SCÈNE VI
LES MÊMES, VINCENT, BRIFFAUT, LUCIEN, OLIVIER, CLÉ- MATITE, JEUNES GENS et jeunes FILLES, rentrant parla droite, puis POULLOPOT.
VINCENT
Comment, vous vous en allez, monsieur le notaire?
TOUS
Comment? comment?
LEFEBVRE
. Oui, mes amis... je me suis aperçu qu’une irrégularité s'était glissée dans le contrat, une formalité oubliée. Oh ! ce n’est rien.
VINCENT
Eh I bien !... nous signerons demain ; mais ça ne vous empêche pas de dîner avec nous.
LEFEBVRE
Merci, merci...
V1NCF.NT.
Vous me l'aviez promis.
LEFEBVRE
Oui, mais je me rappelle que j’ai un rendez-vous... allons... à bientôt... à bientôt... (Il sort par la gaucho.)
MARASQUIN
Ça fait toujours une bouche de moins.
OLIVIER
Vite, dressons la table.
TOUS
Oui... oui... (On met au milieu du théâtre la table placée au bas de l'escalier.)
CLÉMATITE, à la porte de gauche, Poullopot entre.
Tiens, voilà M. Poullopot.
TOUS
Eh ! bien ?...
POULLOPOT.
Oh! mes ami§, mes bons amis, quel guignonl quelle tuile I quelle ardoise!
TOUS
Qu’a-t-il donc?
POULLOPOT.
Ce qu’il y a? il n’y a rien, voilà ce qu’il y a ; il est venu
hier une société de pédicures faire un repas de corps; ils ont tout dévoré, ils ont jeté la famine dans le pays.
TOUS, d’un air de doute.
Oh! oh!
CLÉMATITE
r.’est une craque !
HAHASQUiri.
C’est une affreuse blague.
J’ai la preuve de ce que j’avance... (Tirant les objets suivants de ses poches.) Voici les seuls aliments échappés à la voraciié de ces antropophages... un hareng-saur et un radis noir... (Nouveaux
murmures.)
MARASQUI».
J’aime autant le pain d’araonition et la ratatouille de la caserne.
CLÉ.MAT1TE
M. Poullopot, tout est rompu entre nous.
POULLOPOT.
Qu’entends-je, ô Clématite?... ne partagez pas mon hareng, je veux bien... mais au moins, partagez mon sort.
CLBMATITB.
Je vous méprise.
TOUS
Oui, oui... c’est un pingre... un cancre... un avare... à la porte... à la porte...
rOUI.LOPOT, criant plus fort.
Mes amis, ne me condamnez pas sans m’entendre... (a part.) Si je sais ce que je leur dirai, par exeniple !...