CHAPITRE PREMIER
de l’achever au moyen d’une autre arme de chasse, la lance, dont je parlerai plus tard.
Les harpons affectent une grande diversité de formes, mais tous se ressemblent toutefois eu ce qu’ils sont armés de barbes ou crochets au moyen desquels l’arme reste (i.xée dans la blessure de l’animal qui en a été atteint. Au demeurant, les harpons peuvent être divisés en deux groupes ; ceux à pointe mobile et ceux à pointe fixe.
.^u premier groupe appartiennent ceux reproduits PI. III, lig. 52, 53; au second, ceux des ligures 41, 42,43, 50, 51, etc.
Nous commencerons par les plus simplel, savoir ceux à pointe fixe.
1® Harpons à pointe fixe.
A. Harpons à pointe de silex (PI. III, lig. 50, 51, demi-grandeur naturelle). — Les originaux de ces deux figures ont été trouvés au Groenland dans de vieilles tombes d’Esquimaux; le dernier (fig. 51) entièrement en os, le premier (fig. 50) en os, avec une tête de pierre lancéolée et à bords retaillés. Par deux trous percés au côté et se rejoignant à l’intérieur, passe, fixée au manche du harpon, une lanière de cuir longue de plusieurs brasses et munie à son t itréraité d’une grosse vessie (une peau de veau marin gonflée). Au bas de l’os est une cavité dans laquelle la pointe du manche s’engage de telle sorte, que le harpon entré dans le corps de l’animal, le manche se détache et flotte sur l’eau. L’animal harponné plonge et s’enfuit entre deux eaux, mais la vessie à laquelle
IIAHFONS.
est attachée la corde du harpon et qui continue à flotter à la surface, indique la direction de l’animal. Bientôt celui-ci se fatigue et remonte pour se reposer ou pour respirer. Le chasseur le poursuit dans sa légère embarcation et cherche à lui porter le coup mortel avec sa lance (PI. 111, fig. 63, 66) munie d’une hampe très-longue.
La figure 41 delà planche 111 représente un harpon des îles Kouriles; il est en os, armé d’un côté de deux barbes récurrentes, et porte à la pointe une pierre acérée ou un morceau de test de coquillage engagé dans une entaille. A est la corde qui retient le harpon au manche, b l’endroit où s’adapte le bout du manche. On rencontre en Scanie des pointes de harpon en silex parfaitement identiques à celles des îles Kouriles (PL 111, fig. 47, 48).
Les sauvages possèdent nnc grande variété de ces harpons, soit en os, soit en bois, mais ayant toujours sur l’un de leurs côtés un nombre plus ou moins grand de barbes. Les pointes en pierres présentent aussi des formes différentes. Parfois elles ressemblent aux figures 43 et 47 de la planche 111. On en trouve dépareillés en Scanie, surtout dans le sable des bords de la mer, entre Ystad et Ahus (du S. à l’E.-S.-E. de la Scanie). La largeur de la soie, ou pédoncule, montre qu’elles ont été plutôt des harpons que des têtes de flèche. On verra planche V, fig. 100, une pointe de harpon de cette espèce, provenant du nord de l’Irlande, et, fig. 99, une pointe pareille, de l’Amérique du Sud.
Il me paraît indubitable que l’original fig. 203 de la