SAUVAGES DE IA SCANDINAVIE
identiques entre elles, venant de plusieurs parties du globe, fort éloignées les unes des autres ; j’ai donné en outre; figure 113, une flèche triangulaire de la Scanie et, figure 114, une flèche analogue, de la Pensylvanie. Mais j’appellerai principalement l’attention sur les petites flèches cordiformes, l’une (fig. 106) de silex, venant de la Scanie, et l’autre (fig. 107) d’obsidienne, venant de la Terre-de-Feu. Dans leur forme, dans les procédés de leur confection, dans leui-s moindres détails, et même examinées à la loupe, elles se ressemblent d'une manière si frappante qu’on les croirait faites de la même main et le même jour (1). Et toutefois, les lieux de leur origine sont séparés par l’immense distance qui sépare la Suède de la Terrede-Feu, et entre les époques respectives de leur fabrication existe un abîme tel, que l’une fut façonnée il y a peut-être un peu plus de vingt ans à l’extrémité méridionale de l’Amérique du Sud, et l’autre, en Scanie, il y a pour le moins deox ou trois milliers d’années.
Il est à peu près impossible d’expliquer cette ressemblance parfaite entre les ustensiles de pêche ou les armes de chasse de peuples sauvages séparés par le temps, f espace et la race, sans admettre que tous, placés au même degré infime de civilisation, ont façonné ces armes guidés par leur instinct et sous le poids d’une espèce de nécessité naturelle, pour subvenir aux
(I ) I.a resiembltnce est encor« plus gruide qu’oo ne l'a pu rendre dans les figures.