‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 20 sur 156 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

meçoDs de fer et ayant une pierre forée pour poids. Je n’ai jamais vu de ces poids groënlandais, mais une personne qui a vécu longtemps dans ces parages, me décrivit, il y a quelques années, la forme des pierres faisant l’office de poids, et m’en fit un dessin que je conserve encore. Quelque temps après, un étudiant me remit une pierre (PI. II, fig. 31) ayant exactement la même forme que celle de l’esquisse. Cette pierre avait été trouvée dans le sol, en Bleking (S.-E. de la Suède). On ne peut douter qu’elle n’ait été employée comme poids de ligne ; mais il est facile de comprendre que cette classe d'objets doit se présenter sous des formes très-diverses.' Cependant tous ces poids doivent avoir ceci de commun, qu’ils sont ou munis d’une cannelure pour y attacher la ligne, ou percés d’un trou pour le même objet; au reste ils peuvent être oblongsou sphériques.

La forme la plus commune de ces poids de ligne primitifs est cellere produite planche II, fig. 33 et 34, et plancheXI, fig. 216. lissont ovales ou arrondis, et munis d’une cannelure transversale médiane. On les a appelés de fronde, mais seulement à titre de suppo-

sition, car l’on n’a montré, ni même essayé de montrer des pierres de frotide de la même forme chez les peuplades qui se servent encore de cette arme. Je ferai voir plus tard qu’il existe parmi nos antiquités en pierre un type resté inobservé jusqu’ici, et qui ressemble à tous égards aux projectiles en plomb des frondes des anciens Grecs, et à ceux en pierre des sauvages actuels de l’Amérique. Restera toutefois à déci-

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der si ces pierres de fronde appartiennent à l’époque préhistorique dont nous nous occupons.

D’autres poids de ligne portent une cannelure longitudinale (PI. 11, fig. 32); d’autres encore non-seulement eu ont une transversale au milieu de la pierre, mais encore deux longitudinales faisant angle droit avec la précédente (PI. 11, fig. 35). Ces derniers poids sont ordinairement de grande dimension, et ont probablement servi à tenir (m place des tramaux ou autres filets. On en rencontre encore sur les rivages des lies et des Ilots du gouvernement de Bohus (Bohusiün, Suède occidentale).

Tous 1«6 poids de ligne, ainsi que toutes les pierres de fronde, ont sans doute été des silex arrondis, qu’il est facile de se procurer. 11 est impossible de croire que l’on ait employé à ces deux fins des silex taillés à bords aigus, ce qui aurait été d’autant plus inutile, qu’ils eussent bientôt coupé la ligne et la fronde.

Après la pèche à la ligne, il nous reste à étudier la pèche et la chasse au harpon.

§ 3. Harpons.

Le harpon est un instrument de chasse et de pêche fort commun chez les peuples sauvages qui habitent les lies et les côtes maritimes. 11 ne peut guère être employé que sur l’eau. On le fixe, par le jet, dans le corps de l’animal que l’on veut capturer. Sa destination n’est pas de tuer la proie, mais de. retarder sa fuite dans l’eau, afin de l’atteindre plus facilement, et

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