‹ Les gueux de Beranger drame en cinq actes, mele de chantChapitre 56 sur 108 · VINCENT, LEFEBVRE · texte numérisé non relu

VINCENT, LEFEBVRE

LEFEBVKB, entrant par la gauche.

Bonjour, monsieur Vincent... Vousvoyez, exact au rendezyous... roRlS où donc est la fiancée?... (Vincent le débarrasse de son chapeau et du rouleau qu’il lient à la main, et pose le tout sur la table.)

VINCENT

Elle va venir, elle était là tout à l’beure... les enfants, ça joue, ça rit, ça n est jamais en place ! Ah ! la jeunesse! et ça songe a entrer en ménage I... c’est comme qui dirait des oiseaux qui voudraient se fourrer dans une cage... enfin !

LEFEBVRE

Le monde est ainsi fait, mon cher monsieur, et ce n’est ni vous ni moi qui le changerons... Voyons, mettons à profit le rés^uT sommes seuls... ce mariage est donc bien

VINCENT

Dam! puisque les enfants le veulent!

LEFEBVRE

C est sans la moindre amertume, sans le moindre regret, que M. votre fils renonce à la donation de Mme de Ransberg. pour epouser une pauvre ouvrière, une inconnue ?...

VINCENT

Comment, une inconnue!... Valenline n’est pas une inconnue pour nous.

LEFEBVRE

Quoi, vous savez..

VINCENT

Je sais que C est un brave cœur, une fille laborieuse etdéyouée, dont le bon caractère, dont les excellents principes ne se sont jamais démentis un seul moment; je sais que, depuis qii elle est venue parmi nous, c’est la perle et le modèle des jeunes niies ; enfin, je sais que nous l’apprécions et que nous 1 aimons tous : qu ai-je besoin d’en savoir davantage?...

LEFEBVRE

A Dieu ne plaise que je conteste en quoi que ce soit, les belles et bonnes qualités de Mlle Valentine, ni la justice que vous lui rendez; mais vous ne pouvez trouver mauvais que je questionne, que j’interroge, c’est un peu dans les devoirs do ma proiession ; nous autres notaires nous avons le droit de remontrance, nous eu usons dans l’intérêt de nos clients, voua tout... Maintenant que je sais à mon tour ce que je voulais savoir, cest-à dire que M. Lucien aime Mlle Valenline,

pour elle, pour elle seule, qu’il lui sacrifie, non pas seulement des espérances de fortune, mais une donation bien réelle, il ne me reste aucune objection à faire: voici le contrat, je n’attends plus que la signature, (ii va à latahie.)

VINCENT, le suivant.*

Ça ne sera pas plus long à donner que le contrat n’a été long à rédiger; je donne la petite maison que voici aux enfants, je n’ai que ça... Ils me nourriront, ils auront soin de leur vieux papa Vincent; mais comme ça n’est pas moi qu’il s’agit de marier, ma présence toute seule ne sulfit pas, je vais les chercher. (Valemine entre tenant !k la main l’habit de Poullopot, qu'eUe pose sur une ciiaise.) Tencz ! v’ià déjà la fiancée, l’autre n’est pas loin... (Il embrasse Valentine.) Je VaiS VOUS famencr.,. (Il sort par la droite.

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