CRANE DE L’AGE DE PIERRE
La différence entre ces deux races est encore fort sensible, tant an point de vue du dialecte qu’à celui du caractère; mais je dois avouer que, quant à la forme du crâne, cette différence ne me parait pas suffisamment appréciable, pour pouvoir être distinguée.
On trouve aussi, dans diverses parties du Gotha rike (ou Gothaland , comprenant la Suède au-dessous du cinquante-neuvième degré de latitude N.), des différences plus ou moins sensibles de dialecte et de caractère, comme, par exemple, dans les environs de Cimbrishamn (Scanie), dans certaines parties du Smàland , etc. Elles sembleraient indiquer que les hordes qui ont envahi ces diverses régions y sont , quoique appartenant à la même race , arrivées de différents points et à des époques différentes.
J’ai essayé de montrer ailleurs (1), que des colonies de peuples sémitiques, ayant des ustensiles et des armes en bronze, se sont établies dans différentes localités du sud et de l’ouest du pays. Mais leurs crânes n’apparliennent pas à la période dont nous nous occupons. •
Un type crânial; datant de l’âge de pierre, est celui que l’on trouve dans les sépultures à galerie de la Vestrogothie, et que J’ai reproduit planche XIII, figures 236, 237 et 238.
Dans quelques crânes de ce type, que j’ai eu l’occasion d’examiner, je n’ai pas trouvé de différences bien re-
M) S. Nilson, l'Age du lironif.
ir.HAPITRK TROISIÈME.
marquable.s avec les cràues de la race qui habite actuellement le Svéaland ou Svéa rike (Suède au nord du cinquante-neuvième degré de latitude septentrionale) el letiüthaland, maisM.lebaroiiG.deüüben, professeur d’anatomie à l’ficole de médecine ou Institut Carolin {Caroliiix/ca Institut) de StockholiiT, qui en a étudié un plus grand nombre, a donné les différences suivantes (1).
Cl Dans la race suédoise actuelle, la longueur et la largeur du crâne sont entre elles comme 1000 est à 771,87. Dans douze des crânes retirés des sépultures vèstrogoths, ces rapports sont de 1000 à 73 1,43. La plupart de ces derniers crânes ont le front relativement étroit, mais présentent au reste les conditions d’élévation frontale , la largeur des arcades zygomatiques au-dessus des protubérances occipitales, etc., ordinaires chez les Suédois, ainsi qu’une nuque très-allongée. Ce fpii permet de distinguer facilement ces crânes de ceu.r des Suédois actuels, c’est T ensemble de la face et la grandeur des arcs sourciliers. Les protubérances orbitaires, formant chez la plupart d’énormes saillies , sont épaisses et élevées. Le nez parait avoir été fortement proéminent. Le diamètre vertical desorbites est moindre que dans les crânes de la race actuelle ; le diamètre horizontal eS* de grandeur ordinaire. »
Je crois devoir parler d’un type de crâne ancien différent de tous les autres, et surtout remarquable par la localité où il a été trouvé. Lors du Congrès des
(ij Journal ii*archf4»logi4* 1, p. 279.
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SQIIEI.ETTES DES PI, AGES S0UI,EVÏ:ES. 153
naturalistes Scandinaves à Christiania en 1844 (voir /e$ Actes du Congrès, p. 101), je mentionnai les squelettes' humains trouvés à différentes reprises dans les bancs de coquillages du Bohtisliin, à une grande hauteur au-dessus du niveau actuel de la mer. La position de ces squelettes, jointe à l’état intact des couches coquilléres qui lès recouvraient, semble indiquer qu’ils n’y ont pas été enterrés, mais qu’ils y ont été enfouis accidentellement à l’époque où ces bancs constituaient encore le lit de la mer. Dpu.\ squelettes humains furent trouvés en 1843 dans un lit de coquillages à Stângenas, paroisse de Bro, à une faible distance du rivage actuel de la mer. Ils étaient à 89 centimètres audessous de la surface du lit; les coquillages, au-dessus comme au-dessous des squelettes, formaient des couches horizontales qui n’avaient pas subi le moindre dérangement. Les crânes se trouvaient à environ 50 centimètres l’un de l’aglre , mais les corps allaient dans des directions opposées. Les jambes de l’un étaient écartées, celles de l’autre étendues en avant. Tout paraît indiquer qu’ils représentaient des individus morts violemment, et qu’une partie du banc de coquillages s’était ensuite formée sur eux. Ce bancest actuellement à une hauteur d’au moins 100 pieds au-dessus du niveau actuel de la mer. Les deux crânes, . malheureusement brisés, et un fémur seulement furent conservés. J’en ai déposé les fragments au musée de Lund. J’ai fait reproduire, planche XV, ligures 253, 254, 255, une partie du plus grand. Il diffère sensiblement des crânes de toutes les races actuelles de la