‹ Les hallucinations volontaires (l'état hallucinatoire)Chapitre 16 sur 29 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Lt! chirurgien était seul tivec uioi duraiil l'iipôrallon, ma chambre se remplit de figures humaines de toutes espèces ; cette hal- IneinalioQ continua sans interruption jusqu'il 4 heures 1/2, épo- (jue à laquelle ma digestion commen^'ail. Je m'aperçus que les mouvements do ces fantômes devenaient plus lenls. Bientôt Bprés, ils commencèrent il pAlir. et à 7 heures, ils avaient pris une teinte blanche ; leurs mnuvcmenls ('-taient très rapides quoique leurs formes fussent aussi distinctes qu'auparavant. Peu h peu ils devinrent plus vaporeux, parurent se confondre avec l'ail', tandis que quelques parties restèrent encore visibles pondant un temps considérable. A environ 8 heures, la uhonibre fut loHt i fait débarrassée de ces visiteurs fantastiques, ii

Ainsi s'exprime à son tour le mangeur d'opium : « La première chose qui me força de remarquer en moi un changement notable, fut le retour de ces visions auxquelles l'enfance seule où les grands états d'irritabilité sont sujets.

Dans le même temps, un changement reparut dans mes rêves ; un théâtre semblait tout à coup s'ouvrir et s'éclairer dans mon cerveau et me préseiiler des spectarles de nuit d'une splendeur plus qu'huuiaine...,

Il tue semblait chaque nuit que ji; descendais, non pus en métaphore, mais littéralement dans des souterrains et des abîmes sans fond, el je me sentais descendre sans jamais avoir l'espérance de pouvoir remonter. Même k mon réveil je ne croyais pas avoir remonté.,..

Le cadavre arrivait jusqu'à moi sans parler et se couchait sur moi ; c'était alors une sensation effroyable, un cauchemar dont rien ne saurait approcher ; car outre le poids de sa masse informe dégoûtante, je sentais une odeur pestilentielle découler des baisers dont il me couvrait...

Les circonstances les plus minutieuses de l'enfance, les scènes oubliées de mes premières années, revenaient sott- Tent dans mes songes ; je n'anrais pu me les rappeler, car si on me les avait racontées le lendemain, je les aurais cherchées vainement dans ma mémoire, comme faisant parlie de ma propre expérience

Au moment où s'augmentait la faculté de créer, dans mes

yeux, une espèce de sympathie s'établissait entre Tétai dei rêve et l'état réel ou je me trouvais..,.

Tous les objets qu'il m'arrivait d'appeler et de retracer volontairement dans l'obscurité, étaient aussitôt transformée en apparition

Je la voyais paraître comme un fantôme et par conséquent apparemment inévitable, une fois ainsi tracée en couleurs imaginaires, comme un mot écrit en encre sympathique, elle arrivait jusqu'à un éclat insupportable qui me brisait le cœur,

A la fin, je ne pouvais penser à une chose dans les ténèbres, sans qu'aussitôt elle m'apparut comme un fantôme. » (')

Nous aurions pu étudier l'état hallucinatoire dans les diverses formes mentales, mais ce travail nous aurait entratné trop loin,

Aussi imparfaite qu'a été cette étude sur cet état très mal connu que nous avons nommé l'état hallucinatoire, je crois qu'elle aura été suffisante, pour que je puisse, à présent, affirmer que s'il est un état pathologique capable de transformer les images faibles de la représentation mentale normale, en images fortes égales en tous points aux hallucinations, c'est l'état hallucinatoire.

(1) L'anglais mangeur d'opium. Paris 1828.

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