LA POI'LLATION UES PUISONS UE PARIS
service anthropométrique, OÙ l’on pourra trouver toutes ces statistiques très complètes. Qu’il nous suflisc de savoir que les six {irisons de Ihiris renfeniient jilusieurs milliers de criminels, ({u’elles expédient chaque jour un grand nombre de condamnés et de forçats dans les maisons centrales et les bagnes, qu’enlln leur population se renouvelle très vite et qu’elles sont toujours jileines.
Lue autre question de statistique bien plus curieuse a été soulevée et résolue par le Professeur Lacassagne. 11 admet nue connexion plus ou moins étroite entre les impulsivités criminelles et la marche de la température. Selon lui, les crimes jiersonnes augmentent avec la température et atteignent leur maximum pendant l’été tandis que les crimes propriétés prédominent pendant l’hiver où la misère est plus âpre, la consommation de l’alcool plus grande et les attentats mieux favorisés par la longueur des nuits. M. Lacassagne qui a observé un grand nombre de faits, les a classés sous forme de calendrier. Si on étudie ce calendrier reproduit ici^ on voit qu’en France, {lays à saisons bien tranchées,, la température élève qualitativement la criminalité,, c’est-à-dire la dirige {îlus particulièrement vers l’attentat de haute intensité, celui qui se traduit par le meurtre et le viol.
Le D’’ Corre qui a fait des recherches analogues à la Guadeloupe, pays a temjieralure élevée et uniforme, a constaté au contraire que le maximum de la criminalité coïncide avec les ininima thermiques (t). Voyez le grajihique re|3roduit ici et empiuute a son livre. « A mon avis, dit-il, dans un milieu intei tropical, a température élevée et uniforme, comme la Guadeloupe, la chaleur énerve plus qu’elle ne stimule, affadit plus quelle U excite et c est jirécisément quand elle devient sinon
0) Dr Corre. Le crime en pcuje creole, chez Sinrck, Lvon I Acocnt et diL Magi.-^firit)
{.Bibliothèque de
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plus Lcmpél'ée dans sa moyeinio, au moins plus heurtée, i^ràce à des écarts saisonniers entre scs extrêmes, que l’organisme semble renaitre à une vie active ; les énergies cérébrales, en torpeur de juin à novembre, se raniment de décembre à mai, et c’est avec les fraîcheurs du premier semestre que les impulsivités se traduisent avec j)lus d’éclat par le crime^ chez les natures prédisposées ».
Enfin, à la prison de la Santé, j’ai observé un fait d’ordre un peu différent mais non moins digne d’être noté. Chaque matin le médecin ou l’interne de service passent en revue tous les nouveaux détenus arrivés de la veille. Dans le courant de la semaine, le nombre des nouveaux variait entre cinq et vingt au plus. Le mardi,, jour où l’on passait en revue la plupart des individus arrêtés le samedi et le dimanche, le nombre des arrivants variait entre cinquante et quatre-vingts ; le mercredi où l’on examinait les individus arrêtés le lundi, le chiffre des arrivants tombait de vingt à cinquante pour descendre le jeudi et les jours suivants de cinq à vingt.
C’est là un fait constant où l’on n’a pas de peine à reconnaître l’inlluence de la paie du samedi, du repos du dimanche et quelquefois du lundi consacrés à l’alcool et à toutes ses conséquences; ivresse, tapage nocturne, insultes aux agents, violences, rixes etc.