‹ Les gueux de Beranger drame en cinq actes, mele de chantChapitre 106 sur 108 · LES MÊMES, BEAUVAL · texte numérisé non relu

LES MÊMES, BEAUVAL

BEAUVAL, entrant, à Lefèvre.

Vous in'’av. z donné rendez-vous ici, mon cher mallre, me voici, de quoi s’agit-il?

BRIFFAUT, écoutant.

Cette voix... Oh! c’est bien lui!

BEAUVAL, apercevant Lucien.

Vous ici Lucien? (.a part.) Au milieu de tous ses anciens amis.

Moi aussi, je suis là, monsieur de Beauval. (ii se place devant

lui les bras croisés.)

BEAUVAL

Que sjgniüe?

VINCENT

Ça signiBe, que je croyais vous devoir de la reconnaissance, et que je vous dis : vous n’ôles qu’un misérable. (Lucien et Lefebvre le.contienncnt.)

BEAUVAL

Monsieur Vincent !... (ALefebvre.) Ah ! ça, mais mon cher notaire, m’expliquerez-vous celte avanie? est-ce pour cela que vous m’avez fait appeler? est-ce un guet-à-pens? cela ne serait pas précisément digne du caractère dont vous êtes revêtu.

LEFEBVRE

Monsieur, c’est malgré moi que la colère bien légitime de monsieur Vincent a éclaté; quant à la dignité de ma protession, permettez-moi de ne point la croire compromise... Loin de là : notaire de monsieur Vincent, chargé aussi des

* Mar.‘iiM|uin, Poullopot, (hématite, Liicii n, Vincent, Lefebvre, Beauval, Brifl'aut, Olivier.

intérêts de votre pupille, je vous ai fait venir ici, après avoir retardé le mariage de votre nièce...

CLétf&TlTB.

Tiens, il n’est pas marié.

LEFEBVBB, continuant.

Car je voulais savoir qui de vous ou de lui (ü montre Vin- •em.) ment, qui de vous deux est un malhonnête homme.

VINCENT

Osez donc dire que je ne vous ai pas payé! Oh! je trouverai bien le moyen de le prouver, et on me croira ; il y a une justice pour les honnêtes gens.

BEAUVAL

Croira-t-on aussi, modèle d’honneur et de probité, que VOUS n’avez pas été un dépositaire infidèle? (il montre te üire.)

OLIVIBB, bas & Briffiaut.

11 a le titre.

BRIFFADT, de môme.

Il a le titre, c’est bon à savoir ! conduisez-moi.

OLIVIER

Que voulez -vous faire?

. BRIFFADT.

Silence. (Olivier le conduit près de Beauval.) ACCUSé par mOOSieUF de Beauval, oui, on croira cela; mais accusé par Morisset...

(Il lui frappe sur l’épaule.)

BEAUVAL, frissonnant, à part.

Morissetl... (ii regarde Bnffaut.) Encore, maudit aveugle! (Haut.) Je ne vous connais pas, je ne sais ce que vous voulez dire.

BRIFFADT.

Affirmez donc devant tous que vous n’êtes pas Morisset; vous ne me connaissez pas, dites-vous, nous sommes pourtant de vieilles connaissances : vous n’avez pu oublier que, pour m’arracher un héritage légitime, ma seule fortune, vous n’avez pas craint de commettre un faux, qui plus tard vous a obligé à fuir, pour échapper à la justice de votre pays; si vous l’aviez oublié, moi, jeté par vous Sur le pavé, avec ma famille, qui est morte de misère, moi, que la révolution morale causée par de tels malheurs, a subitement frappé de cécité, je ne l’ai pas oublié, et aujourd’hui, que, grâce à la

science... (Il serre la main d’OUvier avec une intention marquée.) j’ai recouvré la vue...

TOUS

Que dit-il î (OUvler exprime qu’il a compris Briffant et fait signe à tout le monde de se tmre.)

BRIFFADT.

Je vous regarde, je vous vois, et je reconnais en vous Morisset le faussaire, Morisset le contumace de la cour d’assises, rentré en France sous un faux nom.

beauval, h part.

Malheur !

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