SCÈNE II
LES MÊMES, POULLOPOT.
POULLOPQT, eatrantsur la fln de son air.*
D’un peu d’amour.
Le troubadour. (Il fait no couac.)
Bien le bonjour.
CLÉMATITE
Oh! monsieur Poullopot... comment pouvez-vous chanter quand nous sommes dans le chagrin?
PODLtOPOT.
Ah! oui, cette pauvre demoiselle Valentine?... Eh bien, comment a-t-elle pris la nouvelle?
DRIFFAOT, assis îi droite préside la table à repasser.
Elle ne sait rien encore.
POULLOPOT.
Moi, je déclare que c’est un procédé dégoûtant, ce n’est pas moi qui ferais ça.
CLÉMATITE
Non, vous vous êtes gêné!
N’en parlons plus, une tocade, pas autre chose... j’ai eu des torts, c’est vrai... mais je les ai oubliés.
BHIFFADT.
Est-il généreux !
POULLOPOT.
C’est mon caractère.
CLÉMATITE
Nous allons voir ça.
POULLOPOT.
Parlez, ô ma belle, qu’est-ce qu’on peut faire pour vous être agréable ?
CLÉMATITE
Le père Briffaut va vous le dire.
BRIFFAUT
Poullopot, prôtez-moi...
POULLOPOT, A part, effrayé.
Ah l'mon Dieu !.
* Clématite, Poullopot, BrifTaut.
BHimCT.
Une oreille attentive.
POULLOPOT, à part.
Je peux lui prêter ça.
BRIFFAOT.
Vous avez beaucoup d’argent, vous.
POULLOPOT.
Moi. (à part.) Allons, bon ça va recommencer. (Haut.) Les temps sont bien durs, papa Briffaut.
CLÉMATITE
Allons donc, vous en avez à remuer à la pelle... de l’argent.
POULLOPOT, à part.
Elle veut dire que c’est l’argent qui manque à l’appel.
CLÉMATITE
M. Poullopot, ne faites pas le pingre; il se présente un troisième moyen de mériter votre pardon.
POULLOPOT, à part.
Je le connais, son troisième moyen ; c’est toujours du pareil au môme.
BRIFFAOT.
Il s’agitdu bonheur de mademoiselle Yalentine !...
POULLOPOT. à part.
Est-ce qu’il voudrait me demander de la doter? (Haut.) Certainement, tout ce que je pourrai faire pour mademoiselle Valentine, je le ferai, mais l’argent ne fait pas le bonheur.
CLÉMATITE
Alors, il ne faut pas y regarder ; écoutez le père Briffaut.
POULLOPOT, A part.
Je ne suis pas à mon aise.
BRIFFAUT, levé.
Vous allez vous introduire dans l’hôtel de M. de Beauval.
POULLOPOT.
Qu’appelez-vous m’introduire?... la nuit?... dans une maison habitée avec effraction?... pour me faire flanquer aux galères?
CLÉMATITE
Eh ! non... franchement, en plein jour, vous chercherez un piétexte.
BRIFFAOT.
Un prétexte ingénieux. . .
POULLOPOT.
Oui, comme par exemple, de dire au concierge : « M. de » Beauval, s'il vous plaît? »
CLÉMATITE
Ça ou autre chose.
BRIFFAUT
Une fois dans la maison, vous vous adresserez au plus ancien domestique. I
„ POULLOPOT. I
Bon, au plus âgé. i
ACTt IV.
BRIFFACT.
Non, à celui qui est le plus anciennement au service de M. de Beauval.
POÜLI.OPOT.
Comme vous voudrez.
BRIFFAUT
Il s’agira alors de le faire jaser et de savoir adroitement de lui si son maître se nomme bien réellement M. de Beauval.
POÜLLOPOT.
Parbleu, ça n’esl pas difficile; je lui dirai : « Est-ce que » votre maître se nomme bien réellement M. de Beauval? »
CLÉMATITE
M. Poullopot, je vous ordonne d’avoir un peu plus d’esprit que ça.
PODLLOPOT.
Mais je ne comprends pas quel rapport peut avoir avec mademoiselle Valentine...
CLÉMATITE
Si vous réussissez, on vous le dii-a et on vous embrassera.
PODLLOrOT.
Parole d’honneur!... oh ! alors, je réussirai, j’ai déjà réussi.
(Il VB pour sortir.)
BRIFFAUT
Attendez donc !
POULLOPOT.
Il y a encore quelque chose ?
BRIFFAUT
Parbleu 1 l’essentiel : ce secret, il faudra le payer, corrompre le vieux serviteur à prix d’argent.
POULLOPOT, à part.
Nous voilà dans les difficultés.
CLÉMATITE
On dirait que vous faites la grimace.
POULLOPOT.
Moi? je vous souris agréablement, voilà tout; (a part.) pas moyen de reculer; (Haut.) amour des amours, votre désintéressement me gagne, mon Dieu! quelques poignées de louis de plus ou de moins, je n’en serai pas plus pauvre; j’ouvre mon cœur et mon porte-monnaie, je sème l’or à pleii es mains... (a part.) pour un litre à douze j’en verrai la farce.
CLÉMATITE
J’entends Valentine dans l’escalier.
BRIFFAUT
Venez, généreux ami, suivez-raoi dans ma chambre, je vous donnerai mes instructions.
Encore une observation P
CLÉMATITE
Vile... vile... qu’elle ne so doute de rien. (Poullopot et Rriffaui sortent; Poullopot so co^ne lo nez dans la porto )
LES GUEUX DE BÉRAxNGER.