2 mars. Règlement sur les commandements et les mouvements alors en usage (infanterie).

Le régent, malgré l'ordonnance du 26 juillet 1601, rétablit le 1 1 mai, pour le duc de Chartres son fils, la charge de colonel général de l'infanterie française et étrangère; mais quand le duc se retira en 1730 à l'abbaye de Sainte-Geneviève, il ne fut pas remplacé.

Pendant ces neuf années, les chefs de corps cessent de s'appeler colonels et reprennent l'ancienne dénomination de mestres de camp; les enseignes blanches dans chaque régiment sont appelées enseignes de la compagnie colonelle générale.

21 octobre. Le régent autorise la Compagnie des Indes à entre tenir un corps de troupes pour la protection de ses comptoirs dans la presqu'île du Gange, aux lies Mascareignes, sur les côtes de Guinée ■et de Barbarie, avec leurs dépôts à Lorient.

1722. — 20 février. Les commissaires des guerres doivent passer une fois par mois la revue des troupes.

L'uniforme de l'artillerie est ainsi changé : justaucorps bleu, doublé d'écarlate; parements, veste, culotte et bas écarlates; boutons en métal doré; les officiers portent en outre des boutonnières d'or, et les bas officiers en laine aurore.

172;). — Louis XV est conduit à Versailles pour y attendre sa

majorité légale, déclarée le 19 février, jour où il entre dans sa quatorzième année.

2 décembre. Mort du régent, remplacé par le duc de Bourbon.

1724. — On recommence, dans l'intérieur du royaume, à opprimer les calvinistes. Il y eut des violences, de? abus, et il y en aurait eu davantage si la loi de 1724 eût été exécutée comme celle de 1685.

1725. — 27 mai. Mariage du roi avec Marie Leczinska. Ordonnance du 20 novembre, qui dispense de toutes retenues

les pensions militaires au-dessous de 600 livres.

1726. — Création des troupes provinciales.

On est menacé d'une conflagration générale par suite du renvoi de l'infante.

Il y avait alors sur pied 182 B. d'infanterie, 150 E. de cavalerie et 45 de dragons, 140 compagnies d'invalides et des compagnies franches : en tout, y compris la maison du roi, 160,000 hommes.

Au cas 011 l'Espagne eût été soutenue par Charles VI, on jugeait nécessaire la création de six armées : une de 50,000 hommes et une autre de 30,000 pour la défense de la ligne du Rhin; l'armée de Koussillon, o5,000 hommes; celle de Sardaigne, H5,000, pour soutenir Victor-Amédée, ou pour le combattre s'il se déclarait contre nous; l'armée de la Meuse, 10,000 hommes, pour surveiller Mons; l'armée des Alpes, 25,000 hommes plus 80,000 hommes, absolument indispensables à la garde des places. Pour atteindre cet effectif, une levée de milices devenait nécessaire; alors parull'oi'djnnance du 25 février 1726, qui créa 93 B. de 12 compagnies chacune.

Le 11 juin, le roi règne seul ; lors de l'exil du duc de Bourbon, le 27 septembre, les maréchaux Tallard, d'Huxelles et Villars font partie du conseil.

1727. — 13 juillet. On est obligé de supprimer l'ordonnance du 6 avril 1718 et de rétablir le service des étapes, en faisant fournir, comme par le passé, pain, viande et vin, les soldats éprou vaut trop de difficultés à vivre.

Fleury avait été assez habile pour faire signer les préliminaires de paix; cependant elle n'était pas encore conclue entre l'Angleterre et l'Espagne.

1728. — Un congrès se réunit à Soissons le 24 juin.

1729. — Les Espagnols réclament la restitution de Gibraltar.

Elisabeth Farnèse pose comme condilioii de paix que les puissances lui reconnaitronl le droit de faire occuper les États de Parme et de Florence par des garnisons espagnoles, et le 29 novembre est signé à Séville un traité entre la France, l'Angleterre et l'Espagne. Naissance du dauphin, M septembre.

1730. — Au mois d'octobre, les deux jeunes seigneurs de Gesvres et d'Épernon complotent contre le cardinal de Fleury, qu'ils accusent d'avoir signé à Séville un traité contraire aux intérêts de la France. Le ministre traite cette conspiration comme un jeu d'enfants.

1731. — 10 janvier. Mort d'Antoine Farnèse, duc de Parme. Les Autrichiens occupent immédiatement le duché, fief impérial. L'Angleterre offre de reconnaître la pragmatique, à condition que l'Autriche admette en Italie 6,000 hommes de garnison. L'Empereur, satisfait de ce résultat, signe le traité le 16 mars, à Vienne. C'est alors que don Carlos débarque à Livourne.

173:2. — Le 11 janvier, la Saxe, la Bavière et l'électeur palatin protestent contre les décisions de la diète de Ratisbonne garantissant la pragmatique. Aussitôt Villars conseille de porter rapidement une armée sur le Rhin, représentant que le moindre acte de vigueur déciderait les ennemis à se déclarer. L'Empereur profite de ces retards pour influencer la Sardaigne, la Pologne, le Danemark, et pour se rapprocher de la Russie.

Création de 173'>.

10 novembre. Soumeftauts mi Somalènes. régiment à 2 B. (Voir Troupes légères, ch. V.)

1733. — La France et l'Autriche s'observaient, quand, le 1" février, mourut Auguste IL Aussitôt Louis XV envoie une déclaration à toutes les cours, les avertissant qu'il s'engageait à défendre l'indépendance de la Pologne et les droits de son beau-père. Villars conseille de déclarer la guerre à l'Autriche, de prendre l'initiative en Italie, tout en comptant sur le secours de l'Espagne et de la Sardaigne; mais le nouvel électeur de Saxe traitait avec l'Empereur et les Impériaux entraient en Pologne. De son côté, sans perdre de temps, Stanislas quittait Chambord et arrivait déguisé à Varsovie.

Le 12 septembre, deux concurrents se trouvaient en présence

l'ancien roi, Stanislas Leczinski, et Auguste III, électeur de Saxe. Deux partis se présentaient également : appuyer Stanislas, ou faire accepter Auguste lit aux Polonais, en leur garantissant leurs libertés nationales. Suivre le premier parti, c'était la guerre. Plus politique et plus sage était le second. Chauvelin fut seul (1) à le soutenir, et Yillars, chef du parti de la guerre, l'emporta. La France avait formé deux armées, l'une sur le Rhin (Berwick), l'autre sur les Alpes (Villars). Le 18 novembre 17.38, ouverture de la guerre de la succession de Pologne.

30 nouveaux B. de milice sont formés par ordonnance du 12 novembre.

Le nombre des B. se trouve ainsi porté à 1:23 de 680 hommes, réduits bientôt de 11 à 6 compagnies de 100 hommes chacune, l'ensemble formant 78,000 hommes.

1734. — Notre armée, unie aux troupes de la Sardaigne, marche de succès en succès, et au mois de mars nous occupions Milan et Tortone. Il n'en était pas de même en Pologne; les Russes entrèrent dans Dantzigle 7 juillet, après avoir forcé nos troupes à capituler. Les événements se présentèrent mieux en Allemagne, malgré la mort de Berwick k Philippsburg.

Création de 1734.

f'^juin. — Travers (grison). (Voir Salis Marschliii , w" 87. Infanterie étrangère,

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