CHAPITRE DEUXIÈME
besoins de leur alimenlalion (1). Cette hypothèse s’impose à nous déjà par le fait seul que l’on voit même des instruments de pêchect de chasse très-copipliqués, parfaitement identiques chez tous les peuples sauvîiges d'un pôle à l’autre. Ainsi la flèche et l’arc, arme qui n’est rien moins que simple, se trouve chez tous les sauvages, même les plus incultes ; et, comme je viens de le dire, non-seulement on y rencontre cette arme, mais encore elle offie partout une étonnante identité. Voici comment je m’exprimais jadis à cet égard dans un autre travail (2) : «J’y vois la présence d’une Sagesse supérieure qui a donné aussi à l’homme des armes naturelles^ mais ces armes sont telles qu’il faut les jeter comme inutiles au furet à mesure de ses progrès dans la voie delà civilisation. Le lion a reçu de la nature ses griffes acérées, l’ours scs puissantes pattes, le loup ses dents meurtrières ; mais ils les ont reçues attachées à leur corps et ne pouvant se séparer de l’individu. Celuici ne peut se perfectionner. Tout lion est encore, au point de vue de ses aptitudes et de ses moeurs, ce qu’était le lion dont il tire son origine depuis des milliers d’années. L’homme seul est perfectible ; lui seul peut
(I ) Si quelqu'un olijorte que l,i ilifférencc des outils, résull.int de !.■> différence des matériaux, prouve qu'ils ont été faits au gré du caprice humain, et que cette différence réfute la thèse de l'instihrt, je rappellerai seulement que, quoiipie le castor construise sa deuieui-e et l’oiseau son nid par instinct , chaque zoologiste sait toutefois que chez la même espèce aniuiale, la demeure ou le nid se modifie et varie plus ou moins d'après la différence des matériaux de construction et d'autres circonstances locales.
(2) Discours prononcé «u Congri^s des naturalistes Scandinaves à Stocknolm. en |8t2.