‹ Les hallucinations volontaires (l'état hallucinatoire)Chapitre 21 sur 29 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

^lOsitioQ favorable. C'est pïM! ÈRifs là que la représentation taie a été dite volonlairc'-.bt c'est dans ce même sens que liqueroDs ce tiiot'at^x LallucinalioDS.

que nous trbiivons de plus curieux, c'est que ce sont préfeent les parjisâii» de ia théorie psycho-sensorielle, ceux pfti'.'çqn'iîéquenl, reconnaissent un râle Ji l'intelligence i hi, production des hallucinations, ceux qui admettaient 5 des hallucinations purement psychiques, qui refusent à re et à l'imagination, le pouvoir de se maiiifester Rln ses modes ordinaires, pendant le phénomène hallucinatoire.

L'image, d'après eux, devrait toujours être une image spontanée, or, pourquoi, si le cerveau intellectuel joue un rôle, l'image évoquée ne pourrait-elle pas produire le même résultat?

Cependant, quelques rares auteurs, partisans de la théorie psycho-sensorielle, adoptent cette façon devoir; mais je crois que parmi les adhérents à la théorie corticale, bien peu voudraient l'accepter.

n ne faut pas croire, dit Marcé('), que l'exercice involontaire de la mémoire et de l'imagination soit dans tous les cas nécessaire à la production des hallucinations; la science possède quelques cas exceptionnels où l'attention et la volonté ont exercé une influence positive sur la production de ce phénomène.

H Une fois, dit Maury ('),que Vidée image a acquis, par suite de l'excitation des sens intérieurs, tant de vivacité, qu'elle paraît comme un objet extérieur, autrement dit, une fois que les retentissements des sensations qui en sont la condition deviennent aussi fortes que la sensation même, il sulGtà l'esprit de s'arrêter quelque temps à une idée pour qu'elle devienne sensation. C'est ce qu'on remarque chez certains aliénés qui ne tendent • pas & voir réellement ce à quoi ils pensent, et peuvent ainsi produire en eux des hallucinations volontaires pour tous les

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d'idées liées à l'exaltation des sensalions internes correspondantes. Il

Michéa croit que les hallueinations volontaires sont très rares; qu'on ne peut avoir d'hallucinations volontaires avant d'en avoir eu de spontanées et d'involontaires; que si la volonté a de l'inQuence sur l'objet de l'hallucination, elle n'a aucun empire sur la disposition hallucinatoire.

La volonté n'est pas étrangère d'une façon absolue, à la production des hallucinations. Elle ne peut pas déterminer primitivement et directement la disposition hallucinative ; mais cette disposition, une fois établie, elle peut commander à l'objet de l'hallucination.

Brosius de Bendorf dit même, qu'avec une volonté ferme, l'on peut parfaitement produire des balluciuations. Sur ce point, nous ne saunons adopter les idées du célèbre aliénisle allemand, car nous croyons la volonté absolument impuissante, s'il n'y a pas eu modification pathologique préalable plus ou oins profonde, plus ou moins durable, des centres de la méloire.

La volonté, dit Michéa, ne saurait créi'r la disposition halluinative. Directement et imnièdiatetnent, non, mais la volonté, ne et soutenue, de voir, par le fait même de sa prolongation. la concentration de l'esprit sur un même point, devient I cause sérieuse de développement de l'état hallucinatoire. Lorsqu'on lit la vie dos Saints, en effet, on est étonné de roir que beaucoup, par leur désir d'avoir des visions, développent ainsi inconsciemment leur état hallucinatoire; maïs d'autres semblent presque chercher h développer exprès, cet étal qu'ils savent propre à procurer des visions.

Nous avons déjà vu que certains malades étant sou.? l'empire de l'état hallucinatoire, peuvent en quelque sorte, à vo- [gaté, produire chez eux des hallucinations d'une façon tout à ique. Dans ces cas Ik, il est de toute évidence que la ilonté n'a qu'une action tout à fait indirecte, le malade ne leut se procurer à volonté telle ou telle hallucination. Ces cas, relativement assez fréquents, ne doivent pas être confondus avec celui que je cite plus haut, dans lequel le malade com-

ciîAprrnit vi

' pro-

menée par baisser la têle, et qui, une fois la tète basse f cure l'hallucinalion qu'il désire.

On pouiTail peut-être rapprocher des eus précédents, ceux où une concentration profonde de l'attention fait surgir des hallucinations, sans toutefois avoir une prise quelconque sur la forme ou la nature de l'image. On dit à un halluciné d'écouter, il vous répond qu'il n'entend rien ; on le fait écouter à nouveau et souvent, après plusieurs tentatives, il finit par entendre.

Quoique liaillarger (') reconnaisse que l'atlenlion empêche l'hallucination de se produire, nous croyons cependant qu'il n'en est pas toujours ainsi ; un malade cité par cet auteur, s'exprime "en ces termes : « Je crois, Monsieur, qu'il faut, lorsqu'on est doué de la faculté veillambulique, pour en tirer le plus grand parti, il faut, dis-je, trois conditions indispensables, qui sont la confiance ou la foi...., il faut en second lieu, une forte volonté d'entendre.... et enfin il faut toute l'attention dont on est susceptible. »

Certains malades en état hallucinatoire, en donnant k leur pensée une direction voulue, arrivent à diriger leurs hallucinations dans un sens donné.

Ainsi s'exprime un ami de Maury, (') qui était sujet à des hallucinations hypnagogiques.

« J'ai dit que l'on parvient à prolonger la durée de ces visions fantastiques, assez pour les contempler. On peut même arriver à les évoquer et à en faire naître de certaines natures, en y conduisant à dessein sa pensée.

1) Un soir, voulant tenter l'expérience, je pensais fortement à un portrait de M*"" de Lavallière, que j'avais vu naguère à la Pinacothèque de Munich, et au bout de quelques minutes, comme Je m'endormais, je vis la charmante figure de cette femme célèbre, mais sans pouvoir distinguer ni son vêtement, ni le bas de son corps.

HALLUCrNATIONS VOLONTAtHBS

Une autre fois je .songeais aux clefs de l'écrilu

lise que j'avais apprises, et je ne tardai pas, eu

trmant, à voir trois dp ces clefs.

Tout dernîèrenieut J'avais, durant la journée, rangé de ma bibliothèque. Le soir, étendu dans mou II

igeais â ce long et fatigant rangement : le sommeil' j'aperçois plusieurs rayons de ma bibliolhèq; lesquels élaienl placés des livres la tète en bas et ji tes titres; mais ne pus en lire aucun.

>i Lin de mes amis, sujet aux hallucinations hypnagogtques, m'a déclaré qu'il pouvait presque évoquer telle ou telle image k -son gré. n

Donc, la volonté peut imprimer une direction à l'imagination qui réagit ensuite sur les perceptions dues à l'excitation sensorielle. Nous avons là un phénomène semblable à celui qui se produit dans l'extase.

Ceci pourrait, au premier abord, en imposer pour des hallucinations volontaires, cependant il est facile de se convaincre que dans ces cas là, la volonté u'a qu'un rôle tout à fait secondaire. Nous voyous, en effet, les hallucinations être en rapport avec les idées, les préoccupations des malades, mais ceux-ci ne peuvent prévoir à l'avance d'une façon absolument certaine, le genre de leurs hallucinations et le montent où elles doivent se produire. Cependant, il est incontestable que, grâceà des moyens détournés, les toxiques en purliculier, peuvent diriger presque à leur guise le cours de leurs hallucinations. Les sorcières annonçaient leur départ pour le sabbat avant d'y aller ; les Orientaux ne connnaissent les visions voluptueuses que procure le hachisch, que lorsqu'ils le prennent au fond de leur harem, entourés de leurs femmes et sous le charme de la musique.

Avant d'aborder les hallucinations volontaires proprement dites, je veux dire quelques mots, de ce que M. Parant appelle des hallucinations volontaires et qu'il rattache à l'exercice inconscient de la mémoire et de l'imagination.

Les hallucinations, dit Cullcrre ['), ont de telles connexion&j {!) Cut-LEHRE. lHatadies mentales.

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^ois avec le délire, qu'au lieu do se manifesLer aulomalîqueit. elles attendent pour apparaître, que les malades les provoiit, en s'adressant à des êtres imaginaires, avec lesquels ils :nnent des conversations plus ou moins régulières.

K'est à cet ordre de faits que se rapporte l'observation de

ItFarant ('). Sa malade offre ce phénomène, qui, d'après nous, . pas une extrême rareté chez les vieux hallucinés. Elle. pose des questioûs à ses voix et en reçoit des réponses conformes à ses idées. Voici les réflexions que suggère à cet auteur l'observation qu'il publie.

« Elle croit à la réalité de ce qu'elle entend et n'admet pas qu'elle soit hallucinée. Elle difïère donc beaucoup des autres aliénés qui sont uniquement passifs eu présence du phénomène morbide, qui n'entretiennent pas de conversations suivies avec leurs interlocuteurs invisibles, ou, k tout le moins, qui ne pro voquent pas, ne recherchent pas ces conversations. Elle joue un rôle vraiment actif et une initiative évidente dans la production de quelques-unes de ses idées délirantes.

Ces hallucinations provoquées, voulues, se produisent ici évidemmenl dans les conditions suivantes: La malade se formule inconsciemment h elle-même ce qu'elle désire, ce qu'elle veut.

Dans cette disposition d'esprit, elle interpelle ses ii majors» qui lui font des réponses conformes à ses idées préconçues. Les réponses préparées d'avance prennent corps aussitôt que la question a été faite, et par suite des conditions morbides, deviennent une hallucination véritable.

Dans tout ce qui s'est produit, il y a certainement une opération intellectuelle primordiale, une inQuence manifeste de l'imagination sur la mise en activité des centres de perception. (La nature et la variété même des réponses le prouvent). 1° Il n'est pas possible de voir dans les hallucinations volontaires, le résultat d'un simple automatisme, cette théorie est donc imparfaite comme n'étant pas applicable à tous les cas; 2" justification des conclusions de Baillarger, à savoir que les hallucinations se produisent de dedans en dehors, c'est à dire sont

(1) H, Parant, inn. méa. pty. ISSi.

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«r^onçues par l'inlelligence avant de se lopaliser dans tel ou tel organe ; 3° la condition de l'hallucinalion ne serait pas l 'exercice involontaire mais inconscienl de la mémoire et de l'imag-inalion-

En effet, cette malade met involontairement en exercice ses facultés mentales, mais cet exercice est tout à fait inconscient. Une de nos malades, M""' M., cause journellement par la pensée avec le docteur B. Elle entend sa voix très distinctement dans son oreille. Souvent, non seulement elle converse avec lui, mais encore elle le voit très nettement au moment où il lui parle. Parfois, cependant, elle ne le voit pas en entier, elle ne dislingue que sa tète ou que son buste, mais elle reconnaît toujours très bien les traits et les couleurs. Le docteur B. qui est, dit-elle, autorisé à causer par la pensée, répond toujours à sesquestions et selon son désir. Lorsqu'il se trouve cependant, à une très grande dislance, il emploie un autre procédé pour répondre aux questions. La malade n'entend plus, alors, aucun son, mais elle voit le docteur B. et, sur le plastron de sa chemise, se trouve la réponse en toutes lettres. 11 y a dix ans, ditelle, qu'elle jouit de ce pouvoir, qui ne (ait que se développer tous les jours davantage.

Séglas cite aussi un exemple semblable : (( Elle peut à volonté provoquer ses hallucinations de l'ouïe. Elle porte une question à haute voix en se tournant vers un poiut de l'espace. — Eh bien, parlez, répondez, ajoute-t-elle. — Puis, vous la voyez écouter en tendant l'oreille, la réponse de son interlocuteur imaginaire. Elle lui ordonne même de nous parler et refuse de croire que nous n'ayons pas saisi la réponse qu'elle a si nettement entendue ». Ne doit-on pas ranger dans ces même hallucinations, celles de cette malade, qui, entendant une voix qu'elle croyait reconnaître pour celle du préfet de police, passait son temps à jouer avec lui, à l'aide de petits cailloux, à pair et k impair. Elle prenait bien garde, lorsqu'elle posait la question, de ne pas connaître elle-même le nombre des cailloux, car dans ces conditions le préfet de police gagnait infailliblement.

Nous arrivons à présent aux hall uci nations voIqû.^.^vî'^ -^-î^

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