CAVERNKS DE SCANIE. SOS
<>Q Scanie, dis-je, elles manquént totalement dans tontes les localités où se trouvent des rochers et des montagnes avec leurs fentes et leurs cavernes naturelles. Ce fait est général, et, autant que je sache, sans exception. Mais il est remarquable que dans ces contrées rocheuses se trouvent des cavernes auxquelles les traditions populaires rattachent précisément les mêmes récits qu’à diverses collines de la plaine, de géants, de sorciers et de nainsquî, jadis, y ont eu leurs demeures. Certaines habitations à galerie des plaines scanienues sont nommées chambres ou demeures de géants (Jiitlestugor), sépulcres de géants (Jâttegrafvar), demeures de Trolls ou sorciers (Trollstugor), collines de pygmées ( PyssUngc-lwckar); or précisément les mêmes dénominations sont appliquées à certaines giotles des régions montagneuses. Ainsi dans une seule et même localité du nord de la Scanie, on trouve par e.vemple une Trollstuga dans les rochers de Bjornkulla, Une seconde dans ceux de Bille (Billeshall), deux chambres de géants dans le Skàra-li (chaîne de montagnes traversant la Scanie septentrionale du nord-ouest au sudest ), une dans les rochers de KIftfva {Klôfrahallar), une au village de Rôstànga, etc. Ces dénominations identiques données depuis l’antiquité à la grotte naturelle et à l’édifice à galerie, montrent que la tradition saitqu’ils ont été employés jadis à un seul et même usage. Cela me paraît suffisamment expliquer le phénomène que les habitations à galerie ne se trouvent que dans les plaines.
J’ai énoncé plus haut ma conviction que plusieurs races de la Scandinavie se sont servies d’ustensiles de
'2ur> CHAPITRK QUATRIËMIi.
pierre, tant les plus anciens occupants du pays, qui assurément n’avaient pas de demeures fixes, que les envahisseurs postérieurs auxquels on doit les constructions à galerie, et il me parait plus que probable que divers ustensiles de pierre continuèrent à être en usage même long(en}ps après que l’on eut cessé de construire des sépultures à galerie. Ces ustensiles se retrouvent partout, même dans la Suède moyenne et dans celle du nord, parfois réunis en grand nombre et en exemplaires souvent remarquables par leurs dimensions et leur pesanteur, ce qui montre qu’ils n’ont pas été des amulettes comme certains archéologues l’ont supposé. On recueille même parfois les outils qui ont servi à la fabrication des objets de pierre. En outre, les antiquités de pierre dans la Suède moyenne et la Suède septentrionale, sont le plus souvent confectionnées en roches appartenant à la localité où ou les rencontre, ce qui prouve à coup srtr qu’ils n’y ont pas été apportés d’ailleurs (1).
Il existe, en Scandinavie, un autre genre de sépulture de l’âge de la pierre. C’est le dôs de la Scanie, le dysf du Danemark, le dolmen etlecrowi/ecA.delaFrance et de l’Angleterre. Ces tombeaux se composent de 3 ou de S pierres levées posées en cercle et surmontées d’un grand bloc de pierre (PI. X, fig. 211). Ils n’étaient destinés qu’t'i un seul corps, que toujours l’on y
(I) Tout cela sT'jpliqiierait Ires-farilenicnt en admettant que dea ustensile» de pierm ont été einployé» même par des peuples qui u’araieiit ni habitations, ni sépultures à galerie, d’autant plus que ces constructions ne se reucontrent pas partout où l'on découire des objets de
pierre.
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UOSAR.
rencontre assis, ayant à ses côtés des ustensiles et des armes, qui sont toujours en silex.
Il ne me parait pas encore entièrement prouvé que ces dôsar aient été contemporains des sépultures à galerie décrites plus haut, ni qu’ils doivent leur origine au même peuple ; toutefois, cela parait probable. On les trouve çà et là en Scanie et en Vestrogothie, dans les mêmes localités que les précédentes. Parfois on en voit plusieurs en alignement, entourés d’un cercle de pierres levées.
Remarque. Je ne me crois pas. en mesure de dire si les dolmens découverts en Afrique dans le voisinage de Constantine et reproduits page 80 du Magasin pittoresque de 186i, appartiennent à cette catégorie ou à laclasse desTrilithes de l’âge de bronze. Les ligures de la page 79 présentent une ressemblance frappante avec le monument de Stonehenge. En outre on y a trouvé des objets de bronze et de fer.
CH.y’ITRE CINQUIÈME.
Chasses et ferres des habitants primitifs de |a Scandiaavie.
Nous avous vu, eliapitre I"’, coinmeut et, par quels procédés les sauvages de la Scandinavie confectionnaient leurs ustensiles et leurs armes de pierre et d’os, ainsi que les formes données par eux à ces produits d’un art primitif; Je vais maintenant indiquer par quelques exemples la manière dont ces armes s’employaient à la chasse et à la guerre.
§ 1 . Emploi des armes de chusse.
Pendant l’été de 1840, on a retiré, en ma présence, d’un profond marais tourbeux de la Scanie méridionale, un squelette parfaitement entier du gigantesque Benif saunage à front plat (Bos wnis. Lin. Nilson, Faune scandimve, I, p. 537) (1). Ce ruminant parais-
(1) essavé de montrer dams ma Faune que c'est le véritable 6'r-us de César, de pline, de (îessnev, etc., que les ancien» Genuains nommaient