‹ Les gueux de Beranger drame en cinq actes, mele de chantChapitre 96 sur 108 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

LEFEBVRE

Ne VOUS hàlez pas, tout espoir de bonheur n’est peut-être pas perdu. Mademoiselle.

VALENTINE

Tout est bien fini... J’ai tenu ma promesse à monsieur Lucien, en entourant son père de soins et d’affection ; aujourd’hui que monsieur Lucien se marie, aujourd’hui qu’il va lui rendre cet écrit acheté au prix de son bonheur et du mien, le vieillard tendra les bras à son fils, je n’ai donc plus qu’à réaliser le projet qui m’a nécessité, une fois encore, le secours de votre ministère ; vous avez convoqué ici tous ces braves amis qui m’ont tant aimée ?

LEFEBVRE

Oui, Mademoiselle, ils vont venir, que leur dirai-je ?

VALENTINE

Vous leur apprendrez qui je suis, et vous les forcerez, vous entendez? vous les forcerez à accepter les souvenirs que je laisse à chacun d’eux.

LEFEBVRE

Mais s’ils refusent?

VALENTINE

Vous leur direz qu’un refus me serait bien douloureux, que peut-ê;re, ce serait me frapper d’un dernier coup... et par amitié, par égard, pour moi, ils accepteront.

LEFEBVRE

Et s’ils demandent à vous voir ?

VALENTINE

Vous leur affirmerez que je suis partie; par celte porte entr ouverte, je les verrai une dernière fois sans être vue d'eux... et je partirai dès que je sentirai mon courage faiblir.

Page 1