‹ Les habitués des prisons de ParisChapitre 44 sur 132 · ÉTUDE .MOIUMIOLOGIQUE ET PHYSIOLOGIQUE DU CHI.MI.NEL · texte numérisé non relu

ÉTUDE .MOIUMIOLOGIQUE ET PHYSIOLOGIQUE DU CHI.MI.NEL

quenl suscoplibles d’ôlre répartis on plusieurs grou])es etliuiques. Ils sont arrivés aux conclusions suivantes ;

Le crâne est remarquable par un développement horizontal généralement au-dessus de la moyenne.

Les types sous-bracbycéphale, brachycéphale et mésaticéphale l’emportent de beaucoup sur le type dolichocéphale.

La proportion des asymétries est énorme : elle varie peu dans les diverses catégories;, et, dans l’ensemble des criminalités, elle est de 6o,3 % i elle est à son maximum(70,3)chcz les condamnés pour attentats à la pudeur ou pour viol; à son minimum (60,0) chez les condamnés pour attentats contre la vie.

Les déformations suivant la courbe verticale transverse sont surtout remarquables chez les voleurs; chez eux, et chez les condamnés pour attentat à la pudeur, on rencontre un certain nombre de crânes carénés.

Les déformations suivant la courbe médiane antéro-postérieure sont communes dans tous les groupes : elles répondent surtout à un aplatissement de la région hregmatique et de la région pariétale postérieure.

Ces résultats complètent et confirment ceux obtenus par Broca, Bordier et autres.

J’ai fait pour ma part trop peu d’autopsies de criminels ])Our oser formuler une opinion personnelle. Tout ce que je puis dire, c’est de répéter ce que j’ai déjà dit dans un des chapitres précédents : j’ai mesuré le crâne d’un grand nombre de détenus à la prison de la Santé, et la moyenne de leuiindice céphalique m’a paru en général inférieure à celle indiquée par Broca comme la moyenne normale. Les criminels seraient donc, comme le soutiennent les chefs de l’école criminologiste italienne, sinon des microcéphales, au moins des submicrocéphales.

312 ÉTUDE .MOlU'IlOLOUlnL’E ET l’il VSlOLOGJnUE DU CHl.MINEL

Quant au cerveau des criminels, je ne saurais mieux faire que de reproduire ici un passage de l’excellent article de Fallot sur les cerveaux des assassins Tegami et Esposito (1). L’historique de la question y est admirablement résumée.

11 commence par s’occuper du poids du cerveau. « Déjcà, en 1836, dit-il, Lilut avait pesé dix encéphales de malfaiteurs guillolinés; si l’on tient compte de l’inlluence que ce genre de mort a dû avoir sur les nombres obtenus, on leur trouve, au dire de Topinard, une moyenne au-dessus de la normale (2). Depuis cette époque, de nombreux résultats de pesées ont été publiés. — Le cerveau de l’assassin Prévost, pesé par Broca, accusait 1,422 gr., poids un peu supérieur à la moyenne donnée par les sujets du même âge que lui (quarante ans), Prévost, dit l’illustre anthropologiste, appartenait à la catégorie des assassins intelligents, dont le cerveau est ordinairement plus grand que la moyenne. — L’encéphale de Menesclou pesait 1,382 gr.^ d’après Chudzinski; celui de Campi pesait l,3o7 gr., d'après le même auteur. Ce poids paraît représenter à peu près exactement la moyenne obtenue chez l’adulte; celle-ci, en effet, d’après les résultats fournis par plus de mille pesées, est, pour les sujets décédés dans les hôpitaux, de 1,361 gr.. — Celui de Pranzini pesait 1,280 gr., c’est-à-dire qu’il était très notablement audessous de la moyenne.

« Deux auteurs italiens, Varaglia et Sivon, ont reproduit, d’apres les registres du ])rofesseur Ciaccomini, le poids de

[Y) y o\GZ Archives de Vant}^ropolo(jie criminelle,

(2) Eléments d'anthropologie générale, p. 514.

ÉTUDE MOUPIIOLOÜDJLE ET PlIVSlOEUGDjUE Dü CUI.MINEL

qiuiranle-deux encéphales de criminels; ils varienld’un minimum de 1,030 gr. à un maximum de 1,328 gr. ; les encéphales pesant de 1,130 à 1,100 gr. . sont de beaucoup les plus nombreux (1).

« Le docteur Néis, chirurgien de la marine, a pesé vingt encéphales de Mois et d'Annamites criminels, morts au pénitencier de Poulo-Condor; il a trouvé un minimuni de 1,138 gr.,; un maximum de 1,337 gr. Trois pesaient de 1,100 à 1,200 gr. ; six de 1,200 à 1 ,300 gr. ; cinq de 1 ,300 à J ,400 gr. ; cimi de 1,400 à 1,300 gr.; un seul plus de 1 ,300 gr. Il est à peine besoin do faire remarquer que, ces sujets étant de race tout à fait exotique', ces pesées ne sont nullement comparables aux précédentes.

« Ilusche a pesé vingt cerveaux d’aliénés^ de criminels, de suicidés; il leur a trouvé 123 gr. de plus que chez vingt sujets normaux, pris comme terme de comparaison.

« Undes plus intéressants travaux provoqués par cette question est dû à Bischolf. Dans un remarquable mémoire paru en 1880, le savant anatomiste a donné les résultats de pesées comparatives exécutées sur les cerveaux de cent trente sept criminels et de quatre cent vingt-deux normaux; il a trouvé, pour les cerveaux de poids inférieurs et moyens, nombre à peu près égal de criminels et de normaux; au contraire, pour les cerveaux pesant de 1,400 à 1,300 gr., les criminels seraient dans la proportion de 24 0/0, les normaux, dans celle de 20 0/0.

« Topinard résume les résultats fournis par dix-huit pesées d encéphales de criminels, parmi lesquels figurent les cas deLilut, de Darchappe et ceux de son laboratoii e; il a ti-ouvé un poids vai-iant de 1,183 à 1,390 gr., avec une moyenne de 1,330 gr. Si, dit-il, on compare ces nombres avec ceux que les recherches de Hroca assignent à Tencéphale d’individus du même âge, on

(i) Revue, d'anthropologie, lS8ü, {). 8i5i.

Page 1