‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 22 sur 156 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

planche X, a jadis été la pointe en silex d’un harpon construit à peu près de la même manière. Une personne, qui a longtemps habité le Groenland, le reconnut immédiatement pour tel, et, voulant me montrer comment la pointe de pierre avait été fixée dans le harpon et celui-ci au manche, cette personne munit le harpon du complément en bois reproduit PI. 111, fig. 49(1). En b est une ouverture dans laquelle pénètre le manche du harpon. Plus haut, l'on voit l’œillet par lequel passe la corde à l’extrémité de laquelle est attachée une vessie, et au bout la ficelle qui fixe le harpen en silex à la monture en os. Cette pointe de harpon (PI. X, fig. 203) est en silex ; elle a été trouvée dans la terre, sur les bords du Sund, près de Lomma (Scanie occidentale). Les figures 42 et 46 de la planche III me paraissent aussi avoir été des pointes de harpon. J'ai reçu les originaux du roi Chrétien Vlll de Danemark, pendant qu’il n’était encore que prince royal ; dans le riche musée de ce prince se trouvait aussi une collection d’antiquités en pierre venant de l’Amérique du Nord, et ayant appartenu, d’après les renseignements communiqués du lieu de la découverte, à une peuplade chassée de là, il y a 80 ou 100 ans (2).

D, Harpons entièremenl enos . — Ces armes pointues

(1) On trauve aussi des tètes de flèclie affectant la même forme, PI. V, fig. 104.

(2) C'est un fait curieux de trourer, comme je l'ai déjà dit, dons l’Amérique du Nord, toutes ces antiquités parfaitement identiques à celles recueillies chei nous. L'ne inspection archéologique deviocalités de l’Amérique où on les rencontre, serait probablement d’un grand intéi-ét pour l’ethnographie comparée. '

IIAHPONS.

et barhclées d’uu «eul côté se reiicoutreiit de temps ;i autre dans les vieilles tourbières de la Scanie.' Telle est celle reproduite PI. IV, fig. 71. Cotte pointe de harpon parait, à l’instar de celles du Groenland, s’être adaptée à un long manclic, de manière à s’en détacher dès qu’elle était entrée dans le corps de l’animal harponné, car le point d’attache présente une dilatation servant sans doute à retenir la corde. Elle a été trouvée, .comme je viens de le dire, dans une ancienne tourbière de la Scanie, près des bords de la mer, où ce harpon peut avoir été employé à la chasse des veaux marins, des petites baleines, etc.

C’est un fait très-remarquable que, parmi les objets découverts par MM. Christy et Lartet dans les gi-ottesabris du Périgord, grottes que l’on peut regarder à juste titre comme contenant les plus anciennes traces de l’homme eu Europe, on à aussi trouvé des harpons en os (|ui paraissent avoir été emmanchés de la même manière que les nôtres (PI. IV, fig. 72). La seule différence consiste en ce que les harpons scaniens ne sont barbelés que d’un côté, tandis que ceux du Périgord sont armés de barbes des deux côtés.

On trouve en outre, dans les marais tourbeux de la Scanie, des harponâ en os (PI. IV, fig. 69) analogues à celui de la figure 71, qui paraissent avoir été emmanchés d’une autre façon, le stylet en os étant fixé a demeure dans le manche. Une quantité de harpons en os, plus ou moins parpils à celui-ci, sont conservés au British Muséum (PI. IV, fig. 70), tous venant de la Terre de Feu, et portant l’étiquette :

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