‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 55 sur 156 · PERÇOIRS · texte numérisé non relu

PERÇOIRS

parfois de gneiss ou de serpentine. On rencontre pourtant, de temps à autre, dans les collections d’antiquités, des haches de silex ayant un troapour le manche : un examen attentif fait bientôt voir qu’elles n’ont pas été percées par l’homme et que la perforation dont elles sont munies trahit la présence antérieure de quelque pétrification entourée du rognon ou noyau de silex , lorsque cette matière était encore à l’état mou. Ce noyau de silex devint plus tard une hache sous la main de l’homme. L’ancien sauvage n’a pas percé le trou, il l’a seulement plus ou moins retaillé sur les bords afin d’y pouvoir adapter le manche. J’ai vu plusieurs haches de ce geure.

La manière dont l'ancien sauvage a percé le trou de ses haches, ne nous est connue jusqu’ici que par voie de suppositions ; suppositions qui, appuyées des résultats de l’expérience, paraissent toutefois s’approcher de la vérité. Je visitai, U y a plusieurs années, la station de pilotes d’Orô dans le Skàrgârd (archipel côtier d’Ostrogothie, Suède orientale); j’y vis un jour un pêcheur occupé à percer des trous dans des galets de schiste, dont il voulait faire des poids pour ses filets. L’outil dont il se servait était un vilebrequin à mèche de fer, à tranchant large et transversal comme celui d’umeiseau, et non pointu comme on l’aurait pu croire. Le fond de la cavité pratiquée dans la pierre n’était pas horizontal, mais concave et parfaitement pareil aux cavités des outils de pierre qui ne sont p^ entièrement percés ou aux dépressions à l’usage des doigts que l’on observe sur les percuteurs. Je tire de

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ce fait la conclusion que l’ancien sauvî^e se servait d’un appareil semblable ou d’un drille, et que sesperçoirs de silex avaient la même forme que celui du pêcheur d’Oro, et présentaient l’apparence d’un ciseau étroit. Si, comme je l’ai supposé, la pierre planche II, ligure 25, a été un perçoir, l’extrémité jjointue constituait la tige et l’extrémité dilatée la tête de la mèche.

On trouve de temps à autre des haches de basalte ou de dioritc qui ont été percées au moyen d’une tarière à tranchant circulaire, et qui, lorsque la perfo^ ration est incomplète, conservent toujours un tampon dans le trou resté inachevé. Ces outils en pierre, qui n’ont jamais été trouvés ni dans les sépulltires à galerie ni dans les plus anciens marais tourbeux de la Suède, appartiennent, selon moi, aux temps où les métaux étaient déjà en usage, et fort probablement à l’âge du fer (1).

8* Enclume,

L’objet reproduit planche IX, figure 187, grossièrement travaillé, est en grès quartzeux très-dur; il est représenté renversé. L’extrémité inférieure est amincie, quadrangulaire, avec deux côtés larges et deux côtés étroits; la partie supérieure, plus large, est arrondie et se termine en une surface plane et unie. On croit, mais jusqu’ici sans pleine certitude, que cet

(() Quelqu’un n dit que le trou se faisait au moyen d’une rherille de bois et d’un peu de sable humide, mais je regarde cela comme impossible. J’ai derant moi une hache de diorite sur laquelle on aperçoit le rudiment d'un trou. Ce rudiment consiste en un éridenient cirrulaii'e qui ne peut avoir été fait que par un instrument de métal.

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