‹ Les gueux de Beranger drame en cinq actes, mele de chantChapitre 105 sur 108 · ACTE Y · texte numérisé non relu

ACTE Y

lui

VINCENT

Alors, moi, je m’en vas. (fausse sonie.)

Ah! c’en est trop je n’y liens plus... traiter ainsi ce pauvre garçon... lorsque d’un mol on pourrait...

BRIFFADT.

Clématite!...

CLÉMATITE

Oh! n’y a pas, n’y a pas, vous avez beau faire des signes,

je parlerai... (Mouvement de surprise, elle passe au milieu.)

BRIFFAUT, à part.

La voilà partie.

CLÉMATITE

Tant pis pour le père Vincent, mais je ne peux pas le voir accuser son fils, quand c’est lui-même qui est la cause seule de ce qui arrive.

VINCENT

Moi?

CLÉMATITE

Oui, VOUS avez donc perdu la mémoire?

VINCENT

Hein? que veut-elle dire?

CLÉMATITE

Ne faites donc pas tant le méchant, votre fils est un honnête homme, tandis que...

Tandis que?...

LUCIEN

Clématite, de grâce.

CLÉMATITE

Eh bien ! on n’en pourrait peut-être pas dire autant de celui qui a fouillé dans la caisse de monsieur Beauval, quand il était son garçon de caisse.

VINCENT, avec douleur.

Oh ! quel souvenir ! (n tombe accablé.)

LEFEBVRE, à Vincent.

Eh bien?

CLÉMATITE

Eh bien ! le papier qu'il a signé. (Elle montre Vincent.) et où il reconnaît son crime, ce papier, c est pour le ravoir, c’est pour éviter le déshonneur à son père, que le pauvre jeune homme se laisse accuser, et qu’il se sacrifie; ah! voilà, at

trappe. (Elle retourne près de BrifEaut.)

OLIVIER

Quelle révélation ! U serre en silence la main de Lucien.

POULLOPOT, è part.

Comment, ce père Vincent, serait un vieux Carlouche? MARASQUIN.

Quel gueux de brave homme !

LKS GUEUX DE UÉUANGEH.

BRIFFXUr.

Eh! cet écrit n’est pas de lui, on l’a calomnié, j’en mettrais ma main au feu.

VINCENT, assis.

Si, il est bien de moi..,(MouŸemcnide rdpulsion.— Tristement et comme il lui-même.) Il y a dix ans de çi, j’étais garçon de caisse chez monsieur de Beauval... Le caissier étant tombé malade, on me confia ses clés : un ami à moi, un ami !... vint alors me demander un service... il était perdu, disail-il, s’il n’acquittait, le jour même, une dette d’honneur; la«omme dont il avait besoin, il jurait de me la rendre le lendeinain, et j’eus la faiblesse impardonnable de céder à ses larmes, a son désespoir, de prêter ce qui ne m’appartenait pas. Le lendemain, le malheureux avait joué et s’était brûlé la cervelle.

LUCIEN

Continuez, continuez.

VINCENT

J^avouai tout à mon patron, il ne voulut pas me croire! i Cependant il consentit à ne pas me dénoncer, mais il exigea de moi ce titre qui m’accuse, pour être certain, disait-il, que je travaillerais à m’acquitter; je partis, j’acceptai ma part de dangers dans une entreprise lointaine, périlleuse, mais luciaiive; chaque année, .favorisé parle sort, j’envoyais des à-comptes; enfin, quand je revins en Erance, je n’avais plus rien, mais j’avais tout payé, j’avais racheté ma faute, et je pouvais, sans rougir, embrasser mon enfant, (n so lève.)

LUCIEN. '

Ah! mon père, que je suis heurouxl (ii embrasse son père .)

OLIVIER, passant auprès de Vincent.

Mais cet écrit, vous no l’avez donc pas réclamé?

VINCENT

Est-ce que j’y ai pensé seulement? moi un pauvre homme tout simple; je regardais monsieur de Beauval comme mon sauveur; pouvais-je supposer que pour servir ses projets, il ferait de ce titre- une arme contre moi, et qu’un jour... là... devant mes amis... devant mon enfant... on viendrait... medire... que moi... je., j’ai... (Pleurant.) Ah! c’est un fier gredin ! (n s’assied et pleure; tous, excepté Briffant, rerilourcnl, cl «cmblent lui demander pardon do l’avoir accusé, Clématite est à genoux près de lui, et lui tient la main; il l'embrasse sur le front )

BRIFFAUT, à pari.

Oh I à ce trait seul, je l’aurais reconnu.

POULLOPOT.

Ah! si jamais je le rencontre!... (ii montre sou sabre.)

CLEMATITE

S’il était là, je le chiffonnerais.

„ . . marasquin.

Et moi, je l’cscorbouillerais.

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