‹ Les gueux de Beranger drame en cinq actes, mele de chantChapitre 71 sur 108 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

BEAUVAL

Puisque vous m’y forcez je vais vous le dire ; il jouit de l’estime générale, il marche le front haut; eh bien 1 si cet homme s’était autrefois déshonoré ?

LÜCIKS, vivement.

Monsieur...

BEAUVAL

S’il avait commis un de ces actes que la loi punit d’une peine infamanle?

LUCIEN, avec emportement.

Celui qui dit cela en a menti... et vous qui le répétez... sortez, monsieur, sortez de la maison de l’honnête homme, (iiva

à la porte de gauche qu’il ouvre avec violence et fait signe à Beauval de sortir.)

BEAUVAL

Du calme, monsieur, du calme.... (h a «ré un papier de son por- ^ tefeuilie.) VOUS Connaissez l’écriture de votre père ? lisez.

LUCIEN, prenant le papier. •

La main me tremble... (Après avoir lu. — Avec égarement .) M is Cfi n’est pas possible... et pourtant, c’est bien son écriture, sa signature!... (Rendant le papier à Beauval.) Ah! malheurcux ! malheureux ! que faire ? (n tombe sur la chaise et se couvre les yeux avec douleur.)

BEAUVAL

Le sauver... et vous sauver vous-même... renoncez à cette folie... à ce sot mariage gue vous voulez contracter... Cette arme terrible, dont il ne lient qu’à moi de faire us;ige, brisezla en devenant mon allié, presque mon fils... alors, vous n’aurez plus rien à craindre ; déshonore-i-on sa famille?...

LUCIEN, avec douleur.

O Valcntine! Valentine I...

BEAUVAL

Ain : Je «uif soldat.

Rendez, la vie à ma nièce, à ma Olle,

Et je détruis cet acte accusateur,

Puisqu’à l’honneur Je rends voire famille,

A ma famille ap])orlcx le bonheur;

Parlez, parlez, c’est au nom de l’honneur!

LUCIEN, avec douleur.

Ah ! du moins que mon père ignore toujours qu’il a à rougir devant moi !...

■ BEAUVAL

Je vous le promets...

LUCIEN, môme air.

Je verrais donc sa vieillesse flétrie !...

Ah ! j’en frémis de honte et de douleur!, .(

M’hésitons pas... moi qui lui dois la vie.

Pour m'acquitter, je lui rendrai l’Iionneur.

(A Beauval, avec désespoir.)

Prenez, Monsieur, prenez tout mon bonlieur!...

(Clématite reparaît sur la galerie.)

■ Lucien, Beauval.

IiEAUVAL, il Lucien.

Ainsi, demain à mon hôtel...

LUCIEN, absorbé.

Oui... oui...

CLÉMATITE

Il a dit oui...

BEAUVAL

Songez que ma Clotilde vous attendra... à bientôt.

LUCIEN, toujours distrait.

A bientôt... (Beauval sort.)

CLÉMATITE, descendant.

Ah! les hommes, ils sont tous les mêmes... j’ai envie de lui faire une scène... Non, Valentine serait capable d’avoir une attaque de nerfs, plus tard, plus tard... (Tout le monde sort du gre- Bier et revient en scène.)

LUCIEN, è lui-même.

C’en est donc fait... lâchons de paraître calme, et ce soir encore que je sois seul malheureux. (On entend de nouveau tomber *a pluie.)

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