‹ Les gueux de Beranger drame en cinq actes, mele de chantChapitre 7 sur 108 · TOUTES LES DEUX · texte numérisé non relu

TOUTES LES DEUX

Entrez ! entrez !

(Elles sesauvent toutes deux par la porte de gauche.)

SetNE II.

LUCIEN, OLIVIER. (Olivier ouvre la porte et regarde oit sont les jeunes

filles.)

LUCIEN parait, parlant à la cantonade.

Oui , mon bon père, c’est ça, allez faire votre visite à M. de Beauval , et revenez promptement avec nous. (Tous deux entrent

en scène.)

OLIVIER

11 est bien bon , ton père , d’aller chaque fois qu’il vient à Paris , faire sa visite à ce M. de Beauval, qui ne le reçoit jamais.

LUCIEN,

Que veux -tu! il croit que c’est son devoir; il fait dire par le valet de chambre qu’il est venu, cl cela-lui suflit; il parait que M. de Beauval lui a rendu un service autrefois, et mon père lui en garde reconnaissance.

Ol.iVlER.

De l’argent qu’il lui a prêté, peul-êlre , pour le tirer d’embarras... pour payer ses dettes, (riant) c’est un ancien farceur ton père , il a fait des siennes dans son temps.

LUCIEN

^ Oui, il paraît qu’il a eu une jeunesse un peu orageuse, mais JC lui ai fait de la morale ; il s’est corrigé, il a oublié tout le passé, excepté son affection pourM. de Beauval.

OLIVIER

Bien que M. de Beauval t’ait mis à la porte , sous prétexte

qu-’en faisant le portrait de sa nièce et pupille, tu étais devenu amoureux du modèle.

LUCIEN

Je no sais où M. de Beauval a vu ça, enûn il m’a éconduit... mais occupons-nous do cos demoiselles. (Allant à la porte de gauche.) Boiijour, mademoiselle Valentine.

OLIVIEIt, même jeu.

Bonjour, mademoiselle Valentino.

CLéMATlTE, en dehors.

Eh bien, et moi, malhonnêtes?

TOCS DEUX.

Bonjour, charmante Clématite.

CLÉMATITE

C’est bien heureux!...

VALENTIXE.

Nous sommes à vous dans un instant,

CLÉMATITE

Le temps de croiser un fichu sur nos épaules.

OLIVIEIt.

Ohl... c^esl dommage, vous avez tort.

Je vous préviens que je ne comprends pas. *

LUCIEN , arrangeant sa cravate devant le n.iroir de la cbeminée.

Je suis sûr que tu auras fait rougir Valcntiiie.

OLIVIER , près de la table.

Oh !... j’en serais fâché.

LUCIEN

Un ange!

OLIVIER

Quel trésor pour un mari !...

- LUCIEN, avec feu.

Tu crois?

OLIVIER

Et toi, cher ami?

LUCIEN, s’animant.

Celui qui dirait le contraire!...

OLIVIER, de môme.

Oh! je crois que je lui chercherais dispute.

LUCIEN

Tu me ravis.

OLIVIER

Tu m’enchantes! (Us s’approchent vivement l’un de l’autre. Ensemble, ™““'ciicmcnt.) Alors apprends donc qu’uujourd’hui

Alors apprends qu’hier...

OLIVIER

Je vais lui offrir...

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