NATURE ET QUALITÉ DE L'HALLUCINATION
Nombre des sujets du ta^
bleau I qui ont eu l'hallucination
L'odeur particulière de la personne évoquant la détresse, l'agonie, la souffrance
Odeur d'église ; chrysanthèmes et funérailles
Odeur de cadavre ; de cjnelque chose de nauséabond. Odeur de sang
Odeur familière à la personne qui formait le sujet de l'hallucination...
Parfum préparé ; odeur artificielle . .
Goût de pharmacie, ether, chlorophorme, médecine
Parfum indescriptible, mélange qui évoque une tristesse imminente et l'idée du malheur
Je me réserve le droit de publier un jour tous ces documents curieux sur les hallucinations télépathiques : le regret de ne pas pouvoir les rappeler ici me vient surtout à propos des hallucinations olfactives. Il y a là tout un domaine sensoriel intéressant à connaître, particulièrement sur ce
que les sujets appelaient « l'odeur de la personne ». L'hallucination se présentant sous la forme olfactive suggère en effet la réalité de la personne. « C'est comme si elle existait », me disait un sujet. « Elle est à côté de moi, je la sens d'après l'odeur particulière qu'elle dégage». « Pourquoi ce parfum d'iris avec cette odeur douce que Madame X. exhale, est-il présent dans l'atmosphère ambiante? me disait un autre. Chaque aspiration me fait penser à elle par le parfum que j'aspire et c'est bien son parfum favori, c'est bien elle ». Et cette odeur emplit l'atmosphère dans laquelle le sujet éprouve son hallucination, évoquant avec elle un état psychique particulier de la personne lointaine ou absente, dans la plupart des cas un état de souffrance, de douleur, de situation pénible. Sur quoi repose cette odeur particulière d'une personne, ce n'est pas ici le lieu de le discuter; contentons-nous de dire qu'elle existe et que dans la vie sociale et sensorielle elle joue un grand rôle.
La plupart de ces hallucinations sont généralement accompagnées d'autres hallucinations associées; nous n'avons compté que le choc initial, l'hallucination première qui avait suggéré tout un cortège d'activité mentale. En d'autres mots la sensation qui avait provoqué un effort mental quelconque. Il y avait bien rarement des hallucinations sensorielles différentes qui avaient lieu presque en même temps : une hallucination auditive concordant avec une autre visuelle.
Nos observations confirment la prédominance
des hallucinations visuelles, fait d'ailleurs très bien mis en évidence par l'enquête de la Société des Sciences Psychiques de Londres ^ Les chiffres publiés à ce propos sont assez concluants.
L'explication donnée par MM. Gurney, Myers et PoDMORE comme la vraie cause de cette prédominance, insistant sur les trajets des excitations des centres idéationnels supérieurs aux centresensoriels est une pure hypothèse, qui n'a d'autre qualité que son ing^éniosité. A notre avis la cause tiendrait simplement au fait, que la plupart des hommes sont visuels et que les hallucinations ne font qu'entrer dans le cadre des phénomènes subjectifs intellectuels.
De ces 40 cas où il y avait eu une certaine concordance, il y a 21 hallucinations visuelles, 10 hallucinations auditives, 4 hallucinations tactiles et S hallucinations olfactives et l'espace dans lequel elles avaient eu lieu variait de 6 à 60 heures, dont 19 avant que le phénomène réel ait eu lieu et 21 après l'existence du fait qui aurait pu provoquer l'hallucination télépathique. Encore une fois constatons que la prédominance est du côté des hallucinations visuelles.
Les principales conclusions qu'on peut tirer de ces documents sont à mon avis les suivantes : énumérons les, comme des résultats immédiats de chiffres, avant de les interpréter.
1° Non seulement les hallucinations soi-disant télépathiques existent, mais encore elles se ma-