‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 7 sur 156 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Ce lait une fois constaté, il est facile de comprendre que les hommes qui ont employé la pierre à la confection de ces ustensiles presque journellement nécessaires, doivent avoir ignoré l’usage des métau.x, et qu’ils se trouvaient par conséquent à ce degré inférieur de culture qui les faisait ressembler aux peuples généralement qualifiés de sauvages (I). Mais, ce point établi, et il ne peut guère être contesté, il devient évident que la seule méthode pour parvenir à une connaissance certaine et complète de tous ces ustensiles, de la manière dont ils étaient emmanchés, de la façon dont on les maniait, des travaux qu’ils servaient à exécuter, etc., est de rechercher si des ustensiles en pierre analogues sont encore en usage chez les peuples sauvages de l’époijue actuelle, et de voir comment ils y sont employés. Si nous trouvons chez ces peuples des instruments identiques de forme et de matière, nous pourrons sans hésiter admettre un emploi semblable, et nous courrons tout aussi peu le

(l)Cc mot est pris d.ins son acception la pins étundue,et comprend les ilifférenLs .degrés de culture depuis le va^alioiulage sans domicile dan» les foi'èts, jiuapi'à la vie en hordes avec des demeifOîs et des sépultures fixes. I,e fait que les haliitaiiLs primitifs de la ScaBdinarie .se .sont trouvés jadis dans l’un de ces degrés infimes de la civilisatien, est prouvé selçn moi par la circonstance que l’on ne trouve aucune trace d(^ métaux parmi les outils et les armes qu'ils nous ont laissés, tandis que ceux île pierre se rencontrent en foule, t’aîs habitants primitifs ont donc i*essemhlé à une quantité de.rares sauvages actuelle*, placées à un degré si bas de civilisation, qu elles ignorent encore la fabrication et l'usaire des métaux, confectionnant et employant pour cette raison des ustensiles en pierre, os de poissons, te.st de coquillages et autres matières dures à leur portée. Mais elles les abaudonueiit, dés qu’elles peuvent se procurer des ustensiles en métal. C’est ce qu’ont fait aussi les habitants de la Scandinavie.

OltSIOKV AXIONS OKNtKALKS.

risque de nous tromper, si nous en concluons une manière de vivre et un degré de culture essentiellement analogues, elle/, ceux qui depuis des milliers d’années ont cessé d’exister dans le Nord Scandinave. Je vais essayer cette comparaison autant qu’elle est possible. Malheureusement l'on se heurte ici à un grave obstacle ; c’est qu’autant que je sache, l’on n’a pas encore étudié ni décrit d’une manière vraiment scientifique, c’est-à-dire sous le point de vue de l’ethnographie comparée, une seule des peuplades sau vages encore existantes (1). Tout ce que l’on connaît jusqu’ici à leur égard n’est que fragmentaire, et tout ce que les Musées de l'Europe contiennent de leurs ustensiles et de leurs armes ne consiste qu’eu pièces éparses que le hasard a fait tomber dans les mains des voyageurs, et dont on ne connaît pas toujours l’usage particulier ou principal. J’ai été à même d’étudier, pour la question qui m’occupe, des collections ethnographiques très-considérables, en Danemark, en Allemagne, en Angleterre, en France, etc., mises partout à ma disposition avec une parfaite générosité; mais je dois avouer que je n’ai trouvé nulle part tout ce que je cherchais. J’ai fait à rétranger la conuaissance de plusieurs hommes éclairés et doués de connaissances scientifiques, qui avaient séjourné plus ou moins longtemps chez des peuples sauvages. J’ai reçu d’eux plus d’un

éclaircissement importantconcernantlamatière,et j’en

(1) Depui;* la prciniorc rdiliou de eel oinra^c (1838) a paru la majrniüque pultlicatiou de Sdnjhraft ; Iwiian Tiibts, que je ii'ai toutofuU pa.s ea main pour le uiomeot.

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