‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 8 sur 156 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

profilerai pour ce Iravaii; mais de ceux que j’ai rencontrés jusqu’ici , aucun n’a pu me renseigner sur tous les détails à l’égard desquels j’eusse désiré recevoir des données à titre de comparaison. La réponse finale a toujours été que l’on n’avait pas fait attention à telle et telle chose que je demandais. C’est ainsi que jusqu’ici je n’ai pu trouver dans aucune collection ethnographique, ni recevoir de personnes qui ont visité les pays où l’on se sert d’ustensiles en pierre, des renseignements sur la forme et la nature de l’outil dont le sauvage doit nécessairement se servir pour confectionner ses lances et ses pointes de flèche, ainsi que pour les retailler lorsqu’elles se sont émoussées par un long usage.

Il existe donc, d’un côté, des lacunes considérables dans notre connaissance des ustensiles des peuples sauvages qui habitent l’Australie et l’Amérique, tandis que, de l’autre, nous découvrons continuellement de nouvelles formes parmi les objets en pierre que les fouilles ou le hasard font presque journellement sortir chez nous du sein de la terre. Les matériaux de comparaison étant donc encore incomplets des deux côtés, je ne puis prétendre donner ici un ouvrage complet, pas même dans une spécialité quelconque de l’ethnographie comparée. Ce ne sera donc qu’une simple esquisse, servant toutefois à prouver, j'en ai la convic tion, que grâce à des efforts suivis et collectifs, celle science ouvrira tout un nouveau champ de connaissances, et que, si nous parvenons jamais à connaître d’une manière certaine les ramifications et les demeures

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primilives des races humaines, ce sera justement par le moyen et sous les auspices de l’ethnographie comparée.

Je ne puis .admettre l’opinion que j’ai souvent entendu exprimer, que toute tentative dans cette direction est prématurée; les premiers essais sont toujours incomplets, mais ils provoquent de nouvelles découvertes, dirigent les regards vers des perspectives nouvelles, et précisément’ par ce qu’ils ont d'incomplet servent de base à des travaux plus profonds et plus éte;idus (t).

J’ai dit plus haut que personne n’a pu me montrer dans sa forme actuelle l’instrument employé parcelle des races primitives du Nord qui était placée au plus bas degré de l’échelle de la civilisation, dans la fabrication de ses haches et de ses pointes de lance en pierre. Depuis longtemps on avait trouvé de ces armes, la plupart en silex, dans le sol et les marais tourbeux de la Suède méridionale, mais on ne pouvait comprendre comment il avait été possible de les confectionner, d’autant plus que souvent ces objets trahissaient une grande habileté de facture et une certaine élégance.

Si l’on s’était fait les idées les plus curieuses sur l’usage de ces objets en pierre, on se livrait à des hypothèses encore plus étranges sur les procédés de leur fabrication. On s’imaginait que les races de ces époques reculées avaient un moyen quelconque d’amollir

(1) Je crois devoir prévenir le lecteur que ces ligpes ont élr édites en 1838, lors de la première édition de cet ouvrage.

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