‹ Les hallucinations volontaires (l'état hallucinatoire)Chapitre 15 sur 29 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

cependant il finissait loiijours par reronnaîlie une perf

en ce que sps Iraits étaient plus finis et plus arrêtés que ceux

des fantômes.

11 serait facile de retrouver dans diverses observations tous les degrés de netteté de l'image.

Ce qui s'observe, du reste, chez plusieurs types d'individus, à étal hallucinatoire plus ou moins développé, s'observe au.ssi souvent chez le même malade dont l'état hallucinatoire se développe ou s'exagère momentanément.

Il n'est pas rare de voir des hallucinations d'abord vagues et confuses se dessiner, se caractériser de plus en plus chez le même malade « ainsi, dit Macario, qu'un menteur, à force de répéter un mensonge finit, petit à petit, par le regarder comme une réalité. »

Dans un même accès d'hallucination, celle-ci, d'abord très vague, se développe souvent progressivement, pour s'atténuer ensuite graduellement avant de disparaître toutàfail.

Le spectre que Spinosa vit à Rinbourg, disparut graduellement en affaiblissant ses teintes. Ignace Martin dit, en parlant de son fantôme : « Ses pieds seriihlèrent s'élever de terre, sa tête s'abaisser et son corps, se rapetissant de la circonférence au centre, cessa d'être visible quand il en vint à la hauteur de la ceinture. H Michéa('}raconte qu'un de ses malades, qui avait des hallucinations de l'ouïe très fréquentes, les vil disparaître dans un voyage. Au fur et à mesure qu'il approchait de sa ville natale, les voi.\ perdaient de leur force et semblaient moins nombreuses. Quand il y fut entré, elles disparurent complètement.

4" Mmlificatioit dans les comlUions de production de l' kallucinalion et dans sa stabilité. — Mais il csl encore toute une série de faits qui nous permettent de juger du développement de l'état hallucinatoire. Je veux parler des conditions dans lesquelles se produisent les hallucinations, delà facilité avec laquelle elles apparaissent, enfin de leur plus ou moins grande adhérence.

(1) MicHÉA, Délire da sensatiuiis.

ÉTAT HALLTinraATOIHÏ

Chez certains malades, l'halliicinalion ne se produit qu'en présence d'une des circonstances favorables que nous avons énoncé plus haut.

L'étal hallucinatoire n'étant que peu développé, il faut, pour ainsi dire, qu'il vienne s'y adjoindre une force nouvelle, pour que l'hallucination se produise ; mais, k mesure que cet état prend plus d'extension, ces conditions favorables deviennent de moins eu moins utiles, et à la fin, le malade peut tout à fait s'en passer. Il semble même exister une sorte de gradation dans les moyens de moins en moins puissants, qui servent à produire l'hallucination. Tel malade, par exemple, qui n'avait des visions dans la période hypnag-ogique, au moment de s'endormir, en a ensuite, les yeux ouverts dans l'obscurité ; enfin, à toute heure du jour, dès qu'il baisse les paupières.

Enfin, il se produit dans beaucoup de cas, ce que nous voyons se produire cKe/, les toxiques, un état hallucinatoire fort et durable qui suffit à lui seul, pour procurer des hallucinations, sans aucune intervention étrangère. Chez les mangeurs d'opium, par exemple, nous voyons, à la suite des absorptions répétées, se produire nue aptitude particulière à percevoir des hallucinations, même en dehors de toute ingestion de' toxique. Il est même remarquable de voir que les fausses perceptions n'pnt lieu qu'à la suite d'une sorte d'entraînement et de prises répétées de poison.

Chez beaucoup de malades aussi, comme chez les mystiques, l'influence de la première hallucination vient aider puîssamiiienl l'état hallucinatoire h se développer.

Maury constate, que pour aller au Sabbat, les sorciers devaient se soumettre à l'onction magique.

Les sorciers émérites, il est vrai (état bail, développé), pouvaient s'en passer, mais cette pratique était de toute nécessité pour les apprentis sorciers.

Nous avons déjà dit plus haut, à propos du rôle que parait jouer la suspension des sensations externes dans la production des hallucinations, que la faculté d'écarter la fausse perception, en fixant son attention sur un autre objet, était d'autant plu» prononcée que l'étal hallucinatoire était moindre.

76 cBAPrriiï tv

En effet, bien des malades, par Ip fait iiirinc iju'ils rappd tcnt leur esprit sur l'exislence rt^cUe de l'halluciiialioii. la font disparaître. D'atiln's, plus gravement atteiiits. sont obligés de s'occuper, de parler à hante voix, pour arriver au même résullal.

Il est inconleslable cependant, que dans certains cas. la production de sensations externes, n'a plus aucun pouvoir pour dissiper rhallucinalion. Il n'est pas rare d'observer des faits dans lesquels une ballucinatîon vien^ interrompre la lecture ou la conversation d'un malade. Tout le monde a certainement eu l'occasion de constater des cas semblables. Pourquoi, alors, recontiailre la misppnsion îles nem crlfi-nes. coimnc condition 7iécessaire à (a prodiivlion d^es kullucinatioiis?

Nous n'avons pas voulu faire rentrer le plus ou moins de croyance en la réalité de l'image, dans les signes pouvant nous fournir des indications sur l'étal hallucinatoire. Cependant, il est incontestable que très souvent cette croyance est en rapport avec le degré de uettelé de i'halluciuation. et avec sa stabililé. Mais ici, viennent se glisser trop d'éléments nouveaux, tels que : instruclion. superstition. aliénatiOD, etc.. pour que nous puissions insister sur ce point.

5° L'éint hnlliidnaloirt â som maximum ik «lérehppnnnil. —

Il est facile, d'après ce que nous venons de dire, de suivre l'évolution de l'état hallucinatoire ; voyons h, présent, soua quelle forme se présenteront les hallucinations auditives, visuelles et psycho-motrices, cet état étant arrivé II son aunimuni de développement.

L'hallucination de l'ouïe est devenue l'écho de la pensée. — ■ Netteté, fréquence, durée, facilité de production, tout s'est développé au plus haut point. La faculté de faire disparaitre l'hallucination en portant l'esprit sur un objet extérieur est nulle. — Le malade ne peut plus penser sans entendre sa pensée,

L'hallucination verbale motrice, devient la fuite de la pensée. Les malades ne peuvent plus penser sans qu'aussitôt celle-ci ne leur échappe par la bouche. Dans la forme au-

ÉTAT HALLUdNATOinE 77

ditive ou niolrice ('), te malade entend sa pensée et ne peut se retenir de la ri^péler.

Enfin, dans ce que l'on pourrait appeler la w visualisation de la pensée n. l'halluciné ue pourrait penser à une ' chose sans en avoir au^sîldl la représentation mentale.

Un malade dont parle Ségtas, photographiait volontairement sa pensée par des images visuelles verbales. Le mangeur d'opium dont nous donnons plus haut l'observation, sur ses derniers jours, ne pouvait penser à un objet sans en avoir l'hallucinalion.

F. — Phénomènes n'étant pas reconnus comme hEilIucînations et se produisant sous l'influence de l'état hallucinatoire. — Nous venons de voir ce qu'est l'état hallueinîitoire alors qu'il se manifeste par des hallueinations vraies; mais pour nous cet état, loin de rester circonsciil dans de si étroites limites s'étend bien au delà de l'hallucination proprement dite.

L'observation clinique nous démontre tous les jours que l'hallucination qui débute en apparence de la façon la plus brusque, la plus spontanée, est souvent précédée de phénomènes pouvant faire prévoir son éclosion prochaine.

Procédant des mêmes causes, ayant avec l'hall ueination une grande ressemblance de formes, se développant et s'exagéraiil dans les mêmes conditions, enfin, oflrant avec celle-ei des rapports divers et indiscutables, ces phénomènes nous indiquent déjà l'envahissement de l'état hallucinatoire.

1° Illusions. — Ksquirol. le premier, a donné de bonnes définitions de rhallucinalion et de l'illusion, afin qu'il ne soit plus possible à l'avenir de les confondre. Dès lors, voilà deux phénomènes morbides classés, étiquetés, différenciés avec peine d'une façon sulEsaminent précise, et personne n'ose plus y toucher.

^ËGiAS et liESANtoN. .Iw. w.i^U. psyf. jl

On éliidie avec soin le nn^cuiiisine de rhallucioation, on est déjà plus réservé sur celui de l'illusion, et, lorsque des cas cliniques douteux se présentent, lorsqu'on ne sail jusqu'à quel point ils participent de l'une ou de l'autre, on se garde bien de les interpréter. Jugez donc dans quelle confusion nous tomberions, se dil-on, si. par suite d'un travail semblable, l'on n'allait plus trouver de ligue de dé- Diarquation nette eutre ces deux phénomènes ? Eh bien, et après, si la vérité, vraie, est plus confuse que la vérité conventionnelle, est-ce une raison pour ne pas la chercher? Est-ce que nous avons trouvé les frontières qui séparent la raison de la folie ? Non, et ceci ne nous empêche pas d'étudier les malades qui se trouvent sur la zone mixte.

Certes, il est juste, il est utile de ne pas confondre dans tous les cas, l'illusion avec l'hallucination, mais je crois que tracer les limites précises qui séparent l'une de l'autre, est parfois chose impossible.

On ne peut plus regarder aujourd'hui l'illusion vraiment palhologique comme provenant simplement d'un jugement défectueux et incomplet des malades; nous sommes obligés de voir dans ce phénomène, la manifestation d'un état anormal des fonctions cérébrales.

Illusions et hallucinations ne sont, le plus souvent, que deux manifestations diverses d'un état hallucinatoire.

Nous avons eu déjà l'occasion de nous expliquer en partie à ce sujet, en parlant de l'action, des objets extérieurs dans la production des hallucinations. Nous avqns montré que dans certains cas, l'excitation externe est tellement faible et l'hallucination tellement développée, que, cette excitation externe ne pouvait être regardée que comme un agent provocateur de Iballucinatiou. Nous avons ajouté que l'image qui se produisait ainsi, avait tous les caractères de l'hallucination réelle.

Baillarger cite deux observations de malades qui semblent venir confirmer notre façon devoir; du reste, ce symptôiue dont parle cet auteur, serait, à son avis, des plus fréquents.

Ces deux malades, aussitôt qu'elles fixaient uu objet peu-

ÉTAT BALLUCmATOTRE

dani le jour, le voyaient au bout d'un iiioinenl se traiisfort en une tète d'homme ou d'animal, avec des yeux brillants mobiles.

n est à remarquer que dans ces cas là, I tout d'abord netLement l'objet qu'ils fixent, ce ii'esl qu'au h d'un temps plus ou moins long, que se produit l'hallucinatH

Bien plus significatives encore, sont les observations ( Moreau, de Tours ('), a pu faire sur lui-même, après avoir! usage de hachish. Regardant un tableau, il voit nettemenfl personnage qu'il représente, puis, avant de donner lieu il l'hi lucination, le personnage et le tableau disparaissent complètement pour reparaître ensuite sous les apparences d'un personnage réel. Bien plus, si. pendant que ce pliéuomène se produit, il cberche k revoir l'image du tableau, sa visioi] disparaît. Voici du reste ce qu'il dit de ce phénomène: '

« 1" On a vu, on a entendu nettement et distinctement, comme cela arrive dans l'état ordinaire ;

2" Puis, tout aussitôt, par suite de certains points d'analogie qui nous sont connus ou qui nous échappent, l'image de notre objet, la sensalion'd'un autre bruit ou d'un autre sou se trouve éveillée en nous ; c'est à ces impressions intra cérébrales, dues k l'action de la mémoire ou de l'imagination, que l'esprit s'arrête, confondant bientôt les deux sensations en une seule, couvrant pour ainsi dire, la sensation réelle de la sensation imaginaire et projetant celle-ci sur l'objet extérieur. »

Plus loin, il fait remarquer que l'image disparaissait presque aussitôt que son attention s'arrêtait, bien que passagèrement, sur l'objet extérieur ; elle était vive au contraire, parfaitement nette, quand elle s'offrait seule à son esprit, alors que ses yeux étaient tournés d'un autre côté.

Ainsi donc, cette image avait par moments, une existence tout k fait isolée et indépendante de la cause qui l'avait tracée tout d'abord dans le cerveau. Etait-ce une illusion ou une hallucination ? Je laisse à d'autres le soin de résoudre ce pro-

ll) MoREACi, de Tours. Hacliish.

blènie ; pour moi, je n'y vdis qu'une mniiifeslalion de l'état hallucinatoire.

2" Hattuci'itaiions psycliiqui's. — n L'un pourrait se convaincre, dit Baillarper, si l'on interroge avec soin les hallucinés, si on leur fait préciser en quoi consistent les voix qu'ils entendent, que beaucoup n'éprouvent que le phénomène que j'indique ici et qui consiste, non à entendre des voix extérieures, mais seulement la pensée formulée intérieurement eu paroles distinctes. » C'est ce qu'il appelle les hallucinalious psychiques, ce que d'autres nommaient tes fausses hallucinations.

Nous avons vu, en exposant la théorie corticale, qu'une grande partie de ces hallucinalious psychiques n'était autre chose que des hallucinations psycho-motrices; aussi, depuis celte interprétation nouvelle donnée à ces faits, n'est-il plus guère question d'hallucinations psychiques en pathologie mentale.

Cependant, nous avons cru devoir faire quelques réserves, que nous voulons i présent préciser. En effet, plus nous étudions ce genre de manifestation de l'étal hallucinatoire, plus nom sommes portés à croire que les hallucinations psycln<jufs de BaiUaTjjer doivent subsister, tout au ïnoiuK en partie:

Mais tout d'abord, il n'y a rien que de très rationuL'l à supposer que les centres des diverses mémoires, plus ou moins susceptibles, ou plus ou moins vivement impressionnés, donneront des images plus ou moins nettes ou plus ou moins extérieures.

Nous avons déjà vu en eflet, que même dans l'hallucinatioa vraie, les caractères de netteté, de précision, d'extériorité étaient parfois très variables.

U n'est pas rare de voir le caractère d'extériorité, qui est le seul à distinguer l'hallucination psychique de l'hallucination ordinaire, être assez peu prononcé, pour que le malade ne puisse affirmer par exemple, dans une hallucination de l'ouïe, si on lui parle, ou s'il se parle à lui-même.

Ne parait il pas, d'autre part, exagéré, d'attribuer à de simples halluciualions motrices, les phénomènes dans le genre

des visions spirilni'llcs de sniiil AiifîiisUii, (Ira visions imngi-, ]]flires de saint Buuavciiliire, p( surtout des voix inli^iienifs de P.samte Thérèse, et celn tout' m ri'slnnt ife siinplfs lialluci 'lions inlt^ripiires sans jiiniuis se Irailnire par aiioiiu phénomène moteur.

Du rt'sie, on a été obligé de diviser les hallucinalions pgycho motrices, en hallucinations cinesthétiques et en hailneinarions verbales inolrices vraies. Or, dans te premier ordre de faits, est impossible de coustaler autre rhose ipie l'existence, qiM nous afiliniie le patient. 'd'une voix inlc'Tieure. et, s'il est vrti que parfois, cette voix intérieure devient, en se complétant, une hallucination verbale motrice, il n'en est pas moins vrai, que duns un grand nombre de ras, elle reste en tout semblable l l'halhicinnlion psyehique.

Ces malades, du reste, lorsqu'on leur fait préciser ce qu'ilfi

■ ressentent, ne s'cxprimeni pas exactement de la même manière

s tous les eas. Le vi'-rilabte halluciné moteur «'«î une voîï

Kqui lui parle, dans la lèle, dans l'estomac, etc. ; d'autref

tnUîidenl des pensées, une voix qui ne fait pas de bruit, eld.

3t, si l'on cherche à leur faire dire où ils l'entendent, ils hési'

t un moment avant de répoudre précisément,, parcequ'ils ne

il pas sentie, mais sachant bien qu'elle n'a pas été perçue

' leurs oreilles, ils finissent par dire que c'est dans lout

Ë&te.

ËnSn, il est un autre ordre de faits qui prouve bien, selon , que riiallucinalion psychique existe, en tant que manl îstations d'un état hallucinatoire inférieur, en tant qu'hailuci kition vraie non encore arrivée à son complet développement ; que dans certains cas. lorsque l'état hallucinatoire SI ' développe, les hallucinations psychiques se transforment ei hallucinations ordinaires, et que, inversement, il est fort pn bable que l'élal hallucinatoire s'alténuant, les hallueinalioA; biques qui avaient disparues, peuvent reparaître Nous avons dit que des malades qui n'avaient qu'un ét^' lallucînatoirc peu développé, voyaient cet état s'ag^'raver -< [tiusieurs circonstances, enire aulres. dans la période h; gique. Or, il existe des personnes qui n'ont que des

-iode bï^^H des hri^^H

Bioiis psychiques pcadant le jour. vA ijui. ijuiis la pÉTiode nnagogique, les voient se transformer en hallucinations mes.

B^l est le malade que Baillarger cite dans sa XXIII'' observa- B> qui avait des hallucinations psychiques pendant la veille HËS hallucinations de l'ouïe, le soir au nioiiient du .soinuieil. Re^inatiD au moment du réveil.

Recherchant les opinions des divers auteurs en ce qui connue la gravita au point de vue pronostic des hallucinations p;}liques, nous avons &ié élonii(!î des alGimatioDS diverses, bes uns, en effet, disent que ce genre d'hnllucinalious se teloppe seulement chex les malades hallucinés déjà depuis utemps. Les autres, au contraire, reconnaissent l'hallucina- ■ psychique comme élanl le début d'une période hallucina- Bf;. N'y aurait-il pas lieu de supposer que. ces opinions se nchcnt h deux sortes d'hallucinations différenlcs. les psycho- Hrices et les psychiques vraies "?

m HaUuriiiaiio'ns bypna^ogiijites. — Nous avons déjii parlé des Hucinations hypnagogiques, aussi reviendrons nous sur ce Bt que pour indiquer la place qu'elles doivent occuper dans Bèveloppement de l'état hallucinatoire.

Eties réclament, pour se produire, un état lieaucoup moins bcé que les phénomènes précédents.

K sont, du reste, de véritables hallucinations, quoique se Buisant K un moment déterminé, et nous pouvons leur Htnaitre. non seulement les mêmes causes, mais encore les Kes degrés et les mêmes qualités qu'aux au très halluei nations, wirant que l'état hallucinatoire est moins développé, elles Bplus ou moins fréquentes, plus ou moins nettes, plus ou Wpa fugitives et enfiu. empiètent plus ou uiuijis sur la pé- Be de la veille.

Killer constate que dans les hallucinations liypniigogiques, fes les fois que l'halluciné ouvre les yeux sur le champ, et H' les dirige vers la muraille,- les images pcrsistcnl encore Bque temps, suivant les mouvements delà tète, puis, pâlis- Bt et disparaissent.

ETAT HALLCCINATOIRB 83'

Los roniiilioiis fjivoraljles à la produclion des hallucinations hypnagogiques, soiil, du resie, les mêmes que celles des hallu-^-^ cinations en général,: dispos-ilioiis h la congestion, défaut de' sommeil, Iravail opiniâtre, troubles circulatoires, etc.

Parfois, il est vrai, ces liallucinalioiis semblent exister avec, un état de santé en apparence le plus parfait. Mais, n'eu est-il pas de même pour les hallucinations ?

En réalité, on se trouve toujours en présence d'un état patho-

gique souvent peu développé et transitoire, il est vrai, mais dont il sera le plus souvent, facile de découvrir la cause.

Ce qui prouve que c'est bien toujours le même état, eo présence duquel nous nous trouvons, ce n'est non seulement l'idenflité de causes, la similitude de manifestations, mais encore:,

i" La fréquence des hall uci nations hypnagogiques, comme' igné d'invasiou de la folie chei! les prédisposé.s (Baillarger, , 1, 2, 3, 4), et en particulier de la folie avec hallucina-

igique à l'hallucina-

nversemeni, snivanl

2" Le passage de l'hallucination hypn; non ordinaire, chez le même malade, oi nue l'état empire ou s'atténue.

tMoreau cite deux malades qui, ayant été soumis au Iraitebent par le dalura, voient disparaître d'abord des haltuclnabns de la veille et gardent pendant quelque temps encore de* nilucinations hypnagogiques.

Enfin, fait observer Maury ('), il y a comme un lieu de ige entre l'hallucination hypnagogique et l'halhicinatioD,' {dioaire, chez cprlaiiis individus au système ni.'rveux lr(>s trexcité.

tL'halIucination, qui rlail d'alini'd liypriaf<i)gi([ii(;, .se produit isuite dès que le malaile l'criiie les yeux, ou encore dans l'obs-' ^Pilé. ainsi que le conslale le \i' Cheyne chez plusieurs fea.-

I 4" Rêves. — Je ne veux pas reproduire ici tout ce qui a éléi ^t concernant l'analogie qui existe entre le rêve et la folie. Lt

cHApmie rv

a-ton dit, est le rèvc de rhommp éveillé ; cela csl bien îible. Pour moi, je ne cherche à montrer qu'une chose ; c'est que l'élal hallucinatoire, bien avant de se manifester sous une autre forme, se montre déjà parfois dans le rêve, palhologiqiiement développé.

Bailkr^'er distingue deux sortes de rêves : les uns simples et purement inlellecluels ; les autres, accompagnés d'hallucinations.

«Dans les rêves simples, on a. dit il. des hallucinalions incomplèleset différant des véritables hallucinalions par l'absence de phénomènes sensoriels ; les sensations, dans ces cas-là. sont toutes intérieures. Dans les autres cas. au contraire, les sensations sont extérieures, h

On le voit, nous retrouvons ici sous une autre forme, la division des hallucinations, d'après cet auteur, dans l'hallucination psychique et l'hallucination psycho-sensorielle ; seulement le rêve étant un phénomène qu'il nous a été donné à tous d'observer, peut-être serait-il plus facile de nous convaincre sur ce terrain, que sur celui des hallucinations de la veille.

Pour nous, nous dirons simplement qu'il y a deux sortes de rêves: les uns donnant des images faibles; d'autres, sous l'influence d'un état pathologique ou transitoire, ou durable, nous donnant des images fortes,

A présent, si nous cherchons les causes susceptibles de transformer les images faibles en images fortes, nous retrouverons toutes celles que nous avons indiquées, comme capables de développer l'état hallucinatoire (toxiques, fièvre, fatigue exagérée, etc.).

Si nous chercluons dans les caractères du rêve pathologiquement développé, nous y retrouverions tous ceux de l'hallucination, mais ce travail a déjà été fait avec trop de soins, pour que nous nous permettions d'y revenir.

Nous lie ferons donc que signaler, quelques modifications, que l'étal pathologique fait subir au rêve.

Le rêve, en général, celui que Baillarger appelle le rêve intellectuel, est de beaucoup inférieur à l'hallucination, sous le rapport de la précision, de la netteté de forme et de la fixité

r EALLUCIKATOIRE

K des images ; inuis (oiis ces cariiutères s'acquiibrent peu a P^^H ■<||^résence de l'état lialliicinaloirr. ^^H

P La' oeltelé de l'image devient lik'ntàl sul&sante pour a^^| ner la conviction, qui peut durer iiK^me un temps assez^Rfl après le réveil. L'on voil, alors, le sonveiiir du rêve, ordinairement très fugace, persisler. Le nombre des figures diminuer Bientôt ce sera la même ima^e. qui, se représentant pendant un nombre plus ou moins considérable de nuits, et souvent à la même heure, viendra d'autant plus fortement impressionner le L malade.

I Enfiu, la durée du rêve augmentera, cetui-ei empiétera de

■plus en plus sur la période hypnagogique, et même sur celle de

Kb veille. Parfois même, il deviendra impossible, ainsi que le faisait

^remarquer Lasègue, pour les alcooliques, de savoir où coiD'

Knence le rêve et où finil l'hallucination, le malade rêvant h

^bon hallucination cÀ ayant rhallucination de son rêve

B Maury fait remarquer que les nuits où l'on rêve davantage,

^sonl aussi celles où l'on éprouve le plus d'hallucination^

hypnagogiques. L'un et l'autre, en elîet, se développent k le

suite des mêmes causes, et sont les manifestations d'un même

état. Il est probable cependant, que le rêve peut se dévelop

per pulhologiquement bien avant l'apparition de la premier©

hallucination.

K Nous avons démontré les rapports intimes qui unissent p^r K&is la folie et l'état hallucinatoire, et nous avons dit que K'jjOQvent le délire élait. soit la cause, soit la conséquence de V^'bflllucination, que celle-ci venait aider le délire à se dévé- K3opper, et qu'inversement, celui-ci contribuait pour une large fci|Kirt à la production des hallucinations. Or, dans ces coq(^^ Kpons, étudier les rapports que le rêve a avec l'aliénation. ■presque étudier ce qu'il offre avec l'état hallucinatoire. K* L'importance du rêve, comme symptôme précurseur de Ik ^K>Ii6i n'échappe à personne. Il n'est pas rare, en effet, de H^ncontrer des malades qui font remonter à leurs rêves l'orii Vsine de leur délire, et, chose remarquable, la folie chez Knijets atteints de cauchemars dès le début, se caractérisôj ^Uoilt par. des hallucinations,

chez ^«fl térisôjÉ^H

chapitm: IV

lient, ou voit encore persister pendant longlenips KOauctiemars, après la dispariliou des hallucinations, ce sont rderniers vestiges d'un élat hallucinaloire, qui va tous les s'atténuaut. Chez l'alcoolique, l'on ne saurait affirmer la pisoii de la maladie avant la disparition du cauchemar, el i se conçoit, puisque dans cette forme, l'étal hallucinaloire i seul constitue presque toute la maladie, iz les mélancoliques, il est presque de règle de voir per

le cauchemar après un rétahlissement, en apparence

presque complet; ce n'est qu'au boul d'un certain temps que les songes, eux-aussi, disparaissent. Du reste, les rêves peuvent avoir la même influence sur le délire, que l'hallucination de la veille, tout comme elle, ils finissent par fausser l'inlelligenee de l'individu, ou de l'affermir dans ses convictions délirantes.

Lorsque le rêve rompt le sommeil, le passage de l'illusion à la réalité, ne se fait pas hrusquemcnt, ce n'est qu'însensihlement que s'évanouit le songe.' / Enfin, dans beaucoup de cas semblables à celui de l'alcoolisme, il est impossible au malade de distinguer les deux états, . le rêve empiétant de plus en plus sur la veille. Il n'est pas rare de rencontrer des malades semblables à celle de Baillarger{') ; "Elle ne peut dire si elle veille ou si elle dort quand tout cela se passe. Elle entend tout ce qui se fait autour d'elle, et quand elle ouvre les yeux, il lui semble n'avoir point cessé de veiller, elle n'éprouve pas la sensation toute particulière du téveil H.

Chez notre mangeur d'opium, il s'étàblil, dit il, une sympathie enlre l'élal de veille et l'état de rêve, et cetle sympathie est telle qu'il ne peut distinguer l'un de l'autre.

Est-il possible de douter encore que ce soit bien le même état hallucinatoire qui se manifeste dans tous les cas ?

En résumé, nous voyons qu'il existe dans tous les 'cas, un seul et même état hallucinatoire qui se manifeste Ji nous, dans

(1) BAIUI.AHGËK. Obs. 17.

^F ÉTAT HALUIClNArome 87'

■Certains rêves, l'hall uriiiaLioii hypiiagogiqiie, rhaliucinat.ioii psychique, certaines illusiODs et enfin l'hallucination vraie. De plus, dans chacun de ces phénomènes, nous retrouvons d6s degrés de nelteté. de fréquence et de qualité, allant de- Ibuis l'éhauche même du phtMioinène. jusqu'à sa forme I» plus Karfaite.

■' Nous avons démontré enfin, que, non seulement chacune mde ces manifestations, mais encore chacun des degrés de ces Pmêmes manifestations correspondait k un plus ou moins grand développement de l'état hallucinatoire.

Un malade ne présente jamais, ou presque jamais, cet échelonnement gradué de phénomènes, dont nous venons de par- Hfer, ce serait un malade type, et ce malade n'existe pas. H Cependant nous voulons démontrer qu'il est parfois facile mSe suivre l'évolution de cet étal, c'est pourquoi nou-s oitons' H|gux observations : l'une est celle bien connue de Nieolaï, le' Hbbraire de Berlin; l'aulre est celle d'un toxique qui nous Honte lui uièoie non histoire.

H «Pendant les premiers jours de l'anni^e 1790, j'avais eu des ^Miagrins qui m'avaient fortetnenlaifecté ; le IJ' Selle qui avait H^utuine de me tirer du san^ deux fois par année, avait jug& ^■Onvenahle de ne pratiquer cette fois qu'une seule émission ^baguine. Le 24 février 1791, à la suite d'une vive altercation,-

^Bai aperçu tout à coup à dix pas, une figure de mort , l'appav

HmioD dura 10 minutes. A 4 heures de l'après-midi la même vi-, ^Eon se reproduit.... A 10 heures, je distinguai plusieurs fi: ^nres.... Lorsque la première émotion fut passée, je contem^! |wai les fantômes, les prenant pour ce qu'ils étaient réellement, Bfea conséquences d'une indisposition.... Le lendemain, la figure ^nê mort fut remplacée par un grand nombre d'autres figures.... Buiviron 4 semaines, après lo nombre de ces apparitions a«g- ^Henta ; je commençai à les entendre parler, quelquefois elle ^K>nversaient entre elles, le plus ordinairement elles m'adres- ^went la parole. ...

^K]lfut décidé qu'une application de sangsues me serait faite, ^K qui eut lieu en elîet le 20 avril 1791, à 11 heures du matin..

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