TOURBIÈRES SOUS-MARINES
vrait toute la Finlande et s’avançait jusqu’au voisinage de l’île de Gotland; je disais en outre qu’à cette même époque la Suède méridionale était unie au continent germanique. Pendant un soulèvement violent dans le nord accompagné de l’affaissement qui eut lieu dans le sud, je me figure qu’une immense masse d’eau aura subi une comipotion d’une égale violence, se sera jetée irrésistiblement sur la région terrestre alors située entre la Poméranie et la Scanie, l’aura changée en mer, se sera frayé un chemin entre le Sund et les Belts, aura entassé les àsar de la côte de Scanie et les Havslokkar (même signification) des lies danoises, en un mot aura formé les rivages actuels et plongé à 3 ou 4 mètres de profondeur les nombreuses tourbières sous-marines que l'on rencontre dans cette région de la Baltique (1).
J’explorai, il y a nombre d’années, l’un des marais tourbeux du Jâravall. Le lit de tourbe mesurait une épaisseur de plus de 3 mètres, dont 72 centimètres au-dessus et 2'°, 65 au-dessous du niveau de la mer. La tourbe en était tellement comprimée, que, sèche, elle avait presque la dureté de l’anthracite ; les troncs
(I) Les Tégétaui de ces tourbières sous-niarinos sont ; des troues de pin, de bouleau, d'aulne, de coudrier, de chêne, etc., niais jaiimis de hêtre; des noisettes; de nombreuses plantes .aquatiques des types £qiiisptiim jtfiluslre et fliwiatile , Ai umlo pfinujmiles , Polygomtm amphibium, l'ahvmayruitis , l/j/pmim /Ihi(<i«s , etc., qui toutes montrent que la tourbière avait été formée dans une eau douce de la terre ferme. Parmi les insectes d'eau douce, on y rencontre le Dystiais marginalis et im Gyrinusj parmi ceux qui, habitaient les plantes des marais, deux espèces du genre Donurin, etc. Je ne doute pas que l'on n'y trouve un jour des traces d'industrie humaine.
308 CHAPITRE SbPTIÉME.
d’arbres avaient aussi subi une compression considérable, et lorsque l’on cassait verticalement un copeau ou une branche de pin, la cassure en était noire et luisante, toutes choses causées par le temps et par l’énorme pression à laquelle la tourbe avait été soumise. Elle avait évidemment été formée dans l’eau douce, comme les tourbières sou^-marines qui existent devant Falsterbo, et à l’époque de sa formation le fond de la tourbière se trouvait au-dessus du niveau de la mer, car l’on y rencontrait les mêmes plantes et les mêmes animaux que ceux qu’on a recueillis dans les tourbières de l'intérieur de la Scanie. Mais sur le fond, composé d’une argile bleue et fine, on a trouvé plusieurs fois des pointes de flèches et de lances, des couteaux et autres objets de silex, toutes choses prouvant que des hommes vivaient déjà dans cette localité à l’époque où la tourbière était encore une eau ou-: verte, et avant que la tourbe eût commencé à s’y former.
Il existait donc des hommes en Scanie avant le grand cataclysme qui forma l’âj dont il est question , et qui jeta une large mer entre la Scandinavie méridionale et l’Allemagne du nord. Nous ne connaissons pas combien de milliers d’années après la période glaciaire cette catastrophe a eu lieu; mais diverses circonstances nous amènent à la conviction qu’elle s’est passée à une %>oque infiniment reculée. On a trouvé des os de l’ours des cavernes sous plusieurs points du Jâravall Or, comme Ton en a recueilli au fond d’autres tourbières avec des os de renne, dans
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