L.V LITTÉRATURE DANS LES PRISONS
OU au cabaret du p('>re Lunette, D’ailleurs, elle m’a i5té donnée par un habitant de ces parages.
La voici.
Il est minuit sonné,
Goippeur (1), il faut rentrer;
Les agents vont passer,
Tu vas t’faire enfiler.
Car la vie n’est pas tranquille Pour les goippeurs de la Courtille; Toujours goipper,
Jamais massé (2),
Sur les boulevards,
Je le dis d’un franc cœur,
Que les goippeurs N’ont pas de bonheur.
Nous sommes dans le trou,
Nou.s n’avons pas le sou;
Nous sommes dans l’embarras,
Nous n’avons pas d’ tabac.
Car la vie, etc.
Sur le port de Toulon Nous nous rassemblerons Pour voir défiler Tous les disciplinés.
Car la vie, etc.
Mais le sentiment qui prédomine dans toutes les poésies des criminels-, c’est la haine. On admire le meurtrier, on glorifie le vol, et le crime est placé sur un piédestal. Telles sont ces chansons que IlepwoiTh Dixon dit avoir entendu chanter dans
(1) Synonyme de .soiffard et ivrogne. •
(2) Jamais arrête.
LA UTTHUATLIU!; DANS LES IMUSONS
les bagnes et les prisons, (’/esl une invitation au pillage et à l’assassinat.
Que peut me rapporter ma bêche?
Si mes mains sont vides, si mon cœur est soulfrant.
Un couteau! un couteau! Mon ami est dans la forêt.
.Te pillerai le marchand dans sa boutique,
.Te tuerai le noble dans son château,
.T’enlèverai de l’eau-de-vie et de belles filles,
Et le monde m’honorera comme un roi.
Voici une chanson qui a été saisie à la prison de la Santé par un gardien. L’auteur, qui avait subi plusieurs condamnations pourvoi, n’y déguise nullement son admiration pour le vola main armée.