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Mais, si la vie en commun avec les autres délenus présente des inconvénients [)our les épil('pti(|U(^s en prison, la vie en celluh'
LUS ICIMLlil’TKjL'KS DANS LKS IMtlSONS
(Ml pressente d'aulres jieuL-i^lre encore jiliis graves. D’abord, un (>l)ilepli(|uc enfcrint^ seul dans une cellule telle (|u’elles sont aménagées actuellement, jieut, pendant son altacpie ou sous l’inlluence (riiallucinations, se blesser grit'vement el im'une se suicider. D’auti'e part, il n’est pas rare de rencontrer des éjiilepti([Lies chez (jui la cellule produit plus ({ue de l’ennui, mais une espèce de frayeur angoissante qui augmente la fré([uence des attaques. Je citerai ici seulement deux exemples très nets.
D... adix-sept ans; il est camelot. Il ne peut donner de renseignements précis sur ses antécédents héréditaires, mais il assure qu’il n’y a aucun épileptic^ue dans sa famille. C’est un garçon à la physionomie douce, assez éveillée, au front étroit, à la chevelure abondante, aux oreilles un peu écartées, à la bouche petite. Il sait lire et écrire. Chez lui la puberté est retardée : son pubis est glabre, sa verge grosse comme un roseau, scs testicules petits. Néanmoins il assure qu’il a eu (juclques rapports avec des gamines de son quartier.
Un jour que II... se promenait aux environs de Paris, il lui tomba une grosse branche d’arbre sur la tète ; il avait alors cinq ans. Ses premières attaques d’épilepsie se manifestèrent à la suite de cet accident ; elles reviennent à peu près tous les mois, et, selon lui, elles suivraient assez régulièrement les phases de la lune. Il tombe en poussant un cri, perd connaissance et se mord la langue.
B... vient pour la première fois en prison: il s est lait condamner à quinze jours pour un acte de violence. Un jour (|u il avait de l’argent, il se laissa entraîner à boire plus que de raison,
puis, à la suite d’une discussion avec le propriétaire de la maison où il habite avec sa mère, il entra dans une violente colère, menaçant de frapper avec [son couteau et brisant les vitres. Depuis trois jours ([u’il est en prison, il dort mal, son sommeil est troublé par desn^ves tcrriliants. Et puis la solilude
l.liS KlMLEl'I'lnüliS DANS NOS IMiKSUNS
relVriiic;au dehors il ii'u jamais |)U Iravailler eu atelier, parce ([lie, dil-il, il a besiuii d’air et de moiivemeiil. La cellule le remplit d’augoisse ; aussi, depuis sou entrée, il a déjà ou trois atlaipies. 11 est impossible de ne point altribuer ce retour et celte fré([ueuce des attaques à remprisouuomeul cellulaire.
L'observation suivante est encore plus jirobaute.
L... est âgé de vingt-quatre ans; il est originaire du Cantal. Selon lui il n’existerait aucune tare nerveuse chez ses ascendants, et aucun des collatéraux, ([ui sont au nombre de dix, ne serait épileptique. C'est un individu ne sachant ni lire ni écrire, à la ligure inintelligente, au crâne ajilati d’avant en arrière avec exagération du diamètre transversal, au front étroit et fuyant, au regard sournois et faux. Depuis l’àge de dix-huit ans, époque de sa venue à Paris, il fait presque journellement des excès de vin cl d’alcool. D’un caractère violent et emporté, il est prompt à lever la main et à frapper; aussi il a subi trois condamnations ])Our ivresse et batteries.
Durant ses deux premiers séjours à la Santé, C... eut une conduite à peu près irréprochable. Pendant qu’il purgeait sa Iroisième condamnation, il se fit mettre une première fois pour quinze jours au cachot à la suite d’une rixe dans un atelier avec un de ses codétenus. Sa punition finie, on le ramena à l’atelier : il fit la mauvaise tète et refusa de travailler; on dut le déclasser et le mettre en cellule. Alors un ennui immense s’empara de lui. « Je n’avais rien à faire, dit-il, et je ne savais pas môme lire pour passer le temps, qui me paraissait d’une longueur désespérante ». Il menaça de se suicider, fit tant et si bien qu’on le remit au cachot. Il fut pris alors d’une espèce de manie furieuse, menaçant de tuer ses gardiens, déchirant ses habits, 'foute une journée on le laissa dans son cachot, complètement nu, par une température assez rigoureuse, les fers aux mains et aux pieds; toute la journée il poussa des hurlements lamentables (jui