CISEAUX
La dernière variété (fig. 138) n'est pas précisément rare, mais elle est pourtant moins fréquente et en général de (aille plus petite que la première.
Tout porte à croire que cet instrument était muni d’un manche de bois, adapté de la même manière que celui du ciseau de pierre de la Nouvelle-Zélande (PI. VI , fig. 129, 130). Il devait être chassé dans le bois à coups de maillet. L’extrémité supérieure est à • cet effet épaisse et coupée perpendiculairement, afin de ne pas s’enfoncer dans le manche par suite des coups reçus.
2° Gouges à iraitchanl large (PL VI, fig. 139, 140).
Je n’ai Jamais rencontré, dans les musées de l’Europe , ce type de ciseau parmi les instruments de pierre des races sauvages encore vivantes, mais l’on « voit à Copenhague, dans l’ancienne collection du roi actuel de Danemark, des objets de silex parfaitement identiques à ceux-ci, envoyés de l’.\mérique du Nord, avec une foule d’autres instruments de pierre, et qui offrent la plus parfaite ressemblance avec nos i/istrumcnts scaniens. Tous provenaient d’anciennes chambres sépulcrales ayaut appartenu, dit-on, à une race chassée de ses foyers, il y a près d’un siècle. Quelle qu’en soit au reste l’origine précise, il est facile de voir la manière dont les anciens posse seurs en faisaient usage. Ces instruments sont subarrondis, lisses, le plus souvent inégalement tronqués à l’extrémité supérieure. Us ont donc évidemment été faits pour être saisis de la main gauche, et de la main droite chassés à coups de maillet dans le bois que l’on voulait travailler. On voit
CHAPITKK PRKMIER.
presque toujours à l’extrémité supérieiiiv îles traces (le ces coups de marteau. Mais parfois cel instrument est très-court, même plus ou moins pointu ; dans ce cas, il parait avoir été muni d’un manche de bois sur lequel portait l’action du maillet.
A cette catégorie appartient indubitablement l’instrument reproduit planche Vil, figure 146. 11 est oblong, de forme conique, rétréci vers l’extrémité supérieure, assez épais à l’extrémité inférieure, et présente une surface latérale plane obliquant sur le côté opposé, ce qui produit un tranchant légèrement arrondi. Cet instrument, qui n’est jamais de silex, mais ordinairement de trapi) (serpentine), se rencontre souvent en Scanie et en Vestrogothie, surtout au fond ou sur les bords d’anciennes eaux ou d’eaux encore existantes. Lorsque l’on creusa le grand canal de Gothie (Gnta kanal), on en trouva un grand nombre dans le Billstrôm, cours d’eau de la Vestrogothie. Il a probablement été emmanché comme le ciseau , et employé à creuser des troncs d’arbre pour canots , ainsi qu’à d’autres usages plus ou moins analogues.
Un instrument complètement identique se trouve au British Muséum parmi les collections ethnographiques de la côte N. -O. de l’Amérique du Nord. On n’a indiqué ni son usage ni la manière dont il était emmanché, mais il ne serait pas impossible de se procurer à ces deux égards des renseignements au lieu d’origine; l’on serait ainsi édifié sur l’emploi de celui qui se rencontre en Suède.
HACHES
§2. Hacfws.
Des ciseaux aux haches la transition est si peu sensible qu’il est souvent difiicile de distinguer entre ces deux types. .Dans tous les deux, l’extr(5mitc inférieure est large, transversale et tranchante. Mais dans le cisean le manche suit la même direction que l’instrument dont il n’est que la continuation, tandis que le ni anche de la hache forme un angle tantôt droit, tantôt aigu avec l’instrument. L’extrémité supérieure du ci- .scau est limitée par un plan horizontal , celle de la hache est comprimée.
Je diyiserai, d’après la direction du tranchant relativement au manche , les haches en /taches droites ou ordinaires, h tranchant longitudinal ou parallèle à l’axe du manche, et en doloires ou haches à tranchant transversal , perpendiculaire à ce même axe.
1 “ Doloires , ou haches à tranchant transversal perpendiculaire d t axe du manche.
Immédiatement après le ciseau large dont j’ai parlé plus haut, vient la doloire, ou hache de tonnelier, de matière, de forme et de dimensions les plus diverses. De tous les instruments d’une facture primitive, la doloire présente les formes les plus variées, tant pour ce qui concerne les exemplaires conservés dans les collections ethnographiques, que pour ceux dont les fouilles ou le hasard amènent la découverte en Suède.
ClIAPITHE PREMIEH.
a. Doloire à tranchant droit en biseau simple (PI . VII, fig. 147).
Cette hache vient de la Calirornic, mais l’on ne sait pas au juste l’usage qu’en font les habitants. Faite d’un test de coquillage dur et épais, elle est de forme oblongue avec deux côtés étroits; le côté large antérieur est légèrement arrondi, le postérieur aplani ; l’extrémité inférieure est un plan formant avec le côté postérieur un angle très-ouvert, faisant tranchant contre le côté antérieur; le tranchant est, pour celte cause, légèrement bombé.
La figure que je viens de décrire, ainsi que la figure 150 de la même planche (VII), montrent l’emmanchement le plus commun de cette espèce de haches. J’en possède une de pierre parfaitement identique à la figure 147; elle me vient du district de Villand (Villands Hàrad), en Scanie, où' elle a été trouvée parmi d’autres antiquités de l’âge de la pierre (PI. VII, fig. 148). Elle est de basalte noir. Longueur : environ 16 centimètres; plus grande largeur: 5 centimètres; épaisseur : 2 centimètres. Elle a, selon toute apparence, été emmanchée et employée de la même manière que les précédentes.
Une doloire (PI. VU, fig. 149) dè schiste argileux, trouvée près de Bôke (Scanie) et appartenant au même type, en diffère toutefois en ce qu’elle a les deux côtés larges plans, et que son tranchant est en biseau double; les deux biseaux sont plans. La circonstance qu’elle est si courte provient sans doute de ce qu’elle a perdu par l’usure et des polissages successifs une par-
> e) b y C u o gl
HACHES
tie plus ou moins grande de sa longueur primitive. On voit très-souvent dans les collections ethnographiques des hachettes identiques de forme et tout aussi petites, venant de l'Amérique.
C’est un fait remarquable que le sauvage de la Scandinavie, disparu depuis des milliers d’années, employait pour ses outils tranchants, tout comme le sauvage de l’Amérique dans le siècle passé, des matières tantôt dures, tantôt tendres , pierre , os, etc., auxquelles il donnait les mêmes formes.
Au même groupe de doloires appartient aussi celle reproduite, planche Vil, figure 150, à 1/6 de sa grandeur naturelle. L’original, qui se trouve au Musée de Londres, vientdeNootka. La hache est de basalte noir. L’é- • tude de la figure ferafacilement voir comment elle est fixée au manche et la manière dont elle est employée.
b. Doloire à tranchant courbe en biseau double produit par te frottement ; biseaux de largeur inéf/ale.
Je possède une hachette de pierre, de l’Ile Pitcairn, dans la mer du Sud (PI. VI, fig. 142), qui, tant par la roche dont elle est confectionnée que par sa forme et ses dimensions, ressemble à quelques-unes de celles (PI. VI, fig. 143) que l’on trouve en Suède dans des chambres sépulcrales primitives de la région côtière, entre Abus et Cinibrishamn(Scanie orientale)? Il ne me parait pgs douteux que les deux types ne soient des doloires. A celte catégorie appartient encore la figure 145, planche VI. Ce type est toujours Aetrapp, et se rencorftre danslamëme région côtière de laScanie.il est petit; comprimé, légèrement convexe sur les côtés larges, n’a
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