‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 2 sur 156 · TI AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

TI AVERTISSEMENT

cette traduction et la corriger. Ils se sont attachés à respecter scrupuleusement la pensée de l’auteur, et, de crainte de l’altérer, ils ont parfois préféré conserver des locutions quelque peu étrangères.

L’éloignement de l’auteur ne lui a pas permis de revoir la traduction, qui nous est arrivée directement de Stockholm, ni de la relire sur les épreuves. 11 ne doit donc pas être rendu responsable des fautes qui auraient pu nous échapper.

PRÉFACE

En eouraettant au public cet essai d’ethnographie archéologique, je crois devoir, pour prévenir tout malentendu, placer ici quelques observations préliminaires. Le lecteur voudra bien se rappeler que cet ouvrage n’est qu’un essai, où l’on se propose de traiter d’après la méthode comparative les antiquités préhistoriques du Nord Scandinave (1). Qu’il me soit donc permis de donner quelques renseignements sur l’origine de cet essai et sur la cause de sa forme actuelle.

Dès ma jeunesse j’ai eu la passion d’étudier tant

les objets de la nature, que ceux de l’antiquité, et

d’en faire des collections. De bonne heure, j’unis ces deux études ; mais, en ma qualité de docteur en zoologie, il me fallait donner la préférence à cette science.

(I) Je dois avertir que les mots Siandinave et Scandinavie, dans mes érrits, ne signifient que la péninsule contenant lu Suède et la Norvège, le Danemark différant en partie par sa faune et par ses antiquités.

PRÉFACB.

Tra

Après avoir fait des voyag*es en vue des recherches zoologiques dans presque toutes les provinces de la péninsule Scandinave, je publiai en 1820 le premier volume (les mammifères) de la Faune Scandinave. Mon premier essai archéologique fut Y Esquisse de t histoire de la chasse et de la pêche dans la Scandinavie (lîtkast till jagtens och fiskets historia pâ Skandinavien, Lund, 1834) (1). D’après le peu de matériaux que j’avais à ma disposition, j’appliquai déjà dans cet ouvrage la méthode comparative, qui avait été introduite dans les études zoologiques par l’illustre George Cuvier, pour les Recherches sur les ossements fossiles, et qui depuis a jeté de la lumière sur tant de sciences différentes (2). Mais trouvant que les matériaux que j’avais sous la main étaient insuffisants pour un ouvrage d’archéologie un peu détaillé, j’entrepris en 1836 un assez long voyage, dans le but principal de visiter les musées étrangers, où sont conservés en grand » nombre des outils et des armes de pierre, parfaitement ressemblants à ceux dont.se servent les peuples qui, encore )de nos jours, se trouvent à un

(i) QuelqaetempsauparaTant,M.Thoms«n,deCopcnh»guG,avaitpublié ' dauaiVordisk Tidskrift for Oldkyndighed (1" to1.,2' partie, Copenhague, 1833), un traité sur les antiquités en pierre dn Nord (Om Nordiske Old- $ager af Sittn) dont Je n’eus connaissance que lorsque ma dissertation était déjà sous presse.

, [%) Je suis heureux de voir que cette méthode, actuellement, est de

• |4us en plus adoptée dans l'étude de l’archéologie.

PRÉFACE

degré si bas de civilisation qu’ils ignorent l’usage des métaux, ne se servant pour leurs armes et ustensiles que de pierres, d’os et matières dures. Je fis ce voyage par Copenhague et Hambourg à Londres, Bristol et Paris, où (surtout à Londres et à Paris) se trouvaient dès ee temps-là les plus riches eollections dans le genre que je désirais d’étudier, et dont l’usage me fut accordé avec une bienveillance et une libéralité toutes particulières.

Je visitai en outre nombre de collections privées. Je fis dessinerquelques objets, j’en achetai d’autres.

De retour en Suède, je préparai la publication • d’un ouvrage plus complet que l’essai précité, et illustré de nombreuses figures, sous le titre : les Habitants primitifs du Nord Scandinave, dont le premier cahier parut en 1838, le quatrième et dernier enl«43(l). ^

Outi'C les collections éti-angèrcs, j’avais déjà visité toutes les colh'ctions publiques et pri\*ées des capitales et des villes universitaires de la Péninsule, . à Stockholm, à Upsal, à Christiana, à Bergen, à Lund, etc., ainsi que celles de divers savants ou amateurs. Je m’étais en outre formé, succeasivement, une collection particulière, et très-considérable, d’antiquités.

(1) Je rappel.ii déjà, daof l'Avaut-Propo» du premier cahier, que la détermination de primitifs s'appliquait h tous les peuples préhistoriques ^ de la Scandinavie. *

PRÉFACE

Cet essai fut, comme le premier, accueilli en général avec beaucoup de bienveillance, et, à mon insu, ti-aduit en allemand par M. Masch, qui avait l’intention de publier cette traduction. Je le priai toutefois d'attendre une seconde édition suédoise, quej’espérais bientôt faire paraître, où tous les quatre fascicules seraient joints ensemble en une suite continue. Maisd’autres occupations me retardèrent, et M. Masch mourut peu de temps après, ayant légué sa traduction à la bibliothèque du .Mu.sée de Schwerin, où M. leproCes.seur .Morlot,de bausanne, la vit et en fit différents extraits, f|u’il fit connaître, en insistant pour (|ue rouvrage fût intégralement publié; mais je désirais attendrixiu’il eût été refondu. Plusieurs thèses et linograplnques, qui actuellenieut sont partout adoptées, étaient alors (en 1838-43) fortement combattues; et je voulais les défendre dans la nouvelle édition. Par exemple, on ne voulait absolument pas admettre que les premiers habitants de nos contrées eussent commencé par etw sauvages (1), et on prétendait (|ue les haches île pieiTC, etc., que l'on trouvait dans la terre, n’avaient pas été, comme je l’avais soutenu, des usten-

(!) IK'jà, «ians mon premier essai de 1831, je fais expressément mention de la rhasse rhi'Z l**s sain wjv^ de la Scandinavie , et j’y es-

>avede prouver que nos antiquités de pirrrt», etc., n'étaient pas exclusivement des amies de pnerre comme on se Télail fipiiré auparavant, mais principaleiiieiil d»s ustensiles et des outils en usatre dans l'économie domeslk|ue.

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siles et des outils employés par un peuple sauvag-e dans son économie domestique, mais des armes et des couteaux sacrés employés par nos ancêtres, les Goths. D’autres me blâmaient d’avoir essayé d’iiiterpréter historiquement l’origine des Dverj/ar (nains), (géants). Al fer, etc., de nos anciennes

légendes, et d’avoir fait de ces êtres, réputés jusqu’alors uniquement mythologiques, des peuples de races différentes.

,Dans cet ouvrage, nos antiquités les plus anciennes furent, je crois, pour la première fois comparées pièce par pièce avec les ustensiles et les armes des sauvages de notre temps. Différents objets, que l'on avait jusqu’ici ou mal expliqués ou tout à fait ignorés chez nous, y furent déterminés et décrits ; tels sont, entre autres, les poids de ligne, que l’on nommait auparavant /j/ermtfe/ronrfr. Des figures de vrgies pierres de fronde y furent données, ainsi que des figures de harpons et de fouines de plusieurs espèces, de houes en pierre et en corne d’élan; et enfin, pour la première fois, une longue série de percuteurs (pierres à casser), instruments au moyen desquels se façonnaient les objets de pierre, y fut exposée.

L’attention du lecteur y est aussi appelée, nonseulement sur la ressemblance pu plutôt sur l’identité des instruments de pierre et d’os que l’on observe chez les peuples les plus divers et les plus

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éloignés les uns des autres de l’ancien et du nouveau naonde, qui se trouvent au même niveau de culture (pl. V), mais .encore parfois entre des outils et des armes d'une construction plus compliquée (1).

Mais quoiqu’on observe une si grande ressemblance entre les ustensiles et les armes des peuples sauvages de l’Europe ancienne et ceux de l’Amérique ou de l’Australie actuelle, on observe aussi cependant des différences bien sensibles dans les différentes contrées du même pays. ,

Il semble que ce soit une loi générale que les hommes, placés à un degré égal de civilisation se . conduisent partout à peu près de Ig même manière. C’est ainsi qu’on peut constater à différentes époques la haine du sauvage pour le colon, et l’instinct de destruction qui fait qu’entre les races incultes, la mieux douée par la nature poursuit et cherche à anéantir la race moins favorisée à cet égard. Des preuves diverses en sont données au cinquième chapitre de ce livre. ,

Il existe à peine un pays possédant autant de lé-gendes et de traditions populaires que la Scandinavie. La cause en doit sans doute être dans les longues soirées d’hiver, pendant lesquelles les ré-

(I) Depuis que ceci fut écrit, j'ai reçu de M. Stroliec un nemptairede son ouiTage Muleriali rii jKiteoiitolagia runqmuta , où se trouvent, planche II, deux figures de lléches en silex de la Patagonie cl du Chili, identiques à celles qui se trouvent sur notre planche V.

PRÉFACE

un

cits des temps passés faisaient, comme ils font encore, le charme du peuple; de plus, le séjour dans les immenses forêts primitives de nos contrées remplissait l’esprit d’imag'es et de pensées mystiques.

J’ai essayé de montrer, dans le chapitre V, la manière dont naissent les légendes, parfois les plus fabuleuses, chez un peuple plus ou moins sauvage; ' et, d6ins ces légendes, on trouvera peut-être la clef de nos sagas nationales. Dans les Ëddeis, la légende populaire est déjà transformée par la poésie. Ces chants-là ne nous apprennent pas notre antiquité païenne ; il faut la chercher dans les relations données par les premiers missionnaires chrétiens de notre pays, dans le récit de l’histoire sur les expéditions, les usages et les cruautés des Vikings Scandinaves, et peut-être aussi dans les rapports qui nous ont été transmis sur les mœurs des Hérules, lesquelles étaient presque les mêmes que celles qu’in- .troduisit Odin avec ses Asar, d’après les récits de Sturleson.

Je n’ai pas osé diviser, d’après leur âge relatif, les objets de notre période de la pierre en deux classes, comme l'a fait .M. Worsaae pour le Danemark, où la première classe renferme les « Kjokkenmôddings » et les trouvailles faites sur les côtes à Ego et ailleurs, et la seconde les monuments mégalithi-

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ques (1), car je n’ai pa.s trouvé des caractères assez différents pour justifier une telle division. Certainement, nous avons aussi en Scanie, le lonj^ du littoral de la Baltiijue, des trouvailles dites côtières, que l'on reeunnaîl ordinaii-tunenl par leurs formes. Ce sont dt!S pierres en forme de haches triang-ulaires, grossièrement travaillées, au tranchant large et épais, mais (|uelquefois on y aperçoit un premier essai de polissage , et on rencontre très-souvent parmi ces haches des débris de poterie g rossière.

Toute différente de cette ela.ssi|ication est celle de sir John Luhhoek, qui disling'ue entre les pièces en pierre un âge paUeolithiquc et un âge néolithique; parce que les pièces de silex appartenant au premier âge n’ont pas seulement une forme assez distincte pour qu’on puisse à l’instant les reconnaître des autres silex — elles sont grosses, rudement travaillées et d’une forme ovale ou ovate (2) ; — mais elles se distinguent aussi des autres en ce qu’on ne les trouve jamais réunies avec des débris de poterie ou d’animaux domestiques. •

Il n’est pas douteux que cette classification ne soit

(1) Voir Ùversigt Ot er Vidi iiskabernes Selskabs Forhandlinger, <859, page 3, etc.

(2) \o\t Flint-imfilements in the diifl, by John Evans. I.ondon, <8fi0. — Le même, <8ti2, avec plusieurs figures en grandeur natutelle, et pl. IV, beaucoup d’autres il demi-grandeur. — Sir Charles Lyell : Antiquitij uf man, p. 1 1 1 , 1 < 5 .' — Sir John I.ubhock : Pre-Ilistoric Times, p. 2Ü8, 272, 273. — Dictionnaire urcluologigue de ta GatUe, !•' fascicule.

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très-applicable aux antiquités de la France et de l’Angleterre; mais, quant aux antiquités de pierre de la Scandinavie, je n’ai pu m’en servir, par la simple raison que nous n’avons rien chea nous qui appartienne au premier âge (palæolithique) de sir John Lubbock. Tout ce qui se trouve en Suède appartientàl’àge néolithique, même nos plus anciennes anquités de pierre, celles qui se trouvent au fond de la tourbière qui est au-dessous du Jiiracallen, à une grande profondeur au-dessous du niveau de la mer.

Ce qui prouve aussi que nos silex ne sont pas aussi anciens que ceux qui appartiennent à \'dge pakeolithique de sir J. Lubbock, c’est qu’ils ne se trouvent jamais avec des os de mammouth, de rhinocéros et d’autres animaux dont on n’a jamais aperçu ' les traces chez nous, et qui n’ont probablement jamais vécu dans le nord Scandinave. • •

.Au ehapitre VTl, page 301, j’ai dit qu’un peu avant le temps où le renne, l’ure, et quelquefois Tours des cavernes, arrivaient du continent germanique en Scanie, la péninsule Scandinave était inhabitable aux hommes ainsi qu’aux animaux. Page 198, j’ai dit aussi que les sépulturësà galerie, en Suède, sont postérieures aux habitants primitifs du Périgord (1).

(1) Je ue compreuds donc pai« couiment un critique, dans la gaiette anglaise the Syertator, du février 1868, a pu m’accuser de vouloir exagérer l’ancienneté des antiquités Scandinaves aux dépens Ue celles de l’Angleterre.

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PRÉFACE

Mais quoique je suppose que les silex, appartenant à l’âg'e palæoiithique de sir John Lubbock, soient beaucoup plus anciens que les silex les plus anciens de notre pays, je n’admets pourtant pas qu’on n’en puisse trouver quelque part de plus anciens encore, travaillés par des êtres humains; car il semble qu’on lésait trouvés seulement jusqu’ici sur certains territoires restreints, et on ne peut supposer que le reste du globe fût alors inhabité.

On suppose généralement que l’Asie a été le berceau de l’humanité, et on sait bien que l’homme, peu de temps après son apparition sur la terre, s’est appris à se faire des armes pour son soutien et sa défense ; et il est difficile de croire que les premiers hommes aient apparu sur la terre de France et d’Angleterre. Ces pièces de pierre, qui appartiennent à l’âge palæoiithique de sir John Lubbock, se trouvent dans le nord-ouest de la France, en Picardie, etc., et de là, il me semble, elles sont arrivées par le Canal (qui peut-être n’existait pas alors) dans le sud-est de l’Angleterre, par l’île de Wight, jusqu’à Southampton et vers le haut de la région orientale de ce pays. Elles sont sans doute des produits d’une horde sauvage qui avait colonisé ces territoires. C’était un peuple très-barbare, qui ne connaissait ni l’art de polir ses armes de silex, ni la poterie, et qui peut-être igporait même l’usage du feu. G’é-

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lait, par conséquent, une des races les plus sauvages et les plus anciennes de l’Europe. .

Une autre horde barbare, mais d'un caractère tout différent, est venue d’un autre côté, et s’est éla -, blie dans la partie de sud-ouest de la France, dans la Dordogne, probablement à la même époque que l’autre race, car, elle aussi, était contemporaine des éléphants et des rhinocéros. Cette horde, que nous font connaître les fouilles remarquables de MM. Lartel et Christy, se distingue par son talent à dessiner, sur des os et sur des ardoises, des animaux qu’il est très-facile de reconnaître (i). A ces trouvailles nous devons la preuve la plus sôre de l’àprelé du climat de l’Europe centrale et de l’existence des plus grands mammifères dans ces régions, après que l’homme était apparu sur la terre.

Une horde toute différente des autres est, selon moi, celle qui s’est établie au nord-ouest de la France, aux environs de l’embouchure de la Loire, dans le Morbihan, etc. Elle se distingue aussi bien par ses monuments que par scs instruments. Nous en voulons seulement citer le monument de Cavr- Innis. Celui-ci, aussi bien que les antiquités qu’il a renfermées, se trouve au musée de Saint-Germain. Les haches sont excessivement bien polies et se distinguent par une forme différente des nôtres ; elles

(I) On a comparé ce peuple avec les Esquimaux du Groenland, mais la ressemblance ne me parait pas grande.

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PHKrACK.

sont évidemment beaucoup plus récentes que celles dont nous avons parlé auparavant. Les pierres du tombeau sont couvertes de fig-ures bizarres qui y sont g-ravées et ont été lig-urées dans le premier fascicidn de l’ouvrag’c prtîcieiix : Dictionnaire archéologique lie la Gaule. Sous le n° 9 s<^ trouvent aussi des tiacluis (1). Sur les autres monuments de la contrée, par cxemj)le sur celui de Mauné-er-Mroek, on voit aussi une Ibule de fig-ures élrang-es, mais elles diffèrent un peu de celles du monument de(!avr-lnnis.

11 me semble qu’on peut conclure de tout cela que des bordes sauvag’cs de races diver.ses .sont venues, dans un temps reculé, s’établir dans le pays à différentes épo(|ues.

Ces races avaient fies aptitud<;s dilférentes. On ne sait pas si celles qui occupaient la vallée de Somme et l’île de Wig-lit, en Angleterre, ont eu (juckpie industrie, celle du Périg-ord a eu, comme je l’ai déjà mentionné, une g’raïule habileté à dessiner et à g'rav(*r sur des os et sur des ardoises, et celle du Morbihan se disting-ue par ses liaebes parfaitement bien polies, et par ses monuments de g’ranit avec dos lig-ures. .\vec quels instruments on a gr-avé ces figures, c’est ce qui n’f'st pas facile adiré, car on ignoi'ait l’usage des métaux.

(1) On a vuulu reroiinsiltre des parmi ros id on a ilit

qu'clies itLsstmiblaicnt au palinipi' dt* \i‘Vk-Oranire , mal!» <*n rtda on m» troTTipr roniplôtriju'ti!.

l’HKKACE.

En Suède ont eu lieu de semblables imiuigralions, et de points tout difTérenls, mais pour la plupart en des temps moins reculés. Dans le chapitre V, nous avons parléd’uncombaleutre unpeupleeullivateure une borde sauvap-edecbasseui’s. Aprèsce temps, plusieurs iiumig-rations ont eu lieu, d'où sont venus les difï'éi’ents dialectes dans les contrées diverses du [mys, aussi bien que les diirérentes lois provinciales, qui, au commencement, n’étaientquedes conventions faites mutuellement entre les membresdecba(|ue borde.

b’arcbéolog'ic n’est pas encore étudiée de ce point de vue, c’est-à-dire en observant <pie des races diverses et douées de dispositions dilférenles se sont établies f;à et là dans un pays; je le recommande aux arcbéolog'ues plus jeunes.

Je prends aussi la liberté de pri'seuter ici (pielques observations. Ges observations contiennent diverses règ-les, (pie je suis toujours moi-mènie dans l’appré'eialion des travaux etbnograpbicpies des autres auteurs, règles que, je l’espère, on suivra aussi à mon égard ; et je tiens d’autant plus à les voir admises que l’unicpie but de toute étude doit être la recherche de la vérité.

1° Dès (|ue ma conviction me force à rejeter les opinions d’un autre auteur, je regarde comme de mon devoir de fournir toutes mes raisons, et de formuler l’opinion qu’en vertu de ces raisons je considère comme la vraie.

PRÉFACE

2° Chaque fois que je me trouve obligé de réfuter une opinion quelconque, je me fais une loi de mentionner toute preuve donnée à l’appui de celle opinion.

3° Comme preuves parfaitement autorisées, je place non-seulement les antiquités et les monuments avec leurs formes diverses et les figures (jui peuvent y être représentées, mais encore les coutumes du peuple et surtout les usages religieux et les sagas populaires, et les légendes qui ont leur base dans la tradition, et qui, par conséquent, sont des traditions historiques de l’antiquité.

4° Quand une saga, ou tradition populaire, fait mention d’un esprit nuisible ou malfaisant, j’y vois toujours la réminiscence d’un être adoré comme dieu dans un culte alors détruit. Il est censé favorable à ses adorateurs, mais nuisible aux adeptes d’une foi religieuse dilïérente. L’homme grossier attribue et confère toujours sa propre intolérance au dieu fait à son image.

La méthode comparative devrait toujours être employée pour expliquer les objets préhistoriques. Des ressemblances plus ou moins réelles ne prouvent pas toujours la môme origine, mais seulement le même niveau de culture , ce qui s'applique aux flèches de silex de la Scandinavie et de la Terre de Feu. Pour tirer des déductions sûres de faits quelconques, il faut un esprit judicieux, et cet esprit se

PRÉFACE

développe dans chaque science |)ar un long- exercice.

^ Rien n'est plus diiïicile à déterminer, dans l’ethnographie, que le nom du peuple ancien qui nous a laissé .ses souvenirs. Nous ne pouvons pas conclure de la ressemblance des antiquités qu’elles ont été faites par le même pçuple, mais seulement par des peuples qui se trouvaient au môme degré de civilisation. Malg’ré la g’rande ressemblanoe qui existe entre nos tombes à gtilerie et les demeures d’hiver des Esquimaux, je ne crois pas que les Esquimaux aient bâti ces tombes; mais je crois seulement qu’elles ont été bâties par un peuple au môme degré de civilisation que les Esquimaux. Dans mon Esquisse de t Histoire de la chasse et de la pêche dans la Scandinavie, j’ai dit que c’était le même peuple, mais depuis j’ai changé d’opinion (dès 1844), et un auteur a bien le droit de corriger ses propres fautes. Jamais on n’a trouvé chez nous un seul crâne d’Esquimau. Quant aux Lapons, les plus anciens habitants de notre pays, ils n’ont pu laisser de monuments puisqu’ils n'en ont jamais eu. fis passaient la journée dans les forêts, en pêchant et en chassant, et ils n’avaient pas de demeures fixes. De temps en temps, on a trouvé de leurs crânes; mais parmi toutes les armes de chasse que nous avons trouvées, on ne peut savoir celles qui ont appartenu à ce peuple. Quant au peuple qui a fait les sépultures à galerie,

PRÉFACE

je présente ici un crâne figuré (PI. XIII, lig. 236, 237, 268) d’après une photographie. Il ne diffère |>as beaucoup des crânes de nos habitants actuels de race indo-germanique. On jjeut suivre ces sépultures à galeries sous des noms divers, à travers les pays de l'Europe occidentale et, si je ne me trompe, par le Sud de l’Europe justju’en Afrique et même en Crimée.

Pour faciliter les l'echerehes futures sur la question de savoir si la race qui a construit ces lombes en Suède est la même que celle qui les a bâties dans les autres pays, j’ai fait faire ces photographies de crânes, trouvés dans les sépultures de Weslergolhland.

J’avais eu l’intention de donnei- ici VEsi/uisse de r Histoire de F Archiokxjie suédoise jteudant les trentecinq dernières années, que l’on retrouve dans l’avantpropos de la seconde édition, princiimlement destinée à servir de contre-épreuve au travail de M. Hindenburg : Bidrag til den danske ardiæolofjies Historié, inséré dans le Dansk Maanedsskrift, Andet Itœkke (seconde édition, 1839, pag. 149), pour montrer la part qu’ont eue les archéologues des deux côtés du Sund, dans le dévelopf)ement de l’asehéologie Scandinave et de ses progrès actuels. Le manque d’espace me force d’ajourner ce travail à une autre occasion, peut-être à la publication de la seconde partie du présent ouvrage.

PRÉFACE

Je désire que mes essais ctlinographiques soient soumis à une critique juste et équitable. Tout point qui, après un examen sérieux, sera trouvé inadmissible ou incorrect, doit sans doute être rejeté; mais il pourra, parle fait même qu’il a été mis au jour et examiné sous toutes ses faces, fournir à de plus habiles l’occasion de produire des travaux plus profonds et plus parfaits, dans ce genre de science, que ne sont les miens.

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