I.RS ÉPILEPTIQUES DANS LES PUISONS
i‘om[)lironl la prison, so promenant, dans son cacliol comme une l)ète effarée, le visage ensanglanlé. An dire des gardiens, il se serait frappé la tête contre les murs; lui prétend au coniraire avoir élé frappé par le jiremier gardien (1..., individu notoirement grossier et brutal. Le soir il se calma, demandant grâce ; malgré ses supplications, on le ramena en cellule. (L... a conservé de tous ces faits un souvenir assev: précis, et lorsipi’on lui demande pourquoi il a agi ainsi, il répond qu’il s’ennuyait trop et ne pouvait supporter la cellule.
A la suite de toutes ces tribulalions, C...,qne la cellule brisait, fut pris d’un violent mal de tête qui ne lui laissait même plus de repos la nuit. On dut le prendre à l’infirmerie, et la première nuit qu’il y passa il eut deux attaques d’épilepsie. Au dire de ses voisins, il poussa un cri, puis il fut pris de convulsions qui le jetèrent hors de son lit. Le lendemain, dans la matinée, il eut une nouvelle attaque avec perte de connaissance. Au moment de la visite il était encore complètement abruti, ne répondant point aux questions qu’on lui posait. De plus il présentait des traces de morsures sur le côté gauche de la langue, qui était livide, presque noire, avec des bords déchiquetés et sanguinolents. La mastication était douloureuse et le malade pouvait à peine parler.
J’interrogeai C... minutieusement, et à plusieurs reprises ih m’aflirma qu’il n’avait jamais eu d’attaques nerveuses de ce genre. Je n’hésite point à incriminer ici et la cellule et les mauvais traitements qu’il a reçus.
Ces faits méritent d’être pris en considération. (Jnand un éjiileptique entre on piâson, pourquoi no scrail-il pas isolé dans un quartier spécial et sontnis à de fréquenlos visites médicales?