‹ Les habitués des prisons de ParisChapitre 103 sur 132 · DES DIFEÊRENTS GE.N'KES DR DÉDITS ET · texte numérisé non relu

DES DIFEÊRENTS GE.N'KES DR DÉDITS ET

celles qui rapporlcnt. Que ce soit à Alexandrie, à Naples, à Itologne, à Marseille, à Paris, il ne se dément jamais. Habitué à faire payer les femmes, il demande à la mort de l’une d’elles les ressources que la vie des autres lui avait si souvent procurées. » (Voyez 'planche ni, h- Mais, parmi les meurtriers, il en est qui, tout en tuant pour voler, n’ont agi que dans un moment de délire du sens moral et d’annihilation de la volonté produits par l’alcool. Tel, qui tua pendant l’ivresse, verrait le couteau lui tomber des mains s’il était à jeun.

Exemple l’histoire de ce jeune assassin célèbre à son heure. Cornu est un garçon de vingt-deux ans, à la physionomie insignifiante, plutôt douce. Son père est un ivrogne; il boit de l’absinthe ; de plus, c’est un homme nerveux et violent. Un de ses frères est également un ivrogne et il a déjà subi deux condamnations pour violences et batteries.

D’un caractère violent, emporté et toujours prêt à frapper. Cornu a subi trois condamnations pour batteries. Depuis longtemps déjà il ne travaillait plus, passant son temps à boire, surtout de l’absinthe. (Voyez planche 1^ ficj . 1)

Dernièrement, C... avait fait connaissance, au hasard des rencontres, d’un individu avec qui il passa toute une journée à boire. Le soir, son nouvel ami lui montra des billets de banque dont il était porteur. Aussitôt une convoitise s’alluma dans l’àme de Cornu enivré, et il résolut de s’emparer de cet argent qui lui procurerait de longues journées d’ivresse et de plaisir. Toute la soirée cette idée le hanta. Il réussit à entraîner son camarade dans une carrière, aux environs de Paris, et là, après l’avoir assassiné à coups de couteau et de talon de botte, il le dévalisa. Au bout de deux jours, il vint se remettre entre les mains do la justice, n’ayant presque pas touché à l’argent.

Condamné à mort par le jury de la Seine, Cornu a été gracié

nKS DIFFÉRENTS GENRES DE DÉLITS ET DE LEURS MOBILES

par le président de la République. 11 ne témoigne aucun remords et semble plutôt ahuri de ce qui lui est arrivé. « C’est un grand malheur, dit-il ; je ne sais pas ce que j’avais dans le corps ce soir-là. »

Néanmoins, le meurtre a beaucoup plus souvent pour mobile la vengeance que le vol. Le voleur ne tue que quand il ne peut faire autrement, quand le volé résiste et menace. L’homme qui se venge, emporté par la colère, une passion toute-puissante, va droit à celui qu’il déteste et le frappe ouvertement, le plus souvent sans essayer de se sauver et de se dérober au châtiment.

V... est un ouvrier d’un caractère emporté. A la suite d’une discussion où il avait sans doute montré trop de vivacité, un contre-maître le fit mettre à la porte de l’atelier où il travaillait. Ce fut pour lui un gros crève-cœur et en même temps une perte d’argent. Quelques jours après il rencontra le contre-maître dans la rue ; il lui sembla que son ennemi souriait, insultant à sa défaite ; il se précipita sur lui et le frappa d’un coup de couteau. V... fut condamné à cinq ans de réclusion. C’était sa première condamnation.

Dans ce cas, comme dans ceux précédemment cités, nous voyons toujours reparaître l’influence prépondérante de l’alcool. L’homme bien équilibré sait dominer sa haine et sa colère; l’héréditaire, dont la volonté est affaiblie, résiste beaucoup moins bien ; si l’alcool s’en mêle, il est perdu. Un exemple.

II... a vingt et un ans; il est originaire de Paris. Son père est nu ivrogne, et depuis sept ans il a déserté le domicile conjngal.

II... sait lire et écrire. C’est un individu à face jésuitique, au fi-ont étroit, au lobule de l’oreille énorme, aux yeux petits et enfoncés comme ceux du porc, avec des troubles vaso-moteurs; il rougit à la moindre émotion et pâlit de même. Ivrogne comme, son père, il a déjà subi précédemment deux condamnations pour

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vol. Depuis longtemps il ne travaillait pluS;, vivant de l’argent que lui donnaient ses maîtresses. Dernièrement, le frère de Tune d’elles vint, je ne sais trop pour quoll« raison, lui chercher querelle chez un marchand de vin, où il était attablé avec des amis. La discussion dégénéra vite en rixe, et 11..., excité par 1 alcool, tira son revolver. Sa maîtresse,, qui s’était jetée entre les deux adversaires pour les séparer, reçut trois balles qui, heureusement, ne lui firent que de légères blessures.

Mais le plus souvent à la vengeance se joint la jalousie, et on sait avec quelle fréquence ces deux passions combinées poussent au meurtre. Tel est l’amant qui tue sa maîtresse infidèle, tel est le mari trompé qui tue l’amant de sa femme.

Les individus qui se rendent coupables d’outrages et d’attentats à la pudeur appartiennent à des catégories très différentes.

Il y a d’abord le pochard, qui se montre trop expansif et trop galant avec une dame inconnue et revêche, ou bien qui fait publiquement une plaisanterie de mauvais goût.

Un ouvrier ayant d’excellents antécédents, un jour de noce, se paye un fiacre. Une fois dans la voiture, il se sent pris du besoin d’expulser le superflu de la digestion, comme dirait Sganarelle. Pourquoi pas dans le fiacre ? L’idée lui semble drùle et le remplit d’une folle allégresse. « 11 faut qu je ch... dans ton sapin! » crie-t-il au cocher. Celui-ci proteste. « 11 faut que je ch... dans ton sapin! » hurle l'autre en faisant ses préparalifs. Le cocher furieux finit par jeter dans la rue le j)ochard déculotté.

DES Dll’KÉUENTS GENllES DE DÉMTS ET DE EEUUS MOlilLES l)li)

Les agents interviennent et notre homme est condamné pour outrage public à la pudeur.

G... est un journalier de cinquante ans, se livrantde temps en temps à des libations exagérées. Ces temps derniers, se trouvant un peu allumé, il pince les fesses d’une femme dans un omnibus. La dame n’admit pas la plaisanterie, et, malgré des excuses dans le genre de celle de Piron à la dame de la cour, elle porta plainte. C... fut condamné à trois mois de prison.

P... est un garçon de dix-sept ans, fils d’ivrogne et ivrogne lui-mème. Il a déjà subi deux condamnations pourvoi à l’étalage. Ces jours derniers, un ami vint le trouver et lui proposa « une bonne partie de rigolade ». Il s’agissait d’attirer une jeune fille du voisinage qu’on s’amuserait à violenter. P..., qui trouvait la chose drôle, accepta et se trouva au rendez-vous. Il se contenta, selon sa propre expression, de donner un coup de main à son ami, en tenant les jambes de la jeune fille récalcitrante.

A coté de ces accidentels, on a les habitués, ceux qui font métier de la prostitution, et en particulier les pédérastes, qui se font pincer en raccolant trop ouvertement ou en s’adressant à des gens vertueux et mal disposés. Tous les jours les agents des mœurs arrêtent un certain nombi’e d’individus pour ce motif.

D..., quarante-quatre ans, originaire de Bar-sur-Seine, est un ancien frère ignorantin. Chassé d’une maison religieuse pour inconduite, il vit depuis plusieurs années de pédérastie. Des agents l’ont trouvé accouplé avec un autre individu dans les pissotières de la place Saint-Sulpice. Bien que ce soit sa première condamnation, il présente des signes physiques évidents de pédérastie passive. {Voyez fiy. 69.)

C... est un garçon de dix-huit ans qui a perdu ses parents très jeune. Faible de caractère et de volonté, nature froidOj indifférente et sans énergie, livré de bonne heure à lui-même, il prit vite des habitudes de paresse qu’il ne put conserver

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