CHAPITRE PREMIER
près certain que l’hameçon de Lomma a été employé dans des temps reculés à la pèche de la morue du Suud.
Le second hameçon en silex (PI. 1, fig. 29) a été trouvé par M. le pasteur Akerman, sur les rives du petit lac de Kranke (Krankesjo), près du domaine de Silliàkra (Scanie centrale). 11 est plus petit que le précédent, mesure à peine 27 millimètres de longueur sur uné largeur de 12 millimètres entre les bords extérieurs de la tige et du crochet. Il est, comme le précédent, retaillé sur les deux flancs, et le haut de la tige forme un renflement destiné à l’attache de la ligue. Il a donc été employé à la pèche de poissons voraces à bouche plus petite que la morue. Le lac de Kranke héberge encore des perchas et des anguilles, et un homme expert dans cette partie, qui a pêché lui-même beaucoup à la ligne, m’a assuré que l’hameçon des temps anciens pourrait encore servir à la pêche des poissons mentionnés ci-dessus.
On a découvert tout récemment, dans une vieille tourbière de la Scanie, un hameçon en os (PL H, (ig. 30) d’une longueur totale de 74 millimètres, dont à peu près 43 millimètres depuis l’extrémité de la pointe jusqu’à la tige. Cette dernière, ainsi que le crochet, est subarrondie. L’hameçon est légèrement aplati vers le haut, et l’extrémité supérieure est dilatée pour retenir la ligne.
Comme il a été trouvé dans une tourbière d’eau douce, il a sans aucun doute servi à la pêche du brochet , poisson dont, l’on découvre encore d’énormes squelettes dans les marais tourbeux de la Scanie. Je
l'OinS DK Mr.NK.
ne connais en Scanie aucun autre poisson vorace d'eau douce pour lequel on ait pu employer utilement un hameçon de cette grosseur.
§ 2. Poids de U(jne.
Toute personne connaissant la pôche à la ligne sait que l’on y emploie, outre l’hameçon , un poids destiné -à retenir la ligne perpendiculaire dans Teau, et que ce poids est surtout nécessaire pour la pêche dans la mer ou dans une eau profonde ayant un courant. De nos jours, on se sert ordinairement de plomb; mais, avant que l'on connût l’usage des métaux, l’on a dû employer la pierre (1). Un fait remarquable et qui montre avec quel manque de méthode les collections ethnographiques ont ordinairement été faites, c’est qu’au milieu de centaines d’hameçons ayant appartenu aux insulaires de la mer du Sud , il m’a été impossible d’y découvrir un poids appartenant à ces hameçons (2). Je n’en ai vu qu’un, d’Otahiti, au British Muséum, pour la pêche de la sèche.
Au Groenland on pêche actuellement le chabot avec une tige en os (suédois '■pilk) armée de plusieurs ha-
(1) Le fait que les poiilsen pierre ont été lonfrlemps en usape dans la
pcclitt à la est constaté par un 'chant des Iles FàrO, inséré dans le
journal trArchéoloj.de (A/dn/Mnn'sA Fidsktift) pour 18.‘>2, p. 312, où il est <Ul d’un pécheur à la li^me qu'il pi^nlil « et l'hamecoii At la pierre ».
(2) J'écrivais ces lij^es eu 1838. — Pculndreen troute-t-oii maintenant daii.s les Musées. — J'ai re«;u plus lard la pierre reproduite planche XI, hg. 2(7, qui a été sans aucun doute un poids de ligne, et qui vient de la Pensylvanie.