‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 102 sur 156 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

sait avoir été, plusieurs années avant sa mort, atteint au dos d’un javelot armé, suivant toute apparence, d’une pointe en silex analogue à l’une de celles reproduites planche III, figures 55, 57 et 60.

L’arme a été lancée de face’; elle a frappé l’apophyse épineuse de la-première vertèbre lombaire (PI. XI, fig. 2i0-222), sous un angle tellement aigu avec la surface de l’os, qu’il parait presque inexplicable que la pointe du javelot ait pu pénétrer ;-cela aurait même été absolument impossible, si l’arme n’eût été lancée avec une force prodigieuse au moyen d’un engin que je mentionnerai plus bas, et en outre si elle n’eût pas été remarquablement aiguë; non-seulement elle a, comme je viens de le dire, percé d’àvant en arrière l’apophyse épineuse de la première vertèbre lombaire, mais encore elle est entrée dans la seconde , où elle est restée enfoncée (fig. 221). Le trou produit par elle (fig. 220), s'e’st arrondi sous l’elTet de la suppuration; mais à l’arrière, où elle est sortie (fig. 222), on voit à la forme de la plaie, que l’arme était comprimée ou aplatie comme une lance de silex, et la cicatrice de la seconde vertèbre lombaire indique que cette arme était pointue. D’après les renseignements qui m’ont été donnés par feu le Directeur en chef de l’École vétérinaire de Stockholm, M. le D' Nordling, qui a vu le squelette, l’animal n’avait pas plus de cinq ans à l’époque de sa mort; probablement il avait péri pendant

fjre. A une époque beaucoup plus récente, il a été nommé par Bajanus Bo« primigenius, dénomination qui parait provenir de « que cet auteur n’a pas su reconnaître Tunis dans l’espèce fossile.

ARMES DE GL'ERRE. 2il

l’hiver dans une ouverture de la glace qui recouvrait la tourbière, où il gisait les cornes enfoncées dans l’argile du fond. Le cal ou bourrelet osseux qui entoure le point par lequel l’arme est sortie, montre ^ue la blessure était d’ancienne daté. L’animal était donc jeune l0rsqu’’il fut blessé par le javelot (1).

M. le professeur Steenstrup m’a fait voir d’autres indices de l’emploi des flèches de silex sur des crânes fossiles de cerfs, dans lesquels de petites flèches de pierre étaient restées fixées. Dans la grande galerie de chasse du château de Schwej in sont conservées, entre autres objets curieux, des flèches de silex trouvées avec des squelettes de cerfs dans des marais tourbeux.

§ 2. Emploi des armes de guerre.

Les petites flèches de silex que je viens de inentiouiier ont aussi servi d’armes de destruction entre hommes. M. Strunck, conseiller à la Chambre des finances de Copenhague, m’a montré un crâne humain avec une flèche de silex entrée dans l’un des orbites, où on l’a trouvèîe enfoncée.

Mais la plus remarquable, à divers égards, idc toutes les antiquités que j’ai eu l’occasion de voir jusqu’ici, est la suivante, qui nous apprend en outre qu’ert Suède, comme ailleurs, les sâuvages ont attaqué les premiers ^colons qui commencèrent à défricher les forêts.

[I ) J'ai fait don de re squelette au Mui«6« zoologique de Lund, où on le conserve au milieu d'une quantité d'auti^ ossements des marais tourbeux de la Scanie. *

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