SCÈNE IX
CLÉMATITE , puis BRIFFA UT.
Comme elle m'a regardée I j'ai peur.
BRIFFADT, entrant.
Qui donc sort d’ici?
CLÉMATITE
Cette pauvre Valentine qui est dans le désespoir, dans les larmes, M. Lucien est venu.
BRIFFADT.
Et il s’est justifié, n’est ce pas ?
CLÉMATITE
Il a tout avoué, au contraire, c’est un misérable 1
BRIFPAUT.
Lui I... mais Valenline, où va-t-elle ?
CLÉMATITE
Qui sait? avec son caractère romanesque, et puis elle l’ai-
* Clématite, Briffaut.
LES GLEtX DE BÉRANGER.
mail tant... je l’ai vue pleurer, écrire ; ensuite, sans que j’aie le temps de la retenir, elle s’est jetée dans mes bras et s’est enfuie...
BRIFFAOT.
Pauvre enfant!... un tel désespoir... et puis cette lellre... un dernier adieu... peut-être une pensée do suicide.
CLÉMATITE, jetant un cri.
Oh! mon Dieu! que dites-vous?
BRIFFADT.
Cette lettre, qu'en a-t-elle fait? où l’a-t-elle mise?
CLÉMATITE
Là, dans ce nécessaire.
BRIFFAUT
Prenez, prenez donc.
CLÉ.MAT1TE
AtR : VaudevUU des Scythes.
Je n'ose pas, c’est un abus d’conflance,
Nous n’avons pas ce droit...
BRIFFAUT
N’aycz pas peur, c’est un tort, je 1’ prends sur ma conscience,
Car, quelque chos’ me dit, au fond du cœur.
Que nous devons éviter un malheur.
(Avec impatience.)
Hais prenez donc, au nom de notre amie,
El puis après, que l'on nous blâmc.ou non,
Quand nous aurons d’abord sauvé sa vie,
Il sera temps de demander pardon.
CLÉMATITE, qui a pris l’album et l’a parcouru des yeux.
Quel bonheur! d’abord elle ne veut pas se tuer.
BRIFFAUT
Ab !... lisez... lisez.
CLÉMATITE
Et puis, M. Lucien n’est pas coupable.
BRIFFAUT
Quand je le disais, et ne pouvoir lire ça moi-même !
CLÉMATITE
Écoutez! écoutez!... (Eiio ut.) « Ma mère, mon bonheur est » perdu, mais je suis résignée. Je suis fière de mon infor- » lune. Celui que j’accusais d’oubli, d’ingratitude, est digne » de l’estime, de l’admiration de tous. Il se sacrifie pour le » plus saint des devoirs.
BRIFFAUT
Après, après?
* Briffaut, Clématite.