‹ Les gueux de Beranger drame en cinq actes, mele de chantChapitre 38 sur 108 · I.E DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

I.E DOMESTIQUE

Si, Monsieur, Olivier et mademoiselle Clématite...

VINCBN.T.

Eux... ici... ah! fichtre... dites qu’il n’y a personne... (Fausse sortie du domestique.) Si, attendez! (11 rallume son cigare, prend une pose étudiée sur le canapé.) Là... j’y SUiS-.. faites entrer... ( Le domestique sort.) Au fait, je ne suis pas fier, moi, et pendant que Lucien est sorti, je ne vois pas pourquoi je ne leur dirai pas un mol à ces braves gueux. (OUvier et clémentine entrent.)

CLÉMATITE

Quelle enfilade de pièces!... on s’y perd... (Regardant l’appartement.) Ah ! bien merci! quel luxe !... pus qu’ça de Louvre ! ah! ça, où est-il donc le père Vincent?

VlNCEiVT, froissé, à part.

Père Vincent!

OLIVIER

Eh, le voilà 1... (Il court à Vincent, et lui tend la main.) Comment allez-vous, père Vincent?

VINCENT, à part.

Encore. (Haut.) Merci... merci... (Olivier reste la main tendue et regarde Vincent avec surprise.)

CLÉMATITE, derrière le canapé.

Tiens! ah! Dieu... vous avez l’air d’un pacha... vous ôtes enterré jusqu’aux oreilles... il ne vous manque plus qu’un palanquin... où donc qu’est votre palanquin ?

OLIVIER

Mademoiselle Valenline est en route avec le père Briffaul, nous sommes accourus devant, mademoiselle Clématite et moi, nous étions si impatients de vous voir, ainsi que notre ami Lucien.

VINCENT

Merci, merci...

CLÉMATITE

Mâtin !... vous êtes un peu bien logé... c’est mieux que chez nous.

VINCENT

Ah! dam, vous n’ôles pas dans notre position... assoyezvous donc dans tous ces fauteuils qui sont là-bas.

CLÉMATITE, laissant tomber dans un fauteuil.

Ouf! ah! comme on enfonce là dedans!

VINCENT

Mais oui, c’est assez moelleux... ça vaut mieux que des chaises de paille... n’esl-ce pas? proinenoz-vous un peu dans mes appartements... si vous voulez voir. (Olivier observe Vincent )

* r.léinalite, Olivier, Vincent.

CLÉMATITE

Nous verrons ça loul à l’heure, nous avons déjà vu un peu.

(Elle se lève.)

VINCENT

C’est assez joli, n’est-ce pas?... (Tirant son étui à cigares 61 l’ctalant avec affectation, à Olivier.) Voulez- VOUS un cigare? c’eSt tOUl CC

i qu’il y a de plus cher... des vrais-z-liavannes... oh ! prenez, ne vous gênez pas... ça vaut mieux que les marseillais d’un sou que vous fumez... en voulez-vous? oh ! 'moi j’en ai de trop, c’est de bon cœur.

OLIVIER, froidement.

Merci.

CLÉiiATlTE,

Ah ça, mais dites donc, vous ôtes devenu bien sucré... vous en fumiez très-bien des marseillais et même des pipes, père Vincent.

VINCENT, avec humeur.

Père Vincent, père Vincent... Saint-Vincent, si ça vous est égal..

CLÉMATITE

Saint-Vincent? est-ce que c’est votre fêle? (Amenant olivier sur le devant, bas.) * Dites donc, il ui’a l’air de se donner un fameux genre avec nous.

OLIVIER, remuant la tète.

Oh ! ( 11 fait claquer sa langue au palais.)

CLÉMATITE, même jeu.

Oh!

OLIVIER, avec impatience.

OÙ est Lucien?

CLÉMATITE, derrière le canapé-

Oui, au fait.

VINCENT

Lucien?

OLIVIER

Pourquoi n’est-il pas là pour nous recevoir ?

CLÉMATITE

Oui, au Heu qu’on nous fasse faire antichambre.

VINCENT, se levant et prenant une attitude.

Mon cher Monsieur... voyez-vous... il y a des circonstances... dans le monde... pour ce qui est de moi, ça n’y fait rien, parce que Dieu merci je ne suis pas fier, d’autant plus que d’autant... (clématite lui prend familièrement le bras; il se dégage.)** enfin, mais vous comprenez les relations sociables... il vaut mieux se dire franchement les choses, c’est pour ça que j’ai préféré vous donner cette franche et claire explication... (A part.) décidément je ne peux plus tenir dans mes souliers.

’ Olivier, Vincent, Clématite.

** Vincent, Olivier, Clémalile,

actp: 11.

OLIVIEB.

Très-bien !

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