‹ Les habitants de SurinameChapitre 81 sur 117 · LES · texte numérisé non relu

LES

Granyé ouvroe mama tifi de seki, de a losoe safoe taja

habi nem.

Alla sant di switi fo smeri,

no swyiti na mofo.

Makka soetoe granman, a

poeroe na soerdati tapoe.

Joe kost tiengi-fowloe, a

hatt: krakoen.

Sant moro tigri a njam

aoit1.

Kakarakka no ha lelt na

fowloe mofo.

Joe wannti njam lost baane,

joe moest bron joe finga.

Soema bere na wan liba, a

1jarti boen, a tjart ogri.

Mi blakka, ma m1 no de

slib1 na smoko.

Dondro bari, gron de sekt.

Gado no mekr alla finga

langa wanfast.

Da skopoe disi diki grebi vo hasi, sa diki da grebi vo

gramiman {oe.

C’est le taaier, qui pourtant n'est pas dur, qu’accusent les vieilles femmes lorsque les

dents leur tombent.

Une chose peut sentir bon

et avoir un goût détestable.

Lorsqu'une épine pique le gouverneur, 1} s’en prend au

soldat.

Si vous dites que l’oiseau puant est chauve, le dindon croit que c’est une injure pour

lui.

Lorsque le tigre n’a rien dans le ventre, il mange de

l'argile.

inseéetc a toujours tort

dans le bec de la poule.

Celui qui veut manger des bananes frites doit se brüler

les doigts.

Le ventre humain estcomme un fleuve : tantôt il apporte de bonnes choses, tantôt de mau-

vaises.

Je suis noir, il est vrai; malgré cela je ne veux pas dormir

dans un endroit enfumé.

Lorsque le tonnerre gronde

le sol tremble.

Dieu n’a pas donné une

égale longueur à tous les

doigts.

Ba pelle quierenset/laosse du mouton peut servir à creu-

sercelle dE OtIMeMIEU.

Le mauvais ouvrier s’en

prend à son outil.

Ne vous fiez pas aux appa-

RÉéMmeese

Si le maitre a des ennuis,

ses subordonnés en pâtissent.

Celui qui se sent morveux,

se mouche.

Lorsqu’on est dans l’embar-

ras, on fait flèche de tout bois.

Larforce primer droit.

Aide-doi, le ciel t'aidera.

Dans le cœur de l’homme il y a de bonnes et de mauvaises

pensées.

Pauvre, mais honnête.

Lorsque les grands se cha-

maillent les petits ont peur.

Tout lemonde"nestupas

également capable.

Tout le monde "estesal

devant la mort.

Odi, odi, no de helpr stki-

man, ma pikien pappa.

À geersi takroe taja : a no boen vo jnam, a no boen vo

trowé.

Tranga no tjari kow na

pen.

Dasgoe ha fo foetoe, ma a no

de waka na fo past.

Wan finga no dringt okro.

Hede krebi, a jrept sesee.

La tisane fait plus de bien au malade que tous les : Com-

ment vas-tu ?..:

Il ressemble à un mauvais taaier : ni bon à manger, ni bon

à Jeter.

Ce n’est pas par la violence dUéMVOUS MerezMentTen Notre

vache dans l’étable,

Bien qu’un chien ait quatre pattes, il ne Count pas par

quatre chemins.

Avecun seul doigt il est dif-

ficile de manger la soupe.

Tête chauve n’a pas besoin

de ciseaux.

Le plus petit service vaut mieuxique mortes ‘les assus

rances d'amitié.

Il n’est bon à rien.

Patience. et, longueur, «de temps font plus que force ni

que rage.

On ne peut servir deux

maîtres à la fois.

On ne va pas loin sur une

seule jambe.

Moins on possède, moins on

a de souci.

La littérature « nègre-anglaise » ne comprend que des contes, ou des chansons composées par les nègres ou par les missionnaires. Différents livres ont été traduits dans la langue de la colonie par les Européens; ce sont des ouvrages d'instruction ou de religion.

Le nègre, quoiqu'il ait l'esprit inculte, énfantin et superstitieux, est assez fin et assez délicat pour tout ce qui se rapporte à son milieu intellectuel. De plus mhestsouvent un excellent causeur, etses récits, de même que ses chants, ne sont pas dépourvus d’un certain esprit naturel, quoique étrange pour nous. Comme preuve de [a facilité avec laquelle sa langue s'applique à la poésie nous allons donner,avec sa traduction presque littérale, un chant composé à Suriname a l'époque où l'esclavage existait encore. On va voir figurer dans ces vers un personnage portant le nom de « blank-officier », terme qui revient souvent dans les poésies en langue nègre-anglaise ; c’est que la personne portant ce titre. avant l'affranchissement, jouissait d'une sinistre réputation parmi les esclaves. Il était le surveillant et même quelquefois le sous-directeur d’une plantation: c'était lui qui devait surveiller les esclaves et les forcer à travailler; pour cela, il employait souvent des procédés barbares qui firent que les nègres le prirent comme type de la méchanceté alliée à la cruauté; son rôle depuis l'abolition de l'esclavage a beaucoup diminué d'importance. — Quant à l’'étymologie de

son nom, on peut l'expliquer de la facon suivante : « blank » veut bien dire.

« blanc », mais « officier » a le sens du mot anglais « officer », qui signifie

« homme chargé d’une fonction publique », et non, comme il semblerait au premier abord « officier de l’armée ».

Meneri, menerti, da piekien, pardon, Membrie wan tem, membri wan tron, Fa 70e ben lobie mie so té,

En fa mie lobie joe jette.

Bastian fon ! Bastian fon!

Da oeman meekie mie hatie bron !

Té na condré 30e kon fo scrifiman.

Mie no ben sabie san na wan man; Fa 70e ben lobre mie so té

En fa mie lobie yoe jette.

Bastian fon! Bastian fon!

Da oeman meelk:i mie hatie bron!

Maître ! maître! pardonnez! pardonnez!

Pensez au temps jadis, pensez combien vous m'avez aimée autrefois! Comme vous m'avez alors aimée,

Je vous aime encore toujours.

— Bastian, frappez! Bastian, frappez!

Cette femme remplit mon cœur de colère.

— Lorsque vous êtes arrivé comme blank-officier dans le pays, Je n’avais encore jamais aimé;

Comme vous m'avez alors aimée,

Je vous aime encore toujours.

— Bastian, frappez! Bastian, frappez!

Cette femme rémplit mon cœur de colère.

Mie ben dékalli yoe moot scrifiman, Yoe poeloe mie na mie nenne anan; Fa yoe ben lobie mie so té,

En fa mie lobie yoe jette.

Bastian fon! Bastian fon!

Da oeman meekie mie hatie bron!

Te yoe ben bosst joe Jaba Mie ben takki kaba ! kaba!

Da falsie lobie joe no ké, Ho, fassi yoe doe so to de.

Bastian fon! Bastian fon !

Da oeman meekie mie hatie bron!

Vous m'avez alors enlevée à ma mère, Et je vous appelais « le joli blanc! »

Comme vous m'avez alors aimée,

Je vous aime encore toujours!

— Bastian, frappez! Bastian, frappez!

Cette femme remplit mon cœur de colère.

Vous me couvriez de baisers, moi, votre Jaba,

Et je m'écriais, en m’y opposant : « C’est assez! c’est assez! » Est-ce que tout cela n’était pas sincère ?

Comment pouvez-vous me traiter ainsi ?

— Bastian, frappez! Bastian, frappez!

Cette femme remplit mon cœur de colère.

Pardon Meneri ! Pardon! pardon !

Yo ben lobi da skien wan tron; Mie beggie yoe! mie begot ké!

Meneri a no noffo jette?

Bastian fon! Bastian fon!

Da oeman meekie mie hatie bron :

Meneri, meneri, membrie da piekien Da sorri yoe me lobie krien

Mie beggiyoe, mie begot ké!

Pastian a no noffo jette?

Bastian fon ! Bastian fon !

Da oeman meekie mie hatie bron!

Grâce, maître ! maître, grâce!

Pensez que vous avez aimé ce corps!

Je vous en prie, je vous en prie; Est-ce que ce n’est pas encore assez ?

— Bastian, frappez! Bastian, frappez !

Cette femme remplitmon cœur decolère.

Maître! maître! pensez à l’enfant,

Qui est le témoin de mon amour pur;

Oh! je vous en prie, je vous en prie, Bastian, est-ce que ce n’est pas encore assez ?

— Bastian, frappez! Bastian, frappez!

Cette femme remplit mon cœur de colère.

Hoe fassi? mie takki fon!

Da oeman meekie mie hattie bron! Mie takkt fon! fon hin so té,

Al wassi a fal don deddé.

Bastian fon! Bastian fon!

Da oeman meekie mie hatie bron!

Qu’y at-il? Je vous dis : continuez de frapper. La femme remplit mon cœur de colère!

Je vous dis, continuez à frapper, continuez, Quoique ces coups puissent la faire mourir !

— Bastian, frappez! Bastian, frappez!

Cette femme remplit mon cœur de colère.

Onvoit que cette poésie ne manque pas d'un certain charme. Elle montre en même temps comment les esclaves de Suriname appréciaient et louaient les mœurs douces et pures de leurs maîtres européens!

PrCOote de-cés chants qui révélent ane verve poétique, 1 sen trouve d’autres, beaucoup moins jolis, mais qui cependant sont plus répandus. Tel

est ce refrain que chantent les petits noirs en passant dans les rues de Para-

HarlbO :

Dat a no manirie Véritablement ce n’est pas convenable Fo so wan soerdatrie | Pour un soldat bien dressé Fo libie da kartirie De sortir en cachette de la caserne Fo wakka na Combé :: Pour aller dans le Combé 1.

Voici maintenant le « Wien Neerlands bloed » surinamais chanté en 1863,

lors de l'émancipation des esclaves

G1 Konoe Willem bigi nem, En tjarti tangt kom!

Kom sing siwiti, prijzxi hem, A doe wan bigt boen;

A pott alla ningre fri,

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